Les Étapes de l'Au-delà
(De la tombe à la
Résurrection)
Édité et adapté en français par
:
Abbas Ahmad al-Bostani
Publication de la Cité du Savoir
Éditeur:
Abbas Ahmad Al-Bostani
La Cité du Savoir
C. P. 712, Succ. (B)
Montréal, Québec, H3B 3K3
Canada
Site Web : http://www.bostani.com/
E-mail permanent : abbas@bostani.com
E-mail
alternatif 1 : bostani5@hotmail.com
E-mail
alternatif 2 : bostani5@yahoo.fr
Première édition: Janvier 2004
Copyrights: Tous droits réservés à l'éditeur
ISBN : 2-922223-27-2
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Table des Matières
La mort, la première des étapes menant vers l'Autre-monde 5
Le Premier obstacle 5
Ce qui facilite et allège l'agonie de la mort
7
Le Deuxième obstacle 13
Le premier conte 19
Le second conte 20
La Tombe :
Le Premier obstacle 23
Le Deuxième obstacle: la pression de la tombe 31
Les facteurs qui sauvent les morts de la pression de la tombe 33
Le Troisième obstacle: l'interrogatoire de Munkar et Nakîr dans la tombe 39
1er conte 43
Un autre conte 44
Al-Barzakh 46
1er Conte 52
2em Conte 54
3em Conte 56
4em Conte 58
Al-Qiyâmah (La Résurrection) 61
La sortie du mort de sa tombe 70
La Balance et la comptabilité des actes 77
Un récit 83
Le Règlement des comptes 84
L'Etape de la remise du journal des actes (le bilan) 90
Al-Çirât 96
Un conte et un rêve prémonitoire significatifs 103
La Fin 105
La torture de l'Enfer 105
Les Récits de ceux qui craignent Allah 112
Le premier récit 112
Le deuxième récit 113
Le troisième récit 121
Le quatrième récit 122
L'Évocation de la mort 124
L'amour de la rencontre avec Allah 128
Il est détestable de réclamer la mort et de la souhaiter 132
Les âmes seront anéanties entre les deux souffles 138
L'Ange de la mort et ses assistants 140
Annexes 147
Les âmes des croyants et des mécréants rendent visite à leurs familles après la mort 147
La rétribution spirituelle (ajr) qui accompagne le croyant après sa mort 149
L'intercession et l'intercesseur
151
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La mort, la première des étapes
menant vers l'Autreh-monde
Cette étape comporte des obstacles durs à franchir et des moments difficiles à supporter. En voici deux des plus importants:
L'agonie et la difficulté de l'extraction de l'âme du corps. L'agonie de la mort fait apparaître la vérité: «Voilà ce dont tu t'écartais».(1)
C'est une étape très difficile, car l'agonisant doit faire face à des épreuves de toutes sortes: les douleurs de la maladie, la paralysie de la langue, la disparition des forces du corps, les lamentations de la famille et leurs adieux, le souci de l'orphelinat des enfants, la séparation des biens, des trésors, des économies qu'on a tant peiné à obtenir durant toute une vie, et dont beaucoup seraient peut-être mélangés avec des propriétés illégales appartenant à autrui et usurpées injustement, ou des biens sur lesquels la part d'Allah (zakât, khoms, etc.) n'a pas été prélevée, ce qui en fait des biens illicites (harâm), problème auquel l'on n'a pas attaché l'importance due et dont le souci n'est né qu'une fois la mort arrivée, souci que l'Imam Ali a si bien décrit dans Nahj-ul-Balâghah:
«Il (l'agonisant) se rappelle des biens qu'il a amassés sans s'être soucié de la légalité de leur origine, ni de ce qu'ils contiennent de légal et de douteux. Il doit donc assumer les conséquences de leur thésaurisation au moment où il ne peut que s'en séparer pour le laisser à ceux qui lui succèdent et qui vont en jouir. Le résultat est que les autres en seront les heureux bénéficiaires, et à lui d'en assumer la lourde responsabilité».
D'autre part il y a la terreur de l'entrée dans un monde qu'il n'a jamais vécu avant et de la vue d'un spectacle que ses yeux n'ont jamais vu: «Et bien, Nous ôtons ton voile ta vue est perçante aujourd'hui».(2) où il voit le Messager d'Allah (P) et les Membres de sa Famille (p), les Anges de la Miséricorde et ceux de la colère, s'apprêter à émettre leur jugement à son égard, et éventuellement une recommandation en sa faveur.
D'un autre côté il voit réuni autour de lui Iblis (Satan) et ses partisans pour lui inculquer le scepticisme et l'empêcher d'avoir la foi, alors que plane sur lui la terreur de la présence de l'Ange de la mort, et la façon dont son âme est arrachée de son corps, situation que l'Imam Ali (p) résume en quelques mots dans Nahj-ul-Balâghah: «Les agonies de la mort s'emparent de lui et ce qui lui arrive est indescriptible».
Al-Kulayni rapporte de l'Imam al-Sâdiq (p) que l'Imam Ali (p) eut un jour mal aux yeux. Le Prophète (P) lui rendit visite et le voyant crier et se plaindre lui demanda: «Cries-tu par douleur, affliction ou crainte?» L'Imam Ali répondit: «Que la douleur est insupportable, lorsqu'on ne l'a pas connue auparavant». Le Prophète (P) lui dit alors: «Lorsque l'Ange de la mort se présente pour arracher l'âme du mécréant (kâfir), il se pointe avec une barre de feu avec laquelle il arrache son âme. Le mourant crie alors à tue-tête: «C'est l'Enfer», à cause de l'intensité de la douleur». Ayant entendu ce hadith (cette description), l'Imam Ali (p) se leva, puis se rassit et dit: «O Messager d'Allah Répète-moi ce hadith, car il m'a fait oublier ma douleur, et de demander: est-ce que l'âme de l'un des membres de ta Communauté pourrait être arrachée comme tu viens de le décrire?» Le Prophète répondit: «Oui un gouvernant injuste, quelqu'un qui s'approprie les biens d'un orphelin injustement et par transgression, ainsi qu'un faux témoin».(3)
Ce qui facilite et allège l'agonie de la mort
Al-Sadûq rapporte le hadith suivant de l'Imam al-Sâdiq (p): «Quiconque désire qu'Allah lui facilite son agonie, les difficultés de la mort seront allégées».(4)
Il est rapporté que le Prophète (P) assistait un jour à l'agonie d'un jeune homme. Il essayait de lui dicter (faire prononcer) la traditionnelle attestation de foi islamique «Lâ ilâha illâllaâh ...» (Il n'y a de divinité qu'Allah ...), mais la langue de l'agonisant se bloquait et ne parvenait pas à répéter cette attestation. Le Prophète demanda alors à une dame assise au chevet du mourant si elle était sa mère. Celle-ci répondit par l'affirmative. Le Prophète lui demanda alors: «Es-tu mécontente de lui?». Elle répondit: «Oui, et je ne lui ai pas adressé la parole depuis six ans». Le Prophète (P) lui dit: «Pardonne-lui». La mère acquiesça: «Qu'Allah soit satisfait de lui comme tu es satisfaite de lui». Dès qu'elle exprima ainsi son pardon et sa satisfaction de son fils, la langue de ce dernier se débloqua et le Prophète put ainsi lui faire répéter la formule «Lâ ilâha illâllaâh ...».
Le Prophète (P) demanda alors au jeune agonisant: «Que vois-tu maintenant?». Il répondit: «Je vois un homme noir, d'aspect laid, putréfié, portant des vêtements sales et exhalant une mauvaise odeur. Il vient vers moi, il serre ma gorge et ma trachée». Le Prophète (P) lui commanda alors de dire: «Yâ man yaqbal-ul-yacîr-a wa ya'fû 'an-il-kathîr-i, iqbal mannî-l-yacîra wa-'fu 'annî-l-kathîr-a, Innaka anta-l-Ghafûr-ur-Rahîm-u(5) (Ô Toi Qui accepte le peu (de bonnes actions que le serviteur accomplit tout en pardonnant beaucoup Accepte de moi le peu (que j'ai fait) et pardonne-moi la multitude (de péchés que j'ai commis)». Le jeune mourant s'exécuta. Le Prophète lui demanda, une fois qu'il avait terminé la récitation: «Et maintenant que vois-tu?». Le jeune homme répondit: «Je vois un homme au visage d'une blancheur pure, gracieux, parfumé, portant des vêtements propres, se diriger vers moi, alors que l'homme noir tourne les talons et s'apprête à partir». Le Prophète lui après lui avoir dit de répéter encore une fois la récitation, lui demanda à nouveau: «Et maintenant que vois-tu?». Il répondit: «L'homme noir a fiché le camp sans laisser de traces, et l'homme blanc reste à mes côtés». Sur ce le jeune homme rendit le dernier soupir.(6)
Ce hadith en dit long sur l'effet néfaste et la gravité de la désobéissance aux parents, car bien que le jeune homme fût au nombre des compagnons du Prophète (P) et que celui-ci se soit assis à côté de son lit en essayant de lui faire répéter l'attestation de foi, il ne put le faire que lorsque sa mère accepta de lui pardonner, ce qui eut pour effet immédiat le déblocage de sa langue.
Selon l'Imam al-Sâdiq (p): «Quiconque habille son frère de religion d'un vêtement d'été ou d'hiver, Allah se donnera comme devoir de le revêtir d'un vêtement du paradis, de lui faciliter l'agonie et d'élargir son tombeau».(7)
Selon le Prophète (P): «Quiconque nourrit son frère musulman d'une sucrerie, Allah lui enlèvera l'amertume de la mort».
La lecture de la Sourate Yâ-Sîn, de la sourate Al-Çâffât et Du'â' al-Faraj(8) est bénéfique pour l'agonisant.(9)
Selon l'Imam al-Sâdiq (p): «Quiconque jeûne le dernier jour du mois de Rajab, Allah le préservera des difficultés de l'agonie, de la terreur après la mort et des supplices de la tombe».(10)
Le jeûne de 24 jours au mois de Rajab appelle beaucoup de mérites spirituels (thawâb), entre-autres, la venue de l'Ange de la mort sous forme d'un jeune homme, luxueusement vêtu et portant dans sa main une boisson du Paradis qu'il offre au mourant afin d'alléger son agonie.
Selon notre Prophète (P): «Quiconque accomplit la nuit du 7 au 8 Rajab quatre rak'ah de prière en récitant dans chacune d'elles une fois la sourate Al-Hamd, trois fois la sourate Al-Ikhlâç, suivies des sourates Al-Falaq et Al-Nâs, et récite après cette prière 10 fois Allâhumma çalli 'alâ Muhammadin wa âle Muhammad-in (Ô mon Dieu, prie sur Muhammad et sur les membres de sa Famille), 10 fois al-tasbîhât al-Arba'ah (les quatre glorifications)(11), Allah le placera sous l'ombre de Son Trône, lui accordera le mérite spirituel décerné à celui qui fait le jeûne du mois de Ramadhân, et les Anges se mettront à demander pardon pour lui jusqu'à ce qu'il termine sa prière. De plus, Allah lui facilitera l'extraction de son âme et lui allégera la pression de la tombe. En outre, il ne mourra qu'après avoir vu le Paradis et Allah le préservera de la Peur majeure, La Grande Terreur (al-faza' al-akbar)».
Selon al-Kaf'ami, le Prophète (P) dit: «Quiconque lit le Du'â' suivant chaque jour dix fois, Allah lui pardonnera quatre mille grands péchés, le sauvera des supplices de l'agonie et de la pression de la tombe et de cent mille peurs de celles du Jour de la Résurrection, le préservera du méfait de Satan et ses soldats et enlèvera ses soucis et ses angoisses:
- A'dadtu li-kulli hawlin lâ ilâha illâllâh-u (Je me prépare à prononcer la formule: «Il n'y a de Dieu qu'Allah», chaque fois que je rencontre une terreur)
- wa li-kulli hammin wa ghammin: mâchâ'-Allâh-u (et «Allah fait ce qu'Il veut», chaque fois que j'ai un souci ou une angoisse)
- wa li-kulli ni'matin: al-hamdu li-llâh-i (et «Louanges à Allah», chaque fois que j'obtiens une bénédiction
- wa li-kulli rakhâ'in: ach-chukru li-llâh-i (et «Merci à Allah», chaque fois que je me trouve dans l'aisance)
- wa li-kulli u'jubatin subhân-Allâh-i (et «Gloire à Allah», chaque fois que je vois une merveille),
- wa il-kulli thanbin astagh-fir-ullâh-a (et «Je demande pardon à Allah», chaque fois que je commets un péché)
- wa il-kulli ma'çiyatin : innâ lillâhi wa innâ ilayhi râji'ûn-a (et «Nous appartenons à Allah et nous retournerons vers Lui», chaque fois que je désobéis à Allah
- wa li-kulli dhîqin: hasbiya-llâh-u (et «Allah me suffit», devant chaque difficulté)
- wa il-kulli qadhâ'in wa qadarin: tawakkaltu 'alâllah-i (et «Je place ma confiance en Allah», chaque fois que je me trouve devant un Décret et une Décision divins)
- wa li-kulli 'aduwwin: i'taçamtu billâhi (et «Je me protège auprès d'Allah», chaque fois que je rencontre un ennemi)
- wa li-kulli tâ'atin wa ma'çiyatin: lâ hawla wa lâ quwwata illâ billâh-il-'aliyy-il-'adhîm-i (Et «Il n'y a de force ni de pouvoir qui n'émanent d'Allah, le Très-Haut, le Très-Grand» devant chaque acte d'obéissance et de désobéissance).(12)
Une autre invocation qui apporte 70 grands mérites spirituels à quiconque la récite, dont celui de lui annoncer la bonne nouvelle lors de sa mort:
- Yâ Asma'-as-sâmi'în-a wa Yâ Abçar-al-bâçirîn-a wa Yâ Asra'-al-hasibîn-a wa Yâ Ahkam-al-hâkimîn-a, (Ô le Plus Entendant des entendants Ô le Plus Voyant des voyants Ô le Meilleur comptable des comptables Ô le Meilleur Juge des juges)
Selon al-Kulayni, l'Imam al-Sâdiq (p) recommanda: «Ne vous lassez jamais de lire et relire la sourate Al-Zalzalah (chapt. 99), car quiconque lit cette sourate pendant ses prières surérogatoires, Allah l'écartera des tremblements de terre, il ne mourra pas lors d'une secousse ou d'un tonnerre, ni dans une des épidémies de ce monde. De plus, un Ange généreux descendra auprès de lui et s'assiéra au niveau de sa tête lors de sa mort en disant à l'Ange de la mort: Sois compatissant envers lui, car c'est un ami proche d'Allah et il m'évoquait beaucoup».(13)
La 'adîlah (l'abjuration ou l'apostasie) lors de la mort.
