Mohammad Bâqer
al-Sadr
LE
MAHDI
(Le
Messie)
OU
LA FIN DU TEMPS
Traduit et édité par
Abbas Ahmad al-Bostani
Publication de la Cité du Savoir
Nouvelle édition : Juin 1999
Editeur :
Abbas Ahmad al-Bostani
(La Cité du Savoir)
C.P. 712 Succ. (B)
Montréal, Qc., H3B 3K3
Canada
E-mail : abbas@bostani.com
Copyrights: tous droits réservés à l'éditeur
ISBN: 2-922223-12-4
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Table des Matières
Note du Traducteur 5
Préface du Dr Hamid Hafni Daûd 7
Préambule 19
Comment expliquer la longévité d'al-Mahdî?
26
Le Miracle et la Longue Vie 35
Que la loi de la vieillesse soit rangée parmi
ces lois 36
Pourquoi vouloir tant Prolonger sa vie?
39
Comment s'est parachevée la Formation du Guide
Attendu? 45
Comment Croire qu'al-Mahdî a existé réellement?
52
Pourquoi le Guide n'est-il pas réapparu?
60
Un seul individu peut-il Jouer un si Grand
Rôle? 66
Quelle sera la Méthode de Chanment le Jour
Promis? 68
Indications du Coran sur Al-Mahdî
73
1- «C'est Lui qui a envoyé Son Prophète
avec la Direction et la Religion vraie 73
2- «Si tu les voyais quand ils seront
saisis de peur 76
3- «Il (Jésus) est, en vérité, l'annonce de
l'Heure 78
4- «Oui, Nous avons écrit dans
az-Zabûr 79
5- «Nous voulons favoriser ceux qu'on a
affaiblis sur terre 81
La Croyance du Sunnisme à al-Mahdî l'Attendu
82
L'authenticité des Hadîth sur al-Mahdî
89
Hadîth du Prophète (P) sur l'identité
d'Al-Mahdî 91
1- Al-Mahdî est Kinânite, Quraychite, Hâchimite
91
2- Al-Mahdî, descendant de 'Abdul-Muttalib
92
3- Al-Mahdî descend du Prophète (P)
93
4- Al-Mahdî fait partie des Ahl-ul-Bayt (les 14
Infaillibles) 94
5- Al-Mahdî fait partie de la Progéniture
"'itrah" (du Prophète (P)) 96
6- Al-Mahdî, descendant de
Fâtimah.. .. . . .96
7- Al-Mahdî sera un descendant de l'Imam
al-Hussain 98
8- Al-Mahdî est le fils de l'Imam al-Hassan
al-'Askarî 100
D'autres Hadîths confirment l'existence
d'Al-Mahdî et qu'il est bien le XIIe Imam d'Ahl-ul-Bayt 101
A- «Quiconque meurt sans avoir connu l'Imam de
son temps, mourra en jâhilite» 101
B- «La terre n'est jamais vide d'un Guide qui,
répondant pour Allah, maintient Ses témoignages ...» 103
Les Hadîth sur les "Douze Imams (p)" clarifient
le contenu des hadîth sur les "Douze Califes" 110
Les Signes et les circonstances de l'apparition
de l'Imam al-Mahdî 119
Une Autre Vision d'al-Mahdî 127
La Question d'al-Mahdî disséquée par Henri
Corbin 127
"Cet oeil de l'âme qui jamais ne sommeille"
128
Chronologie : Les Douze Imâm d'Ahl-ul-Bayt
139
Bibliographie sommaire 143
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Ce livre était à
l'origine une préface destinée à un grand ouvrage(1) sur l'Imam
al-Mahdî. (‘aj)
Mais vu son
importance, sa méthodologie scientifique et la notoriété de son auteur, il fut
publié comme un livre à part.
Aussi ne doit-on
pas espérer y trouver une étude documentaire ni des détails historiques inédits
sur l'Imam al-Mahdî, une telle recherche étant largement menée dans de nombreux
ouvrages spécialisés à cet effet.
Mais le mérite et
l'originalité de ce livre réside d'une part dans le fait qu'il répond à
l'essentiel de la question d'al-Mahdî - à savoir pourquoi et comment croire à
al-Mahdî? - et d'autre part dans sa méthodo-logie scientifique.
En effet, après
avoir rappelé que "l'idée" d'al-Mahdî - l'avènement d'un "Messie Annonciateur"
de la fin des temps - fait l'objet de la croyance unanime de toutes les écoles
juridiques islamiques - et non pas des Chî'ites seulement - et qu'elle est même
antérieure à la naissance de l'Islam, il note que l'incarnation de cette "idée"
dans la personne de l'Imam al-Mahdî, (disparu depuis plus de mille ans et
toujours vivant - selon la croyance des Chî'ites imâmites duodécimains(2)) soulève une
série d'inter-rogations et un certain scepticisme chez beaucoup de Musulmans.
Après quoi, il regroupe ces interrogations sous forme de sept questions
principales et s'applique à y répondre selon une méthodologie scientifique
qu'aucun esprit rationnel ne saurait contester, pour nous montrer que ce qui
semblerait ordinairement inconcevable - la longévité d'al-Mahdî, plus de mille
ans - peut être scientifiquement possible et logique-ment plausible lorsqu'on
procède par une analyse scientifique et un examen approfondi du problème.
L'intérêt de ce
livre ne se limite donc pas à la réponse qu'il apporte aux interrogations des
croyants, mais peut s'étendre également aux matérialistes, aux incrédules et aux
inconditionnels de "la preuve scientifique", tout au moins par sa méthodologie,
qui consiste à traiter scientifiquement une question de la métaphysique, du
prodige et du surnaturel.
PRÉFACE
du Dr Hamid
Hafni Daûd,
chef du
département de la littérature arabe
à la
Faculté de linguistique,
Université
Ayn Chams, Egypte.
Le
Professeur Mohammad Bâqer al-Sadr est un savant érudit, et une personnalité
brillante qui fait la fierté de la pensée moderne. Ses livres, ses recherches et
ses articles se distinguent par une objectivité dépouillée de toute position
partisane, passionnelle ou d'intérêt personnel. De là les études dans tous les
domaines qu'il a abordés ont-elles valeur de valeurs intellectuelles, si j'ose
dire.
En
effet, il est l'un des rares savants à allier dans son style les deux piliers de
l'originalité de l'expression:
a) la
peinture artistique
b) le style
scientifique et de procès-verbal.
Lorsqu'il
aborde un sujet aussi délicat que celui d'al- Mahdî, il lui apporte sûrement un
nouveau crédit; car ce sujet relève du domaine du mystère et de la révélation,
tout comme la "Descente de Jésus"(3), la "Sortie
d'al-Dajjâl", l' "apparition de l'âne", ainsi que bien d'autres questions dont
l'idée ne peut être traitée par l'expérience tangible dans les usines de la
nature ou les laboratoires de chimie, et qui doivent être soumises à un autre
type de démonstration, approprié à leur nature spirituelle; ou en d'autres
termes les questions dont la démonstration repose sur l'expérience spirituelle,
si l'expression est exacte.
Si
nous exceptons la première époque de l'Islam - jusqu'à la fin du IIIe siècle de
l'Hégire - les penseurs musulmans se sont divisés en deux groupes face à la
question d'al-Mahdî: un groupe qui croit fermement qu'al-Mahdî réapparaîtra, le
moment venu. Il fonde cette croyance sur des hadîths du Prophète, celui-ci étant
un homme véridique dont les paroles sont certitudes.
Les
penseurs appartenant à cette catégorie - qui forment la majorité de la Umma -
n'ont pas besoin de preuves et d'arguments pour croire à al-Mahdî; car leur foi
en "Al-Mahdî" est telle qu'elle atteint le degré de certitude, et ils
ressemblent en cela à quelqu'un qui croit aux mystères comme s'ils se
matérialisaient sous ses yeux.
Cette foi,
Dieu l'accorde à qui IL veut parmi les fidèles de la Umma(4) du Maître des
Prophètes, Muhammad, Umma que Dieu a distinguée des autres nations selon le dire
même de notre Messager: «Aucune autre Umma n'a reçu autant de certitude que la
mienne».
Le
second groupe - très minoritaire, Dieu merci - se comporte comme s'il croyait à
une partie du Livre tout en en rejetant l'autre. Il entend analyser les
questions religieuses dans les limites de la logique de sa raison, comme si les
mystères et les textes révélés devaient se traiter de la même manière que les
autres questions de l'univers. Il ne croit qu'à l'expérience du laboratoire et
récuse tout ce qui ne s'y rapporte pas.
On
ne peut qualifier ces gens-là d'ignorants - car il y a parmi eux des hommes
cultivés et même spécialisés dans des cultures variées - ni de sots, car ils
comptent des esprits intelligents et doués. Ils nous rappellent plutôt cette
prière du Prophète: «O Mon Dieu! Je t'implore de me protéger d'une science
inutile».
L'intelligence
dont ils sont dotés, l'expérience et la science qu'ils ont acquises ne leur
servent à rien; car ils ne possèdent pas l'esprit de discernement ou la raison
capable de résoudre les questions intellectuelles et les problèmes de la vie: en
un mot la raison que j'ai tendance à qualifier de "raison canonique" à laquelle
Dieu a conféré l'efficacité et la faculté de marier l'instrumental(5) et le rationnel.
Le
niveau de ces gens-là - quel que soit le degré de spécialisation qu'ils ont
atteint dans leurs connaissances - s'arrête là où s'est arrêté le niveau des
matérialistes, et ils sont par conséquent privés du bienfait de cet événement
extraordinaire (le phénomène d'al-Mahdî) et de tous les faits religieux qui
tiennent du prodige.
En
outre, la "raison philosophique" est incapable de réaliser les perceptions
spirituelles alors que "la raison canonique" y parvient, comme nous l'avons
expliqué.
A
l'époque moderne, ce chaos s'est accentué et étendu lorsque les gens ont été
éblouis par les progrès des sciences naturelles, et ont constaté les grandes
réalisations dans la voie de la découverte des secrets encore inconnus de
l'univers, et le progrès enregistré par les savants matérialistes quant aux
moyens des différentes sciences, dont les applications sont devenues si
évidentes dans les domaines de la technologie que l'homme se croit être à un
niveau où il pourrait faire aboutir toutes ses revendications vitales et
satisfaire avec facilité tous les besoins de sa vie, en appuyant tout simplement
sur quelques boutons pour obtenir ce qu'il veut en temps de paix comme en temps
de guerre.
Ayant vécu
les applications de ces sciences naturelles à la maison, à l'usine et dans la
rue, l'homme moderne en a subi l'influence, laquelle, s'est manifestée sous
forme d'un doute obsédant à l'encontre de tout ce qui n'est pas matérialiste,
doute qui a atteint son âme et son cur en le privant du bienfait de la
certitude. C'est pourquoi il a renié tous ces prodiges, et est devenu incrédule
en ce qui concerne tous les miracles similaires.
Ainsi,
parler de la métaphysique et des événements rapportés tantôt par le Coran tantôt
par la Sunna, est devenu une question spéculative que le savant - si érudit et
si compétent soit-il - ne pourrait plus inculquer dans l'esprit de cette
minorité de contemporains.
Les anciens
Musulmans - aussi bien Sunnites que Chî'ites - ont été unanimes sur la vérité
d'al-Mahdî, sur le fait qu'il est de la Famille du Prophète, qu'il est le
descendant d'al-Hussayn, que Dieu le réformera en un jour ou en une nuit, qu'il
fera régner la justice et l'équité sur la terre à un moment où celle-ci aura été
remplie d' injustice et d'iniquité, qu'il gouvernera sur la terre pendant sept
ou neuf ans - selon les différents hadîths - qu'il conduira l'humanité au
bonheur alors qu'elle aura sombré dans la misère, qu'il accueillera Jésus, fils
de Marie, à sa "descente", que ce dernier priera derrière lui... ainsi que bien
d'autres indications et prédictions mentionnées dans environ 39 hadîths - de
sources Sunnites - et 300 hadîths - de sources Chî'ites imâmites.
Donc le
consensus chez les deux parties - Sunnite et Chî'ite - sur l'existence
d'al-Mahdî, et sa réapparition lorsque le monde se trouvera en crise et que la
situation des fidèles sera troublée, n'est pas sujet à caution. Mais là où les
deux parties divergent, c'est lorsque les Chî'ites croient qu'al-Mahdî, fils
d'al-Hassan al-'Askari, a disparu quelques années après sa naissance bénie,
alors que les Sunnites sans avoir des doutes sur la vérité d'al-Mahdî, croient
toutefois que Dieu le créera le moment venu pour qu' il accomplisse les prodiges
dont les hadîths parlent.
C'est donc
à propos de la croyance selon laquelle la vérité d'al-Mahdî (vérité admise par
tous les Musulmans) se rapporte bien à la personne de Muhammad al-Mahdî, fils de
l'Imam al-Hassan al-'Askari que son Eminence le Professeur Mohammad Bâqer
al-Sadr a choisi la méthode scientifique pour démontrer au lecteur musulman -
quelle que soit l'École juridique (math-hab) à laquelle il appartient - que
cette croyance n'est pas en contradiction avec le "possible rationnel" et le
"possible scientifique", bien qu'elle s'oppose à ce qui est "pratiquement
possible".
Par
conséquent la démonstration de l'existence et de la vie d'al-Mahdî depuis le
IIIème siècle de l'Hégire jusqu'à nos jours n'est pas inadmissible pour la
raison, notamment sur les plans philosophique et scientifique, tout en étant
difficilement concevable dans son application.
Le
différend entre les Imâmites et les Sunnites ne concerne pas l'essentiel, à
savoir la venue d'un homme qui réformera la Umma après une longue période de
souffrance et de persécution qui frappent durement les Musulmans, et notamment
les adeptes de la voie idéaliste, lesquels sont façonnés par les murs et la
conduite des Ahl-ul-Bayt (la Famille du Prophète) en s'attachant aux idéaux
mohammadites et aux valeurs islamiques, au mépris des philosophies réalistes et
matérialistes qui favorisent les intérêts personnels au détriment de l'intérêt
général de la Umma (la nation islamique).
Tous ces
concepts qu'incarne la personnalité d'al-Mahdî font l'objet du consensus unanime
des deux parties de la Umma et sont concordants chez toutes les écoles
islamiques politiques et jurisprudentielles. Si nous dénombrions ici tous les
hadîths rapportés par des gens parfaitement crédibles, et dignes de la confiance
de tous, concernant ce sujet, nous nous écarterions de l'objet de cette préface.
Il nous suffit, toutefois, de citer al-Majlicî et al-Tûsî parmi les
Chî'ites ja'farites, al-Safarini parmi les Hanbalites, al-Chûkânî parmi les
Zaydites, ainsi que Siddîq Hassan Khan et Muhammad Ibn al-Hussayn al-Abiri.
Tout ce que
ces hommes ont rapporté sur la personnalité d'al-Mahdî appartient aux
conclusions des imams de l'ijtihâd
absolu des huit écoles jurisprudentielles, et notamment des cinq les plus
adoptées d'entre elles, celles de l'Imam Ja'far al-Sâdiq (Ja'farite), de ses
deux disciples Mâlik (Mâlikite) et Abou Hanîfah (Hanafite), d'al-Châfi'î
(Châfi'ite), d'Ibn Hanbal (Hanbalite).
Quant aux
fondateurs des trois autres écoles: al-imam Zayd (Zaydite), Abâdh (Abâdhite),
Dâwûd al-Dhâhir (Dhâhirite), nous ne leur connaissons pas une seule parole qui
renie cette vérité.
Même ceux
qui sont extrémistes dans leurs recherches jurisprudentielles, tels que les
Kharijites, Ibn Hazm, Ibn Taymiyyah et Ibn 'Abdul Wahhâb la confirment
unanimement. Or chacun d'eux est, à notre avis, considéré comme "mujtahid d'une école", bien qu'ils ne soient
pas au niveau de la première catégorie de l'ijtihâd absolu.
Le
différend entre les Sunnites et les Chî'ites sur cette question est donc
purement formel et ne constitue pas un véritable sujet de discorde. Il se limite
à ceci que les premiers (les Sunnites) estiment que Dieu créera "Al-Madhi", le
moment venu, à la fin des temps, lorsque les crises se multiplient et deviennent
aiguës, qu'il est de la Famille du Prophète, qu'il descend de Fâtimah, et qu'il
constitue l'un des grands signes de l'Heure, comme l'affirme le hadîth
prophétique; alors que les seconds (Chî'ites) croient qu'il s'agit de Muhammad
Ibn al-Hassan al-'Askari qui entra dans le caveau de Samarra'(6) en l'an 255(7) de l'Hégire, et
que Dieu le fera réapparaître à la fin des temps pour qu'il gouverne l'humanité
selon la Voie sublime suivie par 'Alî Ibn Abî Tâlib et ses descendants.
De
tels différends sont à notre avis formels, car le prodige d'al-Mahdî ne se
limite pas au fait qu'il vit 1300 ans, mais réside surtout dans 1'acceptation
des "gens des deux poids"(8) (la Umma) de se
soumettre à lui et de suivre sa Voie, ses idéaux et ses valeurs héritées du
Prophète et des Imams "Bien Guidés et Bons Guides d'Ahl-ul-Bayt".
Sans doute
la doctrine adoptée par les Imamites dans ce domaine est-elle plus révélatrice
du prodige d'al-Mahdî et encore plus, de l'honorabilité et de la noblesse de la
position qu'il occupe dans la Umma, sans pour autant avantager une des deux
parties - les Chî'ites et les Sunnites - par rapport à l'autre; car le critère
de la doctrine se limite ici à l'essence du prodige et au Message par lequel
Dieu qualifie al-Mahdî.
Le
savant Mohammad Bâqer al-Sadr, lorsqu'il se penche sur le second aspect de ce
prodige, veut en couvrir tous les aspects essentiels et formels qui mettent en
évidence son auteur (de ce prodige), c'est-à-dire "Al-Mahdî". Et étant donné
qu'il s'agit là d'une question qui relève du domaine spirituel et dogmatique, sa
démonstration s'avère des plus difficiles même pour quelqu'un d'aussi enraciné
dans la science que l'érudit al-Sadr.
Par
démonstration, j'entends ici la démonstration scientifique qui peut convaincre
les penseurs contemporains, notamment les réalistes, les expérimentateurs, les
pragmatistes, ainsi que tous les adeptes du matérialisme.
Avec
l'habileté du véritable savant, son Eminence Al-Sadr (auquel Dieu avait conféré
la disposition et l'instrument - par disposition j'entends: le don naturel
d'analyse des questions religieuses, et par instrument: le fait de posséder et
de réunir en lui, sous une forme encyclopédique rarement égalée, les différentes
parties des sciences instrumentales et rationnelles, canoniques et
cosmogoniques) a pu traiter de ce prodige, d'une façon scientifique, exactement
comme le fait le savant naturaliste ou le chimiste dans le laboratoire pour
convaincre ses adversaires ou détracteurs.
Je
ne peux donc que lui serrer la main pour le féliciter du grand succès qu'il a
réalisé dans l'interprétation de ce prodige d'al-Mahdî, en expliquant aux
chercheurs logiciens les degrés de la vraisemblance, en établissant, avec le
doigté du savant chevronné, un dosage entre le possible réel, le possible
scientifique et le possible logique en ce qui concerne l'âge d'al-Mahdî depuis
le IIIème siècle de l'Hégire jusqu'à nos jours, et en faisant valoir qu'une
telle longévité, si elle n'est pas plausible sur le plan de la réalité, est
concevable sur le plan philosophique, et que si la science refuse d'envisager
une vie humaine qui s'étend sur 1300 ans, il n'est pas impossible
scientifiquement que, dans des cas exceptionnels, les cellules vivantes
l'emportent sur les facteurs de leur destruction et de leur anéantissement.
Je
veux dire par là que les expériences des biologistes effectuées sur certains
animaux, pour étudier la possibilité de prolonger la vie au-delà de ses limites
habituelles, montrent que les hypothèses avancées par le savant al-Sadr, sont
scientifiques et possibles du point de vue de la Science.
Mais ce
succès remporté sur les détracteurs et les adversaires de la religion sur leur
propre terrain, est aussi confirmé par la science instrumentale (le Hâdith et le
Coran). Ainsi, ce Hâdith prophétique rapporté par des sources concordantes:
«Vous suivez les règles de vos prédécesseurs au point d'entrer dans le trou du
lézard s'ils vous précédaient», signifie que la Umma du Prophète Muhammad
incarne, en les résumant, tous les prodiges et les miracles qui s'étaient
produits déjà chez d'autres nations, et ne concerne pas seulement, comme
certains le croient, les péchés et les malheurs.
La
preuve en est que cette Umma n'a subi ni éclipse, ni dynamitage, ni camouflet,
grâce à la position privilégiée de son Prophète auprès de Dieu. Il s'agit donc
bel et bien des prodiges semblables à ceux des missions prophétiques
précédentes, tels que le miracle des "Gens de la Grotte" (Ahl al-Kahf) et celui
d'Al-Aziz.
De
cette façon la démonstration scientifique de l'érudit al-Sadr se trouve
confirmée par l'argument coranique.
Si
Al-Aziz et son âne ont pu être morts pendant cent ans puis ressuscités par la
volonté de Dieu, et si les "Gens de la Grotte" ont pu dormir, sans discontinuité
et sans boire ni manger pendant trois cents ans, pourquoi Dieu ne
réaliserait-t-IL pas le même miracle, en la personne d'al-Mahdî, pour la Umma de
Son Bien-Aimé Muhammad?
En
outre, selon les ulémas qui réunissent en eux la Loi révélée, la Vérité et la
Nature, la vie ne prend pas fin - légalement - avec la fin de la résistance du
corps aux facteurs de destruction internes et externes, mais lorsque la
Providence en fixe le terme.
A
propos de ce mystère que ne connaissent que ceux qui sont enracinés dans la
science, l'Imam 'Alî, grand-père des Imams a dit: «Ce qui conserve l'homme,
c'est le terme de sa vie», et non pas sa santé ou les facteurs constructifs qui
résistent aux facteurs destructifs.
Je
ne puis conclure ma préface qu'en exprimant mes vifs éloges pour la plaidoirie
méritoire de Sayyed al-Sadr en faveur du prodige de l'Imam al-Mahdî, plaidoirie
formulée d'une façon scientifique conforme à l'esprit de l'époque contemporaine,
car je ne pouvais pas imaginer qu'un savant musulman essaye un jour de concevoir
ces miracles de la même façon scientifique dont j'ai traité, il y a vingt ans,
le miracle d' "Al-Isrâ' wal-Mi'râj". Je trouve donc dans son essai un
encouragement à ce que j'avais essayé de faire jadis...
Dr Hamid
Hafni Daûd
PRÉAMBULE
AU NOM DE
DIEU, LE CLÉMENT,
LE
MISÉRICORDIEUX
Al-Mahdî
n'est pas seulement l'incarnation d'une doctrine islamique à caractère
religieux, mais aussi le titre d'une aspiration à laquelle l'humanité a souscrit
dans ses différentes religions et doctrines, et la formulation d'une inspiration
innée à travers laquelle tous les autres humains, malgré la diversité de leurs
doctrines et la divergence de leurs voies conduisant au mystère, se rendent
compte que l'humanité connaîtra le Jour Promis où les messages divins,
réaliseront leur objectif final et dévoileront leur signification grandiose, et
où la marche pénible à travers l'histoire aboutira à la stabilité et à la
tranquillité, après tant d'efforts.
La
conscience de l'échéance imminente de ce jour "métaphysique" et de cet avenir
promis n'est pas le propre de ceux qui croient religieusement au mystère; elle
s'est étendue à d'autres catégories et a trouvé même un écho dans les idéologies
et les courants doctrinaux les plus réfractaires à la métaphysique et aux
mystères, tel que le matérialisme dialectique qui explique l'histoire par les
contradictions et croit à l'avènement d'un jour promis où disparaîtront toutes
ces contradictions pour céder la place à l'entente et à la paix.
Ainsi, nous
constatons que l'expérience psycho-logique que l'humanité a faite de cette
conscience à travers l'histoire est la plus grande et la plus généralisée des
expériences des êtres humains. Lorsque la religion appuie ce sentiment
psychologique général de l'avènement d'un jour où la terre sera couverte de
justice et d'équité après qu'elle aura été pleine d'injustice et d' iniquité,
elle lui confère une valeur objective et l'érige en une croyance ferme en
l'avenir de l'humanité, croyance qui n'est pas seulement une source de
consolation, mais également une source de force et d'impulsion intarissable,
parce qu'elle est une lueur de lumière qui résiste au désespoir flambant dans le
cur de l'homme, malgré les ténèbres des drames et le gigantisme de l'injustice,
car le jour promis montrera que la justice pourra affronter un monde imprégné d'
injustice et d'iniquité et en ébranler les piliers afin de le reconstruire sur
une nouvelle base, et que l'injustice, si tyrannique, si puissante et si étendue
soit-elle, ne représente qu'une anomalie condamnée à disparaître.
Cette
défaite cuisante et inévitable de l'injustice à un moment où elle se trouvera au
sommet de sa gloire, redonnera à tout homme et à toute nation victimes
d'injustice, un grand espoir de pouvoir modifier les équilibres établis et de
rééquilibrer la situation.
Si
l'idée d' "Al-Mahdî" est plus vieille que l'avènement de l'Islam et dépasse les
limites de celui-ci, ses aspects détaillés que le message islamique a définis
sont en revanche les plus aptes à satisfaire l'ensemble des aspirations liées à
cette idée depuis l'aube de l'histoire, et les plus exaltants pour les
sentiments des victimes d'injustice et des damnés de la terre tout au long de l'
histoire. Car l'Islam a transformé l'idée du mystère en une réalité et l'a
ramenée de l'avenir au présent.
