Bismillàh,
AVANT-PROPOS
Nous savons tous que les vues et idée de Dr Aziz Sachedina sur nos croyances et notre dogme ont généré des controverses et polémiques au sein de notre communauté à travers le monde.
A la demande de Dr Aziz Sachedina lui-même, son cas a été porté devant notre plus haute autorité religieuse, c’est-à-dire notre Marjà’-e-taqlid Ayatoullah As Sistàni à Najaf (Iraq), qui après avoir essayé tous les moyens pour rétablir la sérénité, s’est vu obligé de répondre à la demande du Jamà’at de Toronto Canada en émettant son opinion sur le problème.
Il est parfois triste de constater que dans cette affaire, certains frères et sœurs prennent position sans avoir des informations incomplètes, ou sans comprendre les fondements mêmes de la croyance Shi’a Issna Asheri !
Afin que cette lacune soit comblée, j’ai traduit de l’anglais ce document (Titre original ‘ The presentation submitted to the Marjà’, de Sayyed Mohammad Rizvi, 1998, imprimé à Canada, disponible chez I.E.B. du World Federation) qui comporte des détails intéressants à savoir pour comprendre l’affaire dans son contexte réel.
Je tiens à remercier mon ami et frère en imàne John Alibay (DEA en Lettres) pour la première lecture et correction de ce document. Qu’Allah (swt) le récompense pour son dévouement. Amine.
Allah (swt) dit dans le Saint Coran (36 :17) " Et il ne nous incombe que de transmettre clairement ".
Il (swt) dit également dans la même sourate (Ya Sîne) (36 :10) " Tu avertis seulement celui qui suit le Rappel, et craint le Tout Miséricordieux, malgré qu’il ne Le voit pas. Annonce lui un pardon et une récompense généreuse "
J’ose espérer qu’après avoir pris connaissance de ce document en entier, les personnes qui s’obstinent à égarer les gens réfléchiront en leur âme et conscience.
Prions pour que notre " nafsé ammàra " (intérieur rebelle) ne nous rende pas arrogants et irréductibles, et objet du verset n° 10 de la même sourate où Le Tout Puissant (swt) dit : " Cela leur est égal que tu les avertisses ou pas, ils ne croiront pas ".
Qu’Allah (swt) nous donne à tous ‘neik tawfiq’. Ilahy Amine.
Radjahoussen,
La Présentation soumise au Marjà’
1-Vues et idées de Dr Sachedina
2- Sur l'Imàmat et Wilayat d'Imam Ali ibn Abi Talib (as)
3- L'entretien à Najaf avec Ayatoullah Al Ouzamà Sayyid Ali Al Housseini As Sistàni.
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Vues et idées de Dr Sachedina
A. ISLAM
" Cela est vrai de tous les concepts islamiques, que l'islam comme un phénomène religieux fut subséquent à l'islam comme une réalité politique ". (Islamic Messianism : L'Idée du Mahdi dans le chiisme duodécimain [Albany: Université d'Etat de New York 1981] p.4)
2- Le Pluralisme religieux : L'idée qu'il y a plus d'un chemin droit et que l'islam ne remplace pas les autres religions.
" L'idée que l'Islam se considère comme la religion parfaite et ultime dans la ligne de la tradition Abrahamique n'est pas difficile d'après les sources autres que le Coran. On devrait même suggérer que l'idée de l'Islam étant la seule tradition monothéique qui offre une garantie indubitable du salut dans l'au-delà est post-Coranique.... Il est remarquable que le Coran est silencieux sur la notion, bien que rudimentaire, de l’abrogation ou remplacement des religions Abrahamiques précédentes, le christianisme et le judaïsme (Implication politique de la notion islamique de 'remplacement' comme reflétée dans la jurisprudence islamique dans : Islam et relation Chrétiens-Musulmans, Vol 7 [1996] #2, p.159) ".
" Les juristes Musulmans sont impliqués dans la banalisation du Message Coranique sur l'Islam en tant que seule religion vraie devant Dieu (C.3:19) dans le contexte de la situation sociale et politique de la communauté. L'interaction entre l'idée d'un islam en tant que foi universelle pour toute l'humanité et la prédominance existante du pouvoir politique musulman (dans le passé) a crée le langage légal spécifique qui a fourni la justification à prolonger la notion du Jihad au-delà de sa signification strictement défensive dans le Coran, à le rendre comme un instrument offensif pour la création musulmane d'un ordre politique dominant (Political Implication p.159) ".
" A moins que les penseurs musulmans veuillent bien reconnaître la nécessité d'aller au-delà des épistèmes fournies dans les sources classiques, l'Islam continuera à rester indifférent au pluralisme émergeant dans la communauté globale d'aujourd'hui (Islamic theology of Christian-Muslim relations ; Islam and Christian-Muslim relations V.8 (1997) #1 p.33) ".
Dr Sachedina a aussi touché ce thème dans un exposé intitulé "La vie sociale en Islam" à la Mosquée Bayview à Toronto en mai 1990. Il a dit: " Si vous demandez à un chrétien, il vous dira très franchement que si vous ne croyez pas au Christ comme fils de Dieu, alors vous ne pouvez être sauvé. Pour appartenir à la communauté juive, vous devez avoir une mère juive...... Et en Islam, màshà Allàh, nous croyons tous que nous sommes des habitants de Jannah, Jannah nous a été promis à tous. Et màshà Allah, les croyants aux Imams (as), nous sommes les seuls à être sauvés.
Quand l'islam devient une partie de la société, et si la religion est appliquée à ce que j'appelle des revendications exclusives que toutes les religions se font valoir, toutes les religions ont leur particularité propre ; nous ne voulons pas voir d'autres avoir le salut. Nous disons aussi qu'aucun autre Musulman ne pourrait être sauvé à moins qu'il ou elle accepte que la façon dont nous pensons soit la bonne interprétation de l'Islam. Et cela crée un problème quand l'Islam se tourne vers l'ouverture, vers ce que j'appelle les relations humaines dans la société. Comment allons nous faire dans cette situation ?
Là aussi, j'utilise un diagramme particulier .
L'Islam soumission à Dieu, voit la relation humaine dans la société dans un sens très particulier. Et je veux que vous compreniez cela très prudemment. C'est la clé de notre rôle dans la société où nous vivons avec des religions et d'autres gens. Souvenons nous de cela
.
Ce centre là dans le cercle est ce que j'appelle le centre Divin, et j'explique cela à mes étudiants américains et cela rend le sens parfait à eux...
Nous avons une question importante dans nos esprits quand nous sommes dans une société. Nous disons que la vérité est une seule, la vérité ne peut être deux, elle ne peut être trois... La vérité doit être une seule et universelle... Une position vraie devrait être nécessairement une seule position vraie. Dans ce cas, si en tant que Musulman je dis que j'ai la vérité, je suis dans la vérité, anà alal haqq. Ce qui veut dire que je possède la vérité à l'exclusion des autres. C'est ce que je dis, je laisse entendre très clairement que je suis dans la vérité, et personne d'autre. Alors cela crée un problème dans la société, et le rôle social de l'Islam n'est pas cela. Le rôle social de l'Islam est de créer une meilleure compréhension humaine, il est de créer une meilleure relation humaine. Comment cela pourra aider si je persiste sur 'je possède la vérité'. C'est ce que tous les croyants croient : Musulmans, Chrétiens, Juifs et tous les autres.
" Nous avons la vérité" Cet avoir est l'avoir de la possession. Quand je le possède, cela veut dire vous ne pouvez l'avoir. Si vous n'êtes pas Musulman comme moi, alors vous ne pouvez l'avoir. Aussi, je vous exclue et vous ne faites pas partie de la vérité que je possède.
Toute ma question s'adresse aux Musulmans : comme Musulmans, possédons nous la vérité ou bien sommes-nous en relation avec la vérité ? (Voyez l'exemple de niyyat pour le salàt : qourbatan ilallàh. Allah est la Vérité, je ne possède pas Allah, mais je suis en relation avec Allah comme créature. Il est mon Créateur, je suis la créature).
Cette compréhension est très très importante parce que cela m'aidera à devenir un membre de la société dans laquelle je n'aurai pas à me battre tout le temps contre les gens, je n’aurai pas à me confronter, je n’aurai pas à être offensif tout le temps contre les gens.
Ce que j'ai à faire est : je dois établir ma relation avec Dieu et travailler plus encore pour m'approcher vraiment de Dieu.
Maintenant regardons ce diagramme :
.
Ce centre est notre croyance en Dieu, et ce centre est unique . Si les centres sont multiples, alors c'est le polythéisme, alors vous avez plusieurs dieux se réclamant votre loyauté. D'autre part, cet être Divin peut être considéré comme une notion très différente par différentes personnes. Et il n'y a aucun mal parce que je n'ai pas à en juger. Comment les autres conçoivent cet être Divin ? Je sais que c'est Allah (swt), je suis en relation avec Lui, donc je vais en réalité vers Lui. Comme membre d'une société, je suis en fait continuellement en mouvement. Il y a une sorte de notion continue dans mon but vers ce but particulier qui est Allah (swt). Cette circonférence est l'humanité. Il y a des êtres humains. Et voilà tous les chemins que les êtres humains ont crées vers cet être Divin. Peut-êtreque ce chemin va trop loin ; peut être que ce chemin s'approche très près mais ils vont tous vers ce but universel qui est la divinité, l'être Divin, ça peut être un adjectif différent, ou même une fausse conception de l'être Divin. Qui suis-je pour en juger ? Tous vont vers cela.
Ce que j'ai besoin de faire c'est de voir mon compagnon être humain comme un compagnon de voyage plutôt qu'un concurrent, plutôt qu'un rival. Quand je commence à voir cette personne comme un compagnon de voyage, tout à coup, il y a un but commun que je vois en moi-même et aux autres personnes. Vous créez déjà une relation. Et c'est ce que j'appelle une relation humaine...
Si le but est le même, comment puis-je être si différent, comment puis-je être si droit, comment puis-je être si ego-centrique ? Je regarde au centre et je me déplace vers ce centre. Donc vous voyez très clairement que quand vous comprenez les autres religions, je pense que ceci est très important. Allah (swt) dit dans le Coran tellement de fois, Il nous a rappelé que Nous avons donné à chacun de vous des communautés, différentes lois, différents prophètes, et vous êtes à variance les uns avec les autres; et je ferai le jugement final le jour du Jugement entre celui qui avait raison et celui qui avait tort. Pour le moment 'Fastabiqoul khayrat... concourez à faire le bien. Aussi concourir les uns et les autres à faire du bien c'est ce que j'appelle concourir à établir la justice. Vous n'avez pas à vous condamner les uns les autres, vous n'avez pas à vous tuer les uns les autres, vous n'avez pas à vous haïr les uns les autres, vous n'avez pas à apprendre à vos enfants à se haïr les uns les autres. A haïr les autres religions, en le faisant vous bloquez, vous bloquez un aspect important de la relation sociale dans laquelle la dignité humaine devrait toujours être respectée. Les êtres humains doivent être respectés. Et au lieu de vous condamner les uns les autres, vous devez vous sentir sympathique entre vous ..."
Question d'un auditeur : "S'il y a beaucoup, beaucoup de chemin, quel est le droit chemin ?
" ... Je sais juste une chose que l’islam nous a enseigné : Inna dina indallàhil islam : le droit chemin est celui qui se soumet à Lui. Je pense qu'islam ici n'est pas avec le "I" majuscule, celui de la religion islamique historique ayant débuté au 7è siècle, mais je pense que c'est la religion du premier être humain, dinal fitra, une religion très naturelle. Le chemin aux yeux d'Allah (swt) est celui qui conduit à la soumission de Dieu.
Alors, nous n'avons pas à décider aujourd'hui du chemin qui mène à la soumission de Dieu. Nous savons que nous sommes soumis à Dieu. Nous ne savons pas d’un Hindou qui est assis devant Krishna s’il est soumis à Dieu ou à Krishna. Nous ne lisons pas dans la pensée du Hindou. Par conséquent, je ne pense pas que nous ayons à en juger. Je ne pense pas que nous devrions le faire. C'est mon opinion personnelle, je ne tiens personne responsable de cette opinion... Nous n'avons pas à les condamner ou à les oppresser. Nous devons les considérer comme des êtres humains compagnons, qui essayent de comprendre la soumission à Dieu dont nous avons connaissance par notre Prophète. Peut-être que le Bouddhisme est la même chose. Je ne sais pas. Alors, je ne veux pas m'assoire à la place de Dieu et dire "Mon cher Hindou, vous êtes le meilleur de mes croyants". Ou "Ô mes chers Musulmans, le jannat est tout à vous". Je ne veux pas m'assoire à la place de Dieu. Je pense que l'une des tragédies de l'histoire humaine est que nous avons agit comme Dieu. Nous avons même maudit : cet homme ne croit pas en cela. Cet homme ne croit pas en ceci... Malheureusement, ceci n'est pas notre affaire, ce n'est pas notre affaire ".