'Adîlah, signifie abandonner la Vérité ou s'en détourner pour le Faux lors de la mort, sous l'effet de la présence de Satan auprès du mourant et de ses tentations en vue de susciter en lui le scepticisme et de le conduire à l'apostasie.
Contre le risque de ce mal du dernier moment de l'existence de l'homme, il y a des du'â' et des ta'withah (invocation de protection):
Selon Fakhr al-Muhaqqiqîn: «Quiconque veut être à l'abri de la 'adîlah, qu'il remette en mémoire les preuves de la Foi, qu'il se rappelle clairement les cinq Fondements de la Religion et qu'il y réfléchisse à tête reposée. Puis se confiant totalement à Allah, qu'il récite l'invocation suivante:
- Allâhumma yâ Arham-ar-râhimîn-a, innî qad wadda'tuka yaqînî hâthâ wa thabâta dînî, wa Anta Khayru Mustawda'in wa qad amartanâ bi-hifdh-il-wadâ'i'i, fa-ruddahu 'alayya waqta hudhûri mawtî
(Ô mon Dieu Je Te confie ma certitude (concernant ma foi ferme dans les fondements de la Religion) que voici et ma fermeté dans ma croyance en ma Religion, sachant que Tu es le Meilleur Dépositaire, et que c'est Toi Qui nous ordonnes de bien garder les dépôts Rends-les-moi donc au moment de ma mort)
De même la récitation du fameux Du'â' 'Adîlah(14) est la meilleure prévention contre le danger ou le risque de l'apostasie au moment de la mort.
Muhammad ibn Sulaymân al-Daylami, cité par al-Tûsî, rapporte: «J'ai dit à l'Imam al-Sâdiq (p) un jour: «Tes Chiites disent que la foi est de deux sortes: l'une est fixe et stable, l'autre déposée et éphémère. Apprends-moi donc un du'â' par lequel je parferai ma foi, pour qu'elle ne me quitte plus, lorsque je l'aurai lu. L'Imam (p) m'a recommandé alors de lire le du'â' suivant après chaque prière obligatoire:
- Radhaytu billâhî Rabban wa bi-Muhammadin çallâ-llâhu 'alayhi wa âlihi nabiyyan, wa bi-l-Islâmi Dînan, wa bi-l-Qur'âni Kitâban wa bi-l-Ka'bati qiblatan, wa bi-'Alain wallon wa Imâman, wa bi-l-Hasani wa-l-Husayni wa 'Aliyy-Ibn-il-Husayn-i wa Muhammad-ibni 'Aliyyin wa Ja'far-ibni Muhammad-in wa Mûsâ-bni Ja'far-in wa 'Aliyy-ibni Mûsâ wa Muhammad-ibni 'Aliyy-in wa 'Aliyy-ibni Muhammad, wa-l-Hasan-ibni 'Alain wa-l-Hujjat-ibni-l-Hasan-i çalawât-ullâhi 'alayhim A'immatan Allâhumma innî radhaytu bihim A'immatan, fa-r-dhanî lahum, Innaka 'Alâ kulli chay'in qadîr-un.
(J'ai agréé Allah comme Seigneur, Muhammad -que la Prière d'Allah soit sur lui et sur sa Famille - comme Prophète , l'Islam comme Religion, le Coran comme Livre, la Ka'bah comme Direction (Qiblah), Ali comme Maître obéi (waliyy) et Imam, al-Hassan et al-Hussain, Ali fils de Hussain, Muhammad fils de Ali, Ja'far fils de Muhammad, Mûssâ fils de Ja'far, Ali fils de Mûssâ, Muhammad fils de Ali, Ali fils de Muhammad, al-Hassan fils de Ali, et l'Argument fils d'al-Hassan, que la prière d'Allah soit sur eux tous, comme Imams. O mon Dieu Je les ai agréés comme Imams, fais-les donc m'agréer, Tu as certes Pouvoir sur toute chose)».(15)
Il est à noter que l'accomplissement des prières quotidiennes obligatoires toujours à l'heure exacte ou dès le début de leur horaires prescrits respectifs(16) aide à franchir cette étape ou à se soustraire à ce danger (la 'adîlah ou l'apostasie, l'abjuration), car selon le Hadîth l'Ange de la mort regarde tout le monde cinq fois par jour pendant les horaires des Prières quotidiennes, et dicte l'attestation de foi à ceux qui accomplissaient assidûment leurs prières à l'heure et éloigne d'eux ainsi la tentation d'Iblis le Maudit.(17)
L'Imam al-Sâdiq (p) dit: «Si tu veux qu'Allah scelle tes actes de ce monde avec une bonne mention pour que tu rendes l'âme, en étant crédité des meilleurs actes, tu dois respecter les droits d'Allah en ne dépensant pas Ses bienfaits dans des actes de désobéissance, t'abstenir de considérer Sa clémence envers toi comme une incitation à Sa désobéissance, et être généreux envers quiconque prétend nous aimer, peu importe qu'il dise la vérité ou non, car ton intention sera bénéfique pour toi et son mensonge nuisible pour lui».(18)
D'autres actes, invocations et pratiques cultuels sont recommandés pour se soustraire au risque de la 'âdîlah au moment de la mort: la récitation assidue de l'invocation suivante:
Rabbanâ lâ tuzigh qulûbanâ ba'da ith hadaytanâ wa hab lanâ min ludunka rahmatan Innaka Anta-l-Wahhâb (Seigneur Ne laisse pas dévier nos coeurs après que Tu nous as guidés et accorde-nous Ta miséricorde. C'est Toi, certes, le Grand Donateur) (Sourate Âle 'Imrane, 3/ 8)
La lecture assidue de «Tasbîhat al-Zahrâ'» (la Glorification qui porte le nom de Fâtimah al-Zahrâ') lequel consiste en la récitation de:
- 34 fois «Allâhu Akbar» (Allah est le plus Grand)
- 33 fois «Alhamdu lillâh» (Louange à Allah)
- 33 fois «Subhân-Allâh».(Gloire à Allah)
Le port d'une bague 'aqîq (agate), notamment si la mention: Muhammadun rasûlullâh, 'Aliyyun waliyy-ullâh (Muhammad est le Messager d'Allah, Ali est l'Ami proche d'Allah) est inscrite sur la pierre précieuse.
La récitation de la sourate Al-Mu'minûn (chapt. 23) chaque vendredi.
La récitation de cette invocation:
- Bism-illâh-ir-Rahmân-ir-Rahîm, lâ hawla wa lâ quwwata illâ bi-llâh-il-'Aliyy-il-'Adhîm (Au Nom d'Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux. Il n'y a de force ni de pouvoir qui n'émanent pas d'Allah, le Très-Haut, l'Immense), chaque jour après les Prières du matin et du crépuscule.
L'accomplissement, le 22 du mois de Rajab, de huit rak'ah de prière dont chacune comporte la récitation de la sourate Al-Hamd une fois et la sourate Al-Kâfirûn (chapt. 109) 7 fois. Et à la fin de la prière, on récite:
- Allâhumma çalli 'alâ Muhammadin wa âle Muhammadin (Ô mon Dieu Prie sur Muhammad et sur les membres de la Famille de Muhammad) 10 fois et Astagh-fir-ullâh (Je demande pardon à Allah) 10 fois.
Selon Ibn Tâwûs, le Prophète (P) dit que quiconque accomplit la nuit du 6 au 7 Cha'bân quatre rak'ah de prière dont chacune comporte la lecture de la sourate Al-Hamd une fois et la sourate Al-Ikhlâç 50 fois, Allah enlève son âme alors qu'il se sent heureux, élargit son tombeau dont il sortira avec un visage pareil à la pleine lune en disant:
- Ach-hadu anlâ ilâha illâllâh wa ach-hadu anna Muhammadan 'abduhu wa rasûluh-u (J'atteste qu'il n'y a de Dieu qu'Allah et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager).(19)
Il est à noter que cette prière qui était également la prière de l'Imam Ali (p) a beaucoup de vertus et commande de grands mérites spirituels (thawâb).
Deux contes relatifs à ce sujet méritent d'être mentionnés ci-après:
Le premier conte:
Fadhîl ibn 'Ayâdh, cheikh d'une école de Hadith a rendu visite un jour à l'un de ses disciples en agonie. Il s'est assis à côte de son lit de mort près de sa tête et s'est mis à réciter la sourate Yâ-Sîn. Le disciple l'a interrompu net: «Ne lis pas cette sourate, ô Maître». Fadhîl s'est tu et s'est contenté de lui dicter l'attestation de foi islamique. Le disciple a ajouté: «Je ne te dis pas cela (ne pas lire cette sourate) parce que je serais à l'abri de la 'adîlah, et rendit l'âme tout de suite». Le cheikh, affligé par l'attitude de son disciple, a regagné son domicile et n'en est plus sorti. La nuit pendant son sommeil il a fait un rêve dans lequel il a vu son disciple en train d'être conduit à Géhenne. Aussi lui a-t-il demandé: «A ma connaissance tu étais le plus érudit de mes disciples Comment donc Allah t'a dépouillé du savoir et t'a fait connaître une aussi mauvaise fin? Pourquoi?». Le disciple répondit: «A cause de trois traits de caractère: l'envie, la calomnie et la consommation d'alcool une fois par an que mon médecin m'avait prescrit pour soigner une maladie dont je souffrais. Ces trois défauts m'ont amené à cette triste fin et à mourir dans cet état».
Sur le même registre et en relation avec le contenu de ce conte Al-Kulaynî rapporte d'Abû Baçîr le témoignage suivant:
Om Khâlid al-Ma'badiyyah entra chez l'Imam al-Sâdiq (p) alors que j'étais là. S'adressant à l'Imam (p) elle lui dit: «Que mon âme te soit sacrifiée Je souffre de gonflement et de borborygme dans le ventre, et les médecins d'Irak m'ont recommandé de boire du vin, mais je n'ai pas suivi leur conseil, sachant que vous détestez la consommation de l'alcool. Aussi suis-je venue te demander ton avis à ce sujet». L'Imam al-Sâdiq (p) voulant s'assurer de la raison de son abstention de suivre le conseil des médecins, lui demanda de la lui répéter. Elle dit: «J'ai décidé de suivre tes instructions concernant les affaires de ma religion, pour que le Jour de la Résurrection je me défende en disant que Ja'far ibn Muhammad (al-Sâdiq) m'a ordonné de faire ceci et de ne pas faire cela (...) ». L'Imam al-Sâdiq (p) lui dit alors sur un ton ferme: «Non par Allah, je ne te permets pas de prendre même une goutte de cette boisson, autrement tu le regretteras, lorsque l'âme atteindra le gosier». Il répéta cela trois fois et lui dit: «As-tu bien compris ce que je dis?».(20)
Le second conte:
Al-Cheikh al-Bahâ'î relate dans son Kach-kûl qu'un homme aisé, lorsqu'il se trouva en agonie et qu'on lui dicta l'attestation de foi islamique, au lieu de répéter celle-ci il récita le vers suivant: «Quelle nostalgie pour cette dame qui, ayant été fatiguée de chercher, demanda le chemin conduisant au hammam de Manjâb».