Alors
qu'elle n'était qu'une aspiration à un sauveur que ce bas-monde engendrera dans
un avenir lointain et inconnu, l'Islam l'a transformée en une croyance à
l'existence effective du sauveur qui aspire, comme tout le monde, au jour promis
où toutes les conditions objectives seront réunies pour lui permettre de jouer
son rôle déterminant.
Al-Mahdî
n'est plus donc une idée dont nous attendons la naissance, ni une prédiction à
la réalisation de laquelle nous aspirons, mais une réalité que nous voulons
vivre et un homme en chair et en os, qui vit parmi nous, qui nous voit, qui vit
nos espérances et nos douleurs, qui partage nos tristesses et nos joies, qui
assiste avec peine aux supplices des "suppliciés", à la misère des misérables et
à l'injustice, en attendant impatiemment le moment propice qui lui permettra de
tendre la main à toutes les victimes de l' injustice, à tous ceux qui vivent
dans la privation, à tous les misérables, et de venir à bout des injustes.
Dieu a
voulu que ce Guide Attendu ne se manifeste pas en public ni ne dévoile sa vie
aux autres, bien qu'il vive parmi eux et attende avec eux le moment promis.
Il
est évident que l' "idée" (d'Al-Mahdî), réduit, par ses aspects islamiques, le
fossé métaphysique entre toutes les victimes de l'injustice et le sauveur
attendu, et raccourcit le pont qui les relie à lui, quelle que soit la longue
durée de l'attente.
Quant à
nous, lorsqu'on nous demande de croire à l'idée d' "Al-Mahdî", en tant qu'un
homme à l'identité précise, vivant comme nous vivons et qui attend comme nous
attendons, on veut nous suggérer que l'idée du refus absolu de toute injustice
et de toute tyrannie qu'il représente, est incarnée effectivement par le Guide
contestataire attendu qui réapparaîtra avec un casier blanc, n'ayant pas prêté
serment d'allégeance à un injuste - comme mentionné dans le hadîth - et que
croire en lui, c'est croire et emboîter le pas à ce refus vivant qui existe
effectivement.
Dans les
hâdiths, il y a exhortation constante à l'attente du Salut, et recommandation à
ceux qui croient à AL-Mahdî, de se préparer à sa réapparition, car cette attente
incarne la liaison spirituelle ou le lien intime entre eux et lui. Un tel lien
ou une telle liaison ne pourrait exister si le Mahdî ne se matérialisait pas
effectivement sous sa forme d'homme vivant contem-porain.
Ainsi,
cette incarnation a donné une nouvelle impulsion à l'idée d'Al-Mahdî - et en a
fait une source de générosité et de force plus puissante. En outre, tout
contestataire se sent consolé, soulagé et apaisé des peines et de l'injustice
qu'il a subies, lorsqu'il voit que son Imam et Guide éprouve et partage - en
tant qu'homme contemporain vivant avec lui, et non comme une simple idée future
- ses douleurs.
Mais la
personnification de l'idée d'Al-Mahdî a suscité en même temps chez certains
individus qui avaient des difficultés à concevoir cette idée, des attitudes
négatives. Ceux-ci se demandent en effet:
1) Si
Al-Mahdî était l'expression d'un homme toujours vivant à travers des générations
et depuis plus de dix siècles, et qu'il continuait ainsi jusqu'à sa
réapparition, comment expliquer une telle longévité et comment pourrait-il
échapper aux lois de la nature qui imposent à tout homme de passer par l'étape
de la vieillesse et de la sénilité en un laps de temps infiniment plus court,
étape qui le conduit immanqua-blement à la mort? Une telle longévité n'est-elle
donc pas possible sur le plan de la réalité?
2) Pourquoi
Dieu prendrait-IL tant de soins de cet homme en particulier, suspendant pour lui
la Loi de la nature? Pourquoi ferait-IL l'impossible pour prolonger sa vie et le
garder pour le Jour Promis? L'humanité est-elle atteinte d'une stérilité qui la
rendrait incapable d'engendrer des dirigeants compé-tents? Pourquoi Dieu ne
confierait-IL pas le Jour Promis à un guide qui naîtrait à l'aube de ce Jour-là,
qui grandirait comme tout le monde et qui jouerait progressivement son rôle
jusqu'à ce qu'il eût rempli la terre de justice et d'équité après qu'elle fut
pleine d'injustice et d'iniquité.
3) Si
"Al-Mahdî" est le nom d'une personne précise, en l'occurrence, le fils du 11e
Imam d'Ahl-ul-Bayt(9), - né en l'an
256(10) de
l'hégire, quelques années avant le décès de son père en l'an 260 H. - cela
signifie qu'il était encore un enfant d'à peine cinq ans à la mort de son père,
et qu'à cet âge, il n'eût pas le temps de recevoir de son père une formation
religieuse et intellectuelle complète; comment aurait-il donc pu compléter sa
formation en vue de jouer intellec-tuellement, religieusement et
scientifiquement son grand rôle?
4) Si ce
guide était déjà formé et qu'il était prêt à assumer sa mission, pourquoi
attendre des centaines d'années? Les calamités et désastres sociaux que le monde
a connus ne constitueraient-ils pas une raison suffisante pour qu'il
réapparaisse et fasse régner la justice sur la terre?
5) Et même si
nous supposions qu'Al-Mahdî puisse exister, comment pourrions-nous y croire?
L'homme peut-il se permettre de croire au bien-fondé d'une hypothèse de ce genre
sans qu'il repose sur une preuve scientifique ou légitime incontestable?
Quelques hâdiths attribués au Prophète (P)et dont on ne connaît pas la véracité,
suffisent-ils pour admettre l'hypothèse en question?
6) Comment
concevoir qu'on ait préparé pour Al-Mahdî ce rôle colossal et déterminant dans
la vie du monde, alors qu'un individu, si extraordinaire soit-il, ne peut à lui
seul faire l'histoire ni la mener vers une phase nouvelle; étant donné que ce
sont les circon-stances objectives et leurs contradictions qui font mûrir les
graines et attisent le foyer du mouvement de l'histoire, et non pas la grandeur
de l'individu, laquelle ne peut que proposer celui-ci à être la façade desdites
circonstances et l'expression pratique des solutions qu'elles nécessitent?
De
quelle façon cet individu pourrait-il réaliser la transformation considérable et
la victoire décisive de la justice et du message de la justice sur toutes les
entités de l'injustice, de l'iniquité et de la tyrannie, lesquelles possèdent
tant de pouvoir et d'influence, disposent de tant de moyens de destruction et
d'anéantissement, de tant de ressources scientifiques, de tant d'autorité
politique, sociale et militaire?
Ces
questions pourraient se poser souvent et d'une façon ou d'une autre. Leurs
véritables motifs ne sont pas uniquement d'ordre spéculatif, mais aussi d'ordre
psychologique. Ce qui les suscite, c'est le prestige de la réalité qui prévaut
dans le monde, et le sentiment d'avoir peu de chance de pouvoir la changer
radicale-ment.
Et
autant cette réalité qui domine notre monde suscite en nous ce sentiment, autant
les doutes se renforcent et les interrogations se multiplient. Ainsi, le
sentiment de défaite, d'effacement et de faiblesse conduit l'homme au surmenage
psychologique dès qu'il se met à penser au processus d'une grande transformation
en vue de dépouiller le monde de toutes les conditions et de toutes les
injustices qui sévissaient au long de l'histoire, et de lui donner un contenu
nouveau, fondé sur le bon droit et la justice.
Aussi, son
surmenage l'incite-t-il à douter de la possibilité de voir cette grande
transformation se matérialiser, et même à s'efforcer de la récuser pour une
raison ou une autre.
Nous allons
répondre successivement et dans les limites que nous impose ce bref exposé(11) à chacune de
ces questions.
COMMENT
EXPLIQUER
LA
LONGÉVITÉ D'AL-Mahdî?
Ou
en d'autres termes, est-il possible qu'un homme puisse vivre plusieurs siècles,
comme ce grand Guide dont on attend qu'il change le monde, et qui est censé être
âgé de plus de 1140 ans, c'est-à-dire 14 fois plus âgé qu'un homme ordinaire qui
traverse toutes les phases normales de la vie, de l'enfance à la vieillesse?
Le
mot possibilité peut signifier ici soit une possibilité pratique (appliquée),
soit une possibilité scientifique, soit une possibilité logique ou rationnelle.
Par possibilité pratique, j'entends: ce qui est réalisable pour des gens comme
vous et moi ou pour tout homme ordinaire comme nous. Ainsi voyager à travers
l'Océan, atteindre le fond de la mer, monter jusqu'à la lune... tout cela est
devenu chose effectivement prati-cable, car il y a des gens qui le font
réellement, d'une façon ou d'une autre.
Par
possibilité scientifique, j'entends les choses que des gens, comme vous et moi,
ne pourraient pas mettre en application par les moyens dont dispose l'humanité
contemporaine, mais dont la possibilité de réalisation dans certaines conditions
et par des moyens spéciaux - ne peut être écartée par la science et ses
orientations changeantes.
Ainsi, rien
dans la science n'autorise de récuser la possibilité pour l'homme de monter vers
la planète Vénus. Au contraire, les indices scientifiques actuels militent en
faveur d' une telle éventualité, bien qu'un exploit de ce genre ne soit pas à la
portée de tout le monde. Car, en fait, la différence entre l'ascension vers la
Lune et l'ascension vers Vénus n'est qu'une question de degré, et ne représente
que l'aplanissement de quelques difficultés supplémentaires, dues au supplément
de distance entre la première et la seconde planète. Donc atteindre à Vénus est
possible scientifiquement, bien que ce ne le soit pas effec-tivement. En
revanche, atteindre le Soleil, en plein ciel, n'est pas possible
scientifiquement, c'est-à-dire que la science n'a pas l'espoir d'y parvenir,
puisqu'on ne peut concevoir scientifiquement ni expérimentale-ment la
possibilité de fabriquer la cuirasse protectrice, capable de résister à la
chaleur du Soleil qui représente une fournaise parvenue au plus haut degré que
l'homme puisse imaginer.
Par
possibilité logique ou philosophique, j'entends celle que la raison ne peut
récuser, selon les lois qu'elle perçoit à priori. Ainsi on ne saurait diviser
logiquement trois oranges en deux parties à la fois égales et sans fraction, car
la raison perçoit préalablement à toute expérience que le nombre trois est
impair et non pas pair, et qu'il ne peut être divisé en deux parties égales, une
telle division nécessitant que le nombre soit pair; autrement ce nombre serait à
la fois pair et impair, ce qui est contradictoire; or la contradiction est
logiquement impossible.
En
revanche, il n'est pas impossible, selon la logique, que l'homme puisse
traverser le feu ou monter jusqu'au Soleil sans se faire brûler par la chaleur,
car il n'y a pas de contradiction dans la supposition que la chaleur ne passe
pas du corps le plus chaud vers le corps le moins chaud; alors que cette
supposition est contraire à l'expérience, laquelle a démontré la
transmissibilité de chaleur du corps le plus chaud vers le corps le moins chaud,
jusqu'à ce que les deux corps deviennent d'une température égale.
De
ce qui précède on peut conclure que la sphère de la possibilité logique est plus
large que celle de la possibilité scientifique et celle-ci est à son tour plus
large que celle de la possibilité pratique.
En
ce qui concerne la possibilité d'une longévité s'étendant sur plusieurs milliers
d'années, elle est sans doute logiquement concevable, car du point de vue
rationnel abstrait, elle n'est pas contradiction, étant donné que la vie, en
tant que concept, ne comporte pas une mort rapide, et cela est indiscutable.
De
même, il est indiscutable que cette longue vie n'est pas possible sur le plan
pratique, ni ne saurait être identifiée à la possibilité de descendre au fond de
la mer ou de monter sur la lune; car la science, au stade où elle se trouve
actuellement, et par les moyens et les instruments dont elle dispose
effectivement jusqu'à présent, ne peut prolonger la vie de l'homme de plusieurs
centaines d'années. La preuve en est que les gens les plus attachés à la vie et
les plus qualifiés pour se servir des possibilités de la science, ne peuvent
jouir d' une vie plus longue que d' habitude.
Quant à la
possibilité scientifique d'une telle longévité, rien dans la science ne permet
de la refuser théoriquement. En fait il s'agit là d'un problème en rapport avec
la qualité physiologique du phénomène de la sénilité et de la vieillesse chez
l'homme: ce phénomène traduit-il une loi naturelle qui impose aux tissus et aux
cellules de l'homme une sénescence progressive, et une régression de
fonctionnement, une fois qu'ils arrivent au terme de leur développement maximal,
qui mène à un arrêt total de toute activité, même si on les mettait à l'abri de
toute influence extérieure? Ou bien cette sénescence et cette régres-sion dans
les tissus et les cellules du corps, découlent-elles d'une lutte qui oppose
celui-ci à des facteurs extérieurs, tels que les microbes ou l'empoisonnement
qui l'atteindraient à la suite d'une nutrition excessive, d'un travail
excessif... ou de tout autre facteur?
On
a là une question que la science se pose aujourd'hui et à laquelle elle se
propose d'apporter des réponses sérieuses et nombreuses. Si nous nous en tenons
au point de vue scientifique qui tend à interpréter vieillesse et sénilité comme
le résultat d'une lutte ou d'un contact entre le corps et des facteurs
extérieurs donnés, nous devons admettre qu'il est possible théoriquement que les
tissus du corps puissent continuer à vivre, à survivre au phénomène de la
vieillesse, et à le vaincre définitivement, si l'on parvenait à les mettre à
l'abri de ces facteurs.
Et
si nous prenons en considération un autre point de vue scientifique, celui qui a
tendance à supposer que la vieillesse est une loi naturelle inhérente aux
cellules et aux tissus vivants - c'est-à-dire que ceux-ci portent
substantiellement le germe de leur périssement inévitable qui passe par la phase
de la vieillesse et de la sénilité pour finir dans la mort - rien ne nous
empêche d'exclure l'inflexibilité de cette loi. Si nous supposons que cette loi
est cohérente, nous pensons du même coup qu'elle est sûrement flexible. Car
aussi bien dans notre vie ordinaire qu'à travers les observations des savants
dans les laboratoires scien-tifiques, on peut remarquer que la vieillesse, en
tant que phénomène physiologique, est atemporel: elle peut survenir
prématurément ou tardivement. Aussi n'est-il pas rare de voir un homme âgé
possédant des membres souples et en état de jeunesse, comme les médecins
l'affirment eux-mêmes. Les savants ont même pu profiter de la flexibilité de
cette loi pour prolonger la vie de certains animaux des centaines de fois leur
longévité ordinaire, en créant des conditions et des facteurs qui retardent
l'effet de la loi de la vieillesse.
Il
est donc établi par la science, que les effets de cette loi peuvent être
scientifiquement retardés grâce à la création de conditions et de facteurs
particuliers, bien que la science n'ait pu jusqu'à présent en faire
l'application sur des êtres aussi complexes que l'homme. La différence entre la
possibilité scientifique et l'application effective, traduit dans ce cas une
différence de degré de difficulté entre l'application (de cette possibilité) sur
l'homme et son application sur d'autres êtres vivants. Cela veut dire que sur le
plan théorique, la science et ses orientations mobiles n'ont rien qui puisse
permettre de récuser la possibilité de prolonger l'âge de l'homme, et ce aussi
bien si nous interprétons la vieillesse comme étant le produit d'une lutte et de
contacts entre les cellules humaines et des facteurs extérieurs, ou l'émanation
d'une loi naturelle inhérente à la cellule elle-même, loi qui condamne celle-ci
à s'acheminer vers l'anéantissement.
On
peut donc conclure que la prolongation de la longévité humaine de plusieurs
siècles est possible logiquement et scientifiquement, bien qu'elle ne le soit
pas encore sur le plan de l'application, mais que l'orientation scientifique
s'achemine vers la réalisation de cette dernière possibilité à long terme.
C'est à la
lumière de ces données que nous abordons maintenant la question de l'âge
d'al-Mahdî et l'étonnement et l'interrogation qu'elle soulève. Ayant démontré la
possibilité scientifique et logique d'une telle longévité, ainsi que
l'acheminement de la science vers la traduction progressive de cette possibilité
théorique en une possibilité applicable et appliquée, il nous semble que
l'étonnement n'a plus de raison d'être, sauf en ce qui concerne la difficulté
d'admettre qu'al-Mahdî ait devancé la science en transformant la possibilité
théorique en possibilité réelle, à travers sa propre personne et avant que la
science n'atteigne le niveau requis pour pouvoir effectuer réellement cette
transformation, car cela équivaudrait à dire que quelqu'un a devancé la science
dans la découverte du cancer et de la méningite.
Si
le problème réside dans la question de savoir comment l'Islam - qui a planifié
cette longévité d'al-Mahdî - a pu devancer le mouvement scientifique en ce qui
concerne cette transformation (de la possibilité théorique en possibilité
réelle), la réponse est la suivante: l'Islam n'a pas devancé le mouvement
scientifique seulement dans ce domaine, mais dans bien d'autres.
N'a-t-elle
pas lancé des slogans, qui ont servi de plans d'action que la marche
indépendante de l'humanité n'a pu concevoir que plusieurs siècles plus tard?
La
Charî'ah (la législation islamique révélée), dans son ensemble, n'a-t-elle pas
devancé de plusieurs siècles le mouvement de la science et du développement
naturel de la pensée humaine?
N'avait-elle
pas apporté des législations pleines de sagesse dont les secrets n'ont pu être
saisis que depuis peu de temps? Le Message divin n'a-t-il pas dévoilé de secrets
de l'Univers qui ne pouvaient effleurer l'esprit de personne, et que la science
a fini par reconnaître? Si nous croyons à tous ces faits, pourquoi
exclurions-nous que Dieu puisse devancer la science en ce qui concerne la
longévité d'un homme, en l'occurrence Al-Mahdî?
Il
ne s'agit là que des manifestations de prescience que nous pouvons percevoir
directement. On peut y ajouter d'autres cas que le Message divin nous informe.
Ainsi celui-ci nous révèle que le Prophète fut transporté pendant une nuit, de
la Mosquée Interdite(12) à la Mosquée
al-Aqçâ(13)!
Si
nous voulons comprendre cet événement dans la cadre des lois naturelles, il
traduit sûrement l'application de celles-ci plusieurs centaines d'années avant
que la science n'ait pu y parvenir. Donc la même expérience divine qui a permis
au Prophète de se déplacer si vite, bien avant que la science ne soit parvenue à
un tel exploit, a permis également au dernier(14) des
Successeurs "Prédésignés" du Prophète, d'avoir une vie prolongée avant que la
science ne mette en application cette possibilité.
Certes,
cette longue vie que Dieu a accordée au Sauveur Attendu paraît extraordinaire
jusqu'a aujourd'hui, par rapport à la réalité de la vie des gens et aux
expériences des savants. Mais le rôle transformateur décisif auquel ce Sauveur
est préparé n'est-il pas aussi extraordinaire en comparaison avec la vie
familière et ordinaire, et les diverses évolutions historiques que l'humanité a
vécues? N'est-il pas chargé justement de transformer le monde et de reconstruire
sa structure de civilisation sur des principes du bon droit et de la justice?
Pourquoi s'étonner du fait que la préparation de ce rôle extra-ordinaire soit
accompagnée de certains phénomènes extraordinaires et inhabituels, tel que la
longue vie du Sauveur Attendu? Si extraordinaire et inhabituel que puisse
paraître ce phénomène (la longue vie d'al-Mahdî), il n'est guère plus étrange
que le rôle extraordinaire lui-même, que le Sauveur doit jouer le Jour Promis.
Si
nous admettons la possibilité de ce rôle grandiose, unique en son genre dans
l'histoire de l'humanité, pourquoi n'admettrions-nous pas une longévité qui n'a
pas de semblable dans notre vie ordinaire?
Je
ne sais pas si c'est par pure coïncidence que les deux seuls hommes chargés de
vider l'humanité de son contenu corrompu et de la reconstruire soient dotés
d'une longévité sans commune mesure avec la nature? Le premier, c'est Noé qui a
joué son rôle dans le passé de l'humanité et dont le Coran dit qu'il a vécu
"mille moins cinquante ans" parmi son peuple, et qu'il a pu, grâce au déluge,
reconstruire le monde. Le second, c'est Al-Mahdî, qui a vécu jusqu'à présent
plus de mille ans parmi son peuple, et qui devra jouer son rôle de
Reconstructeur du monde, dans l'avenir de l'humanité, et le Jour Promis.
Pourquoi
accepter Noé qui a vécu environ mille ans et refuser Al-Mahdî?
LE
MIRACLE
ET LA
LONGUE VIE
Jusqu'à
présent nous avons établi que la longue vie est scientifiquement possible. Mais
supposons maintenant qu'elle ne le soit pas (sur le plan scien-tifique) et que
la loi de la vieillesse et de la caducité se veuille rigoureuse, que l'humanité
ne puisse la modifier ni en changer les conditions et les circonstances, ni
aujourd'hui, ni à long terme. Dans ce cas, que signifie la longue vie
d'al-Mahdî?
Elle
signifie que la longue vie d'un homme - Noé ou Al-Mahdî - étendue sur plusieurs
siècles est un défi aux lois naturelles dont la démonstration est faite par la
science et les moyens modernes de l'expérience et de l'induction.
Il
s'en suit que ce phénomène est considéré comme un miracle rendant caduque une
loi naturelle dans un cas particulier, afin de permettre de préserver la vie
d'une personne chargée de sauvegarder le message divin, et que ce miracle n'est
ni unique en son genre, ni étranger à la doctrine musulmane émanant du texte
coranique ou de la Sunna. Car en fait, la loi de la vieillesse et de la sénilité
n'est pas plus rigide que la loi de la transmission de la chaleur d'un corps
plus chaud à un autre moins chaud jusqu'à ce que leur température soit égale,
loi qui fut mise en veilleuse pour protéger la vie d'Abraham à un moment où ce
moyen était le seul adéquat pour y parvenir.
Ainsi,
lorsqu'Abraham fut jeté au feu: «Nous
dîmes: "Ô feu, sois sur Abraham, froidure et sécurité"»; et
il en est sorti indemne. Beaucoup d'autres lois naturelles ont été suspendues
pour protéger la vie des prophètes et des apôtres de Dieu sur la terre. C'était
le cas lorsque Dieu a fendu la mer pour Moïse, ou lorsqu'il a fait croire aux
Romains qu'ils avaient arrêté Jésus alors qu'ils ne l'avaient pas fait, ou
lorsqu'il a sorti le Prophète Muhammad de sa maison à l'insu de ses ennemis
Quraichites qui cernaient cette maison et le guettaient avec vigilance, en
attendant le moment propice pour l'attaquer.
Tous ces
exemples traduisent la suspension des lois naturelles en vue de protéger
quelqu'un dont la Providence veut préserver la vie.
Que la loi
de la vieillesse soit rangée parmi ces lois
De
tout ce qui précède, nous pourrions déduire un concept ou une règle générale en
vertu de laquelle chaque fois que la sauvegarde de la vie d'un Envoyé de Dieu
sur la terre dépend de la suspension d'une loi naturelle, et que le maintien de
la vie de cet individu est nécessaire à la réalisation d'une mission qui lui est
confiée, la Providence intervient pour suspendre cette loi afin de permettre
l'accomplissement de cette mission.
Et
inversement, lorsque la mission d'un individu - à laquelle Dieu l'a prédestiné -
est terminée, celui-ci passe de vie à trépas et meurt naturellement ou en
martyr, selon les lois de la nature. A propos de cette règle générale, la
question suivante pourrait se poser: comment une loi peut-elle être suspendue et
comment la relation nécessaire qui s'établit entre les phénomènes naturels
peut-elle être coupée? Une telle supposition ne contredit-elle pas la science
qui a découvert ladite loi naturelle et déterminé ladite relation nécessaire,
sur une base expérimentale et inductive?
La
réponse à ces interrogations est fournie par la science elle-même qui a renoncé
à l'idée de la nécessité dans la loi naturelle. Expliquons-nous là-dessus: la
science découvre les lois naturelles sur la base de l'expérience et de
l'observation régulière. Lorsque l'avènement d'un phénomène est toujours suivi
d'un autre phénomène, on déduit de cette succession régulière une loi naturelle
stipulant que chaque fois qu'un phénomène apparaît, un autre doit le suivre.
Mais la science ne suppose pas l'existence, dans cette loi, d'une relation
nécessaire entre les deux phénomènes et inhérente à l'un et à l'autre; car la
nécessité est un état métaphysique que ne peuvent déceler ni l'expérience ni les
moyens d'investigations inductives et scientifiques. Aussi, la logique
scien-tifique moderne affirme-t-elle que la loi naturelle - en question - telle
qu'elle est définie par la science, ne stipule pas l'existence d'une relation
nécessaire, mais seulement d'une concomitance constante entre deux phénomènes.
C'est
pourquoi si un miracle se produit qui sépare les deux phénomènes d'une loi
naturelle, il ne s'agit pas là d'une rupture d'une relation nécessaire entre les
deux phénomènes.
En
réalité, le miracle dans son acception religieuse est devenu plus compréhensible
à la lumière de la logique scientifique moderne que selon le point de vue
classique des relations causales. Car ledit point de vue classique supposait que
chaque fois que la conco-mitance entre deux phénomènes est constante il y a
forcément une relation de nécessité entre eux. Or la nécessité signifie ici
l'impossibilité de séparer les deux phénomènes l'un de l'autre. Mais cette
relation s'est transformée, dans la logique scientifique moderne, en loi de
concomitance ou de succession constante entre les deux phénomènes, qui ne
suppose pas l'existence de la nécessité métaphysique.
De
cette façon, le miracle devient un cas excep-tionnel à cette constance dans la
concomitance ou la succession, sans se heurter à une nécessité ni conduire à une
impossibilité.