Dr. Sachedina a aussi mentionné cette signification de "l'Islam" dans son 2è discours du Moharram 1420 à Toronto.
" Le mot "islam" ne figure pas dans le Coran plus de huit fois, et toujours en (sous) forme verbale, jamais comme un nom. Même dans le fameux ayat "Inna dina indallàhil islàm". Le mot central n'est pas islam, c'est le mot "dine". Quand Allah (swt) dit "islam", ça ne veut rien dire de plus que " soumission ".
"Inna dina indallàhil islàm" :quelle est notre traduction habituelle ? 'La religion aux yeux de Dieu est l'Islam '. Maintenant, je vous donnerai la traduction selon laquelle le Coran dit 'La bonne façon de faire les choses devant Dieu est de se soumettre' Islam n'est pas le nom d'une religion. Non vous êtes dans l'erreur. L'islam est le nom d'une action. Comme 'Imàne', 'Islam' (ceci est connu comme bàboul if'al en Arabe), qui signifie que vous avez un engagement ferme "
3- Sens de "Al yawma akmaltou lakoum dinakoum"
" Al yawma akmaltou lakoum dinakoum" a été interprété différemment de la manière dont je le comprends. 'Ce jour, j'ai parfait votre chemin pour vous ...' Vous vous souvenez de la définition que j'utilise pour 'dine' qui n'est pas simplement religion C'est un moyen de mener votre vie. C'est un moyen de répondre à votre vie. C'est un moyen d'être capable de juger ce que vous faites. Et par conséquent, 'al yawma akmaltou lakoum dinakoum' : ce jour j'ai parfait le chemin pour vous... Veut-il dire qu'il a été parfait à ce point particulier ? Ou bien, la communauté musulmane est-elle supposée être entrée progressivement dans la religion et de l'apprendre, le découvrir, l'établir, pour qu'elle la conduise d’elle-même à son but final ? Il y a une différence. Il y a un problème, si vous croyez que le système a été parfait alors vos yeux regardent continuellement vers le passé. Pourquoi le faites-vous ? Parce qu’il a été parfait à un point de l'histoire. Mon argument est qu’il n’a pas été parfait à ce moment. La promesse a plutôt été faite par Allah (swt) que cette religion sera parfaite car les êtres humains commencent à découvrir leur propre nature et la perfection de leur propre nature. Parce qu'Islam est une religion de nature. Elle est connectée à la nature humaine. (Discours 8 Moharram 1419-Toronto)".
B- LE PROPHETE ET LE CORAN
1- L'Idéalisation du Prophète mène à la croyance en lui comme un leader divinement choisi.
" L'idéalisation du Prophète lui-même rehausse la notion de son être comme quelque chose de plus qu'un homme ordinaire; il doit avoir été choisi divinement et donc le vrai leader qui pourrait guider son peuple au salut (Islamic Messianism p.3) "
2- Le Musulmans devraient-ils changer et se conformer selon le Coran ou bien Le Coran devrait-il se conformer aux valeurs changeantes de l'époque ?
" Si cette révélation était voulue pour perdurer comme guide pour l'humanité aussi longtemps qu'elle restera sur terre, alors elle devrait être adaptable aux conditions changeantes de la vie et la repensée de beaucoup de valeurs. Le fondamentalisme religieux dans ses formes extrêmes dans le monde contemporain musulman, et même le conservatisme Shi'a-Sounni est tenté de se cramponner à la sûreté du passé qui a pu avoir seulement un succès temporaire .
Je défie à suggérer que le temps est venu pour les Musulmans de recommencer aux points de traditions normatives ou le système de raisonnement pratique.....ont encouragé des jugements du bien ou du mal par l'esprit humain, sans avoir à regarder à la révélation pour valider chaque cas de la décision moral-juridique (islamic theology p.33)
" Le Coran reste dans les mains des hommes qui doivent décider de le rendre significatif à leur existence moral-spirituel à un lieu et une époque donnés dans l'histoire (islamic theology p.33) "
C-IMAMAT EN GENERAL.
1-L'màmat a commencé comme une issue politique et plus tard sur un acquis religieux primordial.
" La plupart de ces premières discussions sur l'imàmat ont pris d'abord la forme politique, mais finalement le débat a inclus des implications religieuses de salut. (Islamic messianism p. 4)".
" Depuis les premières années de la guerre civile en 656 AD, des Musulmans n'ont pas pensé seulement la question du leadership en terme politique, mais y ont inclus aussi l'importance religieuse. (islamic messianism p.5)".
Se rapportant au soutien des Shi’as de Kouffa pour la revendication des leaders en faveur des 'Alids, Dr Sachedina écrit :
" Ce soutien pour le leadership des 'Alids, au moins au départ, ne laisse supposer aucune base religieuse. La revendication du leadership des 'Alids devint une croyance exagérée exprimée en de termes pieux des traditions du Prophète, et est devenue seulement graduellement une partie de la doctrine cardinale de l'imamat, pivot sur lequel toute la croyance Chiite tourne" (Islamic Messianism p.6) ".
Après avoir expliqué les échecs et le martyr des leaders religieux qui se sont révoltés contre les autorités, il écrit:
" Ceci a marqué les débuts du développement de l'importance religieuse dans le rôle des Imàms 'Alids (Islamic Messianism p.18) ".
2- Le Concept des Ahloul Bayt.
" Les Shi’as ont pris l'avantage des relations historiques intimes de Ali avec Mohammad et du concept tribal d'ahloul bayt des vieux Arabes (concept des gens de la maison), la famille de laquelle on choisit des chefs, et ont soutenu avec zèle la candidature des 'Alids..."(Islamic Messianism p.6) ".
3-L'idéologie Shi'a
" Le facteur qui a contribué à la déception des Shi’as était l'absence d'idéologie jusqu'au temps du grand Imàm Chiite Jaffar Al Sadiq (d 148/765), un descendant de Ali par son fils Al Houssen, à l'époque de la victoire Abbasside. Sous cet Imam la doctrine chiite de l'imàmat fut formulée (Islamic Messianism p.8) ".
4-Evolution dans le concept de l'imàmat.
" La doctrine de l'imàmat....fut la dernière systématisation qui fut connue aux premiers adhérents de cette école comme l'idée du messie sauveur des peuples islamiques. L'évolution de la doctrine d'une simple notion d'un leader qui apporterait une justice islamique aux oppressés vers un concept hautement complexe d'un imam eschatologique montre une grande ligne de l'histoire de l'islam chiite.
Au commencement, à cause des circonstances insupportables aussi bien politiques que sociales, un groupe de musulmans est arrivé à envisager un leader charismatique, non différent du Prophète lui-même, qui corrigerait tous les maux et délivrerait la communauté de la misère et de la détresse... Mais très vite de tels gens ont été frustrés par une série d’échecs et par le martyr des leaders religieux qui avaient tenté de redresser les doléances de leurs supporteurs en se révoltant contre les autorités.
Ceci marqua les débuts du développement d'importance religieuse dans le rôle des imams 'Alids, qui étaient tenus en occultation et dont on attendait confidentiellement le retour.
La croyance aux Messies cachés était un changement clair dans le rôle de l'imam temporel comme il a été souligné avant. (Islamic Messianism p. 18).
La doctrine de l'imàmat telle que maintenue par les imamites montre clairement son développement d'une simple croyance exagérée dans le rôle messianique d'un imam sauveur vers un dogme de leadership religieux avec toutes ses complexités théologiques. (Islamic Messianism p.23).
Depuis l'époque d'Al Sadiq, il y eu un changement définitif dans le rôle de l'imam et une période de réorientation de la croyance dans l'imamat vers un leadership religieux pacifique semble avoir commencé à ce temps. L'imàmat 'Alid, plus particulièrement la ligne Housseini, a commencé à être conçu comme une autorité divinement désignée et basée sur des qualifications religieuses particulières, non sur une revendication politique (Islamic Messianism p.24) ".
Cette idée sur l'évolution graduelle de la croyance est aussi réaffirmée par Dr Sachedina dans son 'The Just Ruler' (New York University Press, 1988).
" Dans l'islam chiite, les matières relatives à la croyance s'élaborèrent graduellement...C'était la version subséquente de l'imàmat qui fut transféré aux imams. Bien que les premiers disciples des imams ne concevaient pas l'imamat chiite en deux sphères, temporelle et religieuse, avec la dernière remise pour le futur, cette division leur devint graduellement évidente durant l'imamat des 5è et 6è Imàms, Al Baqir et Al Sàdiq (The Just Ruler p. 36).
Cependant, avec la réorientation des chiites vers une attitude politique plus calme, en reportant l'établissement du vrai gouvernement islamique à plus tard, l'imàmat est devenu plus ou moins un bureau spirituel, soutenant l'aspiration chiite pour la création d'un ordre public idéal, avec le potentiel d'assumer l'autorité temporelle quand il en sera le temps (The Just Ruler p.36).
Parmi les imàms chiites, ce fut durant l'imàmat de Ja'far al Sàdiq (AD 765) et ses successeurs que l'idée que les Imàms 'Alids étaient les seules autorités, par la vertu des leaders infaillibles et des interprètes dignes de foi de la révélation, et donc qualifiés pour établir un Etat islamique, devint une caractéristique distinctive du chiisme imàmi (The Just Ruler p.89) ".
5- Wilaya: comprend t-il le leadership politique ou se limite t-il au leadership religieux seulement ?
(a) Dans le 2ème discours durant Moharram 1419, Dr Sachedina détache Le Prophète, par conséquent l'Imamat, du leadership politique. Il dit:
" Soit dit en passant que Le Prophète (saw) ne fut jamais reconnu comme leader politique. Non, ce n'est pas correct du tout. Il fut reconnu comme Rassoulallàh, l'envoyé de Dieu, le Messager d'Allah (st). Il n'y avait pas de politique, il n'y avait pas de langage politique se référant à lui. N’est-ce pas ce que les modernes nous disent; la manière dont l'Iran nous dit de temps en temps que le Prophète était un leader politique. Non, Il était reconnu fondamentalement et essentiellement comme prophète de Dieu.
La tache de la prophétie était de conduire la société vers la perfection. Et que la perfection ne pouvait être faite individuellement, elle devait se faire dans le cadre des membres de la communauté, la Oummah. Oummah veut dire une communauté sous un Prophète comme prophète, non comme un leader politique.
Maintenant nous savons pourquoi ' man kountou mawla fa hàzà 'Aliyoun mawlahou ' veut dire quelque chose de très très important. Le Prophète aurait pu dire ' man kountou khalif fa hàzà khalifa '. Il aurait pu dire ' man kountou hakiman fa hàzà hakiman '. Il n'utilise aucune des terminologies que nous userions dans un sens politique normal pour mettre en avant l'autorité du leader politique.
Regardez le mot choisi par Allah (swt) pour le guide. Après tout, le Prophète est ' mà yantiqu 'anil hawà in huwà illà wahyou youhà '. On lui donne des instructions 'Mawlà', que veut dire le mot 'mawlà' ? Allah (swt) dit dans le Coran ' wal kàfiroun laysa lahoum mawla ' .Le mécréant n'a aucun mawlà. Ils n'ont aucun mawlà, ils n'ont pas de protecteur, ils n'ont pas de patron, ils n'ont personne pour s'occuper d'eux. Voilà la signification de mawlà.
Le Prophète (saw) quand il introduit l'autorité d'Imam Ali dans la communauté, que dit-il ? 'Man kountou mawlahou fa hàzà 'Aliyoun mawlahou'. Ce qu'il veut dire est que 'celui qui me considère comme un exemple parfait à suivre pour l'ultime objectif vers le salut, Ali est l'homme qui devrait être suivi'. La question était l'obédience. Mawla, celui qui doit être obéi, celui qui ne doit pas être déconsidéré. Dans ce sens, Allah (swt) est Mawlà, Allah est le Mawla du dîne, ce chemin sur lequel vous ne pouvez vous permettre de désobéir à Allah (swt).