Le secret de ce vers était qu'une dame chaste, respectable et belle était sortie un jour de son foyer pour aller à un bain public dénommé hammam Manjâb. Elle s'était égarée. Fatiguée à force de recherche sans résultat, elle demanda à un homme qui se trouvait devant la porte de sa maison l'adresse dudit hammam. L'homme pointa du doigt la porte de sa maison en guise de réponse. La dame le crut et entra dans sa maison. L'homme entra tout de suite derrière elle et referma la porte. Il voulut la violer. Elle comprit alors le piège dans lequel elle était tombée. Elle cherchait donc le moyen de s'en sortir. Elle fit mine alors qu'elle était consentante et qu'elle était prête à satisfaire son désir. Elle lui demanda d'aller lui chercher du parfum et un repas copieux pour l'occasion, sans oublier de lui dire de se hâter pour lui faire croire qu'elle avait le même désir que lui et pour le mettre ainsi en confiance. L'homme, rassuré, sortit hâtivement à la recherche de ce qu'elle demandait, la laissant seule à la maison. Elle profita donc de son absence pour s'échapper et se soustraire à ses mauvaises intentions. A son retour, l'homme comprit, soupira de chagrin et de regret à la perte de sa proie. Au moment de son agonie, ce souvenir est revenu à sa mémoire, et au lieu de l'attestation de foi islamique, il récita ce vers de nostalgie.
Moralité, ce conte illustre la maxime islamique «ce sont les intentions qui comptent dans les actes». Car comme on le voit, cet homme n'a pas commis son méfait, mais avait l'intention de le faire, et c'est la simple intention qui l'a conduit à être privé de la prononciation de l'attestation de foi islamique lors de sa mort, bien qu'il n'eût pas réussi à traduire en acte sa mauvaise intention.
Il y a d'autres facteurs qui contribuent à empêcher le croyant à mourir en
bon Musulman. Le fait d'omettre de payer la Zakât (aumône purificatrice de 10
prélevée sur certains gains et acquisitions) en est un(21), et le fait
de négliger l'accomplissement du pèlerinage obligatoire pour celui qui en a la
capacité et les moyens en est un autre.(22)
La Tombe
La tombe est l'une des étapes les plus terrifiantes et les plus désolantes du voyage vers l'Autre-monde.
Car n'est-ce pas la tombe qui dit: «Je suis la maison du dépaysement Je suis la maison de la désolation Je suis la maison des vers».
Cette étape comporte des obstacles très difficiles à négocier et des lieux désolants et terrifiants. En voici quelques-uns:
Le premier obstacle: la désolation de la tombe:
Il est dit dans "Man lâ Yah-dhuruh-ul-Faqîh" d'al-Cheikh al-Çadûq que la tombe comporte des terreurs affreuses. Aussi ne doit-on pas entrer le mort d'un coup dans sa fosse. On doit le déposer d'abord près de celle-ci et on attend un peu jusqu'à ce que le mort se prépare à cette entrée. Puis on doit le rapprocher encore un peu plus de la fosse et on attend là encore quelques minutes avant de le déposer enfin dans son tombeau.(23)
Al-Majlicî explique ce souci de dépôt progressif du corps dans la fosse ainsi: «Certes l'âme s'est séparée du corps, mais il y a l'âme animale qui est déjà morte, alors que l'âme parlante reste vivante lorsqu'elle quitte le corps. De ce fait, elle éprouve la peur de la pression de la tombe, l'interrogatoire de Munkar et Nakîr(24), les supplices d'al-Barzakh. De plus cette procédure progressive de la mise sous terre du mort, devrait servir de leçon aux vivants afin qu'ils réfléchissent à ce qui les attend dans l'avenir.
On rapporte selon un hadith crédible que l'Imam Mûssâ al-Kâdhim dit: «Les maisons malgré leur largesse me paraissent trop étroites, chaque fois que je me rappelle ce qu'on dit à propos de l'enterrement du mort, à savoir: lorsque vous amenez un mort vers sa tombe, accordez-lui un délai d'une heure avant de l'y déposer, afin qu'il se prépare à l'interrogatoire de Munkar-un et Nakîr-un».
Barâ' ibn 'Âzib, l'un des Compagnons les plus connus du Prophète (P) témoigna: «Nous étions un jour avec le Messager d'Allah, lorsque son regard tomba sur un attroupement de gens. Il demanda alors: «Pourquoi cet attroupement?». On lui répondit: «Ces gens se sont rassemblés pour creuser un tombeau Dès qu'il entendit le mot «tombeau», il s'y dirigea promptement et une fois arrivé à son niveau, il s'assit sur ses genoux à côté du tombeau. Je suis allé de l'autre côté pour être en face de lui et voir ce qu'il faisait. Je l'ai vu alors pleurer tellement que la terre était trempée de ses larmes. Puis il nous regarda et dit: ô mes frères Préparez-vous à un sort pareil à celui-ci, c'est-à-dire à cette fosse et à cet enterrement».
Selon Cheikh Bahâ' al-'Âmilî, on a vu un sage soupirer au moment de sa mort. On lui demanda la raison de ses soupirs. Il répondit: «Que pensez-vous de quelqu'un qui part pour un long voyage (sur monture ou à pieds à l'époque) sans porter de provisions? ou qui séjourne dans une fosse sans compagnon ni ami? ou qui se présente devant un juge juste et intègre, alors qu'il n'a rien préparé et qu'il n'a rien à dire pour sa défense?».
Al-Qutb al-Rawandî rapporte: «'Issâ appela sa mère, Maryam (Marie) (P) après sa mort: «Ô mère Dis-moi Est-ce que tu désires retourner à ce monde?» Marie (p) répondit: «Oui, pour prier Allah pendant une nuit glaciale et jeûner pendant une journée torride Cette voie est terrifiante»
Il est rapporté que Fatimah-al-Zahrâ' (p) laissa dans son testament à l'Imam Ali, ce qui suit, entre bien d'autres recommandations: «Lorsque je mourrai, lave-moi, enveloppe-moi, prie sur moi, dépose-moi dans le tombeau, remets la terre sur moi, assieds-toi à côté de ma tête en face de moi, récite le Livre d'Allah et lis beaucoup de du'â', car c'est un moment où le mort a besoin de l'agréable compagnie des vivants».(25)
Selon un hadith le Prophète (P) dit: «Le mort ne connaît pas un temps plus difficile que la première nuit passée dans la tombe. Aussi sollicitez la Miséricorde d'Allah pour vos morts en faisant l'aumône. Que celui qui n'a pas les moyens d'offrir celle-ci accomplisse à sa place deux rak'ah de prière dont la première comporte la lecture de la sourate Al-Hamd une fois, suivie de la sourate Al-Ikhlâç 2 fois, et la seconde, la sourate Al-Hamd une fois, suivie de la sourate Al-Takâthur 10 fois, et qu'il dise après la fin de la prière: Allâhumma çalli 'alâ Muhammadin wa âle Muhammadin wa b'ath thawâbahâ ilâ qabri ... (mentionner le nom du défunt) (O mon Dieu Prie sur Muhammad et les Membres de la Famille de Muhammad et envoie le mérite spirituel de cette prière à Untel fils d'Untel - mentionner le nom du défunt - . Allah envoie alors tout de suite mille Anges vers la tombe du mort portant chacun un manteau, élargit sa tombe jusqu'au Jour où l'on soufflera dans la Trompe (le Jour de la Résurrection). En outre, celui qui accomplit cette prière sera crédité du mérite spirituel d'un nombre de bonnes actions équivalent au nombre de jours où le soleil se lève durant sa vie...)».(26)
Il y a une autre prière pour conjurer la désolation de la première nuit de la tombe: Çalât-ul-Wahchah, que l'on appelle également Çalât-ul-Hadiyah lil-Mayyet. On l'accomplit la nuit du jour où l'on a enterré le mort. Cette Prière consiste en deux rak'ah. Dans la première rak'ah on doit réciter la sourate Al-Hamd suivie d'Âyat al-Kursî. Dans la seconde rak'ah, on doit réciter la sourate Al-Qadr (Innâ anzalnâhu) dix fois après la récitation de la sourate Al-Hamd. On récite le du'â' suivant après la fin de la Prière:
- Allâhumma çalli 'alâ Muhammadin wa âli Muhammad, wa-b'ath thawâbaha ilâ qabri ...Untel (le nom de la personne décédée) (Seigneur Que Ta Paix soit sur Muhammad et sa Progéniture, et envoie sa récompense (de cette Prière) au tombeau de (le nom du mort).(27)
Al-Hâj Mullâ Fat-h-'Alî al-Sultânâbâdî rapporte un témoignage significatif et instructif à ce sujet:
«J'ai l'habitude d'offrir deux rak'ah de prière pour chaque mort parmi les partisans des Ahl-ul-Bayt (p) la nuit qui suit son décès, et ce peu importe si je le connaissais ou non, et sans que personne ne le sache.
»Un jour, j'ai rencontré un ami sur mon chemin et il m'a dit: «J'ai vu en rêve la nuit d'hier Untel qui était décédé quelques jours avant. Je lui ai demandé alors comment il allait et ce qui lui est arrivé après sa mort.
»Il m'a répondu: «J'étais en difficulté soumis à de rudes épreuves. Je subissais le châtiment et souffrais des supplices. Mais deux rak'ah de prière accomplies par Untel (il t'a nommé) m'ont sauvé des tortures. Qu'Allah couvre de sa Miséricorde son père pour la faveur et le grand service qu'il m'a rendu.
»Mon ami m'a demandé alors quelle était l'histoire de cette prière et je lui ai raconté mon habitude de prier pour les morts et les mortes parmi les adeptes d'Ahl-ul-Bayt (p).»(28)
Si on récite 100 fois la récitation de l'invocation Lâ ilâha illâllâhu-l-Malik-ul-Haqq-ul-Mubîn, (Il n'y a de Dieu qu'Allah, le Roi, la Vérité évidente) on sera à l'abri de la pauvreté et de la désolation de la tombe. De même cette récitation apporte la richesse et ouvre les portes du Paradis à celui qui la fait.
La lecture de la sourate Yâ-Sîn avant de dormir contribue aussi à alléger la désolation de la tombe.
Celui qui jeûne 12 jours au mois de Cha'bân, aura droit à la visite de 70 mille Anges dans sa tombe chaque jour jusqu'au Jour où on soufflera dans la «Trompe»(29).
Celui qui rend visite à un malade, Allah affectera un Ange pour lui rendre visite dans sa tombe chaque jour jusqu'au Jour de la Résurrection.(30)
L'amour d'Ahl-ul-Bayt est aussi un facteur de la conjuration du sentiment de désolation dans la tombe.
Abî Sa'îd al-Khidrî rapporte qu'il a entendu le Prophète (P) dire à l'Imam Ali (p): «Je t'annonce une bonne nouvelle ô Ali Tes adeptes ne pousseront pas de soupirs lors de leur mort, ni n'éprouveront de sentiment de désolation dans leurs tombes, ni crainte le Jour de la Résurrection».(31)
La prière spéciale de la nuit de Raghâ'ib(32) est particulièrement recommandée pour supporter la désolation de la tombe. En effet, on rapporte du Prophète (P) que celui qui accomplit cette prière Allah lui pardonne beaucoup de péchés, lui enverra le thawâb (récompense ou mérite spirituel) de cette prière la première nuit qu'il passera dans la tombe sous forme d'un visage souriant ayant la langue déliée.
Il lui dira: «Je t'apporte une bonne nouvelle: tu es sauvé de toute épreuve difficile». Le mort lui demandera: «Mais qui es-tu? Je n'ai jamais vu un visage plus beau que le tien, ni une parole plus douce que la tienne, ni un parfum meilleur que le tien». Le visage répondra: «Je suis le thawâb (la récompense spirituelle) de la Salât que tu as accomplie telle nuit, dans telle ville, à tel mois, en telle année. Je suis venu donc cette nuit pour te faire jouir du droit que tu as acquis grâce à ta Salât, agrémenter ta solitude et enlever ton sentiment de désolation. Et lorsqu'on soufflera dans la Trompe, je constituerai une ombre au-dessus de ta tête le Jour de la Résurrection. Sois heureux donc, car tu ne seras jamais privé de bien».
Le mode d'accomplissement de cette Salât: on fait le jeûne le premier jeudi du mois de Rajab, et entre la Prière du maghrib et du 'ichâ', on accomplit 12 rak'ah de prière par groupes de deux rak'ah se terminant par le Salâm (ou disons six prières similaires de deux rak'ah). Dans chaque rak'ah on récite une fois la sourate Al-Hamd, 3 fois la sourate Al-Qadr (chapt. 97) et 12 fois la sourate Al-Ikhlâç.
A la fin de la 12e rak'ah (la fin de la Salât) on récite 70 fois: Allâhumma çalli 'alâ Muhammadin al-Nabiyy-il-umiyy-i wa âlihi (Ô mon Dieu, prie sur Muhammad, le Prophète analphabète et sur les membres de sa Famille).
Puis on se prosterne et on récite (en prosternation) 70 fois: Subbuhun Quddûsun, Rabb-ul-Malâ'ikati wa-r-rûhi (Il est glorifié et sanctifié, Seigneur des Anges et de l'Esprit).
Puis on se rassoit et on récite 70 fois: Rabbi-gh-fir wa-rham wa tajâwaz 'ammâ ta'lam-u Innaka Anta-l-'Aliyy-ul-A'dham-u (Ô Seigneur Pardonne et accorde Ta Miséricorde, et ne tiens pas rigueur de ce que Tu sais, car Tu es certes le Très-Haut, l'Immense).