Mais à la
lumière des fondements logiques de l'induction, nous sommes d'accord avec le
point de vue scientifique moderne, suivant lequel l'induction ne démontre pas
une relation de nécessité entre les deux phénomènes; toutefois nous estimons
qu'elle indique l'existence d'une explication commune à la constance de la
concomitance ou de la succession continuelle entre les deux phénomènes. Cette
explication commune peut être formulée aussi bien sur la base de la supposition
d'une nécessité intrinsèque que sur celle d'une sagesse ayant conduit le
Régulateur de l'univers à relier continuellement certains phénomènes à d'autres,
et qui nécessite parfois l'exception; auquel cas le miracle se produit.
POURQUOI
VOULOIR
TANT
PROLONGER SA VIE?
Nous
abordons maintenant la seconde question: pourquoi Dieu tient-IL tant à cet homme
en particulier, au point de suspendre pour lui les lois de la nature? Pourquoi
la direction du Jour Promis ne serait-elle pas confiée à un individu que
l'avenir engendrerait et que les circonstances préludant à ce Jour rendraient
assez mûr pour surgir sur la scène et jouer le rôle qu'on attend de lui? En un
mot: pourquoi cette longue disparition et quelle est sa justification?
Beaucoup de
gens posent ces questions et ne veulent pas entendre une réponse qui relève de
la métaphysique. Certes, pour nous la réponse est évidente: nous croyons que les
douze Imams - auxquels nous croyons - constituent un ensemble soudé dont aucune
partie ne peut être remplacée(15). Mais les
interrogateurs, eux, réclament une explication sociologique de cette question,
explication fondée sur les vérités tangibles de la grande opération de
changement qu'al-Mahdî devra mener le Jour Promis et sur les exigences concrètes
de celui-ci.
Aussi, pour
les satisfaire, laissons-nous de côté, provisoirement, notre croyance aux
caractéristiques de cet ensemble de douze imams infaillibles - dont fait partie
Al-Mahdî - et abordons la question de la façon suivante: dans la mesure où
ladite opération de changement peut s'expliquer elle-même à la lumière des lois
et des expériences de la vie, il nous reste à savoir si le prolongement de l'âge
du dirigeant qui devra la conduire constitue un des facteurs de son succès et de
son bon déroulement? (c'est ce qui nous permet de rester dans le domaine du
concret).(16)
Nous
répondons par l'affirmative à cette question, et cela pour plusieurs raisons: le
grand changement radical nécessite que son dirigeant soit dans un état
psychologique exceptionnellement favorable dans lequel il éprouve un sentiment
de supériorité vis-a-vis des entités orgueilleuses que Dieu l'a préparé à
détruire et à remplacer par une civilisation nouvelle et un monde nouveau. Car
plus la civilisation que le guide combat, lui parait banale, et plus il est
conscient qu'elle ne forme qu'un point infime sur la longue trajectoire de la
civilisation humaine, plus il se sent psychologiquement apte à l'affronter, à
lui résister et à poursuivre sa lutte contre elle jusqu'à la victoire.
Il
est évident que la force de ce sentiment doit être proportionnelle à celle de
l'entité et de la civilisation qu'on veut changer: plus cette entité est solide
et plus cette civilisation est enracinée et orgueilleuse, plus ce sentiment doit
être fort. Etant donné que le Message du Jour Promis vise à changer radicalement
un monde imprégné d'injustice et d'iniquité, ainsi que toutes ses valeurs de
civilisation et ses différentes entités, il est naturel qu'il (ce Message) exige
un exécutant dont la volonté de changement soit plus forte que le monde à
changer, et qui ne soit pas né sous la civilisation qu'on veut juguler et
remplacer par une civilisation de justice et de bon droit. Autrement, un
exécutant qui a grandi au sein d'une civilisation enracinée et couvrant le monde
de son pouvoir, de ses valeurs et de ses idées, éprouve envers elle un sentiment
d'infériorité, étant donné qu'il est né sous son règne, qu'il la voyait très
grande depuis qu'il était tout petit, et qu'il ne percevait que ses différents
aspects depuis qu'il avait ouvert les yeux.
En
revanche la situation est tout autre pour quelqu'un - comme Al-Mahdî - qui s'est
enfoncé dans les profondeurs de l'histoire et a vécu le monde avant que cette
civilisation n'ait vu la lumière, quelqu'un qui a regardé les grandes
civilisations régner sur le monde l'une après l'autre avant de s'écrouler
chacune à son tour; quelqu'un qui, après avoir vu tout cela de ses propres yeux
et non à travers les livres d'histoire, et vécu toutes les phases de formation
de cette civilisation (que le sort a voulu faire le dernier chapitre de
l'histoire de l'homme, laquelle doit s'achever sur l'avènement du Jour Promis)
puisqu'il a assisté à sa naissance sous forme de petits germes presque
invisibles, à sa première phase de formation dans les entrailles de la société
humaine où elle guettait l'occasion pour en sortir et se développer, à sa phase
de développement lorsqu'elle commença à grandir et à essayer de ramper en
trébuchant, et enfin à sa phase de redressement alors qu'elle prospérait et
tendait vers le gigantisme et la domination sur le sort du monde entier.
Oui, un tel
individu qui a vécu avec une sagacité et une lucidité parfaites toutes ces
phases, envisage ce géant - qu'il veut combattre - en homme qui a vécu
tangiblement et non à travers les livres d'histoire, cette longue étendue
historique.
Il
ne considère ce géant ni comme inéluctable ni à la manière dont J. J. Rousseau
regardait la monarchie en France. (En effet, on dit de Rousseau qu'il se sentait
horrifié à l'idée d'une France sans roi, bien qu'il fût l'un des grands penseurs
et philosophes qui appelaient à développer la situation politique en vigueur à
cette époque-là; et ce parce qu'il avait vécu et grandi sous la monarchie).
Contrairement
à Rousseau, l'homme dont les racines s'enfoncent dans l'histoire, a le prestige
et la force de celle-ci, et a le net sentiment que l'entité et la civilisation
qui l'entourent, sont les produits d'un jour de l'histoire où des circonstances
propices ont favorisé leur naissance, qu'un autre jour viendra où d'autres
circonstances les rayeront de la carte et effaceront toutes leurs traces du
passé proche et lointain, et que l'âge historique des civilisations et des
entités, si long soit-il, ne constitue que des jours comptés par rapport à la
longue vie de l'histoire.
Avez-vous
lu la sourate(17) de la "Grotte"
qui relate l'histoire de ces jeunes gens à qui Dieu "a accru la guidée"(18) après qu'ils
avaient cru en LUI ?
Savez-vous
ce que Dieu leur a fait lorsqu'ils sont tombés dans le désespoir et la
lassitude, après qu'ils s'étaient heurtés à une entité gouvernante païenne,
impitoyable et déterminée à étouffer toute graine d'Unicité, et qu'ils s'étaient
réfugiés dans la grotte pour implorer Dieu de résoudre leur problème, désespérés
qu'ils étaient d'y trouver eux-mêmes une solution, et indignés de voir le Faux
continuer à gouverner, à persister dans l' injustice, à avoir raison du Bon
Droit et à éliminer quiconque était épris du Vrai? Dieu les a endormis pendant
339 ans dans cette grotte; puis il les a réveillés et les a rendus à la vie,
après que l'entité qui les avait impressionnés de sa force et de son injustice,
s'était écroulée et était devenue un souvenir historique qui n'émeut ni
n'effraie personne; et tout cela, pour que ces jeunes gens assistent à
l'élimination de ce Faux dont ils ne supportaient pas l'étendue, la force et la
continuation, et pour qu'ils voient de leurs propres yeux sa fin et constatent
eux-mêmes sa banalité.
Si
les "Jeunes de la Grotte" ont pu assister à cette scène - qui a suscité en eux
tant d'impulsion et de fierté -à travers cet événement exceptionnel qui a
prolongé leur vie de plus de trois siècles, la même chose peut se réaliser pour
le Guide Attendu, à travers une longue vie qui lui permettra de voir le géant
alors qu'il n'était qu'un nain, l'arbre colossal, alors qu'il n'était qu'une
graine, le cyclone lorsqu'il n'était qu'un souffle.
En
outre, l'expérience que le Guide du Jour Promis acquiert en assistant à la
procession de tant de civilisations successives et en observant directement leur
mouvement et leur développement, joue un rôle important dans la formation
intellectuelle de ce Guide ainsi que dans l'expérience future qu'il doit mener,
puisqu'elle le met au contact de beaucoup de situations qui comportent des
points forts et des points faibles, des erreurs et des pertinences, et lui
confèrent une plus grande capacité d'apprécier les phénomènes sociaux, étant
parfaitement conscient de leurs causes et de leurs enchevêtrements historiques.
L'opération
de changement assignée au Guide Attendu, repose sur un message déterminé, en
l'occur-rence, l'Islam.
Il
est donc naturel que cette opération exige un dirigeant proche des premières
sources de l'Islam et ayant une personnalité forgée indépendamment et à l'abri
de toutes les influences de la civilisation qu'il est destiné à combattre. Car
un individu qui naît et grandit au sein de ladite civilisation et dont les idées
et les sentiments se forment dans son cadre, ne saurait généralement se
débarrasser des séquelles et des impacts qu'elle laisse sur lui, même lorsqu'il
est décidé de mener un combat de changement contre elle.
Pour qu'un
leader destiné à mener une bataille de changement dans une civilisation, ne soit
sous l'influence de celle-ci, il faudrait que sa personnalité soit complètement
formée dans une phase de civilisation antérieure et plus ou moins proche - dans
l'esprit général et dans le principe - de celle qui doit être instaurée sous sa
direction, le Jour Promis.
COMMENT S'
EST PARACHEVÉE
LA
FORMATION
DU GUIDE
ATTENDU?
Il
s'agit de répondre maintenant à la troisième question de la série: Comment la
formation du Guide Attendu a-t-elle pu se parachever alors qu'il n'avait vécu
auprès de son père, l'Imam al-'Askari, que jusqu'à l'âge de cinq ans à peine,
donc pendant la première enfance, ce qui ne saurait suffire normalement à la
maturation de sa personnalité?
La
réponse en est qu'al-Mahdî est devenu Imam des Musulmans en succédant à son
père, à un âge très jeune. Or il ne pouvait accéder à cette dignité (l'Imamat)
que s'il jouissait des qualités intellectuelles et spirituelles requises.
Notons à
cet égard que l'Imamat prématuré était un phénomène courant chez ses grands
parents, puisque plusieurs d'entre eux l'ont connu avant lui. Ainsi, l'Imam
Muhammad Ibn 'Alî al-Jawâd s'est chargé de cette dignité à l'âge de 8 ans,
l'Imam 'Alî Ibn Muhammad al-Hâdî à l'âge de 9 ans, l'Imam Abû Muhammad al-Hassan
al-'Askari, le père du Guide Attendu, à l'âge de 22 ans.
Nous disons
"Phénomène" de l'Imamat, car l'Imamat avait pris, sous quelques-uns des
grand-parents d'al-Mahdî, une signification concrète et pratique que les
Musulmans ont vécue dans leur expérience avec ces Imams. Aussi est-il absurde de
chercher la preuve ou la démonstration d'un phéno-mène aussi évident et clair
que l'expérience de toute une nation.
Nous nous
expliquons la-dessus, à travers les points suivants:
A. - L'Imamat
des Imams d'Ahl-ul-Bayt ne constituait pas un centre de pouvoir et d'influence
transmis héréditairement, de père en fils, et soutenu par un gouvernement, comme
c'était le cas des Fatimides et des Abbassides. Loin de là. L'Imam obtenait
l'allégeance des bases populaires en les pénétrant spirituellement et en les
convainquant intellectuellement du mérite de son Imamat et de son aptitude à
guider et à diriger la Umma sur des bases spirituelles et intellectuelles.
B. - Ces
bases populaires se sont formées depuis la première époque de l'Islam, et elles
se sont épanouies et élargies sous les Imamats d'al-Bâqer et de son fils
al-Sâdiq. L'école que ces deux Imams ont patronné parmi ces bases constituait un
courant intellectuel largement répandu dans le monde islamique et comprenant des
centaines de faqîh, de
théologiens, d'exégètes et de savants spécialisés dans les divers domaines du
savoir islamique et humain, connus à l'époque. A ce propos al-Hassan Ibn 'Alî
al-Wacha a dit: «Je suis entré dans la mosquée d'al-Kûfa et j'ai vu neuf cents
cheiks qui citaient tous Ja'far Ibn Muhammad».
C.- Les
conditions que cette école représentative des bases populaires de la société
islamique posait à la nomination d'un Imam et afin de s'assurer de sa
qualification et de sa compétence pour un tel poste, sont très sévères, car elle
croyait qu'un Imam ne méritait ce titre que s'il était le plus savant des
savants de son époque.(19)
D. - L'école
et ses bases populaires ont offert de grands sacrifices pour pouvoir défendre sa
foi en l'Imamat, car celui-ci représentait, pour le califat(20) de l'époque,
un danger menaçant sa conception, tout au moins sur le plan idéologique; et
c'est ce qui a conduit les autorités à organiser régulièrement des campagnes de
liquidation et de persécution contre les adeptes de cette école, lesquels seront
assassinés, emprisonnés ou éteints par centaines dans les ténèbres des geôles.
Cela signifie que croire à l'Imamat d'Ahl-ul-Bayt coûtait cher à ces adeptes et
ne leur offrait comme récompense que le rapprochement supposé de Dieu.
E.- Les Imams
auxquels ces bases ont prêté serment d'allégeance n'étaient pas à l'écart de
leurs partisans, ni cloîtrés dans des tours d'ivoire comme le font les sultans
avec leurs peuples. Ils ne s'en séparaient que lorsque les autorités les en
éloignaient, en les mettant en prison ou en les bannissant. On peut constater
l'existence de ces contacts permanents entre les Imams et leurs adeptes, à
travers leurs correspon-dances, à travers les visites que les fidèles rendaient
aux Imams lorsqu'ils venaient à Médine pendant la saison du Pèlerinage, à
travers les voyages que les Imams effectuaient, à travers les représentants
qu'ils envoyaient aux quatre coins du monde islamique. Un grand nombre de
rapporteurs et de transmetteurs de hadîth font état des divers contacts qui
montrent qu'il y avait un échange constant entre chaque Imam et ses bases
ramifiées à travers les différentes régions de la nation islamique et les
différentes catégories sociales.
F. - Le
Califat contemporain des Imams considérait ceux-ci et leur autorité spirituelle
comme une source de danger pour son entité et son pouvoir. C'est pourquoi, il a
tout fait pour entamer cette autorité et a été conduit même à commettre des
abus, à se montrer cruel et tyrannique, lorsque la nécessité de renforcer ses
positions se faisait sentir. Les campagnes d'emprisonnement et de persécution
contre les Imams eux-mêmes, n'ont jamais cessé; bien que de tels agissements
aient suscité le mécontentement et l'indignation des Musulmans et des partisans
des Imams, de tous niveaux.
Si
nous tenons compte de ces six points, lesquels constituent des vérités
historiques incontestables, nous pouvons aboutir à la conclusion suivante: le
phéno-mène de l'"Imamat prématuré" est un phénomène bien réel et n'a rien de
fictif; car lorsqu'un Imam monte sur la scène de la vie publique alors qu'il est
tout jeune, et s'annonce comme l'Imam spirituel et intellectuel des Musulmans,
et qu'il parvient à constituer un mouvement suivi par tant d'adeptes, il doit
nécessaire-ment faire preuve d'une connaissance remarquable dans le domaine de
la science et du savoir, et de largeur d'esprit et de compétence dans le domaine
du Fiqh (jurisprudence islamique), de l'exégèse et des doctrines; sinon les
bases populaires de l'Imamat (qui étaient comme nous l'avons indiqué, en contact
permanent avec leurs Imams, et pouvaient par conséquent connaître les détails de
leur vie et de leur personnalité) ne l'auraient pas accepté comme Imam.
Comment
peut-on, en effet imaginer que les masses, dont se composaient ces bases
populaires, soient acquises à un "Imam-enfant" qui s'annonçait devant elles, et
au vu et au su de tout le monde, comme étant l'Imam des Musulmans et l'Etendard
de l'Islam, et acceptent de sacrifier pour lui leur sécurité et leur vie, sans
se donner la peine de vérifier de quoi il était capable et sans qu'elles soient
suffisamment frappées par son Imamat prématuré pour être tentées de sonder la
réalité de ses qualifications et d'évaluer sa personnalité?
Même si
l'on suppose que ces masses n'aient rien tenté pour sonder sa qualification,
aurait-il été possible qu'elles n'aient pas fini par connaître la vérité après
des mois ou des années pendant lesquels elles étaient en contact permanent avec
cet "Enfant-Imam"? Celui-ci aurait-il pu dissimuler sa pensée et son savoir
d'enfant, malgré les contacts fréquents qu'il avait avec les fidèles, si sa
pensée et son savoir étaient vraiment ceux d'un simple enfant? A supposer que
les bases populaires de l'Imamat d'Ahl-ul-Bayt n'aient pas eu l'occasion de
découvrir la vérité de la situation (le fait que l'enfant fût réellement un
enfant et rien de plus, et qu'il n'eût pas les qualités d'Imam), pourquoi le
califat de l'époque (pour qui l'Imam représentait un véritable danger) s'est-il
tu sur cette vérité et ne l'a-t-il pas exploitée à son profit?
Pourtant,
cela aurait été tellement facile pour les autorités de l'époque - le califat -
si l'Imam al-Mahdî avait été réellement un enfant dans sa pensée et sa culture,
comme tout enfant ordinaire de cet âge! Quelle meilleure dénonciation que de
montrer aux Chî'ites et aux autres que le prétendant à l'Imamat aurait été un
enfant et rien de plus, et de démontrer ainsi son incompétence pour le
leadership spirituel et intellectuel des Musulmans?
S'il était
difficile de convaincre les gens de l'incompétence - pour l'Imamat - d'un homme
de quarante ou de cinquante ans, imbu de la culture de son époque, une telle
difficulté ne se fût pas présentée, s'il s'était agi de les convaincre de
l'incapacité d' un enfant - quelles que fussent son intelligence et sa sagacité
- d'assumer la responsabilité d'un Imamat si exigeante et si lourde chez les
Chiites Imâmites!
Cela aurait
été beaucoup plus facile, en tout cas, que les méthodes compliquées et risquées
que les autorités de l'époque ont adoptées pour combattre l'Imamat.
La
seule explication de l'abstention du califat de l'époque de jouer cette carte,
est qu'il savait que l'"Imamat prématuré" était une réalité et n'avait rien
d'artificiel. En fait, il est arrivé à cette conclusion après avoir essayé
vainement de le discréditer.
L'histoire
nous relate des tentatives de ce genre, vouées toutes à l'échec, sans mentionner
aucune situation dans laquelle l'"Imamat prématuré" eût été ébranlé ou inquiété,
ni aucun cas où l'"Enfant-Imam" eût rencontré une difficulté dépassant sa
compétence ou entamant la confiance des fidèles.
Ainsi
s'explique notre affirmation que l'"Imamat prématuré" était un phénomène réel
dans la vie d'Ahl-ul-Bayt et non une simple supposition.
Rappelons,
en outre, que ce phénomène réel n'est pas un fait sans précédent: on lui
retrouve des racines et des cas similaires dans le patrimoine divin apparu à
travers les différents messages célestes, Yahya (Jean) en est un exemple:
«...
Ô Jean!
Tiens le Livre avec force!
Nous lui
apportâmes la Sagesse,
- alors
qu'il n'était qu'un tout petit enfant -»
Coran XIX,
12.
Ayant
établi que l'"Imamat prématuré" était un phénomène qui a existé réellement dans
la vie d'Ahl-ul-Bayt, il ne nous reste aucune objection à l'Imamat prématuré
d'al-Mahdî et au fait qu'il ait succédé à son père dès son enfance.
COMMENT
CROIRE
QU'AL-Mahdî
A EXISTÉ
RÉELLEMENT?
Nous voilà
devant le 4ème problème: même si l'on admet que l'hypothèse du "Guide Attendu"
est plausible avec tout ce qu'elle comporte de longévité, d'Imamat prématuré et
d'absence silencieuse,(21) il reste que
cette plausibilité ne suffirait pas pour que l'on acquière la conviction de
l'existence effective d'Al-Mahdî. Que faire donc pour avoir cette convic-tion?
Les hadîths attribués au Prophète et rapportés par des sources livresques
suffisent-ils à nous per-suader parfaitement de l'existence effective
d'Al-Mah-dî?
Comment
prouver qu'Al-Mahdî avait une existence historique réelle et que ce n'était pas
une simple supposition érigée en réalité dans l'esprit d'un grand nombre
d'individus, à la suite des circonstances psychologiques particulières?
Notons tout
d'abord, en guise de réponse, que l'idée d'Al-Mahdî, en tant que Guide Attendu
pour le changement du monde vers le meilleur, est tirée des hadîths du Prophète
en général, des Imams d'Ahl-AI-Bayt en particulier, et confirmée dans beaucoup
de textes insoupçonnables.
Ainsi on a
décompté 400 hadîths prophétiques établis à ce sujet par des chaînes(22) Sunnites(23), et plus de
six mille par des chaînes Chî'ites et Sunnites confondues.(24) Il s'agit là
d'un chiffre record par rapport à beaucoup de questions islamiques évidentes sur
lesquelles les Musulmans n'ont pourtant pas de réserves normalement.
Quant à
l'incarnation de cette idée par le douzième Imam en personne, il y a
suffisamment d'arguments solides qui la rendent tout à fait convaincante et
qu'on peut ramener à deux types de preuves: la preuve islamique et la preuve
scientifique. La première nous permet de démontrer l'existence du Guide Attendu,
et la seconde doit nous conduire à constater qu'al-Mahdî n'est pas un mythe, ni
une pure vue de l'esprit, mais une vérité établie par la réalité historique.
La
preuve islamique consiste en des centaines de hadîths attribués au Prophète et
aux Imams d'Ahl-ul-Bayt et qui indiquent qu'Al-Mahdî fut prédésigné,(25) qu'il était de
la Famille d'Ahl-ul-Bayt, descendant de Fâtimah, de la lignée d'al-Hussain et le
neuvième descendant de celui-ci, et que les Imams successeurs du Prophète
étaient au nombre de douze. Ces hadîths précisaient donc l'"idée générale"
d'Al-Mahdî, la matérialisaient en la personne du douzième Imam d'Ahl-ul-Bayt.
Ils étaient
nombreux et répandus, malgré la prudence des Imams d'Ahl-ul-Bayt et leur souci
de ne pas trop divulguer en public la prédestination du futur Guide Attendu,
pour lui éviter toute tentative d'assassinat ou d'élimination.
Le
grand nombre de hadîths concordants n'est pas le seul critère de leur
crédibilité. D'autres indices et caractéristiques militent également en faveur
de leur véracité. Ainsi prenons l'exemple de ce Hadîth prophétique qui parlait
de futurs Imams (Califes, ou Princes, selon les différentes chaînes de
transmetteurs) et qui précisait qu'ils seraient au nombre de "douze" (à quelques
nuances près dans le texte du Hadîth, selon la source de transmission).
Il
est rapporté, selon certains auteurs, par plus de 270 Riwâyah (chaîne de
transmission) qui sont citées dans les plus célèbres recueils de hadîths,
sunnites et chî'ites, dont ceux d'al-Bukhârî, de Muslim, d'al-Tir-mithî, d'Abî
Dâwûd, ainsi que dans Musnad Ahmad, Mustadrak al-Hâkem 'Alâ al-Sahihayn.
Ce
qu'il faut surtout retenir, ici, de ce Hadîth, c'est le fait qu'il est transmis
par al-Bukhârî, un contemporain de l'Imam al-Hâdî et de l'Imam al-'Askarî (le
10e et 11e Imams), ce qui signifie qu'il était rapporté du Prophète avant que
son contenu ne se réalisât et avant que l'idée de Douze Imams ne fût
complètement matérialisée.
Cela
signifie aussi qu'on ne peut soupçonner ce Hadîth d'être transmis - et donc
formulé - sous l'influence de la réalité imâmite Duodécimaine,(26) ou le reflet
de cette réalité. Car les faux hadîths attribués au Prophète n'étaient guère
antérieurs, dans leur apparition et enregistrement, à la réalité dont ils sont
le reflet ou la justification.
Etant donné
qu'il est matériellement établi que ledit Hadîth fut enregistré avant que la
prédiction de l'avènement de Douze Imams ne soit encore complètement réalisée,
on peut s'assurer qu'il n'est pas le reflet d'une réalité, mais l'expression
d'une vérité divine, prononcée par quelqu'un (en l'occur-rence le Saint
Prophète) dont les paroles étaient des révélations et qui a dit: «Les Califes
qui me succéde-ront sont au nombre de Douze ».
La
réalité duodécimaine, commencée avec l'Imam 'Alî et achevée par Al-Mahdî était
la seule incarnation raisonnable de ce Hadîths prophétique.
Quant à la
preuve scientifique, elle consiste en une expérience que les gens ont vécue
pendant une période d'environ 70 ans: "la Petite Absence"(27).
Avant
d'entrer dans les détails de cette question, il convient d'expliquer
schématiquement ce qu'est la Petite Absence.
La
"Petite Absence" traduit la première étape de l'Imamat du Guide Attendu. En
effet, la Providence a voulu que cet Imam s'efface de la scène publique dès
qu'il a reçu la charge de l'Imamat, et qu'il gardât l'anonymat vis-à-vis des
événements, bien qu'il en soit toujours proche, de cur et d'esprit. Mais si
cette disparition avait été subite, elle aurait provoqué un grand choc chez les
bases populaires de l'Imamat dans la Umma; car ces bases étaient habituées à
avoir des contacts avec leur Imam à toutes les époques, à nouer des rapports
mutuels avec lui, à faire appel à lui pour résoudre leurs différents problèmes.
Si
l'Imam était donc disparu à l'improviste de la vue de ses Chî'ites et que
ceux-ci s'étaient sentis coupés de leur direction spirituelle et intellectuelle,
une telle disparition subite aurait créé un grand vide impromptu qui aurait pu
moissonner et effriter l'entité chî'ite. Il a donc fallu préparer les bases à
cette absence afin qu'elles s'y habituassent et s'y adaptassent progressivement.