Le Prophète n'a jamais forcé. Après qu'il soit retourné à Madina, après Ghadir, une nuit il était chez lui avec Abdoullah bin Mas'ud. Il dit à Abdoullah " Le messager est venu et veut que je parte, j’ai reçu les nouvelles de ma mort. ". Abdoullah dit, ça se passe après Ghadir, 'Désignez un successeur'. Oui, voilà ce qu'il a dit exactement. 'Pourquoi ne désignez-vous pas Abou Bakr ?' Le Prophète a remué sa tête et dit, non. Il a mentionné l'un après l'autre. (Je ne sais pas sur la valeur de ce hadith ; Shaykh Moufid l'a mentionné et je le mentionne sur l'autorité de Shaykh Moufid. Je ne suis pas là pour examiner et juger sur l'authenticité de ce hadith. Mais je vous dis ce que cela reflète la situation de la communauté. S'il est authentique, il reflète la situation de la communauté. Le hadith de Abdoullah continue; et le Prophète demande 'Que dois-je faire ?' 'Abdoullah dit, 'Pourquoi ne désignez-vous pas Omar ; Pourquoi ne désignez-vous pas Ossman ? Et finalement, Abdoullah dit 'Pourquoi ne désignez-vous pas Ali ? Et le Prophète dit, et il était faible à ce moment, ‘Ô je souhaite qu'ils obéissent, je souhaite qu'ils obéissent'.
Donc apparemment il y avait une grande question de rôle religieux que le Prophète (saw) jouait dans la communauté. La communauté s’est vue elle-même organisée sous le leadership du Prophète (saw). Quand il est parti, quelqu'un devait le remplacer dans la même position, dans la même autorité.
Et c'est là où aujourd'hui nous cherchons encore pour l'interprétation.. "
(Puis, Dr Sachedina parle de l'interaction de l'histoire et de la foi et dit:)
" Le système de croyance dit que celui qui avait droit à (de) revendiquer l'obédience après le Prophète Mohammad (saw) est Ali ibn Abi Talib. C'est la signification de l'imamat, ce n'est rien de plus que cela. Vous ouvrez n'importe quel livre de kalàm, vous trouverez des théologiens décrivant Imam Ali ayant le droit de devenir muta', obéit, celui qui devait être obéit par les gens. Pourquoi devait-il être obéit ? Parce qu'il est assis exactement à la place du Prophète Mohammad (saw)...
Imam Ali était imam depuis le jour où le Prophète Mohammad a fermé ses yeux, indépendamment du fait qu'il soit devenu Khalife ou pas. Comment peut-il devenir Imam sans devenir Khalife, sans s'assoire sur le trône ? Ce ne fut pas une exigence car l’obédience était à la place de celle du Prophète Mohammad saw (2ème exposé du Moharram 1419 à Toronto) ".
(b) Puis au 6ème exposé, Dr Sachedina, dans un sens contredit l'affirmation précédente
" Le fait reste que Le Coran conçoit Le Prophète comme le chef d'une Oummah, une Oummah qui était religieuse, sociale et politique. En d'autres termes, c'était une communauté civile, morale, qui allait être guidée par une personne, qui avait une sorte d'autorité complète, qui n'était pas concevable à cette époque , par les tribus arabes. Ce fut aussi la difficulté durant Ghadir. Au moment de Ghadir, l’une des dimensions du défi de Ghadir était l'introduction du concept coranique de la direction. Wilayah veut dire le genre de la direction, qui combine l'autorité civile et morale en une personne. Ce qui veut dire qu'il n'y a aucune séparation de pouvoir. Ce n'est pas l'Eglise et l'Etat comme tel, plutôt l'autorité morale et civile combinée dans la personne qui tient fonction de wilayah. Quelle en fut la nouveauté ? La nouveauté en était que la culture arabe n'avait jamais eu l'habitude de voir une personne jeune assumer la direction. Dans la culture arabe, il était impossible pour un jeune de 30 ans de devenir un chef car les Arabes croyaient qu'une personne plus âgée devait être le chef... ".
(c) A nouveau dans le 8è exposé Dr Sachedina reprend la question de la direction dans le champ de Nabouwwat. Il dit:
" Toute la question est 'L'Islam est-il un système politique, ou bien un système religieux ?' Il y a deux opinions à ce sujet. Beaucoup de chercheurs en débattent, y compris, Ayatoullah Khoei, Ayatoullah Moutahhari, Ayatoullah Khomeyni, en Egypte, Al Ashmàwi, Al Jàbiri au Maroc.... Pour moi, il y a un problème très important qui intervient là. Si nous disons que l'islam n'est pas un système politique, que l'islam est simplement une religion qui est concernée par le cheminement de l'humanité vers sa propre perfection et prépare l'humanité pour l'au-delà, alors nous renions le rôle vraiment majeur joué par Le Prophète dans l'ordre établi par la 'oummah' elle-même....
Les neuf dixièmes de l'islam est 'mou'amalat', comment vous vous comportez les uns avec les autres, comment vous menez vos affaires dans ce monde car tout ce que vous faites dans ce monde a une implication pour l'akhirat. Donc dans ce genre de religion, dire que l'islam est simplement une religion sans aucun système social, c'est renier le fait du wilàyyat. Par ailleurs, si vous vous souvenez de mon exposé de la sixième nuit, puisque wilayyat veut dire une autorité morale et civile qui peut vous conduire vers votre ultime but de création, et 'ultime but de création' n'est pas seulement savoir ce que c'est les cinq prières quotidiennes, les jeûnes, mais savoir comment vivre comme un être humain dans la société. Autrement, il n'y aurait pas d'autorité civile, Le Prophète serait juste ce que l'on appelle an-nabi ar-rouhi (exposé 8, Toronto, Moharram 1419) ".
(d) Najaf et Qoum sont prétendus avoir différentes vues sur "le rôle de l'Imam":
" ...Najaf et Qoum sont divisés sur un débat entier sur le rôle politique du Prophète. Najaf est l'un des centres les plus importants de l'enseignement des Shi’as, et Qoum, maintenant le plus important centre de l'école Shi'a ont maintenu deux vues différentes sur le rôle de l'Imam. Ils croient que la religion a une fonction morale, une fonction d'éthique mais non politique, incluant Ayatoullah Khoei, dont les opinions sont bien spécifiées. Il ne croit pas que la wilayyat de l'Imam Ali ibn Abi Talib (as) a un besoin de se manifester politiquement, car l'Imam reste l'Imam comme un leader spirituel, moral et éthique indépendamment du fait que les gens prêtent allégeance ou pas. Cette opinion fut pour la première fois contestée par Ayatoullah Khomeiny lui-même." (exposé Nº 9, à Toronto, Moharram 1419) ".
6- Ilm-é-Ghayb des Imams
Après avoir mentionné l'évolution de l'Imamat (cité en Nº4) Dr Sachedina écrit:
" Les Imams n'étaient pas sensés posséder la connaissance divine qui les rend capables de prédire les évènements futurs, incluant le temps exact de la réapparition de l'imam messianique. L'aspect hautement spéculatif de la doctrine de l'imamat devrait être attribué aux circonstances dans lesquelles les Imams ont manifesté leur mutisme politique mais non pas objecté aux certaines revendications faites pour eux par leurs associés fanatiques. Ces revendications incluent la possession de la connaissance ésotérique héritée par la désignation par l'Imam. Plus tard, la vraie question de la désignation devient l’un des piliers de la doctrine Imamite de l'imamat (Islamic Messianism, p 18-19) ".
7- La doctrine de Badà'
" L'altération de la première prophétie de 70 ans, puis de 140 à un temps futur indéfini a impliqué un changement de la première détermination divine. En dogme Imamite, cette altération divine est connue comme badà'.
Cette doctrine de Badà' fut proposée par les premiers leaders Shi’as, qui, pour justifier leur échec à établir un gouvernement de justice en dépit de leur propre prophétie déclarée sur leur victoire dans une entreprise politique particulière cherchant à expliquer le changement en des circonstances qui ont causé Dieu à altérer Sa détermination dans leur propre intérêt...
L'échec des révoltes Shi’as variées furent aisément expliquées par l'acceptation de Badà', l'intervention de nouvelles circonstances qui ont causé Dieu à altérer Sa détermination première.
Badà' explique aussi le report dans l'apparition du juste successeur du Prophète pour la délivrance de la oummah, que les prophéties comme celles citées avant avaient prédit et qui aurait dû avoir lieu à un certain moment" (Islamic Messianism p.153) ".
8- Badà' et l'Imamate de Ismail bin Ja'ffer.
" En outre, il (Badà') sert à démontrer les limites de la connaissance de l'Imam, plus particulièrement quand la succession de l'Imamat fut contestée par plus d'une personne. Ceci arriva dans le cas de Ismail, le fils de Al Sadiq, qui fut d'abord désigné comme Imam par son père, et qui décéda avant lui. Le changement dans la décision sur l'Imamat de Ismail, désigné par l'Imam doté d'une connaissance infaillible, et qui était maintenant reporté sur l'autre fils d'Al Sadiq, fut expliqué comme badà'. Ceci implique le changement d'esprit de Dieu à cause de nouvelle considération, causé par la mort de Ismail. (Islamic Messianism p. 153)".
9- Le concept de "Qour'àn an Natiq"
" La croyance que les Imams furent un Coran parlant (al natiq), qui savaient l'interprétation ésotérique du Livre, a commencé très probablement durant l'époque de Al Baqir" (Islamic Messianism p.15) ".
10- Le nombre des Imams
" La dissension dans l'Imamyyah concernant l'Imamat après Al Askari semble avoir atteint une telle étendue que, même parmi les théologiens proéminents de ce groupe, au moins aux premiers jours suivant l'année 260/873-874, il n'y avait aucun accord sur le nombre des Imams (Islamic Messianism, p.54) ".
D. L'IMAMAT D'AL MAHDI
1- La base de la croyance dans le Messie
Après avoir dit que bien que Le Coran n'envisage pas l'apparition d'Al Mahdi, Dr Sachedina donne deux raisons comme base de la croyance au Messie : (1) exaltation du Prophète, (2) circonstances politiques insupportables.
La première base:
" C'était en toute probabilité la dévotion personnelle de la fidélité au Prophète qui les fit attendre l'évènement d'un sauveur divinement guidé de sa famille (ahl al-bayt)" (Islamic Messianism p.3) ".
La deuxième base:
" Au début, à cause de circonstances aussi bien politiques que sociales insupportables, un groupe de Musulmans a cherché à avoir un leader charismatique, pas trop différent du Prophète lui-même, qui mettrait les choses au point et délivrerait la communauté de la misère et de la détresse. La réalisation d'une telle attente était crue possible seulement par un descendant du Prophète, plus précisément un descendant de Ali et Fatima." (Islamic Messianism p 18)".
Les deux bases:
" L'exaltation conceptionnelle du Prophète et de ses successeurs légitimes comme seconde cause, en plus de l'espoir des maltraités mentionnés plus haut, a donné un élan vers une véritable conception d'un leader messianique issu des descendants du Prophète, un Imam qui pourrait sauver les croyants (Islamic Messianism p.5) ".
2- La dévotion des Sounnis aux Ahloul Bayt et leur croyance en Al Mahdi est la cause de l'influence Shi'a
" Les chiites modérés, qui ont formé la masse des chiites maintenant l'Imamat duodécimain, bien qu'insistant sur le statut exalté des Imams et l'allégeance aux 12 successeurs du Prophète, ont gardé des relations avec toute la communauté.
L'arrangement imamite a aussi garanti leur continuité et indirectement, leur influence pénétrante en gagnant une reconnaissance de la position élevée des Ahloul Bayt (la famille du Prophète) dans les cercles sunnites. La Walaya ou amour et dévotion à la famille ont eu des statuts officiels dans la piété personnelle de tous les Musulmans, et l'idée de l'apparition du Mahdi dans la descendance de Fatima par son fils Al Houssen devint une croyance islamique très répandue." (Islamic Messianism p.13-14)."
Au début du 10è siècle, la tradition du Mahdi avait acquis l'acceptation même parmi les Sunnites, spécialement l'idée que le gouvernant idéal des musulmans serait dans la descendance de Mohammad, par sa fille Fatima et son gendre Ali... (Islamic Messianism p.69)".
3- Le 12ème Imam était-il le "Mahdi"?
" L'étude des sources Imamites de cette période nous conduit à assumer que , au moins au début de l'histoire imamite, qui devrait être située à la fin du troisième/neuvième et au début du quatrième/dixième siècle, le rôle du douzième imam était conçu plus comme al Qà'im et Sahib al-amr, alors qu'aucune idée de son état d'al Mahdi, le sauveur eschatologique de l'islam, n’avait encore été accentuée. Le titre Al Mahdi, avec ses implications messianiques, devint un trait proéminent du credo chiite dans la période subséquente à l'occultation mineure (A.D. 873-945). (Islamic Messianism p. 59)".
Quand il parle de l'occultation complète, Dr Sachedina écrit:
" L'accentuation du rôle du 12è Imam comme le Mahdi promis, le leader eschatologique du peuple islamique, doit être datée de cette période quand il devint clair aux imamites que l'apparition de Qà'im 'dans le futur proche' était incertain" (Islamic Messianism p.100) ".