On se prosterne de nouveau et on récite encore 70 fois: Subbuhun Quddûsun, Rabb-ul-Malâ'ikati wa-r-rûhi (Il est glorifié et sanctifié, Seigneur des Anges et de l'Esprit).
Après quoi on demande à Allah d'exaucer tous les voeux que l'on forme sur le moment.(33)
Le Deuxième obstacle: la pression de la tombe:
C'est un obstacle tellement difficile qu'il est insupportable pour l'homme même de l'imaginer.
En effet l'Imam Ali (p) dit: «Ô serviteurs d'Allah L'après-mort c'est la tombe. Elle est plus dure que la mort pour celui qui n'a pas obtenu le pardon. Méfiez-vous donc de son étroitesse, son exiguïté, son obscurité et sa désolation. La tombe s'écrie chaque jour: «Je suis la maison du dépaysement, je suis la maison de la désolation, je suis la maison des vers» La tombe peut être aussi bien un des jardins du Paradis qu'une des fosses de l'Enfer (...) La vie des bêtes sauvages dont Allah a prévenu Ses ennemis consiste en 99 serpents qu'Il lâche sur le mécréant dans sa tombe: ils mordent sa chair, brisent ses os et continuent à le visiter jusqu'au Jour de la Résurrection. Si l'un de ces serpents soufflait sur la terre, celle-ci deviendrait stérile Ô serviteurs d'Allah Vos âmes si fragiles et vos corps si délicats et si chétifs, qu'il leur suffit d'un rien pour les détruire, sont trop faibles pour supporter de telles épreuves».(34)
Lorsque l'Imam al-Sâdiq (p) se levait vers la fin de la nuit, il disait à haute voix de sorte que toute sa famille l'entendait: «Ô mon Dieu Elargis l'étroitesse de ma tombe et accorde-moi le bien d'avant la mort et le bien d'après la mort».(35)
De même l'Imam al-Sâdiq (p) avait l'habitude de réciter le du'â' suivant:
- Allâhumma bârik lî fî-l-mawti, Allâhumma a'innî 'alâ sakarât-il-mawti, Allâhumma a'innî 'alâ ghamm-il-qabri, Allâhumma a'innî 'alâ dhîq-il qabri, Allâhumma a'innî 'alâ dhulmat-ilqabri, Allâhumma a'innî 'alâ wah-chat-il-qabri
(Ô mon Dieu Bénis-moi dans la mort Ô mon Dieu aide-moi à supporter l'agonie de la mort Ô mon Dieu aide-moi à endurer l'affliction de la tombe Ô mon Dieu aide-moi à supporter l'étroitesse de la tombe Ô mon Dieu aide-moi à supporter l'obscurité de la tombe Ô mon Dieu aide-moi à supporter la désolation de la tombe)
Parmi les facteurs qui concourent à l'augmentation des supplices de la tombe, on souligne le fait de ne pas se soucier suffisamment de l'impureté de l'urine, la calomnie, la médisance et l'éloignement de l'homme de sa famille.(36)
D'autre part, le mauvais caractère de l'homme avec sa famille et le fait de lui parler avec rudesse commande la pression de la tombe.(37)
Selon un hadith rapporté de l'Imam al-Sâdiq (p): «Personne parmi les croyants n'échappera à la pression de la tombe»(38) et «la pression de la tombe est une expiation d'un bienfait que le croyant aurait négligé».(39)
Toujours selon l'Imam al-Sâdiq (p): «Tout croyant qui omet de satisfaire le besoin de son frère croyant tout en le pouvant, Allah lui envoie dans sa tombe un serpent énorme qui mordra ses doigts incessamment».(40)
Les facteurs qui sauvent les morts de la pression de la tombe:
De nombreux facteurs contribuent à soustraire un mort à la pression de la tombe. Nous nous bornons à en citer quelques-uns des plus importants:
1- L'Imam Ali (p): «Quiconque lit la sourate Al-Nisâ' (chapt. 4) chaque vendredi se mettra à l'abri de la pression de la tombe».(41)
2- Selon un récit saint: «Quiconque lit assidûment la sourate Al-Zukhruf (chapt. 43), Allah le préservera des insectes de la terre, des animaux sauvages et de la pression de la tombe».(42)
3- Selon un récit: «Quiconque récite la sourate Al-Qalam (chapt. 68) dans une prière obligatoire ou recommandée, Allah le soustraira à la pression de la tombe».(43)
4- L'Imam al-Sâdiq (p): «Quiconque meurt entre jeudi midi et vendredi midi, Allah le préservera de la pression de la tombe».(44)
5- L'Imam al-Redhâ (p) dit: «Je vous recommande vivement la Prière de l'après-minuit (çalât -ul-layl)(45), car il n'y a pas un serviteur qui se lève vers la fin de la nuit et accomplit les 8 rak'ah de çalât-ul-layl, les 2 rak'ah de çalât al-chaf' et une rak'ah de çalât al-watr pendant le qunût de laquelle il récite 70 Astagh-fir-ullâh sans qu'Allah ne le préserve des supplices de la tombe et de l'Enfer, et sans qu'Il ne prolonge sa vie et élargisse ses moyens de subsistance».(46)
6- Le Prophète (P) dit: «Quiconque récite la sourate Al-Takathur lorsqu'il s'apprête à dormir, Allah le préservera des supplices de la tombe».(47)
7- La lecture de l'invocation suivante, 10 fois chaque jour:
- A'dadtu li-kulli hawlin lâ ilâha illâllâh-u (Je me prépare à prononcer la formule, «Il n'y a de Dieu qu'Allah», chaque fois que je rencontre une terreur)
- wa li-kulli hammin wa ghammin: mâchâ'-Allâh-u (et «Allah fait ce qu'Il veut», chaque fois que j'ai un souci ou une angoisse)
- wa il-kulli ni'matin: al-hamdu il-llâh-i (et «Louanges à Allah», chaque fois que j'obtiens une bénédiction
- wa il-kulli rakhâ'in: ach-chukru il-llâh-i (et «Merci à Allah», chaque fois aisance)
- wa li-kulli u'jûbatin subhân-Allâh-i (et «Gloire à Allah», chaque fois que je vois une merveille)
- wa li-kulli thanbin astagh-fir-ullâh-a (et «Je demande pardon à Allah», chaque fois que je commets un péché)
- wa il-kulli ma'çiyatin: innâ lillâhi wa innâ ilayhi râji'ûn-a (et «Nous appartenons à Allah et nous retournerons vers Lui», chaque fois que je désobéis à Allah
- wa il-kulli dhîqin: hasbiya-llâh-u (et «Allah me suffit», devant chaque difficulté)
- wa li-kulli qadhâ'in wa qadarin: tawakkaltu 'alâllah-i (et «Je place ma confiance en Allah», chaque fois que je me trouve devant un Décret et une Décision divine)
- wa li-kulli 'aduwwin: i'taçamtu billâhi (et «Je me protège auprès d'Allah», chaque fois que je rencontre un ennemi)
- wa li-kulli tâ'atin wa ma'çiyatin: lâ hawla wa lâ quwwata illâ billâh-il-'aliyy-il-'adhîm-i (et «Il n'y a de force ni de pouvoir qui n'émanent d'Allah, le Très-Haut, le Très-Grand», devant chaque acte d'obéissance et de désobéissance).(48)
8- L'enterrement dans la ville sainte de Najaf(49) en Irak, car l'une des propriétés de la terre de cette ville est justement la conjuration des supplices de la tombe, l'interrogatoire de Munkar et Nakîr.
9- Le dépôt avec le corps du défunt de deux bâtons frais, car selon le Hadith, ceci éloigne les supplices de la tombe tant que les deux bâtons conservent leur fraîcheur.(50) Toujours selon le Hadith, le Prophète (P) passa un jour près du tombeau d'un mort qui subissait des tortures. Il demanda qu'on lui apportât un bâton frais qu'il découpa en deux. Il en déposa une moitié du côté de la tête du mort, et l'autre moitié du côté des pieds. On dit également qu'il est recommandé d'arroser la surface de la tombe, car les supplices sont supprimés tant que la terre reste humide.(51)
10- L'accomplissement de deux rak'ah de prière dont chacune comporte la lecture de la sourate Al-Hamd, 1 fois et la sourate Al-Ikhlâç 3 fois met le croyant à l'abri des épreuves de la tombe et des supplices du Jour de la Résurrection.
11- Accomplir la veille du premier vendredi (jeudi soir) du mois de Rajab, entre la Prière du maghrib et du 'ichâ' 20 rak'ah de prière, comportant chacune la lecture des sourates Al-Hamd et Al-Ikhlâç, commande la conjuration des supplices de la tombe.(52)
12- Le jeûne de 4 jours au mois de Rajab, ainsi que 12 jours du mois de Cha'bân.
13- La lecture de la sourate Al-Mulk (chapt. 67) sur la tête du mort. Selon Ibn Abbas, un homme installa un jour sa tente sur l'emplacement d'une tombe sans le savoir. Et alors qu'il récitait par hasard la sourate Al-Mulk, il entendit un cri strident disant «c'est une sourate salvatrice».(53) Aussi informa-t-il le Prophète (P) de ce qu'il avait entendu. Le Prophète (P) lui dit: «Certes, oui, c'est une sourate qui sauve (le mort) des supplices de la tombe».
14- On rapporte que le Prophète (P) dit: «Quiconque dit 3 fois l'invocation suivante lors de l'enterrement d'un mort Allâhumma innî as'aluka bi-Haqqi Muhammadin wa âle Muhammadin an-lâ tu'ath-thiba hathâ-l-mayyit (Ô mon Dieu je te demande par Muhammad et les membres de la Famille de Muhammad de ne pas torturer ce mort), Allah supprime au dit mort les supplices jusqu'au Jour où l'on soufflera dans la Trompe».(54)
15- Al-Tûcî rapporte le hadith suivant du Prophète (P): «Quiconque accomplit toutes les veilles du vendredi (jeudis soir) 2 rak'ah de prière dont chacune comporte la lecture de la sourate Al-Hamd (1fois) et la sourate Al-Zalzalah (chapt.99) 15 fois, Allah lui accordera une assurance contre les supplices de la tombe et les terreurs du Jour de la Résurrection».
16- L'accomplissement, la nuit du 14 au 15 Rajab, de 30 rak'ah de prière dont chacune comporte la lecture de la sourate Al-Hamd, suivie de 10 fois la sourate Al-Ikhlâç, met à l'abri des supplices de la tombe.(55) Il en va de même si on accomplit cette prière la nuit du 15 au 16 Rajab ou la nuit du 17 au 18 Rajab. De même, on sera préservé des supplices de la tombe si on:
accomplit la veille (la nuit) du 1e Cha'bân, 100 raka'ah de prière comportant chacune la lecture de la sourate Al-Hamd et de la sourate Al-Ikhlâç, et la récitation de la sourate Al-Ikhlâç 50 fois après la fin de la prière
accomplit la nuit du 23 au 24 Cha'bân deux rak'ah de prière comportant chacune la lecture de la sourate Al-Hamd, une fois et la sourate al-Naçr (chapt 110) 10 fois.
accomplit la journée du 15 Rajab 50 rak'ah
comportant chacune la lecture des sourates Al-Hamd, Al-Ikhlâç, Al-Falaq
(chapt. 113) et Al-Nâs (chapt. 114).(56)
Le Troisième obstacle: l'interrogatoire de Munkar et Nakîr dans la tombe:
L'Imam al-Sâdiq (p) dit: «Il n'est pas au nombre de nos chiites (adeptes) quiconque renie trois choses: l'Ascension (al-Mi'râj), l'interrogatoire dans la tombe et l'intercession».(57)
Il est rapporté(58) que les deux Anges (Munkar et Nakîr) arrivent sous une forme terrifiante, avec une voix comme le tonnerre et des yeux pareils à l'éclair. Et ils interrogent: «Qui est ton Seigneur? Qui est ton Prophète? Quelle est ta religion? Quel est ton Imam? etc.».
Et étant donné qu'il est difficile pour le mort de répondre dans une situation terrifiante comme celle-ci, il est normal qu'il ait besoin d'aide. De là la raison d'être du talqîn (la dictée, l'inculcation), lequel doit se faire dans deux endroits:
1- Lorsqu'on est en train de le déposer dans la tombe, et là il est recommandé que l'on tienne son épaule droite avec la main droite et son épaule gauche avec la main gauche et qu'on le secoue et le remue pendant la dictée et son dépôt dans la tombe.