De
là l'avènement de la "Petite Absence" pendant laquelle l'Imam a disparu de la
vie publique, tout en continuant à communiquer avec ses bases et ses Chî'ites
par l'intermédiaire de ses représentants, ses lieutenants et ses hommes de
confiance qui consti-tuaient ainsi le trait d' union entre lui et les gens qui
croyaient à sa ligne Imamite.
Les
représentants de l'Imam pendant cette période, étaient au nombre de quatre. Les
bases qui les fréquentaient en permanence étaient unanimes pour constater leur
piété, leur intégrité et leur probité. Ces représentants sont:
1-
'Othman Ibn Sa'îd al-'Omarî
2-
Muhammad Ibn 'Othman Ibn Sa'îd al-'Omarî
3-
Abul-Qâcim al-Hussain Ibn Rûh
4-
Abul-Hassan 'Alî Ibn Muhammad al-Samari.
Ils ont
rempli la tâche de représentant de l'Imam successivement et dans l'ordre établi
ci-dessus. Chaque fois que l'un d'eux mourait, un autre lui succédait par ordre
de l'Imam.
Leur tâche
consistait à prendre contact avec les Chî'ites, à transmettre leurs questions à
l'Imam et à leur en rapporter les réponses tantôt oralement tantôt par écrit.
Les masses qui étaient chagrinées par la disparition de leur Imam, trouvaient
une compensation et une consolation, dans ces correspondances et contacts
indirects, assurés par ces "Représentants",.
On
a remarqué que toutes les signatures et lettres provenant de l'Imam pendant le
mandat des quatre Représentants, qui a duré environ 70 ans, décelaient une même
écriture et les mêmes caractères, et sont donc graphologiquement uniformes.
C'était
al-Samari, le dernier des quatre Représen-tants, qui a annoncé la fin de la
phase de la "Petite Absence" qui se caractérisait par la présence d'un
Représentant nommé. A partir de la "Grande Occul-tation" il n'y a plus de
Représentants nommés et chargés de servir d'intermédiaire entre l'Imam-Guide et
les Chî'ites.
Le
passage de la "Petite Absence" à la "Grande Absence" exprime la fin des missions
de la première, puisque celle-ci, par son caractère progressif et transitoire, a
permis de prémunir les Chî'ites contre le choc et le sentiment de grand vide
qu'ils auraient pu éprouver par suite de la disparition de l'Imam, de les
adapter au fait de l'Absence, et de les préparer progressivement à l'acceptation
de l'idée de la "représentation générale", qui signifie que la représen-tation
de l'Imam n'est plus assurée par des individus nommément désignés, mais par une
ligne générale, la ligne du mujtahid(28) juste(29) et connaissant
parfaitement les questions de la vie temporelle et de la religion, conformément
au passage de la "Petite Absence" à la "Grande Absence".
Cela dit,
on peut se rendre clairement compte, à la lumière de ce qui précède, qu'Al-Mahdî
était une vérité vécue par toute une communauté musulmane et exprimée par des
Ambassadeurs et des Représentants (de l'Imam) tout au long de 70 ans, à travers
les rapports qu'ils ont établis avec les gens.
Pendant
cette période personne n'a pu remarquer la moindre inexactitude dans les paroles
desdits représentants, ni le moindre indice de tromperie dans leur conduite, ni
la moindre erreur dans leur transmission de messages.
Peut-on
donc concevoir qu'un "mensonge" puisse survivre pendant 70 ans et être entretenu
tel quel, successivement par 4 personnes qu'aucune relation particulière et
privilégiée, - de nature à les rendre complices, - ne lie, et qui le traitent
comme s'il s'agissait d'une vérité vécue par eux-mêmes et vue de leurs propres
yeux, sans que rien d'anormal ou de suspect n'apparaisse dans tout cela, et
alors qu'ils parviennent à obtenir, par la crédibilité de leur attitude, la
confiance de tout le monde en la cause qu'ils prétendent vivre et sentir
concrètement?
On
disait jadis que "la corde du mensonge est courte"! Aussi la logique de la vie
montre-t-elle qu'il est pratiquement impossible, si l' on s'en tient au calcul
des probabilités, qu'un mensonge puisse se maintenir de cette façon, pendant si
longtemps, et dans de telles conditions, sans attirer la méfiance de ceux qui le
subissent.
Ainsi, le
phénomène de la "Petite Absence" peut être donc considéré comme une "expérience
scien-tifique" et une réalité objective vécue, qui nous permet de croire à
l'existence réelle de l' Imam-Guide, à sa naissance, à sa vie, à sa disparition,
à l'annonce générale qu'il a faite de la Grande Absence qui marque sa
disparition de la scène publique et de la vie de tout le monde.
POURQUOI LE
GUIDE
N'EST-IL
PAS RÉAPPARU?
Pourquoi le
Guide n'est-il pas réapparu pendant toute cette longue période, s'il était
vraiment déjà formé et préparé à l'action sociale? Qu'est-ce qui l'aurait
empêché de réapparaître sur la scène publique pendant ou à la fin de la "Petite
Absence", et d'annoncer la "Grande Absence", surtout qu'à cette époque-là, les
circonstances relatives à l'action sociale et au changement étaient beaucoup
plus faciles et moins complexes, et que ses contacts réels avec les gens lui
auraient permis, grâce aux organisations de la "Petite Absence", de rassembler
ses bases en vue de commencer solidement son action, à un moment où les forces
du pouvoir en place n'avaient pas atteint le niveau auquel est parvenue
l'humanité par la suite, grâce au développement scientifique et industriel?
La
réponse est que le succès de toute opération de transformation sociale dépend
des circonstances et des conditions objectives, et qu'elle ne pourrait réaliser
ses objectifs que lorsque celles-ci se présentaient.
Les
opérations de transformation sociale que la Providence déclenche sur la terre
ont ceci de caractéristique qu'elles ne dépendent pas, quant aux messages
qu'elles comportent, des circonstances objectives, et ce parce que leurs
messages sont divins et non le fruit desdites circonstances. En revanche leur
exécution est subordonnée aux conditions objectives de la situation à changer;
c'est dire que celles-ci déterminent leur minutage et leur succès (de ces
opérations).
C'est
pourquoi, si le Ciel a laissé passer cinq siècles de règne anté-islamique et
obscurantiste (jâhillyyah) avant
de révéler son dernier Message à travers le Prophète Muhammad (alors que la
terre avait besoin de ce Message bien avant), c'est parce que les circonstances
objectives dont dépendait cette révélation exigeaient une telle attente.
Les
conditions objectives qui influent sur toute opération de changement sont de
deux catégories:
-
la première catégorie crée le terrain propice et l'ambiance générale favorisant
l'opération de change-ment,
-
la seconde a trait au mouvement de changement et aux tournants secondaires qu'il
prend.
Prenons
l'exemple de l'opération de changement que Lénine avait conduite avec succès en
Russie: elle était liée d'une part au déclenchement de la Première Guerre
Mondiale et à l'ébranlement de l'Empire Tsariste - ce qui a contribué à la
création du terrain propice au changement - et d'autre part, à quelques facteurs
secondaires et accessoires, tels que l'arrivée de Lénine sain et sauf en Russie,
après le voyage qui lui a permis de rentrer dans son pays pour y conduire la
Révolution.
L'importance
secondaire de ce facteur réside en ceci que s'il était arrivé un accident
quelconque à Lénine, susceptible de l'empêcher de rentrer en Russie, la
Révolution aurait probablement perdu la possibilité de s'imposer aussi vite sur
la scène.
La
Voie Divine que rien ne peut affecter, quant aux opérations de changement
qu'Elle décide, veut que celles-ci soient tributaires, quant à leur exécution,
des conditions objectives qui créent le terrain propice et l'ambiance générale
qui favorisent leur succès.
C'est dans
ce sens qu'il faut comprendre pourquoi l'Islam ne fut révélé qu'après une
période de vide pénible, longue de plusieurs siècles et caractérisée par
l'absence d'apôtres.
Certes la
Toute-Puissance Divine était en mesure d'enlever toutes les entraves et
d'aplanir toutes les difficultés qui se seraient dressées devant le Message, de
lui créer préalablement et miraculeusement le terrain favorable nécessaire à son
succès, s'il avait été révélé avant.
Mais si
Dieu n'a pas jugé bon d'utiliser ce moyen, c'est parce que l'épreuve, le
calvaire et la souffrance par lesquels l'homme complète sa personnalité imposent
à l'action de changement (voulue par Dieu) d'évoluer naturellement et
objectivement (ce qui n'empêche pas Dieu d'intervenir parfois et lorsque cela
s'avère nécessaire pour la sauvegarde du Message, dans quelques détails
relatifs, non à l'atmosphère générale elle-même, mais à certains mouvements qui
en découlent).
L'
illustration de cette intervention se trouve dans le secours et l'appui
surnaturels que Dieu apportait quelquefois à ses bons serviteurs, lorsqu'ils se
heurtaient à des difficultés insurmontables, et lorsqu'il y allait de l'intérêt
vital du Message.
Ainsi,
c'est grâce à l'intervention divine que "le
feu de Namroud devint fraîcheur et paix sur Abraham"; que la main
traîtresse du Juif qui levait l'épée sur la tête du Prophète, fut paralysée et
immobilisée, que le cyclone violent envahit les campements des infidèles et des
polythéistes qui encerclaient Médine le jour de Khandaq, et les effraya.
Toutes ces
interventions divines ne représentaient que des secours apportés à des moments
décisifs, aux péripéties des opérations de changement et non à leur terrain
propice, lequel s'est constitué d'une façon naturelle et grâce aux conditions
objectives.
En
examinant l'attitude d'Al-Mahdî, à la lumière de ces données, nous constatons
que l'opération de changement à laquelle il est préparé, se trouve liée, quant à
son exécution, tout comme n'importe quelle autre opération de changement social,
à des conditions objectives qui contribuent à créer le terrain favorable à sa
réalisation.
Aussi
est-il naturel que le minutage de cette opération en tienne compte. On sait
qu'al-Mahdî n'est pas formé pour opérer une action sociale limitée, ni pour
réaliser un changement local dans telle ou telle autre partie du monde.
La
mission à laquelle Dieu l'a réservé vise à changer le monde radicalement et à
conduire l'huma-nité, toute l'humanité, des ténèbres de l'injustice vers la
lumière de la justice. Pour réussir une opération de changement d'une telle
ampleur, il ne suffit pas de faire réapparaître le Guide et Son Message sur la
scène; autrement elle aurait pu être accomplie à l'époque du Prophète (puisqu'il
y avait déjà un Guide - le Prophète - et son Message - l'avènement de l'Islam).
Ce
qu'il Lui faut, c'est une climat planétaire propice et une ambiance générale
favorisant la réunion des conditions requises pour la réalisation d'un
changement universel. Or un tel climat planétaire se présenterait mieux à mesure
que l'on progresse dans le temps.
Ainsi, sur
le plan humain, le sentiment d'épuisement qu'éprouve l'homme de civilisation est
considéré comme un facteur essentiel de cette atmosphère favorable à
l'acceptation du Nouveau Message. Ce sentiment d'épuisement naît et prend racine
chez l'homme (de civilisation), lorsque celui-ci ressort de différentes
expériences de civilisation qu'il traverse, accablé par les résultats négatifs
de tout ce qu'il y aurait édifié, et éprouvant un besoin de salut qui l'amène à
se tourner instinctivement vers la métaphysique ou l'inconnu.
Sur le plan
matériel, les conditions objectives de la vie matérielle moderne pourraient être
plus propices que celles de l'époque de la "Petite Absence", à la réalisation du
message à l'échelle planétaire, en raison du raccourcissement des distances, de
la large possibilité d'interaction entre les peuples, de la dispo-nibilité des
moyens et des instruments nécessaires à la création d'un organe central dont le
but serait de sensibiliser les peuples du monde au nouveau message et de les
imprégner de la culture de ce message.
Certes, il
est indéniable que les forces et les instruments militaires auxquels le Guide
devrait faire face, se développent à mesure qu'il reporte le jour de sa
réapparition. Mais cela dit, à quoi sert le développement de la forme matérielle
de la force, s'il est associé à une défaite psychologique intérieure et à
l'éclatement de la structure spirituelle de l'homme qui les possède?
Combien de
fois une structure de civilisation dressée orgueilleusement, ne s'était-elle pas
écroulée sous le premier coup d'un envahisseur, parce qu'elle était déjà
intérieurement effondrée, ayant perdu la confiance en son existence, la
conviction de son entité et l'assurance de sa réalité?!
UN SEUL
INDIVIDU PEUT-IL
JOUER UN SI
GRAND RÔLE?
Venons-en à
l'avant-dernière question de la série: un individu, si grand soit-il, est-il
capable de jouer ce rôle extraordinaire?
Le
grand homme en question serait-il autre que l'individu que les circonstances
choisissent comme façade pour réaliser leur mouvement?
L'idée que
comporte cette question est liée à une conception précise de l'histoire,
conception selon laquelle l'homme est un facteur secondaire dans l'histoire
alors que les forces objectives qui l'entourent en constituent le facteur
essentiel.
Dans ces
conditions, l'individu ne serait, au mieux, que l'expression intelligente de
l'orientation de ce facteur essentiel.
Quant à
nous, nous avons expliqué dans nos autres ouvrages que l'histoire a deux pôles:
d'un côté l'homme, de l'autre, les forces matérielles qui l'entourent, que de
même que les forces matérielles, les conditions de la production et la nature
affectent l'homme, de même celui-ci affecte à son tour celles-là, et qu'il n'y a
aucune raison de supposer que le mouvement commence par la matière et finis par
l'homme, sans supposer du même coup le contraire. L'homme et la matière se
trouvent à la longue en interaction.
Aussi
l'homme peut-il être plus qu'un perroquet dans le cours de l'histoire, surtout
lorsqu'on tient compte de son lien avec le Ciel, lequel lien intervient comme
une force orientant le mouvement de l'histoire.
C'est du
moins ce qui s'est produit déjà à travers l'histoire des Missions Prophétiques
en général, la Mission prophétique finale en particulier, où le Messager
Muhammad, en vertu de son lien de missionnaire avec le Ciel, a détenu lui-même
les rênes du mouvement historique, et sffectué une montée de civilisation que
les conditions objectives qui l'entouraient n'auraient pu en aucun cas réaliser,
comme nous l'avons expliqué dans la seconde introduction de notre ouvrage
"Al-Fatâwâ al-Wâdhi-hah"
(Les Décrets Religieux Clairs).
Ce
qui s'est produit avec le Grand Messager, pourra se reproduire avec son
descendant, le Guide Attendu dont il a annoncé, lui-même, la venue et le grand
rôle.
QUELLE SERA
LA MÉTHODE
DE
CHANGEMENT LE JOUR PROMIS?
Nous voilà
enfin devant la dernière question de la série: de quelle façon ce représentant
de Dieu pourra-t-il remporter la victoire décisive de la justice sur les entités
injustes?
Une réponse
précise à cette question dépendrait de la connaissance de la période ou de la
phase historique où l'Imam al-Mahdî réapparaîtra sur la scène de la vie, et de
la possibilité de concevoir ou de supposer les caractéristiques et les
péripéties de cette phase, afin que l'on puisse se faire une idée de la forme
que prendrait l'opération de changement et de la voie qu'elle emprunterait. Tant
que nous ignorons tout de cette phase, de ses circonstances et péripéties, nous
ne pourrons prévoir scientifiquement ce qui se passerait le Jour Promis; et si
nous le faisons, ce serait de la spéculation qui repose plutôt sur des
opérations purement intellectuelles que sur des fondements réels et concrets.
La
seule supposition qu'on puisse admettre à la lumière des hadîths relatifs à ce
sujet, et des expériences de grandes opérations de changement qui se sont
produites à travers l'histoire, c'est celle selon laquelle Al-Mahdî
réapparaîtrait à la suite d'un grand vide dû à un revers et à une crise aiguë de
civilisation, que l'humanité subirait.
C'est ce
vide-là qui permettra au nouveau Message de voir le jour; et c'est ce revers qui
créerait l'ambiance (ou le terrain) propice à son acceptation. Mais le revers en
question ne se produirait pas accidentellement par un pur hasard de l'histoire
de la civilisation humaine.
Il
serait plutôt le résultat naturel des contradictions historiques (dans
lesquelles il n'y aurait pas d'Intervention Divine) qui, ne pouvant pas conduire
à une solution décisive, déclencheraient le feu qui anéantirait tout, avant que
ne jaillisse la lumière qui permettrait d'éteindre ce feu et d'établir la
Justice céleste sur la terre.
* *
*Je me
contente de ce bref exposé des idées qui sont détaillées dans l'ouvrage
méritoire et encyclopé-dique sur Al-Mahdî, ouvrage pour lequel j'ai rédigé cette
préface et qui est écrit par l'un de nos chers fils et disciples, le savant
chercheur, Sayyed Muhammad al-Sadr(30). Il s'agit
d'une encyclopédie inégalée dans l'histoire de la bibliographie chiite sur
"Al-Mahdî", quant à son intégralité, aux connaissances étendues qu'elle
renferme, à la largeur d' esprit, et la longue haleine scientifique dont elle
témoigne, et quant aux mots adéquats et aux observations pertinentes qu'elle
contient; c'est dire combien d'efforts louables l'auteur a déployés pour
réaliser cette uvre unique en son genre. Je ne peux qu'être comblé de bonheur en
pensant au vide que son ouvrage remplira, au service inestimable qu'il rendra et
à l'auteur brillant et intelligent qu'il révélera.
J'implore
Dieu de me donner le plaisir de voir celui-ci devenir l'une des célébrités de
l'Islam.
Louange à
Dieu, Seigneur des mondes.
Que le
Salut soit à Mohammad et aux Membres purifiés de sa Famille.
J'ai
commencé la rédaction de ces quelques pages le 13 Jamâd al-Thâniyah 1397 de
l'Hégire, et je l'ai terminée l'après-midi du 17 du même mois.
Que Dieu me
guide sur le Droit Chemin.
Mohammed
Bâqer al-Sadr
Indications
du Coran sur Al-Mahdî
Il
ne fait pas de doute que le Coran et la Sunnah constituent deux sources jumelles
d'un même législateur. Si les Musulmans ne peuvent que croire fermement à
l'apparition d'al-Mahdî en se référant à des hadîths concordants du Prophète, il
est normal qu'ils s'attendent à ce que ce sujet ait sa place également dans le
Coran, puisque Allah dit en s'adressant au Prophète (P):
«Et Nous avons fait descendre sur toi le Livre, comme un
exposé manifeste de toute chose et comme guidée et miséricorde et bonne annonce
pour ceux qui sont soumis».(31)
Mais comme
on le sait, la compréhension de toutes les significations du Coran n'est à la
portée de personne. Seuls les Ahl-ul-Bayt (le Prophète et ses douze descendants,
les Imâms d'Ahl-ul-Bayt) qui sont indissociablement liés au Coran(32), peuvent
interpréter ses versets d'une manière indiscutable. Or beaucoup de hadîths
d'Ahl-ul-Bayt nous révèlent la signification des versets coraniques, relative à
l'Imâm al-Mahdî. Par souci d'objectivité nous ne citons que ceux qu'on retrouve
également dans les exégèses (Tafsîr) des écoles juridiques sunnites, ou
qui y sont confirmés.
1-
«C'est Lui
qui a envoyé Son Prophète avec la Direction et la Religion vraie pour la faire
prévaloir (triompher) sur toute autre religion, en dépit des
polythéistes».(33)
La
Religion vraie désigne ici, bien évidemment, l'Islam. Car Allah dit dans le
Coran:
«Et quiconque désire une religion autre que l'Islam, ne
sera point agréé, et il sera, dans l'Au-delà, parmi les
perdants».(34)
Et
«pour la faire prévaloir sur toute autre
religion» signifie qu'IL fera triompher l'Islam sur toutes les
autres religions.
C'est là
donc une grande nouvelle annoncée par Allah à Son Prophète, lui promettant que
cette Religion triomphera et aura le dernier Mot. Cette grande nouvelle est
accompagnée par l'affirmation que la Volonté des ennemis de la Religion
d'étouffer la lumière de l'Islam ne pourra pas l'emporter sur la Volonté divine
qui veut que ladite Religion aura raison de toutes les autres religions, en
dépit des polythéistes.
Il
est à noter ici que "faire prévaloir" (en arabe: idhhâr) ne signifie que triomphe et
domination. En effet selon al-Razî dans son "Tafsîr":
«Sache que
"faire prévaloir" une chose sur une autre chose, peut se faire soit par
l'argument, soit par le grand nombre et la multitude, soit par le triomphe et la
domination. Et on sait qu'Allah a fait cette promesse. Or la promesse ne
concerne qu'une chose future et non déjà réalisée. Et étant donné que "faire
prévaloir" la Religion par l'argument est déjà réalisé, il faut comprendre donc
nécessairement par "faire prévaloir" dans ce verset: "faire prévaloir par le triomphe"».
Certes ce
triomphe sur les autres religions s'était réalisé à l'époque du Prophète. La
meilleure preuve en est que les adeptes de ces religions ont payé le tribut aux
Musulmans sans broncher.
Mais la
situation des Musulmans aujourd'hui n'est plus ce qu'elle était. Ceux qui
payaient hier le tribut à l'Etat Islamique occupent aujourd'hui nos lieux saints
et les Musulmans sont vaincus et dominés dans leurs propres territoires.
Et
si nous croyons vraiment que ce que dit le Coran reste valable pour hier,
aujourd'hui et demain, comment pouvons-nous appliquer l'énoncé "le triomphe de la Religion vraie sur toutes les autres
religions" à la situation actuelle des Musulmans qui vivent
presque en état d'assiégés et sous la domination des ennemis de l'Islam?
Il
est certain donc que cette promesse concerne ce qui est devant nous et non ce
qui est derrière. Ceci est d'autant plus évident que beaucoup d'exégètes
expliquent le verset ci-dessus dans ce sens.
En
effet, on peut lire dans al-Dorr al-Manthour:
«Selon
Sa'îd Ibn Maçour, Ibn al-Monthir et al-Bayhaqî dans ses "Sunan", citant Jabîr
qui dit à propos de "pour la faire
prévaloir sur toute autre religion": cela n'arrivera que
lorsqu'il n'y aura plus un Chrétien ni un Juif qui ne suive la Religion de
l'Islam».(35)
Et
selon al-Miqdad Ibn al-Aswad: «J'ai entendu le Messager d'Allah (P) dire:
«Il n'y aura plus sur la terre une maison d'argile ou de
poils sans qu'il (al-Mahdî) n'y fasse entrer le mot de l'Islam, de gré ou de
force. Soit en les rendant (les gens) puissants si Allah les fait des adeptes de
cette Religion, soit en les humiliant et ils le suivent par
soumission».(36)
C'est
pourquoi, selon les récits attribués à l'Imâm al-Bâqer ce verset coranique
annonce la venue d'al-Mahdî à la fin des temps pour faire prévaloir la Religion
de son aïeul (le Prophète (P) sur toutes les autres religions, jusqu'à ce qu'il
ne reste plus à la surface de la terre aucun polythéiste. Tel est aussi l'avis
de l'exégète (mufassir), al-Saddî.
En
effet, selon al-Qortobî: «Al-Saddî dit: "cela se passera lors de l'apparition
d'al-Mahdî, où il n'y aura personne qui n'entre dans l'Islam"».(37)
2-
«Si tu les
voyais quand ils seront saisis de peur - pas d'échappatoire pour eux - et ils
seront saisis de près!»(38)
Selon
al-Tabarî dans son "Tafsîr", citant Huthayfah Ibn al-Yamân, ce verset désigne
l'armée qui sera dévorée par la terre qui s'affaisse sous ses pieds. Et bien que
certains mufassir (exégètes)
pensent que cette prédication a déjà eu lieu, une recherche approfondie montre
que ledit affaissement ne s'est pas produit et qu'il constitue l'un des signes
ou des événements qui accompagnent l'apparition d'al-Mahdî.
Tel est
également l'avis d'al-Qortobî dans "Al-Tath-kirah", citant le même rapporteur,
Huthayfah Ibn al-Yamân. Cet avis est partagé d'ailleurs par Abû Hayyân dans son
"Tafsîr", al-Maqdisî al-Châfi`î dans "'Aqd al-Dorar", al-Suyûtî dans "Al-Hâwî
li-l-Fatawâ". Il est aussi mentionné dans "Al-Kach-châf" d'al-Zamakh-charî,
citant Ibn 'Abbas.(39)
Selon
al-Tabrasî enfin (Chî'ite), dans "Majma' al-Bayân", cet avis est mentionné par
al-Tha'labî dans son "Tafsîr", et les adeptes de notre École Juridique (Chî'ite)
ont rapporté quelque chose de semblable dans leurs ouvrages sur al-Mahdî, en
citant les hadîths de l'Imâm al-Sâdiq et de l'Imâm al-Kâdhim.(40)
En
tout état de cause lorsqu'on collationne les différentes interprétations
(tafsîr) de ce verset avec les
différents avis sur les Hadîths du Prophète à propos de «l'affaissement du désert sous les pieds de
l'armée», on conclut sans risque de se tromper que ledit verset
fait allusion à l'armée sous les pieds de laquelle le sol sera affaissé, et que
cette armée est celle qui combattra l'Imam al-Mahdî.(41)
Citons en
guise de conclusion et d'illustration ce que Muslim dit dans "Ghâyat al-Ma'mûl"
à ce propos:
«Nous
n'avons pas entendu jusqu'à présent le cas d'une armée dévorée par la terre;
autrement, si cela était arrivé, cela aurait été aussi connu et notoire que les
"Gens de l'Éléphant"».(42)
3-
«Il (Jésus)
est, en vérité, l'annonce de l'Heure. N'en doutez pas et suivez-moi. Voilà un
chemin droit».(43)
Selon
al-Baghwî dans son "Tafsîr" et selon al-Zamakh-charî, al-Qortobî, al-Nisfî,
al-Khâzin, Tâj al-Dîn al-Hanafî, Abû Hayyân, Ibn Kathîr, Abu-l-Su'ûd et
al-Haythamî, ce verset concerne la descente de Jésus à la fin des temps.