4- Signification de "Al Mahdi": du "Leader Idéal" au "sens eschatologique".
"Du temps de Al Moufid, les imamites ont reconnu le 12è Imam comme le Khatam Al Houjjat et l'imam messianique, le Mahdi qui apparaîtrait dans un futur proche" (Islamic Messianism p.59).
Le titre al Mahdi, qui a apparu parfois en même temps que le titre al Qà'im était, au début, simplement une désignation pour le gouverneur islamique idéal. Mais avec le temps dans la grande transformation sociale sous le commandement d'Al Mahdi, le titre a pris le sens eschatologique chez les chiites imamites (Islamic Messianism P.68).
Il est plausible de maintenir que l'occultation prolongée de l'Imam fut l'un des facteurs qui a contribué vers l'intériorisation de la fonction d'Al Mahdi, qui devint al mahdi al mountazar (l'Attendu) et mahdi akhir al zaman (des derniers temps...) (Islamic Messianism p 59-60).
La signification eschatologique d'Al Mahdi semble être le dernier concept , car même le mot mahdi, comme nous avons vu plus haut, a véhiculé une idée différente au début, où il montrait une marque spéciale de l'Imam Chiite, qui était doté de la connaissance des domaines secrets et des écritures révélées par Dieu. Cette signification devrait être contrastée avec la toute dernière signification acceptée aujourd’hui encore par les écrivains Imamites: 'Le douzième Imam est connu comme le Mahdi parce qu'il a lui-même trouvé la voie, et qu’il s’est vu la tâche de guider l'humanité. Ceux qui vivront sous son règne seront tous des Musulmans et partisans du Saint Coran par la grâce de sa guidance (Islamic Messianism p.65) ".
5- Ghaybat et sa division en Sougra et Koubra
" Les deux formes de ghayba sont basées sur des traditions, sans aucun doute, de dernière origine (Islamic Messianism p.83) ".
Après avoir cité un hadiçe de Al Koulayni, Dr Sachedina écrit:
" Les occultations dans cette tradition ne font pas état de longueur de temps. Ceci suggère un autre fait, précisément, que jusqu'aux jours de Al Koulayni, qui est mort à la fin de la pseudo Occultation mineure (329/940-41), les deux formes de ghayba n'étaient pas divisés en soughra (mineure) et koubra (majeure), comme ce fut le cas plus tard. Aucune des sources antérieures n'emploie ces deux termes soughra et koubra pour les deux occultations. Al Koulayni, dans une autre tradition sur ce sujet utilise le terme de qassir (court) et tawil (long) pour les deux occultations.
Les termes qassir et tawil, comme utilisés ci-dessus, ne connotent pas la signification de soughra et koubra, qui a très probablement trouvé son origine dans les écrits des Imamites durant la période Safavid (Islamic Messianis p.84).
AnNawbakhti et Al Koulayni n'ont pas mentionné les deux types d'occultation (p57, 82-84) Al Nou'màni a pour la première fois nommé les deux formes de ghayba (Islamic Messianism p.83).
Pourquoi ces deux formes de ghayba ont-elles été ‘fabriquées’ ? Dr Sachedina répond :
" C'est peut-être dans la prolongation de l'occultation que les deux formes de ghayba pour le douzième Imam doit être vues" (Islamic Messianism p.83). Sur le même sujet, il écrit "En toute probabilité, c'était la situation confuse causée par les atrocités abbassides commises contre les descendants de Al Sadiq d'une part, et la confusion sur la succession d'Imam Hassan Al Askari (d. 260/873-874) à Samarra d'autre part, qui devint un facteur important contribuant à la théorie de l'Imam occulte des Chiites Imamites (Islamic Messianism p. 24) ".
E - SUR LE FIQH et FOUQAHA (Jurisprudence et Juristes)
1-Sur les témoignages de deux femmes étant égaux à celui d'un homme
Dr Sachedina décrit l'évènement qu'après la mort de Imam Hassan Al Askari (as), certains de ses compagnons sont allés voir Hakima (la tante de l'Imam décédé), pour lui demander : "Avez-vous vu Sahiboul Amr ?" Après avoir cité sa réponse positive, Dr Sachedina dit:
"Et là il soulève un point très important que nous soulevons en fiqh : les témoignages de deux femmes pour un homme. Et ça n'a aucun sens. Il n’a aucun fondement dans le Coran. S'il était fondé selon le Coran, alors les sahàbàs auraient demandé à Hakima qu’ils avaient besoin du témoignage d’une autre femme pour l’approuver .C'est une création des Fouqahà. Ils avaient leurs propres problèmes dans la compréhension des situations. Il n'y avait pas de ma'soum" (Exposé du 1er Avril 88/ 15 shàbàn 1408 à la Mosquée Bayview).
2-Sur le Nyàbat-àmm (députation générale) des Moudjtahidines
"La question importante qui doit être soulevée à ce point est où et quand la toute dernière interprétation de la délégation, bien qu'indirecte, de cette prérogative du nyàba aux juristes Imamites (Moudjtahidines) a-t-elle commencée ? La seule tradition citée par les chercheurs Imamites les plus récents en support au nyàba indirecte des juristes Imamites durant la seconde occultation est contenue dans une lettre du 12è Imam, reçue par une personne nommée Ishaq bin Ya'coub en réponse à ses demandes sur des questions religieuses... La tradition considérée est comme suit:
" Quant aux évènements qui pourront avoir lieu (à l'avenir quand vous aurez besoin de guide en matières religieuses), référez vous aux transmetteurs (rouwat) de nos hadiçes qui sont mes houjjat envers vous et je suis le houjjat de Dieu envers vous tous".
" Le texte du hadiçe cité ci-dessus semble se rapporter à la période récente quand une énorme importance a dû être attachée à cette tradition. Le texte préservé par Toussi a la dernière partie de la phrase comme suit :'...et je suis le houjjat de vous tous ('alaykoum)'. D'autre part, le texte de Majlissi lit :'...et je suis le houjjat d'eux (les transmetteurs) ('alayhim). Dans cette dernière lecture, seuls les transmetteurs deviendraient directement responsables devant l'Imam et non tous les Chiites, qui auraient à suivre les règlements d'un de ces rouwat, en cas de difficulté. Cela augmenterait nécessairement leur pouvoir de décision non seulement dans les domaines religieux mais aussi social et politique" (Islamic Messianiv (1981-p.100-101) ".
Après avoir dit que le traducteur perse du Bihar Al Anwàr de Majlissi a donné au mot 'transmetteur' le sens de 'Moudjtahid', Dr Sachedina commente:
" L'absence de telle interprétation dans le texte de Majlissi suggère d’elle-même que l'interprétation de rouwat comme Moudjtahid appartient à la période Qajar de l'histoire iranienne quand le pouvoir des Moudjtahid s'est énormément accru ... En toute probabilité, cette augmentation de pouvoir des moudjtahid a commencé durant la période Safavid quand des personnes comme Majlissi se sont élevées comme des éminences " (Islamic Messianism p.101) ".
Dr Sachedina réaffirme son opinion sur le caractère intentionnel du hadiçe ci-dessus dans son livre The Just Ruler 1988).
" J'ai discuté de ce texte dans mon livre Islamic Messianism PP. 100-, où j'ai expliqué le problème dans son ensemble avec les textes préservés et les variations entre eux, reflétant certains traits intentionnels dans ces textes" (The Just Ruler (1988)p. 27) ".
3- Un nouveau concept du Ijtihad et Niyàbat d'Imam Zamànà (as)
Après avoir parlé des principes de intizar et ijtihad, comme expliqué par Dr Ali Shari'ati, Dr Sachedina dit:
" Je vais maintenant tirer une grande conclusion ici, une plus grande conclusion ici, que tant que nous nous traiterons les uns les autres avec justice, tant que nous nous traiterons les uns les autres avec considération, alors nous aurons accès à la volonté d'Imam Sahebouz Zamana. Cela ne peut être autrement. Cette volonté d’Imam Sahebouz Zamana n'est pas à Najaf ou Qoum ! Elle est ici dans cette communauté !... ".
" Sans Ijtihad, cette communauté mourra de la présence d'Imam. Vous ne pouvez vivre sans ijtihad, et mes amis, l'ijtihad n'est pas limité à cinq, six personnes. Comme Imam Jaffar As Sadiq nous a enseigné, aussi longtemps que nous avons l'éthique, nous avons la morale, nous avons la spiritualité, nous pouvons être surs que l'Imam est avec nous. Arrêtons de mystifier l'Imam. Ceci est la mystification de l'Imam. Si cela n'avait pas été pour Imam Sahebouz Zamane, cette communauté n'aurait pas existé aujourd'hui. Mais il nous a laissé un principe très dynamique. Réfléchissez, mes amis, ijtihad ! Rahmatoullahi 'alayh, Dr Shar'ati, ils ne l'aiment pas, il le maudissent, oui ils le maudissent, ils disent qu'il était kafir, et je-ne-sais-quoi, il était ceci, il était cela. Il était sounni, il était ceci, cela. Dans quel monde vivons-nous mes amis, ce n'est pas du tout un monde tolérant ! ".
" Connaissez-vous le problème ? Nous sommes confrontés à la liberté autour de nous, et nous en sommes effrayés. Nous nous disons " Mon Dieu, la meilleure chose est d'entrer dans le cocon, de se retirer et de battre en retraite, comme les autruches ". Dans le désert, elles se mettent la tête dans le sable et disent " on a rien à craindre, c'est notre monde ". Et Imam dit " non ceci est votre monde. Sortez, vous êtes mes ambassadeurs, vous êtes mes représentants ". Il n'y a aucun représentant spécial. Le Niyabat spécifique de l'Imam (as) a pris fin avec les quatre woukala. Aujourd'hui, n'importe quel Shi'a peut représenter la volonté de l'Imam. Si vous voyez un homme de caractère, je vous le dis, si vous voyez un homme de caractère, si vous voyez un homme honnête, si vous voyez un homme de Dieu, par Dieu ce n'est pas très difficile, c'est très objectif. Ceux qui vous dupent, regardez les bien dans les yeux, et regardez pendant un moment et vous allez découvrir les mensonges. Vous ne pouvez cacher les mensonges pour longtemps... Regardez dans leurs yeux et vous allez découvrir qu'il y a des mensonges. Et il y a des gens, qui sans aucune prétention, sans se mettre des robes ou des turbans sur leur tête, ils représentent Imam Sahebuz Zaman, en vérité, en action (exposé nº 9, Moharram 1419 à Toronto) ".
4- La Tension entre 'faire partie du monde moderne' et 'partisan d'Ahloul Bayt'
" Il y a une tension en notre appartenance à une société moderne et étant partisan d'Ahloul Bayt, il y a une tension... Il y a de sévères tensions dans notre fonctionnement comme des membres à part entière de la société parce qu'il y a une situation de conflit. Nous trouvons que notre façon d'être moderne n'est pas complètement commode dans la société avec la façon que nous pensions devoir le faire. Il y a certains enseignements, il y a certaines compréhensions de l'islam, la manière dont nous les avons comprises, et la manière dont nous les avons héritées. Et notre héritage devient parfois une obstruction pour la bonne manière de la compréhension de notre religion... ".
" Vous voulez avoir un exemple, je vais vous donner un exemple...qui est dans le livre de Ayatoullah Al Khoei que j'ai traduit et que Oxford est en train d'imprimer, Le 'Prolegomena to the Coran’, et Ayatoullah Khoei, j'étais, j’étais déconcerté, je ne l'ai pas aimé quand je l'ai lu. Je serai honnête avec vous, Ayatoullah Al Khoei était notre Mardjà-e-taqlid, bien et bon, mais en tant que chercheur, je ne pouvais pas …, et quand je vous dirais… , vous direz que nous aussi ne sommes pas d'accord avec lui. Par exemple, il critique un des chercheurs égyptiens qui dit que l'esclavage n'est pas approprié dans les temps modernes, même si le Coran en parle. Il parle de 'al Manaar', Rashid Ridha est critiqué par Ayatoullah Al Khoei, il dit que Rashid Ridha est sous l'influence de la modernité et qu'il critique le Coran. Non je ne pense pas, quand j'ai lu, j'ai vérifié 'al Manaar' en passant, et j'ai lu que ce qu'il dit est que cette institution de l’esclavage n'est pas appropriée aujourd'hui; elle a pu être appropriée à un point, elle n'est plus appropriée aujourd'hui. Ayatoullah Al Khoei critique Rashid Ridha en disant que non vous ne pouvez pas dire qu'une institution qui est décrite dans le Coran ou sanctionnée par le Coran deviendrait inappropriée aujourd'hui. En d'autres termes, il y aurait esclavage. Vous et moi nous ne sommes pas d'accord avec ceci, même s'il est le plus grand de nos 'Alims'. N'est-ce pas vrai ? Et dans mon opinion, le point de vue de Ayatoullah Al Khoei ici n'est pas correct. Je ne pense pas qu'il critique Rishid Ridha correctement." (exposé nº10, Moharran 1419 Toronto) ".