2- Après l'enterrement, il est recommandé que l'un de ses proches, notamment son tuteur, s'assoit près de du côté de la tête du mort, (lorsque les autres participants au cortège funèbre seront partis), pour lui faire à haute voix le talqîn. Il est recommandé que celui qui fait le talqîn pose ses mains sur la tombe et y rapproche sa bouche, car il est dit que lorsque les deux Anges entendent ce talqîn, Munkar dit à Nakîr: «Repartons. On lui a dicté l'argument (la réponse) l'interrogatoire n'est plus nécessaire», et ils rebrousseront chemin sans l'interroger».(59)
Dans son oraison funèbre pour son fils Tharr, Abû Tharr, l'un des Compagnons du Prophète les plus intimes, les plus pieux et les plus intègres, laisse entrevoir ce qui attend le mort après son inhumation: essuyant la surface de la tombe avec sa main Abû Tharr dit:
«Qu'Allah te couvre de Sa Miséricorde, car par Allah, tu étais bienfaisant envers moi et tu t'es bien acquitté des devoirs de filiation. Maintenant que tu m'as été arraché et que tu t'es séparé de moi, j'en suis content, et par Allah je ne pâtis pas de ton départ et rien ne me manque à cause de ce départ, car je n'ai besoin de personne d'autre qu'Allah. Et s'il n'y avait la découverte de la terreur de l'après-mort, j'aurais été heureux d'être à ta place, mais je voudrais palier à ce que j'ai manqué de faire dans ma vie et me préparer à cet autre-monde (le monde de l'après-mort). L'affliction que tu éprouves maintenant m'a distrait de ma propre affliction de ta mort, c'est-à-dire que je m'apprête à accomplir les actes cultuels qui pourraient t'être utiles, et c'est cela qui m'empêche de m'affliger pour ton départ. Par Allah je n'ai pas pleuré de te voir mourir ou de t'avoir perdu, mais de ce qui t'attendra et de ce que tu subiras Que je désire savoir ce qu'on t'a demandé et ce que tu a répondu (l'interrogatoire de Munkar et Nakîr) Ô mon Dieu Je renonce à mes droits sur lui, droits que Tu lui as imposés, renonce alors à Tes droits sur lui, droits que Tu lui as imposés comme obligation, car Tu es certes plus digne que moi de générosité et clémence».(60)
L'Imam al-Sâdiq (p) décrivant la scène de l'interrogatoire par Munkar et Nakîr, dit:
«Lorsque le croyant mort est mis dans la tombe, sa Prière (qu'il a accomplie de son vivant) se met à droite, sa Zakât, à sa gauche, et ses bonnes oeuvres au-dessus de lui, alors que sa patience se tient à l'écart. Lorsque les deux Anges se présentent pour l'interroger, la Patience dit à la Prière, à la Zakât et aux bonnes actions: «Aidez votre compagnon (le mort), et si vous n'y parvenez pas, moi je suis prête à le faire».(61)
Al-Majlicî, citant l'Imam al-Bâqir (p) et l'Imam al-Sâdiq (p), écrit dans al-Mahâsin:
«Lorsque le croyant mort est enterré, six visages, dont chacun est plus beau, plus parfumé et plus propre que les autres, entrent avec lui dans la tombe. Ils s'installent respectivement dans six endroits différents: à sa droite, à sa gauche, derrière lui, devant lui, à côté de ses pieds, et le plus beau d'entre eux se met du côté de sa tête. Lorsque l'interrogatoire et les supplices se dirigent vers l'un des six côtés, le visage qui s'y trouve installé les empêchent de l'atteindre. Le visage le plus beau demande alors aux autres visages: «Mais qui êtes-vous? Qu'Allah vous récompense bien de ma part». Là, le visage installé à la droite du mort répond: «Je suis As-Salât (la Prière)», celui installé à gauche: «Je suis la Zakât», celui qui fait face au mort: «Je suis le Jeûne», celui qui se trouve derrière lui: «Je suis le Hajj (le Pèlerinage de la Mecque)», et celui installé près de ses pieds: «Je suis les bonnes actions et la bienfaisance envers les frères croyants». Et puis les cinq visages demandent ensemble, à leur tour au plus beau visage: «Et toi, qui es si beau et si parfumé, qui es-tu?». Il répondra: «Je suis la Wilâyah (l'attachement à la Direction) des Ahl-ul-Bayt (p).(62)
Toujours dans le même registre, al-Sadûq note que le jeûne de 9 jours au mois de Cha'abân, conduit Munkar et Nakîr à se montrer compatissant lors de l'interrogatoire.
Selon l'Imam al-Bâqir (p) le fait de veiller la nuit du 22 au 23 Ramadhân en adoration, et notamment en accomplissant 100 rak'ah de prière génère beaucoup de récompenses spirituelles, notamment la conjuration de la terreur de Munkar et Nakîr.
Il est enfin important de rappeler que l'enterrement dans la ville de Najaf ( Irak) où se trouve la tombe de l'Imam Ali (p) vaut dispense de l'interrogatoire de Munkar et Nakîr. Voici quelques contes connus à cet égard.
1er conte:
Al-'Allâmah al-Majlicî rapporte le récit suivant d'un habitant pieux de la ville de Kûfa:
«Lors d'une nuit pluvieuse que je passais dans la Mosquée de Kûfa, on a frappé à la porte attenante au Mausolée de Muslim ibn 'Aqîl(63). Lorsqu'on a ouvert la porte, un cortège funèbre est entré et on a déposé le cercueil à côté de la tombe de Muslim ibn 'Aqîl (p). Un membre du cortège s'est alors endormi. Dans son sommeil il fit un rêve où il vit venir deux individus près du cercueil. L'un dit à l'autre: «Vérifie si nous avons un compte à lui demander de régler avant qu'il n'atteigne Najaf où nous ne pourrons plus rien contre lui».(64) Sur ce, le rêvant se réveilla et raconta à ses compagnons le contenu de son rêve. Ceux-ci conduisirent le cortège immédiatement vers Najaf».(65)
Dans le même registre, al-Muhaqqiq al-Bahbahânî témoigne:
«J'ai vu en songe l'Imam al-Hussain (p) et je lui ai demandé: «Mon Maître et mon Tuteur Un mort qui est enterré dans votre voisinage subira-t-il l'interrogatoire?» Il répondit: «Qui parmi les Anges osera interrogé ledit mort ?»
Un autre conte:
Il est relaté dans Al-Habl al-Matîn que Mîr Mu'în Achraf,
l'un des serviteurs pieux du Mausolée de l'Imam al-Redhâ (p), à Mach-had (Iran)
témoigne: «J'ai vu en rêve que je sortais du bureau des serviteurs (chambre de
garde) du saint Mausolée pour faire mes ablutions. Quand je me suis trouvé dans
l'enceinte (du Mausolée), j'ai vu un groupe d'hommes nombreux y entrer, et
suivre un personnage prestigieux, au visage lumineux et brillant. Les hommes qui
le suivaient portaient des pics. Lorsqu'ils sont arrivés au milieu de
l'enceinte, l'homme au visage lumineux leur a ordonné de déterrer une tombe et
dit en désignant le cadavre qui y était déposé: «Sortez-moi cet homme ignoble».
Lorsqu'ils ont commencé à creuser, je leur ai demandé: «Quel est ce personnage
prestigieux qui vous commande?». Ils ont répondu: «C'est l'Imam Ali (p)». A ce
moment-là j'ai vu l'Imam al-Redhâ (p) sortir du Mausolée et venir vers l'Imam
Ali pour le saluer. L'Imam Ali a répondu à sa salutation. L'Imam al-Redhâ l'a
supplié alors: «O grand-père Je te demande et je t'implore de pardonner à ce
mort et d'oublier sa faute». L'Imam Ali (p) lui a dit: «Sais-tu que ce pervers
et libertin buvait de l'alcool?». «Oui, mais avant de mourir il a demandé dans
son testament d'être enterré dans mon voisinage. Aussi te demandais-je de lui
pardonner». L'Imam Ali (p) a accédé à sa demande: «Je lui pardonne pour toi», et
il est sorti. Je me suis alors réveillé terrifié et j'ai réveillé mes collègues
avec qui je suis allé vers l'endroit que j'avais vu en rêve. J'ai remarqué que
la tombe en question était neuve et qu'un peu de terre en avait été enlevée.
J'ai demandé qui était enterré dans cette tombe, et on m'a répondu que c'était
un Turc qui y avait été inhumé la veille».(66)
Al-Barzakh
Parmi les étapes terrifiantes du long voyage vers l'Autre-monde figure le Barzakh (le monde intermédiaire entre la mort et le Jour de la Résurrection) que le Coran évoque: «Derrière eux (après la mort), il y a une barrière (barzakh) jusqu'au Jour où ils seront ressuscités».(67)
Un jour l'Imam al-Sâdiq (p) dit: «... Car par Allah je crains pour vous le Barzakh» On lui demanda alors: «Et qu'est-ce que le Barzakh?» Il répondit: «C'est la tombe depuis la mort jusqu'au Jour de la Résurrection».(68)
Dans son livre Lub al-Lubâb, al-Qutb al-Râwandî écrit que les morts se présentent chaque nuit de jeudi à vendredi du mois de Ramadhân en larmes. Ils appellent leurs familles, leurs enfants et leurs proches en criant: «Compatissez à notre sort et faites-nous la faveur de bénéficier de vos bonnes actions et de vos bienfaits. Ne nous oubliez pas, qu'Allah vous entoure de Sa Miséricorde Car nous sommes assis dans des prisons étroites, accablés par beaucoup d'angoisses et d'afflictions profondes. Ne soyez pas avares de vos du'â' et de vos aumônes en notre faveur, avant que votre sort ne soit pareil au nôtre. Ce faisant peut-être Allah vous entourera-t-Il de Sa Miséricorde Quels remords Nous étions comme vous dans l'aisance, mais nous n'avons pas fait des dépenses pour la cause d'Allah. Il s'est ensuivi que notre argent est devenu un malheur pour nous, et un bénéfice pour les autres Ecoutez-nous N'oubliez pas de nous accorder vos faveurs Faites-nous la faveur de donner en aumône en notre nom, un dirham, un pain ou tout ce que vous voulez Car demain ce sera votre tour de nous rejoindre et de pleurer comme nous, sans que vos larmes ne servent à rien, tout comme les nôtres ne nous sont d'aucune utilité Saisissez donc l'occasion avant qu'il ne soit trop tard et avant que votre sort ne soit comme le nôtre».(69)
On rapporte que le Prophète (P) recommanda un jour: «Envoyez vos cadeaux à vos morts» Et lorsqu'on lui demanda quels étaient les cadeaux des morts, il répondit: «L'aumône et le du'â'», et d'ajouter: «Les âmes des morts viennent chaque vendredi vers ce monde devant les maisons. Ils se mettent à crier tristement et à se lamenter en appelant leurs familles, leurs amis et leurs enfants à l'aide et à la compassion: «Soyez compatissant envers nous en dépensant ce que nous possédions, qu'Allah vous couvre de Sa Miséricorde D'autres ont bénéficié de nos biens, alors qu'on nous demande d'en fournir les comptes. Compatissez à notre sort par l'offre en aumône d'un dirham, un pain ou un vêtement, qu'Allah vous revête de l'habit du Paradis» Puis le Prophète (P) pleura tellement que ses larmes l'empêchèrent de parler et que tous ses compagnons éclatèrent en sanglots. Et le Prophète (P) d'ajouter: «Ce sont vos frères de religion. Ils se sont transformés en terre après avoir joui de la vie. Ils crient de supplices et disent: «Si nous avions dépensé des biens dont nous disposions entre nos mains pour l'agrément d'Allah, nous n'aurions pas besoin de vous» Puis ils retournent avec un soupir et des remords en s'écriant: «Envoyez-nous rapidement vos aumônes».(70)
Selon un autre hadith le Prophète (P) dit aussi: «Quand l'un d'entre vous fait l'aumône au nom d'un mort, un Ange porte cette aumône sur un plateau de lumière dont les rayons s'étendent jusqu'au ciel, et il s'arrête au bord de la tombe en criant à tue-tête: «Que la paix soit sur vous, ô habitants des tombes. C'est le cadeau de vos parents pour vous. Le mort le reçoit alors et le met dans sa tombe, laquelle s'élargit tout de suite».
Le Prophète (P) d'ajouter: «Sachez que quiconque offre une aumône au nom d'un mort, obtiendra d'Allah une récompense spirituelle aussi grande que la montagne d'Uhud et le Jour de la Résurrection, il sera sous l'ombre du Trône d'Allah, à un moment où il n'y aura pas d'autre ombre. L'aumône sauve aussi bien les morts que les vivants».(71)
Selon al-'Allâmah al-Majlicî dans Zâd al-Ma'âd, le croyant ne doit pas négliger de se rappeler ses proches morts, car ceux-ci n'ont plus la possibilité d'accomplir de bonnes actions et les actes de bienfaisance (pour se racheter) et espèrent vivement que leurs descendants, leurs proches et leurs frères croyants en général le font à leur place et en leur nom. Ils attendent d'eux un geste de bienfaisance de leur part et surtout leur du'â' lors de la Prière de la Nuit. Le croyant doit faire le do'â' à ses parents après les Prières obligatoires et dans les lieux saints, sans oublier les bonnes oeuvres dédiées à leur mémoire. Car selon le Hadîth: «Peut-être un homme qui avait été noté comme 'âq (désobéissant à ses parents) de leur vivant, sera-t-il considéré comme bâr (obéissant et bienfaiteur envers ses parents) après leur mort, grâce aux bonnes oeuvres qu'il aura accomplies en leur nom. De même un homme qui avait été noté comme bâr envers ses parents de leur vivant, serait-il enregistré comme 'âq envers eux, à cause de son manque d'accomplissement d'actes de bienfaisance qui leur sont dus».