Al-Suyûtî
mentionne un avis semblable rapporté, selon différentes chaînes de transmission
remontant à Ibn 'Abbâs, par Ahmad Ibn Hanbal, Ibn Abî Hâtam,
al-Tabarânî, Ibn Mardawayh, al-Faryâbî, Sa'îd Ibn Mançûr, 'Abd Ibn
Hamîd.(44)
Mais selon
al-Kanjî al-Châfi'î dans son "Al-Bayân": «Muqâtil Ibn Sulaymân et ses adeptes
parmi les mufassîr (exégètes)
disent que l'expression coranique "l'annonce de l'Heure" parue dans ce
verset désigne al-Mahdî à la fin des temps et la résurrection de l'Heure».(45)
Ce
dernier avis est partagé par Ibn Hajar al-Haythamî, al-Chalbanjî al-Châfi'î,
al-Safârînî al-Han-balî, al-Qndûzî al-Hanafî et al-Cheikh al-Çabbân.(46)
Evidemment
il n'y a pas de contradiction entre les deux avis précités (celui qui renvoie le
verset à Jésus et celui qui le renvoie à al-Mahdî), étant donné que la descente
de Jésus et l'apparition d'al-Mahdî sont concomitantes, comme l'affirment
"Sahîh al-Bukhârî", ainsi que tous les autres corpus de Hadîth.
En
effet beaucoup de rapporteurs de Hadîth ont rapporté de "Tafsîr al-Tha'labî" qui
cite Ibn 'Abbâs, Abû Hurayrah, Qutâdah, Mâlik Ibn Dînâr, al-Dhahhâk que
ce verset désigne la descente de Jésus à l'époque de l'apparition d'al-Mahdî, et
que le premier priera derrière le second.
4-
«Oui, Nous
avons écrit dans az-Zabûr(47), après le
Rappel (le Livre céleste) que la terre sera héritée par Mes bons
serviteurs».(48)
Al-'Allâmah
al-Tabrasî, s'appuyant sur des hadîth sains et dignes de foi, explique ce
verset comme suit: «Nous avons écrit dans
"az-Zabûr" après le Rappel...» a plusieurs interprétations,
dont:
1- Le
Zabûr désigne tous les
Livres des Prophètes, et cette partie du verset signifie que "Nous avons écrit dans les Livres que Nous avons révélés
aux Prophètes, après l'avoir mentionné dans le Rappel
(Thikr)",
c'est-à-dire le Livre-mère qui se trouve au Ciel, "al-Lawh al-Mahfûdh" (la Planche
Gardée). Tel est du moins l'avis de Sa'îd Ibn Jubayr et Mujâhid Ibn Zayd;
2- Le
Zabûr désigne les Livres
révélés après la Bible; et le Rappel, c'est la Bible. Ceci est l'opinion d'Ibn
'Abbâs et d'al-Dhahhâk;
3- Le
Zabûr est le Livre
de David et le Rappel est la Bible.
Cet avis
rapporté d'al-Cha'bî, lequel aurait dit aussi que le Rappel désigne le Coran et
que le mot "après" (en arabe ba'd)
dans le verset signifie en fait "avant". Quant à la deuxième partie du verset,
«la terre sera héritée par Mes bons
serviteurs» signifie: selon certains avis que la terre du
Paradis sera héritée par «Mes serviteurs
obéissants».
Tel est
l'avis d'Ibn 'Abbâs, de Sa'îd Ibn Jubayr et d'Ibn Zayd.
Selon
d'autres explications, il s'agit de notre terre que la Ummah (la Nation) du
Prophète Mohammad (P) héritera par les conquêtes après en avoir chassé les
mécréants, et ce conformément à ce qu'a dit le Messager d'Allah (P):
«La terre m'a été présentée sous une forme réduite de
telle sorte que j'aie pu en voir, en même temps les Orients et les Occidents. La
propriété de ma Nation (Umma) atteindra toutes les parties de la terre que je
n'ai pas atteintes».
Ce
hadith est rapporté également d'Ibn 'Abbâs.
Et
selon l'Imâm Abû Ja'far (p):
«La terre
sera héritée par les compagnons de l'Imâm al-Mahdî (p) à la fin des temps».
Ceci est
confirmé par un célèbre Hadîth du Prophète (P) rapporté aussi bien par les
sources sunnites que chî'ites:
«Même s'il ne restait de la vie de ce bas-monde qu'une
seule journée, Allah l'allongera jusqu'à ce qu'IL envoie un homme pieux de ma
descendance, lequel remplira la terre de justice et d'équité, après qu'elle aura
été remplie d'injustice et de tyrannie».(49)
5-
«Nous
voulons favoriser ceux qu'on a affaiblis sur terre, et en faire les dirigeants,
et en faire des héritiers».(50)
Interprétant
ce verset, l'imâm Mâlik Ibn Anas, le fondateur de l'Ecole Mâlikite dit:
«L'application de ce verset ne s'est pas encore réalisée. La Umma attend encore
la venue de celui par lequel cette prédiction sera réalisée».
En
effet, selon Abu-l-Faraj al-Içfahânî, alors que les 'Alawites subissaient de
plus en plus la répression des Abbassides, Mohammad Ibn Ja'far, un 'Alawite est
venu s'en plaindre auprès d'Anas Ibn Mâlik, celui-ci lui a répondu: «Attends
jusqu'à ce que l'interprétation de ce verset se réalise: "Nous voulons favoriser ceux qu'on a affaiblis sur terre,
et en faire les dirigeants et en faire des héritiers"».(51)
Tels sont
quelques versets coraniques qui font allusion à l'apparition de l'Imâm al-Mahdî
(p), selon l'interprétation des Imâms d'Ahl-ul-Bayt (p) qui sont les interprètes
les plus crédibles de ce Saint Livre, selon le Noble Prophète (P) lui-même, dans
son célèbre Hadîth al-Thaqalayn.
Nous nous
contentons de citer seulement ces quelques versets, parmi beaucoup d'autres que
le Cheikh al-Qandûzî, le Hanafite, a cités dans "Yanâbî' al-Mawaddah" (3/76-85,
section 71).
La Croyance
du Sunnisme à al-Mahdî l'Attendu
Vu
le nombre de Hadîths authentiques sur al-Mahdî, rapportés par des sources
sunnites(52) et
chî'ites concordantes, la croyance à al-Mahdî devient une nécessité de la
Religion et une obligation pour tous les Musulmans, puisque une telle
concordance de hadîths apporte une quasi certitude que cette croyance fait
partie de la Sunna du Prophète (P).
Malheureusement
beaucoup de Musulmans non avertis considèrent à tort que cette croyance est
propre au courant chî'ite de l'Islam et pensent par conséquent qu'ils n'ont pas
l'obligation d'y souscrire. Cette fausse impression est sans doute due au fait
que les Chî'ites, ayant accordé une attention particulière à ce sujet à cause de
l'identité et la personne d'Al-Mahdî qu'ils croient faire partie des Douze Imams
d'Ahl-ul-Bayt (p) qu'ils considèrent comme étant les seuls successeurs et
représentants légitimes du Saint Prophète (P), ils ont en conséquence compilé et
regroupé tous les hadîth sur al-Mahdî et consacré et rédigé d'innombrables
ouvrages sur ce sujet, alors que chez les Sunnites de tels hadîths restent
parsemés ça et là, noyés et estompés dans un tas de divers autres hadîth que les
corpus des Traditions prophétiques renferment. Et si quelques livres ont été
rédigés par des uléma sunnites, ils restent méconnus des masses des Musulmans.(53)
D'autre
part, si le sujet d'al-Mahdî n'est pas aussi développé chez les Sunnites que
chez les Chî'ites, c'est peut-être aussi pour des raisons politiques. En effet,
on sait que les Ahl-ul-Bayt ont été écartés du pouvoir califal depuis Mu'âwiyah.
Les Omayyades et les Abbassides qui se sont succédé au califat en en excluant
les Ahl-ul-Bayt, les successeurs légitimes du Prophète (P), se sentaient
toujours menacés par ces derniers et ont tout fait pour les isoler et conjurer
leur influence en les maintenant autant que faire se peut à l'écart des masses
des Musulmans. Ils les ont sauvagement et durement réprimés, ainsi que tous
leurs partisans et adeptes, sans hésiter à sévir également sans pitié contre
quiconque défendait leur cause ou tout simplement diffusait un hadîth qui
mettait en évidence leur légitimité et leurs mérites.
Il
était donc normal que l'idée de la venue d'un Mahdî Sauveur (un descendant du
Saint Prophète, donc faisant partie de ces mêmes Ahl-ul-Bayt tant craints et
combattus), pour éradiquer l'injustice et la tyrannie, n'était nullement tolérée
par le pouvoir califal qui se sentait visé et menacé par la diffusion de cette
croyance.
Or
la plupart des corpus et des ouvrages de hadîth ont été rédigés à cette
époque-là et dans une telle conjoncture défavorable. Et si le pouvoir califal
n'était pas à même d'empêcher l'enregistrement des hadîths sur al-Mahdî, parmi
tous les autres hadîth, du moins le climat général, était de nature à décourager
la mise en évidence ou le développement de ce sujet sensible.
Aussi
essayons-nous de donner ici quelques points de repère qui permettent au lecteur
de faire des recherches lui-même et de constater que les hadîths sur l'Imam
al-Mahdî sont mentionnés dans presque toutes les sources sunnites.
Citons tout
d'abord l'attestation d'une personnalité éminente contemporaine du Sunnisme,
faite à ce sujet. Il s'agit du président de l'Université Islamique à Médine
(Arabie Saoudite), 'Abdul-'Azîz Ibn Bâz qui a déclaré:
«La
question d'Al-Mahdî est une évidence. Les hadîths sur ce sujet sont très
répandus, ou plutôt concordants et conjugués, ce qui montre justement que la
question de cette personne promise est établie et que son apparition est une
vérité indéniable».(54)
L'éminent
Professeur Cheikh 'Abdul-Mohsin al-'Abbâd, membre du corps enseignant de cette
même Université Islamique de Médine, dit dans une conférence intitulée "La
croyance du Sunnisme à al-Mahdî l'Attendu":
«Parmi les
noms des Compagnons qui avaient rapporté du Prophète (P), des Hadîth sur
al-Mahdî, j'ai pu en recenser 26. Ce sont:
1-
'Othmân Ibn 'Affân (R)(55)
2-
'Alî Ibn Abî Tâlib (R)
3-
Talhah Ibn 'Obaydullâh (R)
4-
'Abdullâh Ibn 'Awf (R)
5-
Al-Hussain Ibn 'Alî (R)
6-
Om Salamah (R)
7-
Om Habibah (R)
8-
'Abdullâh Ibn 'Abbâs (R)
9-
'Abdullâh Ibn Mas'ûd (R)
10-
'Abdullâh Ibn 'Omar (R)
11-
'Abdullâh Ibn 'Amr (R)
12-
Abû Sa'îd al-Khidrî (R)
13-
Jâber Ibn 'Abdullâh (R)
14-
Abû Hurayrah (R)
15-
Anas Ibn Mâlek (R)
16-
'Ammâr Ibn Yâser (R)
17-
'Awf Ibn Mâlek (R)
18-
Thawbân Mawlâ Rasûlollâh(56)
(R)
19-
Qorrah Ibn Ayâs (R)
20-
'Alî al-Hilâlî (R)
21-
Huthayfah Ibn al-Yamân (R)
22-
'Abdullâh Ibn al-Hârith Ibn Hamzah (R)
23-
'Awf Ibn Mâlek (R)
24-
'Omrân Ibn Huçayn (R)
25-
Abul-Tufayl (R)
26- Jâber
al-Çadfî (R)».
Le
Professeur Cheikh 'Abdul-Mohsin passant par la suite aux plus célèbres
transmetteurs du hadîth et auteurs des Corpus sunnites, constate:
«Les
Hadîths sur al-Mahdî ont été transmis par beaucoup d'imams dans les Çihâh (les
corpus de Hadîth, dits sains ou authentiques), Sunan (recueils des Traditions),
Glossaires, Musnads (chaînes de transmission de hadîth) etc. Parmi ceux dont
j'ai examiné les ouvrages ou vu leur transmission (de hadîth sur al-Mahdî), j'ai
pu en recenser 38. Ce sont:
1-
Abû Dâwûd, dans ses "Sunan" ["Sunan Abû Dâwûd"]
2-
Al-Termithî, dans son "Jâmi'" ["Jâmi' al-Termithî"]
3-
Ibn Mâjah dans ses "Sunan" ["Sunan Ibn Mâjah"]
4-
Al-Nasâ'î, mentionné par al-Safârînî dans "Lawâmi' al-Anwâr al-Bahiyyah" et
al-Manâwî dans "Al-Faydh al-Qadîr"...
5-
Ahmad dans son "Musnad" ["Musnad Ahmad Ibn Hanbal"]
6-
Ibn Habân dans son "Çahîh" ["Çahîh Ibn Habân"]
7-
Al-Hâkem dans "Al-Mustadrak" ["Mustadrak al-Hâkem"]
8-
Abû Bakr Ibn Abî Chaybah dans "Al-Moçannaf"
9-
Na'îm Ibn Haddâd dans "Kitâb al-Fitan"
10-
Al-Hâfidh Abû Na'îm dans "Kitâb al-Mahdî" et dans "Al-Hulyah"
11-
Al-Tabarânî dans "Al-Kabîr", "Al-Awsat" et "Al-Çaghîr"
12- Al-Dâr
Qutnî dans "Al-Afrâd"
13-
Al-Bârûdî dans "Ma'rifat al-Çahâbah"
14- Abû
Ya'lâ al-Mûçilî dans son "Musnad"
15-
Al-Bazzâz dans son "Musnad"
16-
Al-Hârith Ibn Abî Osâmah dans son "Musnad"
17-
Al-Khatîb dans "Talkhîç al-Motachâbeh" et dans "Al-Motaffaq wa-l-Muftaraq"
18- Ibn
'Asâker dans son "Ta'rîkh" ["Ta'rîkh Ibn 'Asâker"]
19- Ibn
Mandah dans "Ta'rîkh Içbahân"
20-
Abû-l-Hasan al-Harbî dans "Al-Awwal min-al-Harbiyyât"
21- Tamâm
al-Râzî dans son "Fawâ'id"
22- Ibn
Jarîr dans "Tah-thîb al-Âthâr"
23- Abû
Bakr al-Moqrî dans son "Mo'jam"
24- Abû
'Omar al-Dânî dans son "Sunan"
25- Abû
Ghonm al-Kûfî dans "Kitâb al-Fitan"
26-
Al-Daylamî dans "Musnad al-Firdaws"
27-
Abû Bakr al-Iskâf dans "Fawâ'id al-Akhbâr
28-
Abû-l-Hussain Ibn al-Manâwî dans "Kitâb al-Malâhim"
29-
Al-Bayhaqî dans "Dalâ'il al-Nubuwwah"
30- Abû
'Omar al-Moqrî dans ses "Sunan"
31-
Abû-Jawzî dans son "Ta'rîkh"
32- Yahyâ
Ibn Abdul-Hamîd al-Hamânî dans son "Musnad"
33-
Al-Rawyanî dans son "Musnad"
34- Ibn
Sa'd dans ses "Tabaqât" ["Tabaqât Ibn Sa'd"]
35-
Ibn Khuzaymah
36-
Al-Hasan Ibn Sufyân
37- 'Omar
Ibn Chabah
38- Abû
'Awânah
À
propos de ces quatre derniers, al-Suyûtî dit dans "Al-'Orf al-Wardî" qu'ils ont
rapporté les hadîths sur al-Mahdî, mais sans mentionner dans quel livre».(57)
Bien
évidemment ces deux listes sont loin d'être exhaustives. Il y a des dizaines
d'autres Compagnons(58) qui avaient
rapporté du Prophète des Hadîths sur al-Mahdî, mentionnés dans des sources
sunnites, que le Professeur 'Abdul-Mohsin n'a pas cités dans la première liste,
et des dizaines d'autres uléma ou d'ouvrages sunnites(59) qui avaient
enregistré de tels hadîths, mais que l'auteur de la conférence n'a pas
mentionnés dans la seconde liste.
L'authenticité
des Hadîths sur al-Mahdî
Ci-après
sont énumérés, à titre d'exemple et d'illustration, quelques-uns des plus
célèbres des ulémas et des spécialistes des Sciences du Hadîth sunnites, qui ont
déclaré comme authentiques (sain, çahîh) des hadîths du Prophète sur l'Imam
al-Mahdî (p):
Ibn
Taymiyyah (décédé en
l'an 782 de l'Hégire): Il dit dans "Minhâj al-Sunnah" à propos des hadîths sur
al-Mahdî, rapportés par al-'Allâmah al-Hillî: «Les hadîth qu'il rapporte
sur al-Mahdî sont des Hadîths authentiques».(60)
Al-Imâm
al-Termithî (décédé en
297): Il note à propos de trois Hadîths sur l'Imam al-Mahdî: «C'est un Hadîth
bon (hasan) et authentique».(61)
Al-Hâkem
al-Nîsâpûrî (décédé en
l'an 405 H.): Il souligne l'authenticité de la chaîne de transmission de quatre
Hadîths sur al-Mahdî, tout en faisant remarquer qu'ils n'ont pas été rapportés
par al-Bukhârî et Muslim.(62) Et à propos de
trois autres Hadîths, il souligne qu'ils sont authentiques selon les critères de
Muslim, tout en faisant remarquer que ni ce dernier ni al-Bukhârî ne les ont
rapportés,(63)
et concernant huit autres, il note qu'ils sont authentiques selon les critères
des deux Cheikh (Al-Bukhârî et Muslim) tout notant qu'ils ne les ont pas
rapportés.(64)
Al-Imâm
al-Bayhaqî (décédé en
458 H.): Il déclare «Les hadîth sur la sortie d'al-Mahdî sont à la chaîne de
transmission authentique».(65)
Al-Baghwî (décédé en
510 ou 516 H.): Il a rapporté dans son livre "Maçâbîh al-Sunnah", un
hadîth sur al-Mahdî dans le chapitre de "Hadîths authentiques"(66) et cinq autres
dans le chapitre de "Hadîths bons (hasan)".(67)
Ibn Kathîr
(décédé en
774 H.): Il a dit à propos de la chaîne de transmission d'un hadîth sur al-Mahdî
«C'est une chaîne solide et authentique (saine)»,(68) puis il a
transmis un autre hadîth rapporté par Ibn Mâjah en le commentant ainsi: «C'est
un hadîth bon qui a été rapporté du Prophète (P) par plus d'une source».(69)
Al-Hâfidh
Ibn al-Qayyim (décédé en
751 H.): Il est parmi ceux qui confirment la concordance des hadîths rapportés
sur al-Mahdî. Il a rapporté et trans-mis certains de ces hadîths en déclarant
"authentiques" certains d'entre eux et "bons" (crédibles ou dignes de confiance)
certains autres.(70)
Al-Suyûtî (décédé en
911 H.): Il a marqué certains hadîths rapportés sur l'Imam al-Mahdî par les
lettres (çh) c'est-à-dire
çahîh (authentique,
sain),(71) et
certains autres par la lettre (h) c'est-à-dire hasan
(bon, digne de foi).(72)
Hadîth du
Prophète (P) sur l'identité d'Al-Mahdî (p)
1- Al-Mahdî
est Kinânite, Quraychite, Hâchimite
Al-Maqdicî
al-Châfi'î, dans "'Aqd al-Dorar" (de même qu'al-Hâkem dans
"Al-Mustadrak"), a rapporté le Hadith suivant de Qutâdah, lequel témoigne:
«J'ai
demandé à Sa'îd Ibn al-Musayyab: - La question d'al-Mahdî est-ce une vérité?
-
Oui, répondit-il, c'est une vérité.
-
De qui descend-il? lui ai-je demandé.
-
De Kinânah, dit-il.
-
Et puis?
-
De Quraych.
-
Et ensuite?
-
De Banî Hâchim, affirma-t-il.
-
etc....»
Et
al-Maqdicî al-Châfi'î de commenter: «Ce Hadîth a été rapporté par l'imam Abû
'Omar 'Othmân Ibn Sa'îd al-Moqrî dans ses "Sunan", et l'imam Abu-l-Hussain Ahmad
Ibn Ja'far al-Manâwî ainsi que l'imam Abû 'Abdullâh Na'îm Ibn Hammâd».(73)
(Il est à
noter ici que tout descendant de Hâchim descend forcément de Quraych, et tout
descendant de Quraych descend forcément de Kinânah, car selon l'avis unanime des
généalogistes, Quraych est Al-Nadhr fils de Kinânah).
2-
Al-Mahdî, descendant de 'Abdul-Muttalib
Selon Ibn
Mâjah, citant Anas Ibn Mâlek, le Prophète (P) dit:
«Nous, les descendants de 'Abdul-Muttalib, sommes les
Maîtres des gens du Paradis: Moi, Hamzah, 'Alî, Ja'far, al-Hassan
al-Hussain et al-Mahdî».(74)
Et
selon une autre version de ce Hadîth, légèrement nuancée, le Prophète (P)dit:
«Nous les Sept des Banû 'Abdul-Muttalib, sommes les
Maîtres des gens du Paradis: Moi, mon frère 'Alî, mon oncle paternel,
Hamzah, Ja'far, al-Hassan, al-Hussayn et al-Mahdî».
Et
l'auteur de commenter ainsi ce Hadîth: «Un groupe d'imams de hadîth l'ont
rapporté dans leurs livres. Citons parmi eux: l'imam Abû 'Abdullâh Mohammad Ibn
Yazîd Ibn Mâjah al-Qazwînî dans ses "Sunan", Abul-Qâcim al-Tabarânî dans
son "Mo'-jam", al-Hâfidh Abû N'îm al-Içbahânî etc.».(75)
(Notons que
ce Hadîth ne contredit pas le précédent, mais le restreint et le précise,
puisque 'Abdul-Muttalib, le grand-père du Prophète, est le descendant de Hâchim,
donc ses descendants, dont al-Mahdî, sont aussi les descendants de Hâchim,
descendants de Quraych, descendant de Kinânah).
3- Les
Hadîths déclarant qu'Al-Mahdî descend du
Prophète (P).
-
Selon Abû Sa'îd al-Khidrî, le Prophète (P) a dit:
«Al-Mahdî descend de moi. Il aura le front haut, le nez
aquilin. Il remplira la terre d'équité et de justice de même qu'elle aura été
remplie d'injustice et de tyrannie. Il régnera pendant sept
ans».
Al-Hâkem.(76) déclare ce
Hadîth comme authen-tique (çahîh), selon les critères de
Muslim et d'al-Bukhârî. De même l'ont classé parmi les hadîths authentiques
al-Kanjî al-Châfi'î, al-Suyûtî, Cheikh Mançûr 'Alî Nâçif, et
Abûl-Faydh.(77)
Et
selon l'Imam 'Alî (p), le Prophète (P) a dit:
«Al-Mahdî sera au nombre de mes descendants
(min
wildî). Il aura une
absence et une occultation pendant laquelle les peuples seront égarés. Il
réapparaîtra avec les munitions des Prophètes (p). Il la (la terre) remplira de
justice et d'équité, de même qu'elle aura été remplie de tyrannie et
d'injustice».
Ce
Hadîth est rapporté par Cheikh al-Çadûq dans "Kamâl al-Dîn", et adopté comme
référence par Al-Juwanî al-Châfi'î dans "Farâ'id al-Samtayn" et par
Al-Qandûzî al-Hanafî dans "Yanâbî' al-Mawaddah".(78)
4- Les hadîth
affirmant qu'Al-Mahdî fait partie des
Ahl-ul-Bayt (les 14 Infaillibles).
A-
«Les jours ne se terminent ni le temps ne
prend fin avant que ne règne sur les Arabes un homme de ma Famille (Ahlu-Baytî),
dont le nom sera mon nom».
Ce
Hadîth a été rapporté par Ahmad Ibn Hanbal dans son "Musnad", citant le
témoignage d'Ibn Mas'ûd transmis par plusieurs chaînes de transmet-teurs. Il est
rapporté également par Abû Dâwûd dans ses "Sunan", et Al-Tabarânî dans
"al-Mo'jam al-Kabîr". Al-Tirmithî et al-Kanjî al-Châfi'î l'ont déclaré
authentique (çahîh).(79)
B-
«S'il ne restait à ce monde qu'un seul
jour de durée, Dieu suscitera un Homme de ma Famille qui remplira la Terre de
justice, comme elle aura été remplie de tyrannie».
Ce
Hadîth est rapporté du Prophète (P) par l'Imam 'Alî (p). Il est transmis par
AHMAD dans son "Musnad", ainsi que par Ibn Abî Chîbah, Abû Dâwûd, et al-Bayhaqî.
Al-Tabrasî en a dit que les Sunnites et les Chî'ites s'accordent sur son
authenticité.(80)
Quant à
Abûl-Faydh al-Ghimârî, il souligne que "Ce Hadîth est authentique sans aucun
doute et aucune contestation".(81)
C-
«L'Heure ne sera suscitée avant qu'un
Homme de ma Famille dont le nom sera mon nom ne soit suscité».
Ce
Hadîth rapporté du Prophète (P) par Ibn Mas'ûd est transmis par AHMAD et
al-Tirmithî, al-Tabrânî selon plusieurs chaînes de transmission. Il est
transmis également par al-Cheikh al-Tûcî et par al-Kanjî qui le déclare
authentique.(82)
D'autre
part, Abû Ya'lî al-Muçilî l'a rapporté dans son "Musnad" d'un autre Compagnon,
Abû Hurayrah, et dans "Al-Dur al-Manthûr", il noté que "Al-Tirmithî a rapporté
ce Hadîth relaté par Abû Hurayrah et en a dit qu'il est authentique".(83)
D-
«Al-Mahdî fait partie de nous, les Gens de
la Maison (Ahl-ul-Bayt). Il a le nez aquilin et le front haut. Il remplira la
terre d'équité et de justice de même qu'elle aura été remplie d'injustice et de
tyrannie».