SUR L'IMAMAT DE ALI BIN ABI TALIB (A.S.)
En 1995, Dr Abdul Aziz Sachedina a publié un article dans le 'Bio-Ethics Encyclopedia (vol.3 p.1289) intitulé "Islam" dans lequel il présente aussi l’histoire des premiers temps de l’islam) Concernant la succession (Khalifat), Dr Sachedina écrit:
"Mohammad est mort en 632 C.E., ayant amené l'Arabie toute entière sous le gouvernement de Madina. Cependant, il n'a laissé aucune instruction explicite concernant la succession à son autorité religieuse et politique."
Quand cet article, fut distribué sur Internet dans la communauté Shi'a, Dr Sachedina est devenu une figure encore plus controversée qu'avant. Et quand Frère Mohsin Jaffer et Frère Mourtaza Lakha lui ont envoyé quelques questions sur cet article, Dr Sachedina a insisté sur le correctif de ses écrits et a répondu:
"Sur la question s'il n'y avait aucune instruction explicite concernant la succession à l'autorité religieuse et politique du Prophète, qu'il soit clair que sur la déclaration dans ce sens, il n'y a eu aucune instruction explicite (c’est-à-dire distinctement exprimée, clairement établie, et non simplement suggérée) en matière de succession à l’autorité religieuse et politique du Prophète, il s'établit par implication qu'il y avait une direction implicite (c’est-à-dire nécessairement impliquée bien que non exprimée pleinement) dans ce sens.
Cette direction implicite du Prophète fut exprimée sur plusieurs occasions durant sa vie, incluant finalement à Ghadir. Ce fut aussi à cause de cette absence de déclaration explicite sur ces occasions qu'Imam Ali n'a usé d'aucune de ces occasions, incluant Al Ghadir, pour mettre en avant sa candidature comme le seul successeur légal du Prophète."
Après le 21è Ramazane 1418, Dr Sachedina a émis une déclaration via Internet dans laquelle il écrit:
"La base de notre croyance, c’est-à-dire la foi chiite, est fondée sur ce sens implicite. Historiquement (la seule position qu'on peut prendre dans l'article ici) la source de dissension dès le début dans la communauté fut l'absence de direction explicite concernant la succession dans la communauté.
"La déclaration du wilaya (man kountou mawla fa haza 'Aliyyoun mawla), qui est la principale référence pour l'ovation des Shi’as en faveur de l'Imamate d'Imam Ali est considérée comme une déclaration implicite plutôt qu'explicite du Prophète concernant la succession de son autorité complète. La raison en est que le mot mawla en Arabe est ambigu dès lors que la succession est concernée.
Quand les objections de certains frères Shi’as ont pris de l'ampleur, durant les derniers jours de Ramazàne 1418, Dr Sachedina a émis une circulaire générale adressée aux Shi’as via Internet:
"Je saisis cette opportunité pour déclarer en des termes les plus absolus que non seulement je crois en l'authenticité univoque de l'évènement d'Al Ghadir qui a eu lieu le 18 Zilhajj 11 AH (632), mais je crois aussi que la déclaration du Prophète 'Ceux dont je suis le maître, Ali en est aussi le maître' est la désignation explicite d'Imam Ali comme chargé du Leadership de la communauté Musulmane, comme soutenu dans la foi Sh'ia.
Finalement, après Ashoura 1419, Dr Sachedina a faxé à certains frères Shi’as de Toronto une copie de lettre qu'il a envoyé à l'éditeur de l’ Encyclopédie dans laquelle il lui a demandé de corriger le paragraphe en question comme suit :
"Mohammad est mort en 632 C.E., ayant amené toute l'Arabie sous le gouvernement de Madina. Bien qu'il ait désigné explicitement son cousin et gendre Ali, pour lui succéder, il n'a laissé aucune instruction écrite sur la suite politique."
Dans l'exposé du 4è Moharram 1419, Dr Sachedina a parlé de cette controverse et en critiquant ses opposants de Toronto, il dit:
"Comment une telle chose peut-elle diviser la communauté quand c'est une chose aussi insignifiante, et qui n'est même pas une partie du foi ? "
Dans le même exposé, il a aussi dit:
"Cet évènement historique, quel genre de rapport peut-il avoir avec notre système de foi ? Alors si j'ai dit dans mon article que le Prophète n'avait laissé aucune instruction explicite sur sa succession, suis-je en train de prendre un chemin dangereux pour la survie de la religion d'Ahl oul Bayt ? Ou bien exercé-je mon droit comme chercheur de voir ce que disent les documents ?"
Dans le même exposé, il a dit:
"Oui, Al Ghadir est une désignation explicite, cela ne veut pas dire une instruction explicite sur le processus politique. Aucune histoire ne supporte cela"
La réunion historique
avec Ayatoullah al ouzamà Sayyid Ali As Sistàni
Rapportée par Sayyid Mohammad Rizvi le 3 septembre 1998
Bismillàhir Rahmànir Rahim,
Je vous présente ce soir le rapport de mon voyage à Najaf avec Dr Abdoul Aziz Sachedina. Durant les quatre derniers mois, j'avais gardé le silence sur ce sujet, sauf de dire que " j’avais besoin de temps pour la préparation à un tel voyage historique "
Ce soir, je voudrais rompre mon silence et faire une déclaration sur la controverse avant que je décrive la réunion historique avec Ayatoullah al Ouzama Sayyid As Sistàni et ce qu'il en ressort.
La controverse autour de Dr Sachedina
Ceux qui font partie de cette communauté depuis le tout début à Toronto, me disent que la controverse autour de Dr Sachedina existe depuis le tout début de l'ouverture de ce centre. Parfois, la polémique était étouffée, et d'autres fois elle éclatait et refaisait surface. La récente controverse a commencé autour de l'article de Dr Sachedina dans l'Encyclopédie Bio-Ethique. Elle débuta en Rajab de l'année passée, il y a dix mois. Je vis à Toronto depuis sept ans, j'avais décidé de ne pas entrer dans la controverse autour de Dr Sachedina, simplement parce qu’à chaque fois que quelqu'un critiquait ses livres ou déclarations, on le prenait sur un contexte politique. Et certains sont très bons pour placer la question dans un contexte. Toute critique était coupée court en disant que c'est une conspiration de la World Federation. (Ce fut, d'ailleurs, la principale raison de mon hésitation à participer au Forum Libre). L'autre réponse commune et adroite était l'accusation selon laquelle il est "placé en dehors de son contexte".
Ayant rejoint le Jamà'at depuis deux ans, mes responsabilités ont changé. Si une polémique autour d'une question religieuse commence à affecter tout le monde, alors je dois faire une déclaration. Quand j'ai lu d'abord l'article dans l'encyclopédie Bio-Ethique, je ne lui ai pas donné de l'importance. Non pas que je le trouvais exact, mais j'ai supposé que Dr Sachedina écrivait probablement à partir de perspective majoritaire Sounni. Puis deux frères du Royaume Uni, Mohshin Jaffer et Mourtaza Lakha, on écrit des questions sur cet article à Dr Sachedina. En réponse, et à ma surprise, Dr Sachedina a insisté sur l'état correct de ses vues en affirmant que Ghadir fut bien une désignation implicite et c'est pourquoi 'Ali ne l'a pas utilisé comme argument pour le califat. Depuis ce temps, la question est devenue un sujet de conversation de la ville.
Ce fut cette réponse de Dr Sachedina à ces questions qui m'a incité à rompre le silence. Et par conséquent, à la veille du 19ème et 21ème Ramazàne de l'année passée, j'ai discuté de la question en profondeur dans le but de tenter de mettre à plat tout doute qui aurait pu apparaître dans l'esprit de nos jeunes sur le califat d'Imam 'Ali comme n'étant pas explicite et clairement déclaré par le Prophète (saw).
Je vous dis cela parce qu’on m’a interrogé sur la pertinence de parler de cette question d’implicite au sujet du califat au mois de Ramazane et sans faire appel au Dr Sachedina afin de lui demander des éclaircissements. Bien, j’en ai parlé seulement après avoir lu sa réponse aux questions envoyées de Royaume Uni. Les questions avaient déjà été posées, il n'y avait pour moi aucun besoin de téléphoner Dr Saheb avant de discuter du sujet. De plus, l’article était déjà publié et se trouvait dans l’espace public.
La récente controverse coïncide avec l'invitation qui a été donnée par le centre Ouest de notre Jamà'at à Dr Sachedina pour le Moharram de cette année. Le Président, Frère Nazir Goulamhoussen, est venu me voir au mois de Zilkàd et a parlé d’étudier la possibilité de s'approcher du Marjà' pour résoudre ce problème.
Je n'avais encore rien prévu pour m’approcher du Mardjà', quand le 10 Zilhajj, le jour de Idd-oul Azà, le président m'a informé que Dr Sachedina avait envoyé un Email disant qu'il était prêt à aller à Najaf le jour même. Donc j'étais face à deux choses : (1) Le président, au nom du Jamà'at souhaitait fortement de s’approcher du Marjà', et (2) le défi de Dr Sachedina à aller à Najaf. De plus, le président m'a aussi assuré que les supporteurs de Dr Sachedina étaient d'accord pour cette approche et étaient disposés à en accepter les conséquences. Je dois aussi souligner qu'indépendamment des vues du Jamà'at de Toronto les supporteurs de Dr Sachedina aussi bien en Afrique qu’en Amérique du Nord insistaient aussi pour une approche vers le Marjà'.
Dans de telles circonstances, je n'avais aucun choix sinon celui d'accepter l'idée d'aller à Najaf en dépit de toutes les hésitations que j'avais pour des raisons personnelles entre autres. Cependant, ce que personne, mais alors personne, n'a réalisé était qu'aller chez le Marjà' est comme emmener le cas à la Cour Suprême du Canada. Le Marjà' est l'autorité finale durant le ghaybat d'Imàmé Zamànà (a.s.). Et c'est pourquoi, j'ai dit que j'irai mais seulement après une préparation, et mais que ce ne serait pas possible avant Arba'ine. J'ai aussi insisté que je ne prendrai pas seulement cet unique paragraphe de l'Encyclopédie sur le califat implicite, mais tous les écrits et déclarations controversants de Dr Sachedina, autrement, j’étais persuadé que nous aurions à aller à Najaf plus d'une fois !
J’ai donc accepté d’amener le cas à Najaf, il n’était pas dans mon intention de décider si on donnerait le mimbar à Dr Sachedina pour Moharram ou non. Je fus pour cela fortement critiqué par les deux parties : les supporteurs de Sachedina disaient : " Si Maulana peut critiquer Aziz dans les majaliss, pourquoi ne part-il pas de suite (à Najaf) ? De quelle préparation a-t-il besoin ? " Pendant que ses opposants disaient : " Vous nous avez déçu ". Certains des opposants de Sachedina ont même suggéré le fait que j’étais probablement soucieux pour mon emploi dans le Jamà’at et que je ne le devrais pas parce que Allah est Le Donneur. Pour les deux groupes, je ne peux que prier afin qu’Allah les pardonne pour ce qu’ils ont dit par ignorance !
Personne ne réalisait l’étendue du travail à accomplir. Quand le travail de compilation et traduction fut complet vers la dernière semaine de Juillet 1998, le grand dossier prit forme. Il comprenait cinq parties :
J’ai remis deux copies du dossier au Jamà’at : l’une pour être envoyée à Dr Sachedina pour qu’il sache ce que nous allions présenter à Ayatoullah Sistàni et l’autre pour être envoyée à Ayatoullah Sistàni.
Le voyage à Najaf
J'ai quitté Toronto le 16/08/98 pour Londres. De Londres, Dr Sachedina, son fils Ali Reza et moi-même avons pris le vol British Airways pour Amman.
Le 17, Lundi soir, nous avons quitté Amman dans une jeep GMC et avons atteint Baghdad après un parcours de 17 heures. Puis nous sommes allés vers Najaf que nous avons atteint le Mardi 18 à 17 heures.