Parmi les devoirs les plus importants qu'on doit accomplir envers les parents et les proches figurent l'acquittement de leurs dettes impayées et de toutes autres obligations non acquittées envers les gens ou envers Allah. Ainsi, on doit s'efforcer d'accomplir en leur nom ( soit soi-même, soit en déléguant un autre -moyennant rémunération - pour le faire) un pèlerinage dû qu'ils auraient manqué ou tous autres actes d'adoration obligatoires qu'ils auraient négligés.
Selon un hadith sain (çahîh) l'Imam al-Sâdiq (p) accomplissait chaque nuit deux rak'âh de prière dédiées à son fils, et chaque jour deux autres rak'ah au nom et à la place de ses parents. Dans la première rak'ah, de chaque prière il récitait après la sourate Al-Hamd, la sourate Al-Qadr (chapitre 97), et dans la seconde la sourate Al-Kawthar (chapitre 108).
Toujours selon l'Imam al-Sâdiq (p): «Il arrive que le mort qui se trouve en difficulté soit subitement soulagé et qu'on l'informe que ce soulagement est dû à la prière faite à son bénéfice par un tel frère croyant».
Et lorsque le rapporteur de ce hadith demanda à l'Imam s'il était possible qu'on accomplisse une prière de deux rak'ah pour deux morts à la fois, il répondit par l'affirmative. Il dit également: «Le mort se réjouit du do'â' et de l'istigh-fâr(72) tout comme le vivant serait content qu'on lui offre un cadeau.(73)
Et l'Imam d'ajouter: «La Prière, le jeûne, le Pèlerinage, l'aumône, l'acte de bienfaisance et le do'â' faits au nom d'un mort parviennent à sa tombe».
Il dit également: «La récompense (la rétribution ajr) de ces actes (faits au nom d'un mort) bénéficie aussi bien au mort à qui ils sont destinées qu'à la personne qui les lui a dédiés.
Selon un autre hadith attribué à l'Imam al-Sâdiq (p): «Tout Musulman qui accomplit une oeuvre (acte de piété ou de bienfaisance) au bénéfice d'un mort, Allah lui accorde une double récompense tout en faisant parvenir la rétribution de cette oeuvre audit mort».(74)
Al-Sadûd rapport le Hadith significatif suivant du Prophète (P), relaté par l'Imam al-Sâdiq (p): «'Isâ ibn Maryam (P) - Jésus Christ - était passé un jour près d'une tombe dont l'occupant subissait des supplices. Il repassa par la même tombe un an plus tard et remarqua que les supplices étaient supprimés. Intrigué, il s'adressa à Allah pour en savoir la raison. Allah lui inspira alors: «Ô Rûhullâh (Esprit d'Allah) L'occupant de cette tombe avait un jeune fils vertueux. Lorsqu'il est devenu majeur, il a réparé un chemin que les voyageurs et les piétons empruntaient. En plus il a accueilli et hébergé un orphelin. Aussi ai-Je eu compassion pour son père et lui ai-Je pardonné pour l'oeuvre et la bienfaisance de son fils».(75)
Al-Allâmah al-Majlicî propose de rapporter à l'intention des lecteurs des
contes instructifs relatant des rêves prémonitoires véridiques que l'on ne doit
pas négliger ou traiter de légendes fictives qu'on raconte aux enfants. Il
recommande de bien les méditer et y réfléchir, car ils sont riches en
enseignements relatifs à la vie après la mort et les rapports entre les vivants
et les morts:
1er Conte:
Cheikh Thiqat al-Islâm al-Nûrî rapporte dans son Dâr al-Salâm le témoignage suivant du savant Amîr Sayyid Ali fils d'Amîr Sayyid Hassan al-Içfahânî: «Lorsque mon père est mort à Isfahân (en Iran), j'étais dans la ville sainte de Najaf (Irak) où j'effectuais mes études théologiques. Ce sont mes frères qui se sont occupés de ses affaires et je ne fus pas mis au courant des détails de ce qui s'était passé. Sept mois plus tard ma mère est décédée et on transporta sa dépouille mortelle à Najaf pour y être inhumée. Un jour j'ai vu en rêve mon père entrer soudainement dans la chambre où j'étais assis chez moi. Je me suis alors relevé par respect pour le saluer. Il s'est assis et a eu l'amabilité de s'enquérir de moi. Je me suis rappelé à ce moment-là qu'il était déjà mort Aussi lui ai-je demandé: «Comment se fait-il que je te vois maintenant à Najaf alors que tu es mort à Isfahân?». «Oui certes je suis mort à Isfahân, mais après ma mort, on m'a transféré ici, à Najaf où je séjourne actuellement». Je lui ai demandé si ma mère était avec lui et il a répondu par la négative, ce qui n'a pas manqué de m'inquiéter et de m'affliger. Mais très vite je me suis rappelé que mon père était un uléma et que la position (la place) réservée aux ulémas diffère de celle des autres. Puis, je l'ai questionné sur sa condition et son état, il m'a dit: «Avant, j'étais en difficulté et je subissais beaucoup d'épreuves, mais maintenant je suis dans l'aisance, depuis que les difficultés se sont dissipées». Etonné, je lui ai dit: «Tu étais dans les difficultés?» «Oui, parce que j'avais une dette non réglée envers Hâjj Redhâ al-Na'-'âl, ce qui m'a mis dans l'embarras et les difficultés», m'a-t-il répondu. Sur ce, je me suis réveillé terrifié et troublé. Sans tarder, j'ai écrit à mon frère en Iran pour lui raconter mon rêve et je lui ai demandé si mon père devait quelque chose à Hâjj Redhâ al-Na'-'âl. Mon frère m'a répondu: «J'ai examiné minutieusement la liste des créanciers de mon père, mais le nom de Hâjj Redhâ al-Na'-'âl n'y figure pas». Je lui a écrit une autre lettre pour lui demander d'aller voir cet homme personnellement afin de savoir si mon père lui devait effectivement quelque chose. Mon frère s'est exécuté et m'a écrit que l'homme en question lui a expliqué cette affaire comme ceci: «Après la mort de votre père je vous ai demandé si mon nom figurait sur la liste des créanciers de votre père, et vous m'avez affirmé que non. J'ai pensé alors que je ne pouvais pas démontrer matériellement l'existence de ma créance de 18 tumâns, car j'ai compté sur le registre de votre père pour qu'il l'y enregistre lui-même comme il en avait l'habitude. Mais apparemment il avait oublié ou négligé de le faire. J'ai pensé qu'il était donc inutile de vous les réclamer». Et mon frère d'ajouter dans sa lettre: «J'ai parlé à Hâjj Redhâ al-Na'-'âl alors de ton rêve et je lui ai offert la somme en cause, mais il a refusé de la recevoir en me disant: «Maintenant que vous m'avez parlé de cette créance je vous en acquitte».
Moralité, une dette non payée est une cause de supplices» dans la tombe pour celui qui la néglige. Les héritiers, la famille ou les amis du mort endetté devraient régler cette dette à sa place ou à défaut, demander aux créanciers d'acquitter par un geste de bienfaisance le défunt.
2em Conte:
Il est rapporté toujours dans Dâr al-Salâm qu'al-Hajj Mirzâ Khalîl al-Tihrânî a relaté le témoignage suivant:
«Alors que j'étais à Karbalâ' (la ville du Mausolée de l'Imam al-Hussain (p) Irak) et ma mère à Téhéran (Iran), j'ai vu un jour en rêve ma mère venir vers moi et se plaindre: «O mon fils Me voilà On m'a transporté auprès de toi et on m'a brisé le nez». Je me suis alors réveillé en état de choc. Quelque temps après, j'ai reçu une lettre de mes frères (en Iran) m'informant que ma mère était morte et qu'ils m'avaient envoyé sa dépouille mortelle. Peu après les croque-morts sont arrivés chez moi et m'ont informé qu'ils venaient de déposer sa dépouille mortelle à Khân Kifil (village plus proche de Najaf que Karbalâ') croyant que j'étais à Najaf et non à Karbalâ'. Là, j'ai compris que mon rêve était prémonitoire et que ce que ma mère m'avait dit dans mon rêve était une réalité. Toutefois je suis resté intrigué par ce qu'elle m'avait rapporté, à savoir qu'on lui avait brisé le nez. Aussi, pour résoudre cette énigme, ai-je enlevé la partie du linceul qui couvrait son visage dès qu'on m'a apporté le cercueil. J'ai vu effectivement que son nez était brisé. J'ai questionné les croque-morts sur ce qui s'était passé, ils m'ont dit qu'ils n'en savaient rien, tout en ajoutant: «Dans un des relais de notre route, nous avons déposé son cercueil sur les autres cercueils que nous transportions. Les ânes qui s'y trouvaient se sont mis à courir dans tous les sens et à un moment donné, ils ont bousculé le cercueil qui est tombée par. Le cercueil était tombé par terre. Peut-être cette chute a-t-elle causé cette brisure. On n'a pas d'autre explication». J'ai fait transporter le cercueil jusqu'au Mausolée d'al-Abbâs (p) où il fut déposé. Je me suis adressé à ce dernier: «O Abul-Fadhl al-Abbâs Ma mère que voici ne savait pas accomplir ses prières et son jeûne correctement. Elle est maintenant ton hôte et sous ta protection. Eloigne d'elle donc les supplices et je m'engage pour ma part à louer le service d'un croyant qui accomplira en son nom et à sa place un jeûne de remplacement et des prières de remplacement pour une durée de 50 ans, afin qu'elle soit acquittée de ses obligations envers Allah. Après quoi, nous l'avons inhumée. Mais j'ai négligé mon engagement de payer les services d'un croyant pour l'accomplissement du jeûne et des prières de remplacement pour elle. Après un certain temps, j'ai fait le rêve suivant: J'ai entendu des cris et des bruits à ma porte. Je suis sorti de la maison pour m'enquérir de ce qui se passait. J'ai vu alors ma mère attachée au tronc d'un arbre, les coups de fouets s'abattant sur elle. J'ai demandé aux tortionnaires: «Qu'est-ce qui vous prend? Pourquoi la fouettez-vous?». Ils ont répondu: «Abul-Fadhl al-Abbâs nous a ordonné de le faire, jusqu'à ce qu'elle paye une somme d'un tel montant ...». Je suis retourné à la maison et j'ai apporté la somme exigée. J'ai détaché ma mère et je l'ai amenée à la maison pour prendre soin d'elle. Lorsque je me suis réveillé, je me suis rendu compte que la somme d'argent demandée par les tortionnaires correspondait exactement au montant que j'aurais dû payer pour m'acquitter de mon engagement de garant de ma mère, c'est-à-dire louer le service d'un croyant qui se charge d'accomplir pour elle et à sa place le jeûne et les prières de 50 ans. Aussi ai-je apporté tout de suite cette somme et me suis-je rendu chez Sayyid Mirzâ Sayyid Ali (l'auteur d'Al-Riyâdh) en lui disant: «Voici la rétribution de 50 ans de prière et de jeûne. Je te prie de les utiliser à cet effet en vue de l'acquittement de ma mère».(76)
L'auteur de ce livre, Cheikh Thiqat al-Islâm al-Nûrî fait remarquer que ce rêve prémonitoire doit nous inciter à ne jamais négliger nos engagements envers Allah et autrui, sous peine d'en subir les dramatiques conséquences, lorsqu'il serait trop tard.