Ce
Hadîth est rapporté du Prophète (P) par Abî Sa'îd al-Khidrî, et il est transmis
par 'Abdul-Razzâq. Al-Hâkem l'a déclaré authentique selon les critères de
Muslim. Al-Arballî l'a mentionné dans "Kach al-Ghummah".(84)
5- Les Hadîth
déclarant qu'Al-Mahdî fait partie de la
Progéniture " 'itrah
" (du Prophète
(P))
De
nombreux hadîths dans ce sens ont été rapporté par les principaux
"traditionnistes" (spécialistes des Sciences du hadîth). Nous en citons un
ci-après à titre d'illustration:
«L'Heure ne sera pas suscitée avant que la terre ne soit
remplie d'injustice et d'agression. Et là un Homme de ma
progéniture - ou de ma
Famille (Ahlu-Baytî) selon une autre version(85) -
apparaîtra et la (la terre) remplira
d'équité et de justice, de même qu'elle aura été remplie d'injustice et de
tyrannie».
Ce
Hadîth rapporté du Prophète (P) par Abû Sa'îd al-Khidrî, est cité par AHMAD, Ibn
Habân, et par al-Hâkem qui l'a déclaré "authentique" selon les
critères d'al-Bukhârî et de Muslim, ainsi que par al-Çâfî dans "Muntakhab
al-Athar".(86)
6- Hadîth de
«Al-Mahdî, descendant de
Fâtimah».
Selon Om
Salamah: «J'ai entendu le Prophète dire:
«Al-Mahdî est une vérité. Il descend de
Fâtimah».
Ce
Hadîth est rapporté par Abû Dâwûd, Ibn Mâjah, al-Tabarânî, et
al-Hâkem. Il est à noter à cet égard, et c'est un détail révélateur et
significatif, que quatre éminents uléma sunnites,(87) ont rapporté
ce Hadîth de "Çahih Muslim", alors que les éditions de ce livre, disponibles de
nos jours, ne le mentionnent pas! D'autres "traditionnistes" sunnites ont
reconnu son authenticité, et d'autres encore ont affirmé la concor-dance
(tawâtor)(88) de ses chaînes
de transmission.(89)
D'autre
part, Na'îm Ibn Hamâd rapporte cette parole de l'Imam 'Alî:
«Al-Mahdî est un Homme des nôtres. Il
descend de Fâtimah»(90) et cette autre
citée par al-Zohrî:«Al-Mahdî est un
descendant de Fâtimah».(91)
Enfin
reprenons le récit de Qutâdah cité au début de ce chapitre pour le compléter,
car il réunit la plupart des éléments contenus dans les différents hadîths que
nous venons d'énumérer. Qutâdah a relaté:
«J'ai
demandé à Sa'îd Ibn al-Musayyab:
-
La question d'al-Mahdî est-ce une vérité?
-
Oui, répondit-il, c'est une vérité
-
De qui descend-il? lui ai-je demandé
-
De Quraych
-
De quelle branche de Quraych?
-
De Banî Hâchim, affirma-t-il.
-
De quelle branche de Banî Hâchim?
-
Les descendants de 'Abdul-Muttalib, dit-il
-Des quels
descendants de Abdul-Muttalib?
-
Les descendants de Fâtimah, précisa-t-il».(92)
7- Les Hadîth
précisant qu'Al-Mahdî sera un descendant
de l'Imam al-Hussain.
Les
Compagnons, Salmân al-Fârecî, Abî Sa'îd al-Khidrî, Abû Ayyûb al-Ançârî, Ibn
'Abbâs, 'Alî al-Hilâlî ont rapporté du Prophète (P) le Hadîth suivant avec des
nuances dans la formulation:
«Ô Fâtimah! Nous les Ahl-ul-Bayt, sommes favorisés par
sept qualités dont n'a été favorisé aucun parmi les premiers et que n'atteindra
aucun des derniers (....) De nous sera issu al-Mahdî de la Umma, derrière lequel
priera 'Îssâ (Jésus)».
Et
posant sa main sur l'épaule d'al-Hussain (p), le Prophète (P) a ajouté:
«C'est de lui que sera issu al-Mahdî de la
Umma».(93)
Il
y a beaucoup d'autres hadîths semblables rapportés par des chaînes de
transmetteurs sunnites dont nous citons:
-
Selon Huthayfah Ibn al-Yamân: «Le Prophète nous a dit un jour:
«... S'il ne restait à ce monde qu'une seule journée,
Allah - IL est Puissant et Élevé - l'allongera jusqu'à ce qu'IL suscite un Homme
de mes descendants dont le nom sera le mien».
Là, Salmân
al-Fârecî demanda: «Ô Messager d'Allah! Duquel de tes descendants sera-il? Le
Prophète (P) répondit:
«De celui-là», en posant sa main sur
al-Hussain».(94)
-
L'Imam al-Hussain (p) (cité dans "Yanâbî' al-Mawaddah", citant "Al-Manâqib"
d'al-Khawârizmî, témoigne:
«Un jour
lorsque je suis entré chez mon grand-père, le Messager d'Allah (P), il m'a fait
asseoir sur sa jambe et m'a dit:
«Allah a choisi de ton épine dorsale, ô Hussain!, neuf
Imams dont le neuvième sera leur Résurrecteur (Qâ'im). Ils seront tous égaux
dans la préséance et la position auprès d'Allah».(95)
-
Salmân al-Fârecî (cité dans "Yanâbî` al-Mawaddah" qui cite "Al-Manâqib"
d'Al-Khawârizmî) témoigne : «Un jour je suis entré chez le Messager d'Allah (P)
et je l'ai vu en train d'embrasser les yeux d'al-Hussain, qui était assis sur sa
jambe, et le baiser sur la bouche, en lui disant:
«Tu es Maître (Sayyed), fils de Maître et frère de
Maître! Tu es Imam, fils d'Imam et frère d'Imam! Tu es Hujjah (Preuve
d'Allah) et père de Hujjah et tu es le père de neuf Hujjah dont le
neuvième sera leur Résurrecteur».(96)
8- Al-Mahdi
est le fils de l'Imam al-Hassan al-'Askarî.
Selon
al-Qandûzî dans "Yanâbî' al-Mawaddah" citant "Kitâb al-Arba'în" d'Abî Na'îm
al-Içbahânî, l'Imam 'Alî al-Redhâ (p), le VIIIème Imam d'Ahl-ul-Bayt a dit:
«Le
successeur pieux parmi les fils d'Al-Hassan al-'Askarî sera le Maître du Temps
(Çâhib al-Zamân), al-Mahdî.
Que la Paix d'Allah soit sur eux».(97)
Toujours
selon "Yanâbî' al-Mawadah" citant "Farâ'id al-Samtayn d'al-Hamwînî
al-Châfi'î, l'Imam al-Redhâ (p) a dit:
«L'Imam qui
me succédera est mon fils Mohammad (Al-Taqî), et celui qui lui succédera sera
son fils 'Alî (Al-Naqî, dit al-Hâdî) dont le fils, Al-Hassan (dit al-'Askarî)
lui succédera. Après al-Hassan l'Imamat reviendra à son fils Al-Hujjah al-Qâ'im (La Preuve d'Allah, le
Résurrecteur), dont on attend la réapparition après son occultation et à qui on
obéira après sa réapparition. Il remplira la terre d'équité et de justice après
qu'elle aura été remplie de tyrannie et d'injustice. Quant à savoir quand (il
surgira)? C'est comme pour l'Heure! En effet selon mon père, citant ses
ancêtres, le Messager d'Allah a dit à ce propos: «Il (al-Mahdî), c'est comme l'Heure, elle ne vous
surviendra que subitement»(98)
D'autres
Hadîths confirment l'existence d'Al-Mahdî et qu'il est bien le XIIe Imam
d'Ahl-ul-Bayt
A-
«Quiconque meurt sans avoir connu l'Imam
de son temps, mourra en jâhilite».(99)
Ce
Hadîth rapporté du Prophète (P) avec des variantes dans la formulation - mais
exprimant toutes le même sens et le même contenu - est relaté dans les
principaux et les plus célèbres ouvrages de Hadîth, et par les rapporteurs de
Hadîth les plus notoires, sunnites et chî'ites confondus. Il serait trop long de
les énumérer ici.(100)
Contentons-nous donc d'en citer quelques-uns dont l'autorité est universellement
reconnue: "Çahîh al-Bukhârî" et "Çahîh Muslim"(101) parmi les
Sunnites; al-Kulaynî, al-Çadûq et son père, ainsi qu'al-Humayrî et
al-Çaffâr parmi les Chî'ites.(102)
La
signification de ce Hadîth est claire. Il rend obligatoire à tout Musulman de
connaître l'Imam légitime de son époque, sous peine d'une fin horrible. Cela
implique donc forcément qu'il y a un Imam légitime à toute époque et pour toute
génération. Seule explication possible, plausible et cohérente à ce Hadîth est
l'existence de l'Imam al-Mahdî et sa survie depuis le décès de son père, l'Imam
al-Hassan al-'Askari, en 260 de l'Hégire, et jusqu'à sa réapparition annoncée
par le Prophète et confirmée par ses prédécesseurs les Onze Imams d'Ahl-ul-Bayt,
les Successeurs légitimes du Messager d'Allah. D'ailleurs les hadîths suivants
ne font que confirmer la signification de ce Hadîth.
Certes,
d'aucuns diraient que l'expression «l'Imam
de son temps» couvrirait ou désignerait tout gouvernant (calife,
roi ou président de la république), fût-il injuste, dévié, corrompu ou pervers,
(et le monde musulman n'en manque pas et n'en a pas manqué)! Mais qui pourrait
croire un instant à une telle interprétation insensée et absurde de ce Hadîth?!
Qui pourrait concevoir que l'Islam ou le Noble Prophète vouerait une telle
révérence à un gouvernant même corrompu ou tyran, pour imposer à tout Musulman
l'obligation et "l'honneur" ou "la bénédiction" de le connaître?!
B-
«La terre n'est jamais vide d'un Guide
qui, répondant pour Allah, maintient Ses témoignages ...».
Ce
Hadîth, rapporté lui également par les ulémas aussi bien sunnites que chî'ites,
en citant différentes chaînes de transmetteurs,(103) corrobore le
Hadîth précédent et commande l'existence nécessaire de l'Imam al-Mahdî.
Autrement,
l'énoncé: «la terre n'est jamais vide d'un
Guide ... » ne s'explique pas, si l'on n'admet pas sa naissance
et sa survie. Ledit Hadîth est rapporté directement de l'Imam 'Alî (p) par
Kumayl Ibn Ziyâd al-Nakh'î à qui il a été adressé:
«Ô
Kumayl Ibn Ziyâd: Apprends de moi par coeur ce que je te dis: (...) Oui, certes,
par Allah! La terre n'est jamais vide d'un Guide qui maintient les Preuves
d'Allah. Il assume cette tâche soit à découvert soit tout en étant caché. Et ce
afin que les Preuves divines et leurs significations ne soient pas anéanties».(104)
Ibn
Hajar al-'Asqalânî a compris ce Hadîth comme allusion à l'Imam al-Mahdî,
lorsqu'il a déclaré:
«Le fait
que 'Îssâ (p) priera derrière un Homme de cette Umma, bien qu'on soit vers la
Fin du Temps et à l'approche de la résurrection de l'Heure indique que
"la terre n'est jamais vide d'un Guide
qui, répondant d'Allah, maintient Ses Preuves"».(105)
Ibn Abî
Hadîd a compris la même chose de ce Hadîth.(106)
C-
Les Hadîths du Prophète sur les
«Douze
Califes-Successeurs»
Al-Bukhârî
a rapporté le témoignage suivant de Jâbir Ibn Samrah: «J'ai entendu le Prophète
(P) dire: "Il y aura douze Amîrs
..." et d'autres mots que je n'ai pas pu entendre. Mon père m'a
informé alors qu'il avait dit "ils seront
tous issus de Quraych"»(107)
Selon
"Çahîh Muslim", le Prophète (P) a dit:
«La Religion se maintiendra jusqu'à l'arrivée de l'Heure
ou jusqu'à ce que Douze Califes, issus tous de Quraych, vous eussent
dirigés».(108)
"Musnad
Ahmad", cite le témoignage suivant de Masrûq: «Nous étions assis chez 'Abdullâh
Ibn Mas'ûd qui récitait le Coran. Un homme demanda alors à ce dernier: «Ô Abû
'Abdul-Rahmân! N'avez-vous jamais demandé au Messager d'Allah (P) combien de
Califes vont régner sur cette Umma?» 'Abdullâh Ibn Mas'ûd a répondu: «Personne,
avant toi, ne m'a posé cette question depuis que je suis venu en Irak». Et
d'ajouter: «Si! nous l'avons posée au Messager d'Allah (P) et il y a répondu:
"Douze, comme le nombre des Chefs
(noqabâ')
de Banî
Isrâ'îl"».(109)
Il
ressort de cette série de hadîths admis unanimement par les sources sunnites et
chî'ites, ce qui suit:
1-
Le nombre de "Calife ou
d'Émirs" qui ont la charge de la Umma (la Communauté musulmane)
après la disparition du Prophète (P) et jusqu'à la fin des Temps, est douze et
ils sont tous issus de Quraych.
Ceci est
conforme à la croyance du Chî'isme qui veut que les seuls successeurs légitimes
du Prophète (P) soient ses Douze Descendants, les Douze Imams d'Ahl-ul-Bayt (p),
dont le douzième est l'Imam al-Mahdî, occulté et toujours vivant jusqu'à la Fin
des Temps.
Certes, on
peut objecter que l'expression "Émirs ou
Califes" ne s'applique pas à la réalité des Douze Imams,
lesquels, à l'exception de l'Imam 'Alî, n'ont pas accédé au pouvoir. Mais, la
réfutation de cette objection est simple et évidente: le Prophète (P) a désigné
par "Califes ou Émirs"
ceux qui sont dignes de lui succéder ou qui méritent légitimement le pouvoir et
sa succession, et non point ceux qui, à l'instar de Yazîd, Marwân ou Mu'âwiyah,
ont transformé le Califat-Bien-Dirigé en monarchie héréditaire et qui au lieu de
se plier aux exigences de la Charî'ah ont plié celle-ci aux caprices de leur
règne et de leur pouvoir, comme l'a bien démontré, l'une des figures de proue du
Sunnisme moderne, Abû-l-A'lâ al-Mawdûdî, dans son excellent livre "Al-Khilâfah
wa-l-Mulk".(110)
Si
les Imams d'Ahl-ul-Bayt ont été systématique-ment écartés du pouvoir, ils n'ont
pas moins exercé leur fonction de diriger spirituellement leurs adeptes, de
transmettre les enseignements authentiques du Prophète (P), d'attirer
l'attention de la Umma chaque fois que le pouvoir califal commettait une entorse
évidente à la Charî'ah.
2-
Ces douze Chefs sont désignés par Allah puisque le Hadîth les compare aux
"Douze Chefs de Banî
Isrâ'îl" choisis par la Volonté divine, comme l'affirme le
Coran: «Allah a contracté une alliance
avec les Banî Isrâ'îl et Nous avons suscité douze chefs parmi
eux».(111)
3-
Les Hadîth précités impliquent la présence de l'un des douze à toutes les
époques et tant que la Religion existe, et ce jusqu'a l'occurrence de l'Heure.
En effet "Çahîh Muslim" rapporte, dans le même chapitre précité
(note 72), un hadîth explicite à cet égard:
«Cette affaire (le califat ou la succession) demeurera au
sein de Quraych même s'il ne restait dans le monde que deux
personnes».
Or
ceci est tout à fait conforme à la croyance du Chî'isme qui veut que le Douzième
Imam, l'Imam al-Mahdî soit toujours vivant et qu'il réapparaisse forcément à la
Fin des Temps pour remplir la terre de justice et d'équité, de même qu'elle aura
été pleine d'injustice et de tyrannie, comme l'a annoncé le Noble Prophète (P).
Notons que
personne n'ignore que les uléma sunnites ne se sont jamais accordés sur les noms
des "Douze Califes"
mentionnés dans les hadîths authen-tiques qu'ils rapportent eux-mêmes, au point
que certains d'entre eux ont été obligés d'impliquer dans ce chiffre les noms de
Mu'âwiyah, Marwân, 'Abdul-Malik et 'Omar Ibn 'Abdul-'Azîz pour compléter le
quota de douze.(112)
Mais une
telle interprétation des "Douze
Califes" ne tient pas debout et ne concorde pas avec le texte du
Hadîth, car elle couvre la période allant jusqu'à l'époque de 'Omar Ibn
'Abdul-'Aziz, alors que le Hadîth dit clairement que la Religion existera avec
leur existence jusqu'à l'avènement de l'Heure.
Donc les
hadîths de "Douze Califes"
demeurent inexplicables tant qu'on ne les applique pas sur les Douze Imams
d'Ahl-ul-Bayt et la survie du dernier d'entre eux, l'Imam al-Mahdî. Car si on
l'applique aux califes quraychites (Omayyades et Abbassides) qui se sont succédé
effectivement au Pouvoir, on se heurte au fait que leur nombre était plusieurs
fois le double du chiffre de 12 indiqué dans les Hadîth concernés. De plus ils
ont tous péri d'une part, et aucun d'entre eux n'a été désigné par la Volonté
divine, selon l'unanimité des Musulmans.
Écoutons ce
que dit à cet égard le Traditionniste hanafite al-Qandûzî:
«Selon
certains chercheurs (Mohaqqiqîn), les hadîths indiquent que les Califes
après le Prophète (P) sont notoirement connus grâce aux nombreuses chaînes de
transmission qui les ont rapportés. Et si l'on tient compte du temps, de
l'univers et du lieu, on comprend de ces Hadîths qu'ils visent "les douze Imams,
faisant partie de la Famille et de la Progé-niture du Prophète (P)". Car on ne
saurait les appliquer à ses Compagnons(113) qui ont
accédé au califat, leur nombre étant inférieur à douze, ni aux rois omayyades,
leur nombre étant supérieur à douze d'une part, et en raison de leur injustice
flagrante - 'Omar Ibn 'Adul-'Aziz, mis à part - d'autre part; et enfin parce
qu'ils ne sont pas issus de Banî Hâchim, alors que le Prophète (P), avait
précisé: "Ils appartiendront tous aux Banî
Hâchim", selon le récit de 'Abdul-Malek rapportant le témoignage
de Jâber (...). On ne saurait les appliquer non plus aux rois abbassides, leur
nombre étant là encore supérieur au chiffre fixé (...). Ce qui corrobore, cet
avis (ce sont les douze Imams d'Ahl-ul-Bayt qui sont désignés par lesdits
Hadîth), c'est Hadîth al-Thaqalayn».(114)
Rappelons
enfin, et c'est très important, ce que son Éminence Mohammad Bâqer al-Sadr a
souligné dans le Livre 1 de cet ouvrage, à savoir que le Hadîth du Prophète sur
les Douze Califes, dans toutes ses variantes, avait été rapporté et enregistré
dans les Corpus de hadîth (les Çihâh) chronologiquement avant que
ne s'achève le cycle de douze Imams d'Ahl-ul-Bayt. Il n'est donc nullement le
reflet d'une réalité vécue, mais plutôt l'expression d'une vérité divine
annoncée par celui "qui ne prononce
rien sous l'effet de la passion"(115) et qui ne
fait que transmettre la Parole d'Allah, le Prophète (P), en affirmant:
«Les Califes après moi seront au nombre de
douze», afin que les gens qui ont le privilège d'être bien
guidés constatent la concrétisation de cette vérité dans la réalité historique
qui a commencé avec l'Imam 'Alî et qui se termine par l'accession de l'Imam
al-Mahdî à l'Imamat, c'est-à-dire à la succession légitime du Noble Prophète.
Telle est la seule application plausible et logique de ce Hadîth.
Les hadîths
sur les "Douze Imams (p)" clarifient le contenu des hadîth sur les "Douze
Califes"
Nous avons
tenu, jusqu'ici, à ne reproduire, toujours par souci d'objectivité, que les
hadîths du Prophète (P), notoirement connus, largement diffusés et
universellement admis sur les "Douze
Califes", bien que ces hadîths, dans la version présentée,
soient vagues et sujets à diverses interprétations, du moins lorsqu'on les juge
sur les apparences. Nous allons présenter maintenant sur le même sujet, une
série d'autres hadîths, plus explicites et plus précis, mais qui, bien qu'ils
soient aussi authentiques et aussi incontestables que les précédents, sont
peut-être moins connus et partiellement rapportés, pour des raisons
politico-historiques évidentes auxquelles nous avons déjà fait allusion
brièvement et que nous expliquerons plus en détail par la suite. Ces hadîths
sont:
a)- Selon le
Compagnon 'Abdullâh Ibn 'Abbas, cité par Sa'îd Ibn Jubayr, cité par al-Juwînî
dans "Farâ'id al-Samtayn": «Le
Prophète (P) a dit:
"Mes Successeurs (Kholafâ'î),et mes Héritiers présomptifs
(awçiyâ'î), (qui seront) les Preuves d'Allah après moi, sont au
nombre de douze: le premier d'entre eux est mon frère et le dernier est mon
fils".
On
lui a demandé alors:
-
Ô Messager d'Allah! Qui est donc ton frère?
-
'Alî Ibn Abî Tâlib, a-t-il
répondu.
-
Et qui est ton fils?, lui a-t-on demandé encore.
-
C'est al-Mahdî, lequel la (la terre)
remplira d'équité et de justice après qu'elle aura été remplie de tyrannie et
d'injustice, a-t-il répondu.(116)
b)- Jâbir Ibn
'Abdullâh témoigne que le Prophète (P) lui a dit:
«Ô Jâbir! Mes héritiers présomptifs et les Imams des
Musulmans après moi commencent par 'Alî, puis al-Hassan, puis
al-Hussain...».
Puis il a
mentionné nommément les neuf descendants d'al-Hussain, à commencer par 'Alî Ibn
al-Hussain et en terminant par al-Mahdî Ibn (fils de) al-Hassan al-'Askarî
(p).(117)
c)- Selon
al-Çadûq (décédé en l'an 381 H.) dans "Kamâl l-Dîn wa Tamâm al-Ni'mah", citant
une chaîne de transmetteurs qui remonte à l'Imam Ja'far al-Sâdiq (p) qui cite
son père, citant ses prédécesseurs, les Imams d'Ahl-ul-Bayt (p), le Messager
d'Allah (P) a dit:
«Jibrâ'îl (l'archange Gabriel)
m'a informé que le Seigneur de la
Puissance - que Sa Majesté soit Grande - avait dit: "Quiconque vient à savoir
qu'il n'y a de Dieu que Moi Seul, que Mohammad est Mon Serviteur et Mon
Messager, que 'Alî Ibn Abî Tâlib est Mon Lieutenant, et que les Imams parmi ses
descendants sont Mes Preuves, Je le ferai entrer dans Mon Paradis, par Ma
Miséricorde, Je le sauverai de l'Enfer, par Mon Pardon...».
Lorsque le
Prophète (P) termina sa parole, Jâbir Ibn 'Abdullâh al-Ançârî lui demanda:
-
Quels sont les Imams parmi les descendants de 'Alî Ibn Abî Tâlib?
Le
Prophète répondit:
"Al-Hassan et al-Hussain, les deux Maîtres
de la Jeunesse du Paradis, puis le Maître des adorateurs (Zayn al-'Âbidîn) de
son époque, 'Alî Ibn al-Hussain, puis Al-Bâqer Mohammad Ibn 'Alî
que tu rencontreras, ô Jâbir - et lorsque tu le rencontreras, transmets-lui mes
salutations - puis Al-Sâdiq Ja'far Ibn Mohammad, puis Al-Kâdhim Mûsâ Ibn
Ja'far, puis Al-Redhâ 'Alî Ibn Mûsâ, puis Al-Taqî Mohammad Ibn 'Alî, puis
Al-Naqî 'Alî Ibn Mohammad, puis Al-Zakî al-Hassan Ibn 'Alî, puis
son fils Al-Qâ'im Bi-l-Haq, le Mahdî de ma Umma, qui remplira la terre
d'équité et de justice après qu'elle aura été remplie de tyrannie et
d'injustice. Ceux-là sont, ô Jâbir, mes Successeurs (kholafâ'î), mes Héritiers
présomptifs (awçiyâ'î), mes Fils (awlâdî) et ma Progéniture. Quiconque leur
obéira m'aura obéi, et quiconque leur désobéira m'aura
désobéi..."».(118)
d)-
Al-Qandûzî al-Hanafî rapporte dans "Yanâbî' al-Muwaddah, citant
al-Khawârizmî "Kitâb al-Manâqib" d'al-Khawârizmî al-Hanafî, citant l'Imam
al-Redhâ (p) qui cite la chaîne de transmission des Imams d'Ahl-ul-Bayt (p), un
Hadîth du Prophète (P) qui mentionne nommément les douze Imams en commençant par
Amîr al-Mo'minîn 'Alî Ibn Abî Tâlib et en terminant par l'Imam al-Mahdî Ibn
al-Hassan al-'Askarî (p). Al-Qandûzî affirme que ce même Hadîth est rapporté par
al-Juwînî al-Hamwînî al-Châfi'î, auteur de "Farâ'id al-Samtayn".(119)
De
même al-Qandûzî rapporte un autre hadîth du Prophète rapporté par deux chaînes
de transmission remontant à Ibn 'Abbâs, mentionnant également les noms des Douze
Imams,(120)
et
un autre encore remon-tant à Jâbir Ibn 'Abdullâh al-Ançârî.(121)
e)- Dans
"Kifâyat al-Athar fî-l-Naç 'Alâ-l-A'immah al-Ithnâ 'Achar", Al-Khazzâz (l'un des
uléma notoire du IVe siècle de l'Hégire) consacre tout son livre aux hadîths qui
mentionnent les noms des Douze Imams (p).