Le 19 Août, j’ai téléphoné au bureau de Ayatoullah Sistàni pour savoir si le dossier leur était parvenu. Ce dossier était accompagné d'une lettre du Jamà'at de Toronto signée par Frère Nazir Goulamhoussen. Quand j'ai appris qu'aucun dossier ne leur était parvenu, j'ai informé le fils de Agha, Sayyid Mohammad Reza, que j'avais ma propre copie que je pourrai apporter pour que Agha puisse l'étudier avant de nous accepter en audience. Craignant que le dossier pourrait être confisqué par les Iraqis à la frontière, j'avais pris mes précautions. J'avais photocopié le dossier entier en format réduit et l'avais attaché comme un petit livret. Je l'avais placé entre le Saint Coran et le Mafàtih dans ma mallette. Mais Al hamdo lillàh, rien ne nous a été pris par les douaniers Iraqis.
Houjjat oul Islam Sayyid Mohammad Reza m'a demandé de venir avec la copie et d'expliquer le but de la visite. J'ai pris le classeur [ Ai-je remis des "paquets de lettres" avec le classeur ? Absolument pas. Je suis allé seul et pris seulement le classeur et n'avais de lettre de qui que se soit pour Ayatoullah Sistàni ou son fils. Je ne savais pas que certains avaient "l'ilmoul ghayb pour savoir ce que j'avais dans mon sachet en plastique sans être avec moi à ce moment!" Cette histoire a été inventée probablement pour contrer ce que j'ai mentionné sur Dr Sachedina ayant envoyé une lettre à Ayatoullah ] et, de mémoire, j’ai transmis le message qui était dans la lettre du Frère Nazir Goulamhoussen. Al Hamdo lillàh, Agha a accepté de nous recevoir le lendemain 20 Août à neuf heures.
Je voudrais informer la communauté de cette réunion pour que vous compreniez le contexte dans lequel la lettre du Ayatoullah a été émise, et aussi parce que j'entends depuis mon retour à Toronto, beaucoup de rumeurs sur ce qui se passa à la réunion.
La première rencontre : 20 Août 1998
Aussitôt que nous nous sommes assis, Ayatoulla Sistàni (Agha, pour la suite), a commencé son exposé s'adressant directement à Dr Sachedina. Après avoir écouté quelques minutes, j'ai compris que Agha a commencé à se référer à une lettre que Dr Sachedina avait envoyée auparavant sur ce sujet. Agha a commencé par dire qu'il voulait faire quelques remarques ouvertes:
Tout d'abord, contrairement à d'autres personnalités, il n'est pas facilement influencé par qui que ce soit le louant ou lui disant "je suis votre mouqallid" (mouqallid = celui qui fait le taqlid).
Puis Agha a parlé longuement sur son propre contexte académique. J'ai senti qu'il voulait nous faire comprendre que son opinion est basée sur une pleine connaissance des questions, et que l'on ne devrait pas supposer qu'étant à Najaf, il n'est pas au courant de ce qui se passe dans le monde. Il a parlé de ses études à Mashad, à Qoum, puis à Najaf. Il a connaissance des tendances intellectuelles de l'époque où les puissances coloniales et impériales avaient le contrôle sur la région (2ème Guerre mondiale). Il est également conscient des activités et stratégies des missionnaires chrétiens, et aussi des tendances de pensées qui ont amalgamé des idées de l’islam et celles du communisme. Il est aussi conscient des programmes des orientalistes dans leurs études de l'islam et musulmans.
Ses études ne se limitant pas à la jurisprudence Shi'a, il est aussi pleinement informé de la jurisprudence du mazhab Sounni et s'est spécialement référé au livre ‘Al Oummi’ de Ash-Shafi'i. Agha a aussi mentionné qu'il a aussi étudié la philosophie et "irfàn" grâce à des maîtres reconnus.
Troisièmement, Agha a dit qu'il restait au courant des affaires des Shi’as et des Musulmans du monde entier. Des rapports lui arrivent régulièrement de différentes parties du monde : India, Pakistan, Europe etc.
Agha a parlé de tout cela pendant environ 40-45 minutes.
Agha a abordé spécialement le but de notre visite. Se reportant au dossier qui contenait les vues et idées de Dr Sachedina, Agha m'a demandé si Dr Sachedina l'avait vu ? Je lui ai répondu que oui , il le lui a été remis depuis plus de deux semaines. Dr Sachedina a approuvé ma réponse.
Agha a ensuite demandé à Dr Sachedina: " Est ce que sont vos mots et déclarations ? Des choses y ont-elle été ajoutées". Dr Sachedina a répondu : " Oui, ce sont mes déclarations, cependant je ne suis pas d'accord avec les conclusions qui en découlent ; "
J'avais donné les originaux de tous ses écrits avec les traductions, et avais aussi les audiocassettes de ses exposés et un magnétophone avec moi à la réunion. Mais après la réponse de Dr Sachedina dans laquelle il n'a pas contesté l'authenticité des déclarations qui lui ont été attribuées, il n'y avait aucun besoin de sortir toutes ces preuves.
L'opinion de Ayatoullah Sistàni sur les vues de Sachedina:
Puis après, Agha s'adressant à Dr Sachedina a dit : " Je voudrais que vous compreniez clairement ce je vous dis. Je ne suis pas de nature à assassiner la personnalité ou la dignité de quelqu'un. Je prends vos bonnes intentions telles que vous me les avez écrites et je ne veux pas vous juger. "
"Ayant lu ce dossier, (et vous devriez savoir que je l'ai lu en détail), il semble que vous n'avez pas étudié adéquatement le Saint Coran et La Sounnah (tradition)." Agha s'est référé à l'exemple du verset "Inna dina inndallàhil islam" (en réalité la religion en vue d'Allah est l'Islam), où Dr Sachedina a dit que "al Islam" dans ce verset est avec un "i" minuscule et non majuscule. (Il veut dire "islam" la religion de Dieu depuis Adam jusqu'à Mohammad, et non "Islam" la religion qui a débuté au 7ème siècle de l'époque commune). Agha a dit : " si vous l'aviez regardé sur le point de vue grammatical arabe, vous n'auriez pas fait cette erreur. Al Islam veut dire l'Islam qui est apporté et enseigné par le Prophète Mohammad (s.a.w.) ".
Puis, Agha a exprimé son opinion sur les idées de Dr Sachedina en général. Il a décrit les idées et vues du Dr. comme immatures et non raffinées. Agha a usé ces termes de nombreuse fois pour décrire les idées de Dr Sachedina durant cette réunion. Il est important de se souvenir que ce ne sont pas là des remarques d'un imam de masjid ou d'un moulla ordinaire, c'est une évaluation d'un Marjà', la plus haute autorité religieuse de notre communauté.
Le conseil de Ayatoullah Sistàni.
Après avoir dit qu'il ne voulait pas entrer dans un débat et prouvé les erreurs dans les vues de Dr Sachedina, Agha est arrivé finalement à la principale suggestion. Il a dit à Dr Sachedina "Mon conseil fraternel pour vous, non un ordre comme Marjà'-e-taqlid, est que vous , vous-même, devriez geler (tajmid) vos vues et ne pas exprimer vos opinions (ibdà'-e rà'iy). Vous devriez plutôt traduire les travaux de vos oulamà comme Ayatoullah Al Khou'i, Allama Tabatabài et des travaux de Agha-e Moutahhari. Même dans les traductions, abstenez-vous d'exprimer vos opinions."
Agha a ensuite parlé sur "le gel des idées" et "ne pas exprimer ses opinions". Il a dit : " Ce que je vous demande n'est pas une chose facile à faire, en le faisant, l'on tue son ego. "Un de mes professeurs de philosophie avait l'habitude de dire que pour une personne ses idées sont plus chères que ses enfants". Mais il n'est pas nécessaire d'exprimer vos opinions . "
Agha a donné son propre exemple. Il a dit qu'avant le décès de Ayatoullah Al Khou'i, il n'était connu que dans le cercle des savants érudits. Il avait l'habitude de donner des cours à un cercle limité d'étudiants, et les avait conseillé de ne pas publier ou distribuer ses vues durant la vie de Ayatoullah Al Khou'i. Il avait écrit quinze volumes de Oussoul'l Fiqh (Les principes de la jurisprudence ou méthodologie de l'Ijtihàd), comparé aux cinq volumes de Ayatoullah Al Khou'i, mais jusqu'à ce jour, ils sont restés non publiés. Et il y a beaucoup de vues qui y sont différentes de celles de Ayatoullah Al Khou'i. (C'est le seul contexte où Ayatoullah Sistàni a parlé de différence entre ses vues et celles de Ayatoullah Al Khou'i. Les écrits de Sachedina, ayant une opinion différente de Ayatoullah Khou'i sur la dernière position alléguée sur l'esclavage n' a jamais été relatée durant les deux réunions)
"Si j'étais mort avant Ayatoullah Al Khou'i, alors personne ne serait devenu familier de mes vues".
Puis Agha a donné l'exemple d'un autre moujtahid du passé : Agha Mirza-e Shirazi. Dans le masjid où il conduisait la prière, un moulla lisait chaque jour quelques massà'il entre les deux namàzes pour l'audience. Pourtant le massà'il qu'il lisait n'était pas selon le fatwa de Mirza-e Shirazi, mais selon Ayatoullah Yazdi. Certains des partisans de Mirza lui ont suggéré que c'était une insulte pour lui-même et qu'il ne devrait pas rester assis là et écouter les massà'il. Mais Mirza a refusé d'écouter son ego, et a continué de rester assis là durant la récitation des massà'ils basés sur le fatwa de Yazdi.
Agha a dit que l'un des problèmes de la communauté Shi'a est que chacun (Pierre, Paul, Jacques) pense qu'il a le droit d'exprimer une opinion sur l'Islam. " Regardez l'Eglise Catholique, en dépit de toutes les différences parmi eux, l'opinion officielle est uniquement celle du Pape. Regardez les Salafis (Les wahhabis, mais je les appelle Salafis parce qu'ils préfèrent ce nom pour eux), c'est seulement Bin Baz qui donne l'opinion officielle. Mais chez les Shi’as, chacun pense qu'il a le droit d'exprimer son opinion 'experte'. Dans notre tradition, avant qu'une personne donne sa propre opinion, il est de coutume de le montrer à deux moujtahids, et une fois qu'ils approuvent la procédure employée pour atteindre la conclusion, alors l'on exprime cette opinion publiquement. "
Agha est ensuite arrivé à la suggestion : " Mon conseil fraternel est que vous me donniez un engagement écrit qu'après m'en avoir parlé, vous n'exprimerez pas vos opinions personnelles sur l'Islam dans les discours ainsi que par écrit dans tous les médias de communication"
La Défense de Dr Sachedina (I).
Durant ses paroles, Agha avait mentionné de manière répétitive, deux exemples sur les écrits de Dr Sachedina : sur la question du pluralisme religieux, et sur les témoignages de deux femmes étant égaux au témoignage d'un homme.
Dr Sachedina a protesté que cet exemple de témoignages de deux femmes a été pris en dehors de son contexte, et qu'il le présentait pour contrer la propagande occidentale que l’Islam traite les femmes comme inférieures à l'homme, et qu'il voulait montrer qu'une femme Hakima Khatoune, pouvait être un témoin suffisant.
J'ai fait un geste avec ma main pour répondre à cette défense "hors-contexte "), je voulais apporter le vrai texte de son discours qui est absolument dépourvu du contexte que Dr Sachedina a donné dans la réunion. Cependant, Agha a répondu lui-même à la protestation de Dr Sachedina. Agha a dit : " J'accepte que vos intentions étaient bonnes, mais dans la manière que vous l’avez dit, il y a plus de dégât que de bénéfice. (Pour citer littéralement les mots de Agha : "Vous vouliez arranger les sourcils, mais avez fini par piquer les yeux ". Vous laissez une impression dans l'esprit des gens que la croyance en Mahdi et en son existence est basée sur le témoignage d'une femme. Dans les mêmes sources que vous avez utilisées, Al Ghayba du Toussi que j'ai également lu, il y a beaucoup d'autres cas de témoignages qui ont vu Imam. "Outhman bin Omari, durant la vie d'Imam al Askary, est venu avec cinquante Shi'as chez l'Imam et ils ont vu l'enfant Imam Al Mahdi...."