3em Conte:
Il est rapporté dans Dâr al-Salâm ce témoignage d'al-Hâjj Mullâ Khalîl al-Tihrânî: «Un pauvre et simple serviteur, dénommé Ali Tâlib travaillait dans un hammam de Téhéran. Il n'accomplissait ni la prière ni le jeûne. Un jour, il est allé voir un architecte et lui a demandé de lui construire un hammam. Surpris, l'architecte lui a demandé: «Et où vas-tu trouver l'argent nécessaire pour la construction?» Le serviteur lui a répondu: «Cela ne vous regarde pas Ne posez pas de questions. Tenez Prenez l'argent et allez construire le hammam». L'architecte s'est mis au travail et finit la construction du hammam demandé, qu'il a baptisé du nom du serviteur «Ali Tâlib». Les années se sont écoulées. Et un jour alors que je m'étais installé à Najaf (Irak), j'ai vu en rêve Ali Tâlib dans le célèbre cimetière de Najaf Wâdî-l-Salâm. Etonné, je l'ai questionné: «Comment te trouves-tu dans ce lieu sacré, alors que tu ne faisais ni la prière ni le jeûne?» Il m'a répondu: «Lorsque j'étais mort, on m'avait enchaîné et soumis aux supplices. Al-Hajj Mullâ Ali al-Kirmânchâhî, qu'Allah le récompense de sa bienfaisance, m'a sauvé en déléguant quelqu'un pour faire le Pèlerinage de la Mecque en mon nom. Il a loué les services d'Untel pour qu'il accomplisse à ma place les prières et le jeûne que j'avais négligés de mon vivant. Il a payé pour moi la Zakât que je n'avais pas acquittée. Il a indemnisé Untel et Untel que j'avais lésés. Il n'a rien laissé de ce que j'avais sur la conscience sans l'avoir réglé. C'est ainsi que j'ai été délivré des supplices». Je me suis réveillé, très surpris de ce rêve qui restait gravé dans ma mémoire jusqu'au jour où j'ai vu des gens venus de mon quartier à Téhéran. Lorsque je leur ai demandé des nouvelles d'Ali Tâlib, ils m'ont raconté comment il était mort et comment Hajj Mullâ Muhammad al-Kirmânchâhi s'était occupé avec application de le laver à titre posthume de tous ses péchés, manquements et obligations. Les détails qu'ils m'ont donnés sur cette affaire étaient une copie conforme et exacte de ce que j'avais entendu dans le rêve».(77)
Ce rêve prémonitoire confirme les récits hagiographiques qui nous indiquent que la prière et le jeûne, ainsi que tous les actes de piété et de bienfaisance faits à titre posthume au bénéfice d'un mort, lui sont bénéfiques et salvateurs. Si le mort se trouve en difficulté, ces actes sont de nature à le soustraire à ladite difficulté. De même ils confirment, d'autre part, les récits hagiographiques selon lesquels: «Il n'y a pas un croyant qui meure aux orients et aux occidents de la terre sans que son âme ne soit transportée à Wâdî al-Salâm(78)».(79)
4em Conte:
Le grand et célèbre Allâmah (érudit), al-Qadhî Sa'îd al-Qummî rapporte que le Cheikh Bahâ' al-Dîn al-'Âmilî a rendu visite à un mystique qui avait élu comme refuge et siège un cimetière d'Isfahân (Iran). Ce dernier (le mystique) a raconté au Cheikh: «J'ai assisté dans ce cimetière à une scène étrange: un jour j'ai vu venir un groupe transportant une dépouille mortelle qu'il a inhumé dans une tombe, à tel endroit. Une heure après le départ de ce groupe j'ai senti s'exhaler en l'air un très bon parfum différent des parfums courants. J'ai été intrigué. J'ai regardé à gauche et à droite pour savoir quelle était la source de ce parfum. J'ai vu soudain un beau jeune homme, charmant et au visage agréable, ayant l'aspect des rois, se diriger vers la tombe en question et s'asseoir à côté d'elle, avant de disparaître subitement, comme s'il était entré dans la tombe. Quelques secondes après, j'ai senti se répandre en l'air une odeur on ne peut plus nauséabonde et répugnante. J'ai regardé autour de moi, et j'ai vu un chien suivre les traces du jeune homme jusqu'à ce qu'il soit arrivé à la même tombe pour disparaître. J'ai été encore plus perplexe face à ce qui se passait. Pendant que je pensais à cette scène étrange, le jeune homme a réapparu, sortant du même endroit où il avait disparu. Il se trouvait dans un mauvais état, saignant de différentes blessures. Alors qu'il retournait d'où il était venu, je l'ai suivi et l'ai prié de me dire ce qui se passait. Il m'a expliqué: «Je suis la bonne action de ce mort. J'avais reçu l'ordre de prendre soin de lui dans sa fosse, mais le chien que vous avez vu venir, et qui représente la mauvaise action du mort, s'est pointé. J'ai voulu l'écarter par fidélité au mort, mais il m'a mordu, m'a blessé et m'a arraché un morceau de chair, comme vous voyez. Il m'a empêché de tenir compagnie à son compagnon (le mort dont il incarnait la mauvaise action). Je n'ai pu donc rester en sa compagnie et je suis parti». Le mystique ayant terminé la relation de sa vision au Cheikh, celui-ci lui dit: «Tu as dit la vérité, car nous croyons à l'incarnation de nos actes, lesquels prennent des figures anthropomorphes, zoomorphes et autres selon les cas».
Al-'Allâmah al-Majlicî qui rapporte dans ses Al-Bihâr ce
conte commente que celui-ci confirme le hadith qu'al-Sadûq relate au
début de ses Amâlî et qui se résume ainsi: «Un jour, Qays ibn 'Âçim
al-Manqarî, accompagné d'un groupe de délégués des Banî Timîm vint voir le
Prophète (p). Ils lui demandèrent de leur faire un sermon utile et bénéfique. Le
Prophète (P) dit, entre-autres: «O Qays Il est inévitable que tu aies un
compagnon vivant qui sera enterré avec toi, et que tu sois enterré avec lui
lorsque tu mourras. Si ce compagnon était noble, il prendra soin de toi, et s'il
était mesquin, il te négligera. Tu ne seras enterré qu'avec lui, ressuscité
qu'avec lui, et interrogé qu'à son sujet. Alors fais en sorte qu'il ne puisse
être que bon, car s'il était bon, tu auras une compagnie agréable et tu te
réjouiras avec lui, mais s'il était pervers, tu ne pourras que te dépayser en sa
compagnie. Ce compagnon est ton action (tes actes)...».(80)
Al-Qiyâmah
(La Résurrection)
C'est l'étape qui inspire la plus grande terreur et la plus grande frayeur parmi toutes les étapes de l'Autre-monde.
Allah - le Sublime - l'a décrite dans le Coran ainsi: «Lourde elle sera dans les cieux et (sur) la terre et elle ne viendra à vous que soudainement».(81)
Al-Qutb al-Rawandî rapporte le hadith suivant de l'Imam al-Sâdiq (p) sur l'effroi et la terreur de ce Jour:
«'Issâ ibn Maryam (P) demanda à Jibrâ'îl (l'Archange Gabriel): «Quand aura lieu la Résurrection?» En entendant le mot Résurrection, Jibrâ'îl se mit à trembler si intensément qu'il tomba par terre et perdit connaissance. Quand il reprit ses esprits, s'adressant à 'Issâ ibn Maryam (P), il dit: «Ô Rûh-ullâh (Esprit d'Allah) Celui qui est interrogé n'est pas plus au courant du mystère de la Résurrection que celui qui interroge». Avant de réciter, à l'appui ce verset coranique: «Ils t'interrogent sur l'Heure: «Quand arrivera-t-elle?» Dis:«Seul mon Seigneur en a connaissance. Lui seul la manifesta en son temps. Lourde elle sera dans les cieux et (sur) la terre et elle ne viendra à vous que soudainement». Ils t'interrogent comme si tu en étais averti. Dis: «Seul Allah en a connaissance». Mais beaucoup de gens ne savent pas».(82)
Cheikh Ali Ibrâhîm al-Qummî rapporte ce hadith de l'Imam al-Bâqir (p):
Le Prophète (P) était assis un jour à côté de Jibrâ'îl. Lorsque le regard de celui-ci tomba sur le ciel, son visage changea de couleur à force de peur et de frayeur, et devint jaune comme le safran. Il se colla au Prophète (P) comme pour se protéger et conjurer la frayeur. Le Prophète (P) dirigea alors son regard du côté où Jibrâ'îl avait regardé. Il vit un Ange dont l'énorme forme remplissait l'orient et l'occident, comme s'il constituait la couvercle de la Terre. L'Ange s'adressa alors au Messager d'Allah et lui dit: «O Muhammad Je suis l'émissaire de ton Seigneur auprès de toi, ma mission est de te demander de choisir l'une de ces deux choses: préfères-tu être Roi et Messager ou Serviteur et Messager?» Le Prophète regarda Jibrâ'îl et vit qu'il avait repris sa couleur naturelle et ses esprits. Il dit au Prophète (P): «O Messager d'Allah Choisis d'être Serviteur et Messager». Le Prophète (P) informa l'Ange de ce choix. L'Ange posa alors son pied droit sur le ciel du monde ici-bas, son pied gauche sur le deuxième ciel, puis son pied droit sur le troisième ciel, suivi de son pied gauche sur le quatrième ciel, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il atteignît le septième ciel, traversant de la sorte les sept cieux, pour retourner d'où il était venu, c'est-à-dire qu'il passait d'un ciel à l'autre avec un seul pied. Et au fur et à mesure qu'il s'éloignait, sa forme et sa stature s'amoindrissait jusqu'à ce qu'il apparaisse comme un petit oiseau. Le Prophète (P) tournant son regard vers Jibrâ'îl, lui dit: «J'ai remarqué en toi une grande frayeur, et ce qui m'a fait encore plus peur c'est le changement de couleur de ton visage». Jibrâ'îl répondit: «Ne me blâme pas, ô Messager d'Allah As-tu su qui est cet Ange? C'est Isrâfîl, le Chambellan de Dieu. C'est la première fois qu'il descend du ciel sur la Terre. Il n'en était jamais descendu depuis qu'Allah avait créé le ciel et la terre.(83) En le voyant descendre vers la Terre, j'ai cru qu'il était venu instaurer la Résurrection. Aussi ai-je eu une frayeur et une pâleur, comme tu l'as remarqué, par peur de la Résurrection. Mais lorsque j'ai constaté qu'Allah ne l'avait pas envoyé dans ce dessein, mais pour t'élire et te choisir, par égard pour toi, j'ai repris mes esprits, mon calme et ma couleur naturelle».(84)
Selon un récit hagiographique:
«Il n'y a pas un Ange rapproché, ni un ciel ni une terre, ni un vent ni une montagne ni un désert ni une mer, qui ne craigne Allah le vendredi, car la Résurrection aura lieu un vendredi».
L'auteur commente et fait remarquer que les mots montagne, terre, ciel, mer etc seraient peut-être employés comme métonymies pour désigner les habitants ou les responsables de ces endroits, comme l'ont affirmé les exégètes du verset coranique précité, «Lourde elle sera dans les cieux et (sur) la terre ...».(85)
Il est rapporté que lorsque le Prophète mentionnait le mot Résurrection, sa voix changeait et devenait plus intense, et son visage rougissait.