Mais
estimant qu'il n'est pas nécessaire de les reproduire ici, nous nous contentons
d'extraire et de citer une partie de son introduction:
«Je
commence par énumérer les Récits (Hadîths) qui mentionnent nommément les douze
Imams (p) et qui sont rapportés par les Compagnons les plus connus du Prophète
(P), tels que 'Abdullâh Ibn 'Abbâs, 'Abdullâh Ibn Mas'ûd, Abî Sa'îd al-Khodrî,
Abû Tharr al-Ghifârî, Salmân al-Fârecî, Jâbir Ibn Sumrah, Jâbir Ibn
'Abdullâh, Anas Ibn Mâlek, Abû Hurayrah, 'Omar Ibn al-Khattâb, Zayd Ibn Thâbit,
Zayd Ibn al-Arqam, Abî 'Omâmah Wâthilah Ibn al-Asqa', Abû Ayyûb al-Ançârî,
'Ammâr Ibn Yâcer, Huthayfah Ibn Osayd, 'Omrân Ibn al-Haçîn,
Sa'd Ibn Mâlek, Huthayfah Ibn al-Yamân, Abû Qutâdah al-Ançârî,
'Alî Ibn Abî Tâlib (p) et ses deux fils al-Hassan et al-Hussain (p).
»Et parmi
les femmes: Om Salamah, Â'ichah, et Fâtimah fille du Messager d'Allah(P)».(122)
Ce
genre de hadîths, rapportés avec encore plus de détails sur les Douze Imams,
dont l'Imam al-Mahdî, et mentionnés avec tous les maillons de leurs chaînes de
transmission, vérifiés et examinés à la loupe par des ulémas et des spécialistes
qui font autorité, sont abondants dans les livres de référence chî'ites, mais
plutôt rares dans les corpus sunnites.
On
assiste ainsi à un contraste révélateur à cet égard, lorsqu'on examine les deux
séries ou groupes de hadîth sur les "Douze
Califes" et les "Douze
Imams". Alors que les hadîth de la première série (les Douze
Califes) qui sont plutôt concis, vagues et équivoques, et sujets à différentes
interprétations, se trouvent normalement diffusés dans les corpus et d'autres
ouvrages sunnites traitant des Traditions, ceux de la seconde série (les Douze
Imams) qui sont détaillés et très explicites quant à leurs significations,
apparaissent surtout dans les corpus de tendance Chî'ite.
Pourtant,
un chercheur neutre qui étudie objec-tivement l'ensemble de ces hadîths et
examine selon les règles des Sciences des Traditions leur valeur documentaire,
conclurait sûrement à l'authenticité des hadîths des deux séries, et surtout
constaterait qu'ils traitent tous d'un même et seul sujet. Si malgré un tel
constat d'unité de sujet et de source, ces hadîth sembleraient, de prime abord,
appartenir à deux séries distinctes, cela tient sans doute au contexte
historique et politique dans lequel ils ont été rapportés.
En
effet, on sait que malgré la volonté du Pro-phète (P), maintes fois exprimée
devant des milliers de Musulmans, de voir, conformément à la Volonté divine, les
Ahl-ul-Bayt (p), à commencer par l'Imam 'Alî (p) lui succéder, ce dernier fut
écarté du califat, après le décès du Messager d'Allah(P). Après la disparition
de l'Imam 'Alî, ses descendants, les autres Imams d'Ahl-ul-Bayt seront également
systématique-ment mis à l'écart du Califat. Si l'Imam 'Alî et ses successeurs,
se sont résignés devant le fait accompli, se contentant de diriger
spirituellement leurs adeptes et de mener une opposition généralement pacifique
au pouvoir califal, il va de soi qu'ils n'ont jamais renoncé à leur droit
inaliénable, comme seuls successeurs légitimes du Prophète (P). Évidemment la
présence permanente de cette légitimité ne manquait pas d'inquiéter les
différents califes officiels qui se sont succédé au Pouvoir. Il était naturel
dès lors qu'ils toléraient difficilement la diffusion de toute référence
prophétique de nature à rappeler ou à évoquer cette légitimité bien
embarrassante. Lorsqu'ils ne pouvaient pas interdire une telle diffusion, du
moins faisaient-ils tout ce qui était en leur pouvoir pour la décourager.
Citons à
cet égard l'exemple de Mu'âwiyah qui non seulement a fermement interdit qu'on
rapporte des hadîths du Prophète (P) mettant en évidence les vertus de l'Imam
'Alî et des Ahl-ul-Bayt (p), mais il a décrété à l'adresse des imams de Prière
et de ses gouverneurs, l'obligation "hérétique", selon l'expression d'Abû-l-A'lâ
al-Mawdûdî, de maudire l'Imam 'Alî (p) du haut de leurs chaires.
Écoutons ce
qu'écrit à ce sujet, l'un des dirigeants modernes les plus éminents du Sunnisme,
'Abû-l-A'lâ al-Mawdûdî que nous venons d'évoquer:
«Une autre
hérésie hideuse est apparue sous Mû'âwiyah. Celui-ci et avec lui et - sur ses
ordres - ses gouverneurs injuriaient notre maître 'Alî du haut de leurs chaires.
Ce qui est plus grave encore, ils le maudissaient - lui qui était l'être le plus
aimé parmi ses proches parents, et le plus proche de son noble coeur - du haut
de la chaire de la Mosquée même du Prophète, devant la maison du Prophète et en
présence des fils et des plus proches parents de notre maître 'Alî, lesquels
entendaient ces injures».
Et
Al-Mawdûdî d'ajouter:
«Injurier
quelqu'un après sa mort est, en soi, une chose contraire à l'éthique humaine, et
ce, sans compter qu'elle est aussi contraire à la Charî'a. Pis, mêler le Prône
de la Prière du Vendredi à de telles bassesses était du point de vue religieux
et moral une action grossière et trop détestable».(123)
Poussant
cette haine irréductible jusqu'à son paroxysme, Mu'âwiyah n'a pas hésité à
assassiner, décapiter et mutiler les cadavres de ces Musulmans pieux, de ces
Compagnons augustes qui avaient pour seul tort de s'opposer à cette pratique
abjecte et contraire à l'esprit et aux préceptes de l'Islam que constituait là
le fait de proférer des injures à l'égard de la Famille du Prophète lors de la
Prière du Vendredi.
Là
encore citons Abû-l- A'lâ al-Mawdûdî en gage d'impartialité:
«Cette
pratique nouvelle - l'assassinat des Com-pagnons qui refusaient d'injurier
l'Imam 'Alî a été inaugurée par Mu'âwiyah avec l'assassinat, en l'an 41H. de
Hojr Ibn 'Ady, un Compagnon auguste, un adorateur ascète, l'un des plus grands,
pieux de la Umma. En effet lorsque la pratique d'injures et d'invectives
proférées du haut de minbar (chaire) contre l'Imam 'Alî fut instituée, les
Musulmans des quatre coins du monde s'en étaient affligés tout en se taisant
douloureusement. Toutefois, notre maître Hojr, n'a pu le supporter. Aussi
s'est-il mis à louer l'Imam 'Alî et à critiquer sévèrement Mu'âwiyah (...). Un
jour, Ziyâd, le Gouverneur omayyade de Kûfa et de Basrah ayant retardé la
prononciation du Prône du Vendredi (parce qu'il était occupé à injurier l'Imam
'Alî), Hojr protesta contre ce retard. Il fut tout de suite arrêté avec douze de
ses compagnons. On les transféra tous au siège de Mu'âwiyah. Celui-ci ordonna
qu'on les tue. Les bourreaux dirent à Hojr:
- Mu'âwiyah
nous a donné l'ordre de vous proposer de renier 'Alî et de le maudire. Si vous
acceptez, vous serez libres; sinon nous vous tuerons.
Hojr et ses
Compagnons refusèrent et dirent:
- Nous ne
ferons pas ce qui courrouce Dieu.
Sur ce,
Hojr fut exécuté avec sept de ses compagnons. Mu'âwiyah renvoya un autre des
compagnons de Hojr à Ziyâd avec une lettre dans laquelle il lui demandait de le
tuer de la façon la plus horrible. Ziyâd s'exécuta et l'enterra
vivant!».(124)
Commentant
cette atrocité de Mu'âwiyah, 'Abû-l- A'lâ al-Mawdûdî écrit:
«Cet
événement a fait trembler d'indignation tous les hommes pieux et bouleversa
toute la Communauté musulmane».(125)
Ceci dit,
dans un tel climat de haine et de terreur, où le pouvoir califal n'hésitaient
pas à opprimer de la sorte des Compagnons aussi prestigieux et vénérés que
Hojr Ibn 'Ady ou les petits-fils du Prophète, les "Deux Maîtres de la
Jeunesse du Paradis", selon l'expression du Prophète (P) lui-même, n'était-il
pas normal que des hadîths qui mentionnent et désignent nommément les Imams
d'Ahl-ul-Bayt, dont Al-Mahdî, promis pour mettre fin à la tyrannie et
l'injustice, comme Successeurs légitimes du Messager d'Allah se fassent rares
aussi bien dans la transmission orale que dans les ouvrages en vue. Les seuls
hadîths de cette catégorie qui pouvaient survivre à cette censure étaient ceux
qui échappaient au contrôle du pouvoir. Seuls - ou presque - les Imams
d'Ahl-ul-Bayt (et leurs adeptes) qui étaient mis souvent au ban de la société
pouvaient se permettre discrètement, ce "luxe" ou ce "privilège" et de préserver
ainsi une bonne partie des traditions du Prophète, qui dérangeaient les
autorités califales.
En
outre dans cette conjoncture, le terrain était tout à fait propice à toutes
sortes d'inventions et de déformations du Hadîth.
Les Signes
et les circonstances de l'apparition de l'Imam al-Mahdî
L'apparition
du Réformateur universel, l'Imam al-Mahdî (p) constitue l'un des événements
majeurs de l'Histoire de l'Humanité. Il était donc normal que le Prophète (P),
ainsi que ses successeurs légitimes, les Imams d'Ahl-ul-Bayt (p) informent la
Umma de la venue de ce "Grand Réformateur et Sauveur de l'Humanité" ainsi que
des circonstances et des signes annonciateurs de l'approche de son apparition,
afin que les gens soient avertis et que les esprits soient préparés à l'accueil
de cet événement.
Beaucoup de
Hadîths et de Récits, rapportés du Prophète et des Imams d'Ahl-ul-Bayt nous
décrivent ces signes et ces circonstances, lesquels sont de deux natures:
cosmique et sociale.
L'un des
signes sociaux les plus évidents qui annonce l'approche de l'avènement
d'al-Mahdî est la dégradation de la civilisation et du mode de vie humain, et sa
rétrogradation vers les stades obscurantistes de l'humanité, stades qui
précèdent normalement la venue d'un Prophète réformateur. En effet, c'est
lorsque l'Humanité sombre dans l'obscurantisme et que les croyances, les
coutumes, les normes, les moeurs et les relations sociales obscurantistes
prévalent dans la vie de cette Humanité, que la situation économique et la
sécurité se dégradent, que la peur, l'inquiétude, les guerres, l'injustice et
l'iniquité se généralisent que l'Humanité éprouvent un besoin impérieux d'un
grand Réforma-teur qui change le cours de l'Histoire et opère une révolution
radicale pour la ramener vers la Voie prophétique et la Marche monothéiste.
De
même, les récits hagiographiques soulignent comme signe précurseur de cet
événement le haut degré de progrès scientifique et technologique que l'Humanité
atteint, ainsi que la maturité de l'esprit humain.
Un
autre signe avant-coureur de la venue d'Al-Mahdî signalé par les hadîths est la
naissance d'un noyau de partisans et de mouvement social, politique et militaire
qui prépare son arrivée.
Ainsi, on
peut résumer les signes sociaux, annon-ciateurs du Sauveur Attendu comme suit:
1-
La prédominance de l'injustice et de l'iniquité;
2-
La renaissance de la vie, des moeurs et des croyances de l'obscurantisme
anté-islamique;
3-
Le progrès scientifique remarquable;
4-
Les guerres et les troubles destructeurs, qui vont de pair avec l'absence de
sécurité et de paix;
5-
L'apparition d'imposteurs et de faux réforma-teurs;
6-
La cherté de la vie et la détérioration de la situation économique;
7-
L'apparition de mouvements de réforme, de dirigeants et de courants réformateurs
qui aplanissent le terrain pour l'accueil du Sauveur.
Citons à
présent quelques-uns des hadîths qui nous parlent de ces signes:
Selon
al-Çadûq dans son "Man Lâ Yah-dhurhu-l-Faqîh", citant al-Açbagh Ibn
Nabâtah, l'Imam 'Alî Ibn Abî Tâleb (p) a dit:
«À la Fin des Temps et à l'approche de l'Heure - qui
constitue la pire des époques - apparaissent des femmes dévoilées, nues, courant
vers les plaisirs et légalisant ce qui est illégal. Leur demeure éternelle sera
la Géhenne".(126)
Selon
al-Majlicî dans "Bihâr al-Anwâr", citant une chaîne de transmission
remontant à l'Imam al-Sâdiq, le Prophète (P) a dit:
«Ma Umma connaîtra une époque où les gens font montre
d'un fond perfide et des apparences bonnes, par désir avide de ce bas-monde. Ils
ne recherchent pas (en ce temps) ce qu'il y a chez Allah - IL est Très-Haut et
Sublime - . Ils sont marqués par une hypocrisie sans scrupules. Allah leur
envoie alors un châtiment, à la suite duquel ils se mettent à L'implorer à la
façon d'un naufragé, mais leur appel de détresse n'aura pas de
réponse».(127)
Et
selon la même source, le Prophète (P) a dit:
«Ma Umma connaîtra une époque où il ne restera du Coran
que son dessin, et de l'Islam que son nom. Les gens s'en réclameront tout en en
étant les plus éloignés. Leurs mosquées seront très fréquentées, mais la piété y
sera absente. Les Faqîh (ulémas, juriscon-sultes) de cette époque seront les
pires des faqîh sous le ciel. C'est d'eux que les troubles sortiront et c'est
vers eux qu'ils retourneront».(128)
Selon
l'Imam Mohammad al-Bâqer (p):
«Al-Mahdî ne paraîtra que lorsque les tyrans auront été
élévés».(129)
Selon
l'Imam 'Alî (p), le Prophète (P) a dit:
«L'Islam a commencé expatrié et il redeviendra expatrié.
Mais bien-heureux seront les expatriés».
On
lui a demandé alors:
-
Ô Messager d'Allah, qui sont-ils?
Le
Prophète (P) a répondu:
«Ceux qui se réformeront, lorsque les gens se seront
pervertis. Un bon croyant n'éprouve jamais ni l'affliction ni le sentiment
d'être expatrié. Il n'y a pas un bon croyant qui meure expatrié sans que les
Anges ne pleurent sur lui, par compassion, là où les gens qui le pleurent se
font rares, et sans que sa tombe ne s'élargisse par une lumière qui brille
depuis le lieu de son enterrement jusqu'au lieu de sa
naissance».(130)
Selon Abî
Imâmah al-Bâhilî, rapporté par Ibn Mâjah dans ses "Sunan" (Tome II), le Prophète
(P) nous a dit à propos d'Al-Dajjâl(131):
«Il n'y a pas un trouble sur la terre, depuis qu'Allah a
créé la postérité d'Adam, plus terrible que celui d'Al-Dajjâl. Allah n'a jamais
moissonné un Prophète sans mettre en garde sa nation contre al-Dajjâl. Or, je
suis le dernier des Prophètes, et vous êtes la dernière des nations. Donc, il
sortira inévitablement parmi vous».(132)
L'Imam
al-Sâdiq (p), décrivant le haut niveau technologique et scientifique auquel sera
parvenue l'Humanité lors de l'apparition d'al-Mahdî, dit:
«Lorsque notre Qâ'im (le Résurrecteur, l'Annon-ciateur de
la Résurrection) sera suscité, Allah dévelop-pera tellement la vue et l'ouïe de
nos partisans qu'ils n'auront pas besoin de courrier entre eux et lui. Il leur
parlera et ils l'entendront et le verront alors qu'il reste à sa
place».(133)
L'Imam
al-Sâdiq (p) a dit également:
«À l'époque du Qâ'im, le croyant qui se trouverait en
Orient pourra voir son frère qui se trouverait en Occident et vice
versa».(134)
(On peut
dire que ces deux Hadîths indiquent le progrès technologique et le développement
des moyens de communication de nos jours, tels le téléphone, la Radio, la
Télévision. Et il est évident que ces deux technologies (la vue et l'ouïe à
distance) annoncées comme signes matériels de l'apparition d'al-Mahdî,
n'existaient pas à l'époque de l'Imam al-Sâdiq (p), ni même il y a deux siècles.
Par conséquent, les deux Hadîths pourraient être considérés comme des documents
matériels corroborant la vérité de l'apparition d'al-Mahdî).
Dans son
livre "Al-Ghaybah", Cheikh al-Tûcî rapporte le témoignage suivant de
Mohammad Ibn Muslim et Abî Baçîr qui affirment avoir entendu l'Imam al-Sâdiq
(p), dire:
«Cette affaire (la venue de l'Imam al-Mahdî) ne se
réalisera pas avant que ne disparaissent les deux tiers de
l'Humanité».
Sur ce, ils
(les deux témoins) lui ont demandé:
-
Mais si les deux tiers de l'humanité disparais-saient, qui restera-il?
L'Imam
al-Sâdiq a répondu:
«N'accepteriez-vous pas de faire partie du tiers
restant?».(135)
Selon Abû
Na'îm dans "Al-Burhân fî 'Alâmât Çâhib al-Zamân", l'Imam 'Alî (p) a dit:
«Le Mahdî ne sortira que lorsqu'un tiers des gens auront
été tués et un autre tiers morts et que le troisième tiers aura
survécu».(136)
Selon un
hadîth rapporté par al-Çadûq et attribué à l'Imam al-Kâdhim (p):
«Deux signes annonceront la venue d'al-Mahdî, qui
démentiront les calculs des astrologues: une éclipse lunaire qui se produira le
5 du mois (lunaire) et une éclipse solaire, le 15, ce qui ne s'était produit
depuis la descente d'Adam (p) sur la terre».(137)
Notons
enfin que les hadîths qui évoquent la venue d'al-Mahdî affirment qu'il surgira à
la Mecque, qu'il y proclamera son Imamat et la constitution de son État, et que
les gens lui prêteront serment d'allégeance à l'endroit situé entre le Rukn et
le Maqâm au Masjid al-Harâm.(138)
La question
d'al-Mahdî disséquée par Henri Corbin
Dans le
livre I, son Éminence Mohammad Bâqer al-Sadr, s'est soucié de répondre aux
dogmatiques du scientisme et à tous ceux qui, entichés de "rationnel" et de
"réalité scientifique", se montrent sceptiques relativement à l'occultation et à
la parousie de l'Imam al-Mahdî. Maintenant, il nous semble opportun de changer
complètement de registre et d'amener le lecteur vers un autre chercheur dont le
souci principal est d'étudier la croyance à al-Mahdî comme un fait purement
religieux et spirituel, en dehors de toute considération historique non
immanente à ce fait.
En
effet, Henri Corbin, après avoir disséqué, pendant 20 ans, tous les Hadîths et
Récits hagiogra-phiques sur les Douze Imams d'Ahl-ul-Bayt en général, et sur
l'Imam al-Mahdî en particulier, et après avoir recueilli et examiné, en tant que
chercheur objectif, les témoignages de tous ceux qui affirment avoir rencontré
l'Imam Caché, en songe ou en état d'éveil, a écrit un monument de quatre volumes
sur ce sujet,(139) en
s'appliquant tout au long de sa recherche, à replacer la question d'al-Mahdî
dans son contexte spirituel, et en s'employant à étudier et à expliquer cette
question phénoménologiquement, ou en d'autres termes en s'efforçant de "rencontrer le fait religieux en laissant montrer
l'objet religieux tel qu'il se montre à ceux à qui il se montre"
(c'est-à-dire à ceux qui croient fermement à al-Mahdî).
"Cet oeil de l'âme qui jamais ne
sommeille"
«L'
"histoire" du XIIe Imâm, écrit Henri Corbin, est une hagiographie dont nous
essayerons d'indiquer ici les principaux événements. Mais prévenons d'emblée
qu'une fois franchi le seuil de l'hagiographie du XIIe Imâm, il apparaîtra au
lecteur que ce que l'on appelle communément critique historique, a perdu la
quasi-totalité de ses droits. En revanche, si nous acceptons de déposer devant
ce seuil les revendications de cette critique en faveur d'une perception des
choses véritable-ment phénoménologique, nous nous rendrons disponibles pour
percevoir et comprendre, avec l'organe approprié, la signification des
événe-ments qui adviennent «entre les temps» et l'ordre de réalité supérieure
que ces événe-ments annoncent, parce qu'ils appartiennent à cet ordre supérieur.
»Toute
hagiographie a des témoins à produire, souvent en grand nombre, comme dans le
cas du XIIe Imâm. Elle ne peut pour autant produire des certificats,
attestations et documents du genre de ceux qu'exige notre obsession de
l'historicité matérielle exotérique, laquelle a fini par ne plus se représenter
qu'un seul plan de réalité admissible pour qu'il y ait "événement".
»Pour
exiger de l'hagiographie qu'elle produise ses documents critiques, il faut
commencer par dégrader l'ordre de réalité qui est propre aux événements que
rapporte l'hagiographie. Il y a longtemps, sans doute, que le travail de
dégradation se poursuit. Moins l'on est apte à percevoir qu'il y a des
«événements dans le Ciel», plus l'on exigera des preuves d'historicité
matérielle. Plus on perd le sens des événements dont la réalité est
essentiellement mysterium
liturgicum, plus on effacera de fêtes du calendrier. Ce que l'on
appelle aujourd'hui «matérialisme historique» a de lointains précurseurs, jusque
dans la théologie. Il est donc possible que tout ce que nous rapporterons ici
concernant l'hagio-graphie du XIIe Imâm, apparaisse à l'historien comme reposant
sur des documents sans valeur objective. Et pourtant les événements sont
arrivés! Mais les documents qui gardent la seule trace que puissent laisser des
événements accomplis dans le malakût, ne sont que des dépouilles, des
chrysalides, si l'on n'en a pas la clef. En revanche pour tout philosophe
professant un minimum de «réalisme spirituel», ces documents apparaîtront comme
inappré-ciables.
»Autrement
dit, l'organe de
perception doit être ici «cet oeil de l'âme qui jamais ne
sommeille», comme dit Philon d'Alexandrie. Les événements qui se
situent dans le temps du XIIe Imâm, qu'ils soient relatés dans des documents qui
appartiennent au passé, au présent ou à l'avenir, ces événements, eux, ne
peuvent pas être saisis par un autre organe que les «sens spirituels» dont
parlent tous nos théosophes. Aussi bien l'Imâm, absent pour la perception
sensible, serait encore invisible comme tel, même s'il était là en personne,
pour tous ceux qui sont incapables de voir autrement que de la manière dont ils
perçoivent un objet quelconque dans le monde extérieur. Or l'épi-phanie de
l'Imâm, sa parousie, ne peut se produire tant que la conscience des hommes n'y
est pas éveillée. Elle ne peut advenir «entre temps» que pour le petit nombre de
ceux qu'il choisit lui-même, ceux qui peuvent en avoir la conscience spirituelle
(ma'rifat), non pas la simple
connaissance extérieure dont même l'animal est capable. C'est ce que nous ont
enseigné les textes qui, en nous rappelant ce que signifie «voir l'Imâm en
Hûrqalyâ», sous-entendaient que le monde suprasensible de Hûrqalyâ et le monde matériel sensible
coexistent, s'interpénètrent, se contiennent l'un l'autre; Hûrqalyâ est à la fois au-dessus de nous,
autour de nous et à l'intérieur de nous.
»Quand, par
notre inscience, il n'est pas à l'intérieur de nous, il ne peut être ni connu ni
reconnu de nous «nulle part», car rien ne peut être connu extérieurement que
grâce à une modalité correspondante qui soit en nous. Extérieurement, pour
comprendre la présence occulte de l'Imâm caché, demeurant invisible en ce monde,
on peut encore se référer à la manière dont le bouddhisme mahayaniste se
représente la personne du bodhisattva qui renonce à quitter ce monde, et diffère
d'entrer dans le nirvana avant d'avoir sauvé tous ceux dont il a la charge.
»Intérieurement,
on pensera à la manière dont Mollâ Sadrâ, par exemple, professe que toute âme,
toute entité spirituelle, porte en elle-même son ciel ou son enfer. Simples
indications en vue d'un modus
intelligendi qui comporte sa rigueur propre; sinon, autant passer un
aveu d'impuissance à comprendre tout ce qui est hiérognose, perception des
mondes invisibles et des événements vision-naires dont se compose la
hiérohistoire. Au chercheur qui «sauve les phénomènes» en procédant comme un
pèlerin au coeur sincère, les événements révéleront, mieux que tout exposé
théorique, le secret de l'âme shî'ite, un secret dont la force défie
victorieusement, depuis dix siècles, les puissances du doute et du refus.»(140)
Les
témoignages détaillés et très précis de tous ceux qui, depuis l'occultation de
l'Imam al-Mahdî racontent comment ils l'ont rencontré, le plus souvent, en songe
visionnaire, paraissent tellement concordants et tellement saisissants qu'Henri
Corbin les déclare comme "continuant l'hagiographie du XIIe Imam"et leur
consacre une place prépondérante dans sa recherche.