Le conseil à nouveau
Agha est encore revenu à son conseil à Dr Sachedina. Il a dit " Mon conseil fraternel est que vous écriviez vous-même l'engagement, je ne veux pas condamner votre personnalité. " Dr Sachedina a demandé si un tel engagement résoudrait le problème. J'ai répondu en disant qu'un tel engagement résoudrait le problème à condition qu'il soit sous forme écrite et attesté par Agha lui-même. A cet instant, j'ai sorti la copie de la lettre du Jamà'at de Toronto (que j'avais eu heureusement de Dr Sachedina la nuit précédente) et l'ai donné à Agha. Après avoir lu la lettre, Agha a dit : " Afin de mettre fin à la désunion, vous écrirez vous-même l'engagement que je vous demande, et puis il n'y aura même pas besoin que je réponde à cette lettre . "
Dr Sachedina a répondu en disant : " Cela ne résoudrait pas le problème, ils voudraient me déclarer kafir et mounàfiq, c'est comme ça qu'ils m'ont banni de l'Afrique, et là aussi veulent la même chose ! "
La défense de Dr Sachedina (II)
Dr Sachedina a dit qu'il n'y avait aucun besoin de traduire le livre sur le Messianisme. Il a sorti trois livres et les a placés devant nous: (1) Messianisme, (2) la traduction perse (de Dr Lyakatali Takim) de Ifthikar-zadeh (= thèse de M.A. comparant les vues de Sachedina et de Jassim Hussain) et (3) sa propre traduction anglaise du livre d'Ibrahim Amini sur Al Mahdi. Puis, indiquant le dossier, Sachedina a dit, "Quel besoin y avait-il de traduire ce livre de dix huit ans (se référant au Messianisme), car il a déjà été critiqué à Qoum (se référant au notes extensives de Ifthikar-zadeh dans la traduction de la thèse Dr Takim) et il a déjà été corrigé dans sa traduction du livre d'Ibrahim Amini. [ Ayatoullah Amini a un livre excellent pour le leadership général sur le Douzième Imam intitulé 'Dàdgoustàr-e Jahàn' qui fut traduit par Dr Sachedina sous le titre 'Al Imam Al Mahdi : Le Gouverneur Juste de l'Humanité. Est ce que la traduction du livre de Ayatoullah Amini a réellement corrigé les erreurs dans le 'Messianisme' ? Je ne le pense pas pour les raisons suivantes: D'abord, toutes les questions discutées dans le Messianisme n'ont pas été abordées dans le livre d'Amini. Une comparaison des sujets discutés dans ce livre avec les idées de Sachedina présentées dans cette publication (1ère partie) prouveront ce fait.
Deuxièmement, Messianism a été publié par une presse universitaire et avait trouvé sa place dans les bibliothèques des universités, alors que la traduction du livre d'Amini est publiée de manière privée à Toronto et distribuée principalement à la communauté Khoja. Sa deuxième édition à Qoum par un grand ami de Ayatoullah Amini (bien sûr, sans la préface du traducteur, dans laquelle il a défendu le Messianisme) a été largement répandue mais également limitée aux lecteurs Shi’as. En d'autres termes, Messianisme est encore présent dans les bibliothèques universitaires sans la traduction du livre d'Amini. " L'erreur" est encore là sans son "antidote" nécessaire !
Ayatoullah Sistàni a-t-il dégradé le livre de Ayatoullah Amini et mentionné irrespectueusement Ayatoullah Lutfullah Safi en répondant à Sachedina ? Ayatoullah n'a ni dégradé le livre d'Amini, ni parlé au sujet de la lettre écrite par Ayatoullah Safi. En vérité, Ayatoullah Sistàni n'a jamais cité le nom de Ayatoullah Safi. C'est vraiment une situation triste de voir Dr Sachedina essayant de faire dresser un marjà' contre d'autres érudits de haut rang de Qoum! Mais Allah est Le Meilleur Planificateur.]
Agha a répondu : " Dans ce que j'ai vu dans le dossier, il y a aussi des déclarations que vous avez faites cette année-ci, J'ai vérifié les dates soigneusement ! " Puis Agha a repris la demande d'engagement écrit.
Pendant que nous attendions le papier pour faire le brouillon d'engagement, j'ai saisi l'opportunité pour dire à Dr Sachedina en présence de Agha que je n'avais rien personnellement contre lui. J'avais seulement des problèmes avec ses vues et écrits. Ce n'est pas personnel. Et quand il dit que le Messianisme est un livre écrit il y a dix huit ans et qu'il a été corrigé par sa traduction du livre d'Ibrahim Amini, l'on devrait se rappeler qu'en préface du livre d'Amini, il a défendu son livre vieux de dix huit ans ! Sur cela, Dr Sachedina a répondu en disant " ce que j'ai dit dans la préface est que la conclusion des deux livres est la même ".
Agha a dit qu'il a connaissance de ce que Dr Sachedina a écrit dans la préface de la traduction défendant son propre livre, mais il ne veut pas entrer dans des arguments et contre arguments.
Brouillon d'engagement
Finalement Dr Sachedina se met à écrire l'engagement. On lui propose d'écrire un brouillon et à moi aussi. Agha Sayyid Mohammad Reza a regardé les deux brouillons proposés et puis en a fait un troisième : " Après avoir parlé à Ayatoullah Sistàni, je m’engage à compter d’aujourd’hui de m’abstenir de faire des exposés et d’exprimer mes opinions sur les croyances islamiques et les problèmes de fiqh ".
L’opinon du Dr Sachedina était que cet engagement ne s’appliquerait seulement qu’à la communauté Khoja ou au plus aux Shi’as. Mais en approfondissant la discussion, Agha a bien clarifié qu'il voulait un engagement total couvrant les Shi'as Khoja et non Khoja, Sounnis, Chrétiens et juifs aussi. Agha voulait que Dr Sachedina s’engage à ne pas exprimer ses opinions sur les sujets islamiques d’une manière complète et totale, même pas à une audience non musulmane ! Aux vues de Ayatoullah Sistàni, le problème n'était pas l'audience, mais la personne qui s’adressait à elle.
Dr Sachedina a parlé de son travail à l'université et de sa participation à la communauté Sounnie. Agha a dit : " Nous ne voulons pas que vous nous abandonniez et alliez vers les Sounnis! Non, vous avez aussi écrit des choses que les Sounnis n'approuvent pas. " Puis Agha a dit que la seule exception dans l'engagement complet et total qu'il veut du Dr Sachedina serait la tâche d'enseigner à l'université. Puis Dr Sachedina a insisté qu'une partie de son activité à l’université est l'écriture et la publication d’articles, Agha a refusé d’accepter cela et s'est référé à l'exemple des articles que Dr Sachedina a écrit sur le pluralisme religieux dans le journal de "Relation Chrétiens-Musulmans ". Agha a dit : " Je n'approuve pas quand vous exprimez vos vues que toutes les religions Abrahamiques sont valables de manière égale. "
Refus de Sachedina
Finalement, Dr Sachedina a demandé un tasbih pour voir un Istakhara, et puis a refusé de signer l'engagement total (avec exception d'enseigner à l'université) qu'Agha lui demandait. Dr Sachedina a demandé un délai d'une nuit pour travailler sur un accord qui soit pratique pour lui. Il a dit qu'il voulait aussi discuter avec moi et trouver un accord mutuellement acceptable. Agha lui a rappelé que la formulation devrait aussi être acceptable pour lui.
La deuxième réunion
Base de refus de Sachedina
La réunion a commencé à 9 heures avec mon information à Agha que Dr Sachedina n'a pas réussi à trouver une formulation qui pourrait être appropriée pour lui vu son emploi à l'université. Dr Sachedina a ensuite expliqué lui-même son problème avec un engagement complet et total de s'abstenir d'exprimer son opinion sur l'Islam.
Agha s'est senti évidemment déçu et a dit que nous avons déjà pris en considération l'exception pour l'enseignement à l'université. " Il semble que vous n'avez accordé aucune valeur à mon conseil. Vous avez vu un Istakhara et puis refusé de donner un engagement écrit. Je suis surpris de votre attitude. "
Dr Sachedina a insisté sur la question d'écrire les articles pour les journaux académiques. Il a parlé des pressions auxquelles il devait faire face étant un Musulman et un Shi'a dans le monde académique. Il a dit "demandez-lui (en se référant à moi) qui a aussi étudié dans une université occidentale ". Agha a refusé d’excuser cela en disant que " je ne veux pas que vous propagiez vos vues sur le pluralisme et aussi la complaisance pour les adorateurs d’idoles (se référant à l'exemple de l'homme assis devant Krishna que Dr Sachedina a donné dans l'un de ses exposés). Quant aux pressions, dites vous bien qu’ils le feront. "
Tentative d'Ayatoullah de donner un dernier avis
Réalisant que nous n'aurons pas d'engagement écrit de la part de Dr Sachedina, j'ai dit à Agha que dans ce cas, j’avais besoin de sa réponse écrite à la lettre du Jamà'at.
Agha a essayé d’aviser une nouvelle fois Dr Sachedina. Il a demandé combien il était payé par l'université. Quand il a répondu qu'il gagnait x dollars par an, Agha a suggéré que Dr Sachedina quitte son emploi à l'université et que Agha paierait la moitié de son salaire annuel. Pour l'autre moitié, Agha a suggéré que Dr Sachedina devrait vivre une vie aussi humble que la sienne. Il a dit : " Vous avez sûrement dû entendre quelle fut celle de nos Imams. " Puis Agha a retroussé les manches de son qabà' (cape) et nous a montré les manches trouées de sa chemise! Il a même dit : " la maison dans laquelle nous sommes assis ne m'appartient pas, et que cela fait quatre mois que je n'ai pas pu aller en Zyàrat à Karbala. Alors, quittez l'université, je paierai la moitié de votre salaire, et adoptez un mode de vie humble comme la mienne!" [C'est un Marjà' dans les comptes duquel des centaines de milliers de dollars passent, mais il ne les utilise pas pour sa propre personne. Il vit une vie très simple. Je remercie Allah (swt) pour avoir eu l'opportunité de voir un Marjà' qui nous rappelle les vies de nos Imams (as).]
[Ayatoullah Sistàni a fait tout son possible pour que la situation ne le conduise pas à écrire une lettre contre Sachedina; par conséquent il a outre passé sa possibilité. Comme la principale excuse présentée par Sachedina pour donner l'engagement était son travail à l'université, Ayatoullah a même offert de payer la moitié de son salaire. Sachedina présente ce fait comme suit : "Il m'était évident que j'étais une menace considérable aux pouvoirs établis de Ayatoullah pour qu'il m'offre une pension si généreuse". Quelle arrogance! Maintenant il se sent être capable de lire la pensée des autres et cela très explicitement!]
Sachedina soulève " la liberté d'expression "
Dr Sachedina a de nouveau refusé de donner l'engagement que réclamait Agha et a parlé sur la liberté de pensée et d'expression et du fait qu’il répondrait éventuellement à Dieu pour ses déclarations. Il a aussi dit que s’il donnait un tel engagement, alors il ne serait même plus en mesure d'assister au groupe de travail la semaine suivante pour lequel le Ministère Des Affaires Etrangères d'Iran l'avait invité. Six autres érudits chrétiens et juifs des USA ont été invités à assister à ce groupe sur "la société civile en Islam. " Je suis le seul érudit musulman " a-t-il dit.
Agha a répondu : " Que cet engagement ne vous empêche pas d’assister à ce groupe de travail car il discute de "la civilisation Islamique" qui est une question historique. Quand Monsieur Khatami (Le Président Iranien) parle de "Société civile", je sais qu'il se réfère aux relations entre les peuples, non aux religions. Vous pouvez décrire l'histoire et citer les questions historiques relatives à la civilisation des Musulmans. Je veux seulement que vous vous absteniez d'exprimer vos vues personnelles sur les questions purement islamiques.
Et tant qu’il est question d’être invité par l’Iran, ce n'est pas si important! Et même si dix pays comme l’Iran vous invitent, quelle importance ? [Ceci n'est pas une critique de l'Iran ou de son Président, comme Sachedina essaie de nous faire croire. C'est la réponse de Ayatoullah à la tentative de Sachedina d'impressionner Ayatoullah en disant que l’Iran l'a invité]. Vous n'avez pas tenu compte de mon conseil, et il semble que ce que vous m'avez écrit (dans votre lettre) que "Je suis votre mouqallid" était juste 'tahsrifàti' (pure forme, non sincère). Vous êtes ébloui par vos désirs personnels et par la renommée que vous obtenez en exprimant ces vues. Il vous est difficile de mettre de coté ces choses. "
La défense de Dr Sachedina (III)
Sur ce point, Dr Sachedina a fait des objections aux présentations que nous avons faites. Il a dit que " le critique académique a des principes : avec les points négatifs, l’on devrait aussi présenter les point positifs. Ce dossier n’a rien que des points négatifs sur moi. J’ai fait douze exposés, mais des extraits de trois seulement ont été sélectionnés çà et là ! Oui, j’ai fait Khata-e Ijtihàdi, mais je n’ai pas égaré des gens. Je n’en connais pas qui soit devenu Chrétien ou Juif à cause de moi ".