Selon al-Cheikh al-Mufîd dans Al-Irchâd, au retour du Prophète (P) de la campagne de Tabûk, 'Amr ibn Ma'ad Yakrub al-Zubaydî, un héros rendu célèbre par ses bravoures hors du commun, son intrépidité et son audace et qui s'était illustré dans les combats par ses exploits guerriers, se présenta devant le Prophète (P), lequel lui conseilla:
«O 'Amr Epouse l'Islam pour qu'Allah te préserve de la Grande Frayeur (al-Faza' al-Akbar)». «Et c'est quoi la grande frayeur? Je suis de la trempe de ceux qui n'ont peur de rien», répondit 'Amr, sûr de lui (....). Le Prophète (P) lui dit: «Ô 'Amr Ce ne sera pas comme tu le crois Car d'un seul cri qui sera poussé, les morts ressusciteront et les vivants seront morts, excepté ceux qu'Allah ne voudra pas qu'ils meurent. D'un second cri tous les morts seront ressuscités et se mettront en rangs. Le ciel se fendra, les montagnes voleront en éclats et disparaîtront. Des braises de la taille des montagnes seront lancées de l'Enfer. Il n'y aura pas un seul vivant qui n'aie pas le coeur tremblant comme s'il allait être arraché. On se rappelle alors ses péchés et on ne s'occupe que de soi-même. Sauf ceux qu'Allah aura voulu qu'ils restent sur les droits chemins (...). La frayeur de la Résurrection est telle que les morts en sont terrifiés alors qu'ils se trouvent dans leurs tombes et en Barazakh (Purgatoire). Ils en auront d'autant plus peur que certains d'entre eux qui sont retournés à la vie, à la suite des implorations des Amis proches d'Allah (Awliyâ'Allâh), eurent les cheveux blancs, et lorsqu'on leur demanda la raison de la blancheur de leurs cheveux, ils répondirent: «Lorsqu'on nous a donné l'ordre de revenir à la vie, nous avons cru que la Résurrection a été décrétée Aussi nos cheveux noirs sont-ils devenus blancs par crainte de la frayeur de la Résurrection».(86)
Voici maintenant quelques facteurs de nature à enlever les difficultés de la Résurrection et à rassurer contre la «Grande Frayeur»:
1- Il est rapporté que quiconque lit chaque jour ou chaque nuit la sourate Yûsuf (p), sera ressuscité, le Jour de la Résurrection aussi beau que Yûsuf, et n'éprouvera pas la «Grande Frayeur ce Jour-là».(87)
Selon l'Imam al-Bâqir (p): «Quiconque lit la sourate Al-Dukhân (chapt. 44), dans ses prières obligatoires ou surérogatoires, Allah le ressuscitera avec les gens rassurés et tranquilles».(88)
Selon l'Imam al-Sâdiq (p): «Quiconque lit la sourate Al-Ahqâf (chapt. 46) chaque nuit ou chaque vendredi, la peur ne s'emparera jamais de lui dans la vie ici-bas et Allah le rendra rassuré le Jour de la Résurrection».(89)
Toujours selon l'Imam al-Sâdiq (p): «Quiconque lit la sourate Al-'Açr dans ses prières surérogatoires, sera ressuscité, le visage limpide, la face brillante, les yeux réjouis, les lèvres dessinant un large sourire, jusqu'à ce qu'il entre au Paradis».(90)
2- Al-Kulaynî rapporte le hadith suivant du Prophète (P) relaté par l'Imam al-Sâdiq (p): «Quiconque respecte quelqu'un dont les cheveux sont devenus blancs au sein de l'Islam, Allah le mettra à l'abri de la Grande Frayeur du Jour de la Résurrection».(91)
3- Toujours selon l'Imam al-Sâdiq (p): «Quiconque meurt sur la route de la Mecque, lors de l'aller ou du retour, sera préservé de la Grande Frayeur du Jour de la Résurrection, et n'en aura pas peur».(92)
Et:
«Quiconque meurt dans l'Enceinte sacrée (haram) de la Mecque ou de Médine, Allah le ressuscitera avec ceux qui n'auront pas à craindre (la Grande Frayeur) et seront en sécurité le Jour de la Résurrection».(93)
4- Al-Kulaynî rapporte ce hadith de l'Imam al-Sâdiq (p): «Quiconque est inhumé dans l'Enceinte sacrée de la Mecque, sera préservé de la Grande Frayeur».(94)
5- Al-Sadûq cite le hadith suivant du Prophète (P): «Quiconque a l'occasion de commettre un acte immoral (adultère ou quelque chose de semblable) et qu'il s'en abstient par crainte d'Allah, Allah lui interdira le Feu de la Géhenne et le préservera de la Grande Frayeur de la Résurrection».(95)
6- Le Prophète (P) dit aussi: «Quiconque devient hostile envers soi-même, sans devenir hostile envers les gens, Allah le mettra à l'abri de la Grande Frayeur de la Résurrection».(96)
7- L'Imam al-Bâqir (p) dit: «Quiconque retient sa colère et son irritation (face à une offense) tout en pouvant l'exprimer, Allah remplira son coeur de Foi et de sécurité».(97)
8- Allah - Il est Béni et Exalté - dit: «Quiconque viendra avec le bien aura bien mieux, et ce Jour-là ils seront à l'abri de toute frayeur».(98) Commentant ce verset, l'Imam Ali (p) dit: «Le bien dans ce verset, c'est la connaissance et l'amour envers nous, les Ahl-ul-Bayt (les Membres de la Famille du Prophète (P)».(99)
9- Al-Sadûq rapporte ce hadith de l'Imam al-Sâdiq (p): «Quiconque vient au secours de son frère (en Religion) angoissé et soucieux avec ce qu'il peut, en dissipant son angoisse et ses soucis ou l'aide à satisfaire son besoin, Allah lui accorde 72 miséricordes, une dans la vie ici-bas, pour améliorer son quotidien, et lui réservant les 71 autres pour faire face aux terreurs et à la frayeur du Jour de la Résurrection».(100)
Cheikh Châthân ibn Jibrâ'îl al-Qummî rapporte que Prophète (P) dit avoir vu la nuit de l'Ascension vers le ciel les mots suivants écrits sur la deuxième porte du Paradis: Lâ ilâha illâllâh, Muhammadan Rasûl-ullâh, 'Aliyyan Waliyy-ullâh, wa li-kulli chay'in hîlah (il n'y a de Dieu qu'Allah, Muhammad est le Messager d'Allah, Ali est l'Ami rapproché d'Allah. Pour toute chose, il y a un secret). Or le secret de la joie dans l'Au-delà tient à quatre qualités: être aimable envers les orphelins, être tendre avec les veuves, satisfaire les besoins des Musulmans, prendre en charge les pauvres et les indigents. De là les ulémas et les grands chefs religieux ont déployé tous les efforts à travers l'histoire en vue d'aider les croyants et de promouvoir l'aide aux croyants.
10- L'Imam al-Redhâ (p) dit: «Quiconque rend visite à la tombe de son frère
musulman et en posant sa main sur la tombe lit la sourate Al-Qadr (chapt. 97) 7
fois, Allah lui assurera la sécurité le Jour de la Grande frayeur».(101)
La sortie du mort de sa
tombe
Parmi les étapes effrayantes de la Résurrection figure le moment de la sortie du mort de sa tombe. Et ce moment est l'un des trois moments pénibles pour les fils d'Adam.(102)
Allah dit: «Laisse-les donc s'enfoncer (dans leur mécréance) et se divertir jusqu'à ce qu'ils rencontrent le jour dont on les menaçait, le jour où ils sortiront des tombes, rapides comme s'ils couraient vers des pierres dressées leurs yeux seront abaissés, l'avilissement les couvrira. C'est cela le jour dont on les menaçait».(103)
Ibn Mas'ûd rapporte un hadith suivant de l'Imam Ali (p): «Dans la Résurrection il y a 50 étapes dont chacune durera mille ans. La première étape est celle de la sortie de la tombe, où les gens resteront prisonniers, pieds nus, dénudés, affamés et assoiffés pendant mille ans. Celui qui sortira de son tombeau en croyant en Allah, à l'Enfer et au Paradis, à la Résurrection, au Compte et au Jour du Jugement, et reconnaissant Allah, en acceptant la véracité du Prophète et ce qu'il a apporté d'Allah, sera délivré de la faim et de la soif».(104)
L'Imam Ali (p) écrit dans Nahj al-Balâghah: «... C'est un jour où seront rassemblés les premiers et les derniers pour débattre des comptes, rétribuer les actes. Ils seront humiliés, debout, leur sueur ruisselante bridera leur bouche, la terre tremblera sous leurs pieds. Le mieux loti d'entre eux, sera celui qui trouvera une place pour poser ses pieds et le contenir».(105)
Quant à l'Imam al-Sâdiq (p), il décrit ainsi la situation des gens le Jour de la Résurrection: «La station des gens le Jour de la Résurrection ressemble à une flèche dans le carquois, c'est-à-dire qu'ils seront aussi serrés que les flèches placées les unes à côté des autres et serrées les unes contre les autres, au point de ne pas pouvoir les bouger, faute de jeu. En un mot, les gens se trouveront tellement à l'étroit, qu'il leur sera très difficile de trouver un espace pour poser leurs pieds ou bouger.
Rapportons enfin un hadith très significatif du Prophète (P) sur ce sujet, hadith relaté par Barâ' ibn 'Âzib et rapporté par Amîn al-Tabarsî dans son Majma' al-Bayân. Il devrait nous permettre de repenser notre conduite quotidienne et de nous rappeler la nécessité d'appliquer les différents préceptes de l'Islam et pas seulement les apprendre et les accrocher sur le mur à titre décoratif. Ma'âth ibn Jabal demanda au Prophète (P): «Ô Messager d'Allah Explique-moi le verset coranique, «le jour où l'on soufflera dans la Trompe, vous viendrez par troupes».(106)
Le Prophète (P) répondit: «O Ma'âth Tu as posé une question sur un sujet gravissime» Puis le Prophète (P) ouvrit les yeux et dit:
«Dix catégories de ma Communauté, seront ressuscitées différemment des autres. Les uns seront ressuscités sous forme de singes: ce sont les délateurs et les rapporteurs malveillants (semeurs de discorde) dans la vie ici-bas d'autres sous forme de cochons: ce sont les gens au gain illicite, tel le dessous-de-table d'autres encore seront ressuscités sens dessus dessous, c'est-à-dire leurs têtes et visages vers le bas sur terre et leurs pieds vers le haut en l'air, et on les amènera les visages traînant par terre: ce sont les usuriers et les gens qui s'adonnent à l'intérêt usuraire dans ce monde d'autres seront ressuscités aveugles: ce sont les gouvernants et les juges injustes de ce monde d'autres seront ressuscités sourds-muets, ce sont les gens qui admirent leurs propres actes d'autres seront ressuscités en suçant leurs langues, le pus coulant de leur bouche au lieu de la salive, ce qui fait dégoûter et éloigner d'eux tous les gens du Rassemblement: ce sont les ulémas, les juges dont les actes contredisent leurs paroles dans ce monde d'autres encore seront ressuscités, mains et pieds coupés: ce sont les gens qui nuisent à leurs voisin dans ce monde d'autres seront suspendus sur des poteaux d'exécution en feu: ce sont les délateurs auprès du Sultan (autorité injuste) d'autres seront plus fétides et plus pestilentiels que le cadavre: ce sont ceux qui jouissent des désirs et omettent de prélever les droits d'Allah sur leurs biens, il y a aussi ceux qui porteront les robes des ulémas, en résine, de sorte qu'elles collent sur leurs corps: ce sont les hautains, les vaniteux et les orgueilleux».(107)
Il est instructif de citer quelques récits hagiographiques relatifs à l'état de certaines catégories de gens au moment de sortir de leurs tombeaux:
1- Ibn Abbas rapporte que le Prophète (P) dit: «Quiconque doute de la préséance d'Ali ibn Abî Tâlib, sera sorti de sa tombe, le Jour de la Résurrection, avec un collier de feu à trois cents branches autour du cou, chacune des branches portant un Satan qui fait des grimaces, le visage renfrogné, et qui crache sur la face du ressuscité».(108)
2- Selon Al-Kulaynî, l'Imam al-Bâqir (p) dit: «Allah - Il est Béni et Exalté - ressuscitera et sortira de leurs tombeaux le Jour de la Résurrection des gens, les mains liées et attachées à leur cou de sorte qu'ils ne pourront même pas prendre dans leurs mains quelque chose de la taille d'un bout de doigt. Ils seront escortés par des Anges qui les blâmeront sévèrement en disant: «Ceux-ci se sont abstenus d'offrir un peu de la multitude des bienfaits qu'ils avaient reçus. Allah leur avait accordé Ses dons, mais ils ont refusé de prélever sur leurs biens les droits d'Allah».(109)
3- Selon al-Sadûq, le Prophète (P) dit: «Quiconque fait brouiller deux personnes par des délations, Allah projettera sur lui dans sa tombe un feu qui le brûlera jusqu'au Jour de la Résurrection. Et lorsqu'il sortira de sa tombe et de sa fosse, Allah le mettra à la merci d'un serpent noir qui découpera sa chair jusqu'à ce qu'il entre en Enfer».(110)
4- Selon le Prophète (P) aussi: «Quiconque regarde pleinement une femme non mahram(111), Allah le ressuscitera le Jour de la Résurrection, cloué avec des clous de feu jusqu'à ce qu'Il juge les gens, et le condamne alors à l'Enfer».
5- Selon le Prophète (P) encore: «Le buveur de vin sera ressuscité le Jour du Jugement, le visage noirci, les yeux obliques et obscurs, la bouche tordue, la salive coulant de sa bouche et sa langue sortie de son derrière».(112)
Selon un autre hadith, le buveur d'alcool se présentera le Jour de la Résurrection, une cruche autour du cou et un verre dans la main, dégageant une puanteur plus fétide que tout cadavre sur terre. Les gens qui passeront à son niveau le maudiront.
6- Toujours selon le Prophète (P): «L'homme changeant (hypocrite), à double face, se présentera le Jour de la Résurrection, la langue sortie de son derrière, une autre langue de son devant elles seront en flammes et finiront par enflammer tout son corps. On dira alors de lui: «Celui-là avait deux faces et deux langues dans la vie terrestre...».(113)
Les facteurs qui allégeront les souffrances de cette étape:
1- Quiconque participe à un cortège funèbre, Allah lui affectera des Anges qui porteront des étendards et l'escorteront depuis la tombe jusqu'au lieu de son Rassemblement.(114)
2- Selon al-Sadûq, l'Imam al-Sâdiq (p) dit: «Quiconque enlève un souci ou une angoisse d'un croyant, Allah lui enlèvera les soucis et les angoisses de l'Autre-monde, et il sortira de sa tombe, le coeur joyeux et apaisé».(115)
3- Al-Kulaynî rapporte ce hadith de l'Imam al-Sâdiq (p): «Quiconque revêt son frère croyant d'un habit d'hiver ou d'été, Allah se donnera comme devoir de le revêtir des habits du Paradis, de lui faciliter les difficultés de la mort, d'élargir sa tombe et de lui annoncer à sa sortie de celle-ci, la bonne nouvelle, comme y fait référence le verset coranique: «La grande terreur ne les affligera pas, et les Anges les accueilleront: «Voici le jour qui vous a été promis».(116)».(117)
5- Selon Ibn Tâwûs dans Al-Iqbâl, le Prophète (P) dit: «Quiconque dit pendant le mois Cha'bân, wa lâ na'budu illâ iyyâhu, mukhliçîna lahu-d-dîna wa law karih-al-kâfîrûn (Il n'y a de Dieu qu'Allah et nous n'adorons que Lui, nous nous dévouons à Sa Religion, malgré le mécontentement des polythéistes), Allah inscrira à son crédit la récompense de mille ans d'adoration, lui enlèvera les péchés de mille ans, et le sortira de sa tombe, le Jour de la Résurrection, le visage aussi lumineux que la pleine lune et le placera dans la liste des Véridiques».(118)
6- La lecture du du'â' Jawchan al-Kabîr au début du mois de Ramadhân
est particulièrement recommandée à cet effet. Ce du'â' est une protection et une
assurance contre les difficultés dans la vie ici-bas et dans l'Au-delà.(119)
La Balance et la comptabilité
des actes
L'étape de la Balance