Agha lui-même a répondu aux objections en disant qu’en cas d’audition ou de procédure juridique seuls les points négatifs sont produits. " Regardez l’exemple du Président Américain qui est objet d’investigation pour relation illicite avec une femme : dans ce cas, seulement ses relations illicites sont discutées et non ses travaux positifs ! Si un politicien fait un ou plusieurs discours, et puis fait une seule remarque contre un principe sacré occidental (disons la démocratie), alors c’est cette seule remarque qui sera l’objet d’étude minutieuse. S’il a dit d’autres bonnes choses, ces bonnes choses ne justifieraient, ni annuleraient l’erreur de la remarque incriminée. "
Adieu et Lettre d’Ayatoullah Sistàni
A ce point, Sayyid Mohammad Reza a dit que si aucun engagement écrit ne devait être produit par Dr Sachedina, alors nous ne devrions pas faire perdre du temps à Agha. Il nous avait déjà consacré deux heures la veille.
J’ai donc redemandé une réponse écrite à la lettre du Jamà’at de Toronto.
On m’a demandé jusqu’à quand je serai à Najaf. Quand j’ai dit que nous avions programmé de partir dans deux heures, on m’a dit de venir à 11 heures pour recevoir la réponse de Agha.
Dr Sachedina et son fils ont quitté la maison de Agha, pendant que je suis resté . En moins d’une demi-heure, la lettre était prête :
Au nom du Tout Puissant,
Respecté M. Nazir Goulamhoussen, Président du Khoja Shi’a Ithna Asheri Jamaà’at de Toronto, Canada.
Avec mes salàmes et souhaits de tawfiq pour vous et pour les autres frères et sœurs en imàne de Toronto, et avec mes remerciements pour le dévouement du Respecté Houjjatoul islam Aqa-e Sayyid Mohammad Rizvi (que ses bénédictions continuent), je souhaite vous transmettre ce qui suit :
J’ai regardé les présentations des écrits et déclarations de Dr Abdul Aziz Sachedina qui m’ont été envoyées.
Comme ses vues sur les questions présentées sont basées sur des compréhensions incorrectes, et sont incompatibles avec les standards religieux et académiques, et causent la confusion dans l’esprit des mo-minines, tous les frères et sœurs en imàne (qu’Allah les aide à acquérir Son plaisir) sont enjoints (ordonnés) de s’abstenir de l’inviter à parler dans les réunions religieuses, et de ne pas l’approcher pour demander des réponses aux questions relatives aux croyances.
Et Allah est Le Guide du droit chemin.
‘Ali Al Hussaini As Sistàni (signé et cachet)
28 Rabioul Akhir 1419 – 21 Août 1998
Un mot dans
(Un mot sur) le VerdictLe verdict de Ayatoullah Sistàni est très clair. Cependant, je sais que depuis hier des tentatives sont en cours pour atténuer ses implications. On a posé des questions sur l’origine du mot " enjoindre ". Pour ceux qui comprennent, le mot Perse (Farsi) est " tawsiyya ". J’ai un dictionnaire Anglais-Farsi ici présent. Ouvrez au mot " Enjoin " (en français ‘enjoindre’ =ordonner expressément selon le Petit Robert (1992) qui a " LA " référence dans le monde universitaire.) et vous verrez qu’un des équivalents de ce mot en farsi est " tawsiyya ". Ainsi personne ne peut se plaindre d’une traduction incorrecte. Il y a aussi une bonne préséance dans l’utilisation du mot " enjoindre " pour " tawsiyya " . Prenez le Saint Coran et regardez la traduction de ces versets où Allah dit : " wa wassaynal insàna – Nous avons fait tawssiyya à l’homme ". Wassayna est le verbe découlant de tawsiyya. Vous verrez que le traducteur utilise le mot " enjoindre " ou " chargé " pour wassayna.
Certains " experts " voudraient voir un choix plus atténué du mot tel que " recommandation ". J’ai jute deux choses à dire : (1) D’abord, même si vous choisissez " recommander " au lieu de " enjoindre ", réfléchissez, de qui provient la recommandation – un Marjà’-e taqlid, le chef suprême des Shi’as du temps de ghaybat. Croyez-vous rejeter la recommandation d’une personne de cette position ? (2) : Deuxièmement, vous aimeriez rendre les choses contextuelles , pourquoi ne prenez-vous pas la lettre dans son contexte ? Regardez les mots qui précèdent : " Comme ses vues sur les questions présentées sont basées sur des compréhensions incorrectes, et sont incompatibles avec les standards religieux et académiques… " C’est très clair, très explicite. C’est l’évaluation des écrits controversants de Dr Sachedina par la plus haute autorité du monde Shi’a. Et dans ce contexte, la sélection du mot " enjoindre " est plus appropriée.
Dans le contexte de la dernière controverse, c’est " une directive écrite explicite ". J’espère que ceux qui insistaient en Afrique et en Amérique du Nord de laisser au Marja’ la décision finale, respecteront leur parole et obéiront au verdict du Marjà’, Ayatoullah al Ouzamà Sayyid Ali Al Housseini As Sistàni.
Laissez-moi préciser clairement que la directive de Ayatoullah est pour tous les frères et sœurs en imàne " ….tous les frères et sœurs en imàne…..sont enjoints…. " Ce n’est pas limité à Toronto. Il serait absurde de penser que Ayatoullah interdirait les mo-minines de Toronto de s’approcher de Dr Sachedina pour des réponses aux questions sur la croyance, mais qu’il autoriserait tous les autres !
Notre communauté a de grands potentiels et possibilités, de telles controverses nous ont toujours empêché des actions positives. Au lieu d’utiliser notre temps et notre énergie à propager l’Islam et à nous défendre contre les ennemis d’Ahloul Bayte (as) , nous avons perdu notre temps et notre énergie à remuer des problèmes entre nous. Fermons ce chapitre de l’histoire du Jamà’at de Toronto, et progressons dans l’unité basée sur un engagement total à la croyance Shi’a Ithna Asheri et une loyauté totale aux Ahloul Bayte (as)
Des personnalités viendront et partirons, ne laissons pas affecter notre foi par des personnalités.
Ce qui est important est notre foi, et non ce monde et sa position matérielle ou sociale. Allah dit dans le Saint Coran (13 :17) " …Ainsi Allah représente en parabole la Vérité et le Faux : l’écume (inutile) s’en va, au rebut, tandis que l’eau utile à l’homme demeure dans la terre… ". Les situations comme celle que nous avons sont comme des écumes, qui viennent de temps en temps ; votre foi et wilaya est ce qui reste de bénéfique pour vous à la fin.
Des questions sur le rapport
Ayatoullah Sistàni n’a jamais déclaré " qu’il n’était pas en position de commenter le contenu du dossier ". Ceci est contredit par les exemples que Ayatoullah a cité à partir du dossier dans ses paroles –ces exemples ne sont pas seulement dans mon rapport, même Dr Sachedina a cité des exemples dans sa propre déclaration. De plus, Sachedina lui-même écrit à ce sujet que " il est à noter que Ayatoullah avait examiné le dossier préparé et avait lu la lettre préparée par moi expliquant l’étude académique de la religion "
Deuxièmement, dans sa lettre, Ayatoullah déclare que "… J’ai regardé les présentations des écrits et déclarations de Dr Abdul Aziz Sachedina qui m’ont été envoyées. Comme ses vues sur les questions présentées sont basées sur des compréhensions incorrectes, et sont incompatibles avec les standards religieux et académiques… " N’est-ce pas un commentaire sur le contenu du dossier ?
Quant à la question d’un domaine qui ne serait pas dans la juridiction d’un marjà’, c’est aussi une invention. Comment Ayatoullah aurait pu dire cela et émettre ensuite son jugement sur les vues de Sachedina comme " immatures et non raffinées et non basées sur Le Saint Corant et la Sounnah " ? S’il avait dit que ce n’était pas dans sa juridiction, alors il n’aurait pas écrit dans son verdict que " …tous les frères et sœurs en imàne (qu’Allah les aide à acquérir Son plaisir) sont enjoints (ordonnés) de s’abstenir de l’inviter à parler dans les réunions religieuses, et de ne pas l’approcher pour demander des réponses aux questions relatives aux croyances.
Finalement et le plus important, c’est que c’est Sachedina lui-même qui a défié le Jamà’at de Toronto pour aller voir le Marjà’ pour la résolution de ce problème. S’il n’était pas dans la juridiction du Marjà’ de décider sur cette question, alors pourquoi a-il initié le voyage en premier ? Il a lui-même écrit que " je suis allé avec pleine confiance dans l’intégrité de l’institution religieuse du Marja’iyya, et avec l’espoir de voir que la justice serait faite en restant dans l’engagement absolu de l’Islam à ce principe moral. "
Après la première réunion, quand j’ai demandé à Sachedina des éclaircissements concernant la lettre qu’il avait écrite à Ayatoullah, il a dit : " j’avais écrit pour lui demander soit de me ‘blanchir’, soit de me bannir du mimbar (mamnou’l mimbar). " Après avoir soumis une telle requête au marjà’, je suis vraiment surpris que la question de la juridiction soit soulevée maintenant sur le verdict d’Ayatoullah. Autrement je n’aurais pas été surpris parce qu’il est tout à fait commun de voir une personne questionner sur l’intégrité du juge quand le jugement n’est pas en sa faveur.
2-Il a été dit que Ayatoullah n’a jamais fait mention même une fois de la question de Wilayat d’Imam ‘Ali (as).
D’abord, Ayatoullah a dit clairement dès le début qu’il ne voulait entrer en " ibtàl " (preuve du faux) de chaque article du dossier. Si Sachedina pensait qu’un Alim du niveau de Marjà’ se mettrait face à lui pour discuter article par article, alors il a grossièrement surestimé sa propre valeur !
Deuxièmement, quand Ayatoullah a vu de sérieux problèmes dans les vues de Sachedina sur le pluralisme religieux qui jouent avec les fondements de notre foi, alors il n’y avait plus aucun besoin d’aller plus loin dans la discussion des questions de Imàmat et Wilayat parce que ces questions sont secondaires par rapport au Nabouwwat du Prophète Mohammad (saw) et à l’universalité de l’Islam. Et sur la question du pluralisme, Ayatoullah a commenté à plusieurs reprises. Il a spécialement commenté la tolérance de Sachedina pour les adorateurs d’idoles (voir vues et idées de Sachedina en 1ère partie)
3-Dr Sachedina a dit que Ayatoullah avait reçu une requête d’Iran pour évaluer les travaux d’un autre érudit (qui selon Sachedina serait Dr Soroush) mais qu’il a refusé de donner son opinion. Et par conséquent, Sachedina a conclu que " Le jugement de Ayatoullah, même en forme de recommandation, ne pouvait pas être simplement basé sur mes interprétations incorrectes. Il y avait plus que ce qui apparaît en surface "
Premièrement, comparer la controverse présente au cas de Soroush ( si Ayatoullah s’est vraiment référé à lui) est comme comparer les pommes avec des oranges. Pourquoi ? Dans le cas de Dr Sachedina, les deux parties c’est-à-dire le Jamà’at aussi bien que Sachedina étaient d’accord pour aller voir le Marjà’ et accepter sa décision, les deux parties avaient connaissance du dossier qui allait être présenté au Marjà’. Dans le cas de l’autre érudit, ces aspects importants faisaient défaut. Donc il était tout à fait concevable pour Ayatoullah de refuser de faire la décision dans ce cas, mais d’accepter de donner son opinion sur le cas de Sachedina.
Deuxièmement, la lettre du Jamà’at, dont j’avais transmis le contenu verbalement quand je suis allé déposer le dossier à la maison de Ayatoullah et dont une copie lui a été remise lors de la première rencontre insistait auprès du Marja’ sur le fait que seule sa décision pourrait empêcher la désunion dans le Jamà’at. Ce fut la principale raison pour laquelle Ayatoullah a senti son intervention nécessaire et a déclaré son opinion.
Finalement, le refus de Ayatoullah à commenter ou intervenir dans d’autres dossiers, quels qu’ils soient, n’a aucune incidence sur le verdict qu’il a émis sur ce dossier. C’est comme si l’on disait qu’étant donné qu’il n’a déclaré aucune opinion sur la question du clonage par exemple, par conséquent ses fatwas sur la question de tahàrat d’Ahlou Kitàb ne sont pas acceptables !
Traduit de l’anglais par G. Radjahoussen - Email : venus@guetali.fr
(Titre original ‘ The presentation submitted to the Marjà’, de Sayyed Mohammad Rizvi, 1998, imprimé à Canada, disponible chez I.E.B. du World Federation)
Première lecture et correction de Frère John Alibay (DEA en Lettres)