Comment,
quand, où et à qui al-Mahdî peut être visible depuis son occultation, d'après
l'examen de ces témoignages? En voici quelques éléments de réponse que nous
extrayons de l'exposé exhaustif fait par Henri Corbin sur ce sujet:
«L'Imâm
caché, jusqu'à l'heure de sa parou-sie, ne se rend visible qu'en songe ou bien
en certaines manifestations personnelles qui ont alors le caractère d'événements
visionnaires (....) Les récits de ces visions théophaniques sont nombreux dans
les livres shî'ites; il y aurait à en opérer le classement typologique. Le plus
souvent, le XIIe Imâm apparaît sous la forme d'un jeûne enfant ou
d'un adolescent d'une grande beauté. Il se manifeste dans les cas de détresse
matérielle ou de tourment spirituel, au détour d'un chemin, par exemple, ou dans
une mosquée où le fidèle se trouve solitaire. Le plus souvent, celui-ci comprend
sûrement après coup que c'est l'Imam qui s'est montré à lui. Chaque fidèle
shî'ite sait qu'il peut l'appeler à son aide. On connaît même la typo-graphie du
lieu secret où il réside. (....)».(141)
«Si la
hiérohistoire du shî'isme est remplie de ces visions théophaniques, celles-ci ne
se produisent jamais que sur l'initiative de l'Imâm, et si l'Imâm apparaît
presque toujours sous la forme d'un jeune homme d'une très grande beauté,
presque toujours aussi, sauf exception (nous en verrons plus loin un cas) celui
à qui fut donné le privilège de cette vision, ne prend conscience que plus tard
de celui qu'il a vu. Sauf exception, un strict incognito enveloppe ces manifestations, ce
même incognito qui préserve la
chose religieuse de toute socialisation. «Beaucoup d'hommes, écrit l'un de nos
théologiens, 'Alî Asghar Borûjardî (142), ont vu la
beauté parfaite de cet Élu (le XIIe Imâm), mais ils ne l'ont reconnu
qu'ensuite, après qu'il les eut quittés», en comprenant que l'action bénéfique
produite, matérielle ou spirituelle, n'avait pu être l'oeuvre que de l'Imâm.
Certains l'ont vu au temps du pèlerinage de La Mekke; d'autres en la mosquée de
Koufa (l'ancienne cité shî'ite par excellence); d'autres en quelque lieu saint
shî'ite, mais jamais il ne s'agit d'une vision collective, car même si les
hommes le "voient", ils sont incapables de le reconnaître. C'est cela justement
la Grande Occultation. L'Imâm va et vient dans tous les lieux du monde, sans
immaner à un lieu, sans être fixé, contenu, dans un lieu.»(143)
«Parmi les
multiples récits concernant les apparitions de l'Imâm au «temps de la Grande
Occultation», les quatre textes dont nous proposons ci-dessous(144) la
traduction, appartiennent à des types différents. Deux d'entre eux (le premier,
récit de la fondation de Jam-Karân, et le quatrième, rencontre dans le désert)
mettent le fidèle en présence de l'appa-rition de l'Imâm en personne. Les deux
autres (le second, récit du voyage à l'Ile Verte, et le troisième, le voyage aux
cinq îles) conduisent le fidèle en présence des compagnons ou des fils de
l'Imâm. Chaque fois, certes, la rencontre résulte d'une décision secrète de
l'Imâm; à l'homme de s'y rendre apte, mais ce n'est pas à l'homme de décider
qu'il veut le rencontrer et encore moins d'y réussir (une anecdote nous le
rappellera ci-dessous). En outre, il peut arriver que la présence de l'Imâm
fasse irruption dans le lieu où se
trouve le fidèle ou le pèlerin, et là même le transfère au lieu de sa présence (quatrième récit). Et il
peut arriver que l'épisode vision-naire commence soit par la manifestation de
personnes «apparte-nant au monde de l'Imâm» et qui progressive-ment font
pénétrer le pèlerin dans ce monde (premier et deuxième récits), soit par un
pro-logue initiatique, une navigation par exemple, qui à l'insu des intéressés,
les mène dans un monde inconnu (troisième récit).
»Tous les
récits ont ce trait commun et caractéristique que le passage de la topogra-phie
du monde sensible à celle du monde inconnu, s'accomplit sans que les sujets
aient conscience du moment précis où s'opère la rupture. Ils ne s'en aperçoivent
que lorsqu'ils sont déjà «ailleurs». Détail encore caractéris-tique: l'irruption
du monde de l'Imâm dans notre monde peut se prolonger par quelque trace
matérielle (v. g. un édifice construit sur son ordre); ou, fait plus troublant,
le pèlerin peut rapporter de sa rencontre un objet témoin (un livre, une bourse,
par exemple). Il arrive aussi que la portée de l'événement fasse du récit un
véritable récit d'initiation, c'est-à-dire d'initiation à la doctrine shî'ite,
au secret de l'Imâmat (deuxième et troisième récits).»(145)
Il
est à noter qu'ici, Henri Corbin a mis l'accent, essentiellement, sur la
tendance mystique "'irfânî" dans
le Chî'isme. Les personnes qui aspirent à rencontrer l'Imam caché, agissent à la
façon d'un soufi en quête d'un maître ou d'un guide spirituel. Mais au lieu de
rechercher, à travers une tarîqah
(congrégation soufie) un maître soufi, aux pouvoirs nécessairement
limités, le mystique choisit comme "pôle spirituel directement l'Imam lui-même
sans intermédiaire", lequel étant le seul à même de dévoiler toutes les
révélations prophétiques, permet au fidèle d'atteindre à l'épanouissement
spirituel auquel il aspire.
Ceci dit,
ces récits et ces témoignages multiples, sont racontés avec une telle force de
conviction qu'elle ébranle l'incrédulité ou les réserves de tout esprit
sceptique. Loin d'être usés à la longue et à travers les âges, ils paraissent
plutôt renouvelables et toujours d'actualité. Conscient que cette vérité
pourrait laisser perplexes certains lecteurs, Henri Corbin après avoir posé la
question inévitable "qui vient spontanément à l'esprit du lecteur informé de
l'évolution de l'Orient contemporain: que signifie, par exemple, pour la
jeunesse iranienne de nos jours, la mystérieuse figure du XIIe
Imâm?", il y répond en rapportant un témoignage significatif à cet égard:
«Et cela
donne justement son importance au témoignage que j'eus l'occasion de rapporter
ailleurs et qu'il m'apparaît opportun de reproduire ici, parce qu'il émanait
d'un jeune Iranien de mes amis (un "moins de trente ans"), éminemment
représentatif de la jeunesse étudiante formée en Occident pour laquelle sont en
général réunies toutes les conditions du déracinement spirituel (nous pourrions
dire: toutes les conditions qui mènent à l'oubli de ses origines le jeune prince
parthe du «Chant de la Perle» des Actes de Thomas). Il achevait ses études dans
une université de Suisse. Il eût pu être comblé en ce pays, et pourtant il
passait la plupart de ses soirées à évoquer avec nostalgie, en la compagnie d'un
jeune compatriote étudiant comme lui, les vastes déserts de l'Iran et le
pèlerinage de la ville sainte de Qomm (à 140 km au sud de Téhéran). Et voici
qu'une nuit, le pèlerinage qu'il attendait de pouvoir accomplir en réalité, il
le fit en songe. Le récit qu'il m'en fit portait si typiquement les traits d'un
songe initiatique, la puissance archétype s'y fait sentir avec une telle force
que je lui demandai de le mettre par écrit. Avec sa permission, tout en ne le
désignant discrète-ment que par ses initiales H. B., je reproduis ici son récit:
"Une nuit,
j'ai rêvé qu'avec mon ami nous nous étions mis en marche, partant de Téhéran
pour aller à Qomm. Nos vêtements n'étaient pas ceux de tous les jours, mais ceux
que portent chez nous les derviches (les soufis). Nous avions suivi à travers
champs les sentiers qui, dans la direction du sud, mènent vers Qomm. Nous
allions aborder le désert du sud de Téhéran, lorsque soudain, apparurent devant
nous des créatures de taille immense, quelque chose comme des dragons.
Brusquement je cessai de voir mon ami. Il me sembla qu'il avait rebroussé chemin
et était retourné vers le nord. Je sentis que j'étais seul. Mais voici qu'entre
mes mains il y avait quelque chose comme une lance, si longue que je n'en ai
jamais vu de pareille dans la réalité. Je combattis avec les dragons longtemps,
longtemps. Finalement je dus réussir à les mettre en pièces, car je vis qu'un
torrent qui passait là, emportait les dragons disloqués, et moi-même je fus
immergé dans ce torrent. Je sortis de ce bain, et je sentis que j'étais nu. Mais
voici qu'on jeta sur mes épaules une longue pièce d'étoffe. A ce moment-là,
j'avais l'impression que le terrain où je marchais exhalait de la vapeur ou du
brouillard; on ne voyait rien. Soudain la ville sainte m'apparut au loin, avec
le dôme d'or étincelant et les minarets de l'enceinte sacrée. M'étant dirigé
vers la ville, j'arrivai à un carrefour plafonné en voûte. Là on me désigna la
maison de l'Imâm attendu. La porte
en était grande ouverte. Une courte distance de quelques centaines de pas me
séparait de la maison de l'Imâm... A ce moment-là je m'éveillai de mon rêve.
Mais j'en ai gardé une impression profonde. L'essentiel m'en apparaît comme
étant la distance qui me séparait de la porte ouverte de la maison de l'Imâm;
car depuis lors, le sentiment que j'ai de ma vie, en songe ou à l'état de
veille, c'est qu'elle consiste à parcourir cette distance, parce qu'elle est la
mesure exacte de ma vie; elle règle le temps et l'harmonie de mon existence tout
entière; elle est le temps et l'espace réels que j'éprouve sur cette Terre"».(146)
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Chronologie : Les Douze Imâms
d'Ahl-ul-Bayt
Le tableau ci-après présente :
-à gauche, le nom de chaque Imam, suivi de son/ses surnom(s), et
-à droite, la date ( Hégire) et le lieu de sa naissance, suivie de la date et
du lieu de son décès, suivie des noms des califes officiels et la période de
leur règne sous lequel l'Imam exerça son Imamat.
Abréviations
n) naissance (date/Hégire et lieu de naissance)
d) décès (date et lieu de décès)
pi) période de l'Imâmat
rc) noms et
période du règne des
califes officiels pendant
l'Imâmat de chaque Imâm
|
1er Imâm: 'Alî ibn Abî Tâlib, Al-Mortadhâ, Amîr al-Mu'minîn (Emir des Croyants) |
n d pi rc |
- L'an 600 AD, à la Mecque(147) - 40 H, assassiné par A. Rahmân ibn Muljim (Khârijite) à Kûfa (en Irak), (à l'âge de 63 ans) - 11- 40 H. (29 ans) - Abû
Bakr (11 - 13 H.) - 'Omar (13 - 24 H.)
- 'Othmân (24 - 35 H.) - Imâm 'Alî (35 - 40 H.) 4 ans et 9 mois |
|
2 ème
Imâm: Al-Hassan ibn
'Alî,
al-Mojtabâ (L'Elu) |
n d pi rc |
- 3 H. à Médine - 49 H. à Médine, empoisonné (à l'âge de 47 ans) - 40 - 49 H. (9 ans) - Imâm al-Hassan (40 H.) = 6 mois Dynastie Ommayade - Mu'âwiyah (41 - 60 H.)... |
|
3 ème
Imâm Al-Hussayn
ibn 'Alî, Sayyed al-Chohadâ' (Prince des martyrs) |
n d pi rc |
- 4 H. à Médine - 61 H. assassiné à Karbalâ' (Irak) à l'âge de 57 ans - 49 - 61 H. (2 ans) ... Mu'âwiyah - Yazîd (60 - 64 H.) ... |
|
4 ème Imâm 'Alî ibn al-Hussain, Zayn al-'Âbidîn al-Sajjâd (L'ornement des adorateurs pieux; Celui qui est en constante adoration) |
n d pi rc |
- 37 H. à Médine - 95 H. à Médine, empoisonné, (à l'age de 58 ans) - 61 - 95 H. (34 ans) ...Yazîd - Mu'âwiyah II (64
H.) - Marwân (64 - 65 H.)
- 'Abdul-Malik (65 -
86 H.) - Walîd (86 - 96
H.)... |
|
5 ème
Imâm Mohammad ibn
'Alî,
al-Bâqer (Celui qui ouvre ou fend la Science) |
n d pi rc |
- 57 H. à Médine -114 H. à Médine, empoisonné, (à l'âge de 57 ans) - 92 -115 H. (23 ans) ...
Walîd - Sulaymân (96 - 99
H.) - 'Omar (99 -101 H.)
- Yazîd II (101 -
105H.) - Hichâm (105 - 125
H.)... |
|
6 ème
Imâm Ja'far ibn
Mohammad, al-Sâdiq (Le Véridique) |
n d pi rc |
- 83 H. à Médine -148 H. à Médine, empoisonné, (à l'âge de 65 ans) -115 - 148 H. (33 ans) ...
Hichâm - Walîd II (125 - 126
H.) - Walîd III (126 H.)
- Ibrâhîm (126 - 127 H.) - Marwân (127 - 133 H.) Dynastie Abasside - Abul-'Abbâs Saffâh
(132 - 136 H.) - Abû Ja'far Mansûr
(136 -158 H.) ... |
|
7 ème
Imâm Mûsâ ibn
Ja'far,
al-Kâdhim (Celui qui se contient) |
n d pi rc |
- 128 H. à Médine -183 H. à Baghdâd, empoisonné (à l'âge de 55 ans) - 148 - 183 H. (35 ans) ... Abû Ja'far Mansûr - Mahdî (158 - 169 H.) - Mûsâ Hâdî (169- 170 H.) -Harûn ar-Rashîd (170-193 H)... |
|
8 ème Imâm 'Alî ibn Mûsâ, al-Redhâ (Celui en qui est la complaisance divine) |
n d pi rc |
- 148 H. à Médine - 202 H. à Mashhad (en Iran), empoisonné (à l'âge de 54) - 183 - 203 H. (20 ans) ... Harûn ar-Rachîd - Amîn (193 - 198 H.) - Mamûn (198 - 218 H.) ... |
|
9 ème
Imâm Mohammad ibn
'Alî,
al-Jawâd, al-Taqî (Le Magnanime; Le Pieux) |
n d pi rc |
- 195 H. à Médine -220 H. à Baghdâd, empoisonné (à l'âge 25 ans) - 203 - 220 H. (17 ans) ... Mamûn - Mu'taçim (218 - 227 H.) ... |
|
10 ème Imâm 'Alî ibn Mohammad, al-Hâdî, al-Naqî (Le Guide; Le Pur) |
n d pi rc |
-213 H. à Baghdâd ou à Médine - 254 H. à Samarra' en Iraq, empoisonné (à l'âge de 42 ans) - 220 - 254 H. (33 ans) ... Mu'taçim - Wâthiq (227 - 232 H.) - Mutawakkil (232 - 247 H.) - Mutançir (247 - 248
H.) - Musta'în (248 - 252
H.) - Mu'taz (252 - 255
H.) ... |
|
11
éme Imâm Hassan ibn
'Alî,
al-Zakî,
al-'Askarî (L'Intègre; Celui qui est retenu dans le camp) |
n d pi rc |
- 231 H. à Médine (?) - 260 H. à Samarra' (en Iraq) empoisonné (à l'âge de 28 ans) - 254 - 260 H. (6 ans) ... Mu'taz - Muhtadî (255 - 256 H.) - Mu'tamad (256 - 279 H.) ... |
|
12
ème Imâm Mohammad ibn
al-Hassan (Al-Qâ'îm) (Le Résurrecteur) (Al-Mahdî) (Le guidé) (Al-Montadhar) (L'Attendu) (Al-Hojjah) (La Preuve ou le Garant de Dieu) |
n d pi |
- 255 H. à Samarra' - Toujours vivant en occultation - 260 H. jusqu'à la fin du monde (occultation: disparut, le 4 Chawwâl 260 H/ le 24 Juillet 874 A. D., le jour même de la mort de son père, Imâm al-'Askarî ...
Mu'tamad - Mu'tadhid (279 -
289 H.) - Muktafî (289 - 295
H.) - Muqtadir (295 - 320 H.) - Qâhir (320 - 322 H.) - Radhy (322 - 329 H.) etc... (329 H. : date de la Grande Occultation) |
Bibliographie
sommaire
- "En Islam iranien: Aspects spirituels et philosophiques",
(Volumes I-IV), Henri
CORBIN, éd. Gallimard, 1978,
(Voir surtout vol. IV sur l'Imam al-Mahdi),
- "Kamâl al-Dîn wa Tamâm al-Ni'mah", d'al-Çadûq (Décédé en
381 H), Tom 1&2, éd: Mo'assat al-Nachr al-Islâmî, Qom, Iran, 1416 H.
- "Al-Mahdî al-Montadhar fî-l-Fikr
al-Islâmî", éd: Markaz al-Risâlah, 1e édition, Qom, 1417.
- "Al-Imâm al-Mahdî al-Montadhar", éd:
Mo'assat al-Balâgh, Téhéran, 1410 H./1990.
- "Kitâb al-Irchâd", Al-Cheikh al-Mufîd,
éd: Mo'assat al-A'lamî il-l-Matbû'ât', Beyrouth, 1399H. /1979.
- "Al-Khilâfah wa-l-Mulk", Abû-l-A'lâ al-Mawdûdî, éd:
Kuwait, 1398 H./1978.
Publications du Séminaire Islamique de Paris
(La Cité du Savoir)
1- «Du'â' Kumail», éd. Bibliothèque Ahl-Elbeit, Paris, 1982, 22 p., 14x19.
2- «Aperçu de l'Economie Islamique», Sayyed Mohammad Baqer E1-SADR, Ed.: B. Ahl-Elbeit, Paris, 1983, 48 p., 17x12.
3- «Lignes Détaillées de l'Economie Islamique», Sayyed Mohammad Baqer E1-SADR, Ed. Bibliothèque Ahl-Elbeit, Paris, 1983, 80 p., 17x12.
4- «L'Aspect Moral de la Force en Islam», Sayyed Mohammad Hossein FADLALLAH, Ed. Bibliothèque Ahl-Elbeit, Paris, 1983, 64 p., 17x12.
5- «L'Imam Ali», Ed. B. Ahl-Elbeit, Paris, 1983, 64 p., 17x12.
6- «Le Chiisme: Prolongement Naturel de la Ligne du Prophète», Sayyed Mohammad Baqer El-SADR, Ed.: Bibliothèque Ahl-Elbeit, Paris, 1983, 100 p., 17x12.
7- «Le Révélateur, le Messager, le Message», S.M.B. E1-SADR, Ed.: Bibliothèque Ahl-Elbeit, Paris, 1983, 88 p., 17x12.
8- «AI-Mahdî», Sayyed Mohammad Baqer E1-SADR, Ed.: Bibliothèque Ahl-Elbeit, Paris, 1983, 68 p., 17x12.
9- «L'Esprit du Monothéisme», Sayyed 'Alî KHAMENEI, Ed.: Le Centre Culturel de la République Islamique d'Iran, Paris, 1983, 36 p., 21x15.
10- «Le Sunnisme et le Chiisme: Une querelle artificielle et une provocation perfide», Ed.: Le Centre Culturel de la République Islamique d'Iran, Paris, 1983, 28 p., 21x15.
11- «L'Homme et la Foi», Mortaza MOTAHHARY, Ed.: Le Centre Culturel de la République Islamique d'Iran. Paris. 1983, 48 p.. 21x15.
12- «L'Imam Al-Hussain et le Jour de Achourâ'», Dar al-Tawhid, Ed.: B.Ahl-Elbeit, Paris, 1984, 160 p.. 17x12.
13- «Le Jeûne de Ramadan et ses Statuts», Ed. Bibliothèque Ahl-Elbeit, Paris, 1985, 74 p., 17x12.
14- «Pour une Lecture Correcte de l'Imam AL-HASSAN et de son Traité de Réconciliation avec Mu'âwiyah», A.A. AL-BOSTANI, Ed.: L'Association Ahl-Elbeit, Paris, 1987, 144 p., 21x14.5.
15- «Qu'est-ce que le Du'â', suivi de Du'â' Kumail», Ed.: L'Association Ahl-Elbeit, Paris, 1987, 64 p., 16x10.5.
16- «Enseignements Islamiques, Livre 1», Islamic Seminary, Ed.: Le Séminaire Islamique de Paris (Abbas AHMAD AL-BOSTANI), Paris, 1984, 72 p, 20.5x16.
17- «Enseignements Islamiques, Livre 2», Islamic Seminary, Ed.: Le Séminaire Islamique de Paris (Abbas AHMAD AL-BOSTANI), Paris, 1985, 80 p, 20.5x16.
18- «Enseignements Islamiques, Livre 3», Islamic Seminary, Ed.: Le Séminaire Islamique de Paris (Abbas AHMAD AL-BOSTANI), Paris, 1985, 80 p, 20.5x16.
19- «Enseignements Islamiques, Livre 4», Islamic Seminary, Ed.: Le Séminaire Islamique de Paris (Abbas AHMAD AL-BOSTANI), Paris, 1985, 104 p, 20.5x16.
20- «Enseignements Islamiques, Livre 5», Islamic Seminary, Ed.: Le Séminaire Islamique de Paris (Abbas AHMAD AL-BOSTANI), Paris, 1989, 112 p, 205x16.
21- «Enseignements Islamiques, Livre 6», Islamic Seminary, Ed.: Le Séminaire Islamique de Paris (A. A. AL-BOSTANI), Paris, 1989, 160 p, 20.5x16.
22- «Enseignements Islamiques, Livre 7», Islamic Seminary, Ed.: Le Séminaire Islamique de Paris (A. A. AL-BOSTANI), Paris, 1989, 194 p, 20.5x16.
23- «Aç-Çalât», Islamic Seminary, Ed.: Le Séminaire Islamique de Paris ( A. A. Al-Bostani), Paris, 1985, 114 p, 21x14.
24- «Le Guide Islamique des Enfants», Islamic Seminary, Ed.: Le Séminaire Islamique de Paris (A.A. AL-BOSTANI), Paris, 1985, 128 p, 21x15.
25- «Le Coran Rendu Facile», Islamic Seminary, Ed.: Abbas AHMAD AL-BOSTANI, Paris, 1989, 132 p., 21x14
26- «La Rationalité de l'Islam», Groupe d'Auteurs, Ed.: Abbas AHMAD AL-BOSTANI, Paris, 1989, 192 p., 21x14
27- «Philosophie de l'Islam», Beheshti et Bahonar, Ed.: Abbas AHMAD AL-BOSTANI, Paris, 1990, 544 p., 21.5x14.
28- «Les Credos du Chiisme», Mohamad Redha AI-Mudhaffar, Ed.: Abbas AHMAD AL-BOSTANI, Paris, 1990, 168 p, 21x14.
29- «Usages et Bons Comportements en Islam», A1-Allamah Al-Majlici, éd., A. AL-BOSTANI, Paris, 1990, 104 p, 21x14.
30- «Devoirs envers les Morts», Ed.: Abbas AHMAD AL-BOSTANI, Paris, 1990, 50 p, 21x14.
31- «Histoire des Premiers Temps de l'Islam», Sayyed Safdar Husayn, éd., A. A.. AL-BOSTANI, Paris, 1991, 450 p, 21x14.
32- «Le Guide du Musulman», Ayatollah AL-KHOEI, éd., A. A. AL-BOSTANI, Paris, 1991, 296 p, .14x21
33- «L'Ethique Musulmane», Mohammad Mahdî AL-NARAQI, Ed.: Abbas AHMAD AL-BOSTANI, Paris, 1991, 168 p, 21x14.
34- «Universalité de l'Islam», Mohammad Hossayn TABATABAI, Ed.: A. AL-Bostani, Paris, 1992, 276 p, 21x14.
35- «L'Ecole d'Ahl-ul-Bayt: Première des Cinq Ecoles Juridiques Musulmanes», Dar Al-TAWHID, Ed.: A. A. AL-BOSTANI, Paris, 1992, 212 p, 21x14.
36- «Les Droits de la Femme en Islam», Mortaza MOTAHARI, Ed.: A. A. AL-BOSTANI, Paris, 1993, 324 p, 21x14
37- «Notre Économie (Iqtiçadonâ)», Sayyed Mohammad Baqer E1-SADR, relié, 510 p., 15x22, 1995
38- «Élément de Science du Hadith», Mo'assat Al-Balâgh, Publication de la Cité du Savoir, 118 p, Montréal, 1997.
39- «La Supplication suivie de Do`â' Komayl», français, arabe translittération, nouvelle édition, A. A. Al-Bostani, 74 p., 12,5x15,5, Montréal, 1997.
40- «Les Rites du Pèlerinage de la Mecque» (Manâsik al-Hajj), Ayatollâh Sayyid 'Alî al-Sistâni, édition, Abbas Ahmad al-Bostani, Montréal, 1997, 254 p., 21x14.
41- «Le Khoms et ses Statuts», Ayatollâh Sayyid 'Alî al-Sistâni, édition A.A. al-Bostani, Montréal, 1997, 116 p., 21x14.
42- «Le Guide Pratique du Musulman» (al-Masâ'el al-Montakhabah), Sayyid 'Alî al-Sistâni, La Cité du Savoir, 1997, 560 pages, 14x21.
43- «Science et Croyance (Essai sur l'application de la méthode inductive aux Croyances fondamentales de l'Islam): Le Révélateur, Le Messager, Le Message», Sayyid Mohammad Bâqer al-Sadr, (nouvelle édition), Éd.: La Cité du Savoir, Montréal, 1998, 110 p., 14x21.
44- «L'Homme et la Foi», Mortadhâ Motahhari (nouvelle édition), La Cité du Savoir, Montréal, 1998, 88 p, 14x21.
45- «Abu Tharr al-Ghifârî: Un Compagnon modèle», S.I.P., éd. La Cité du Savoir, Montréal, 1998, 304 p, 14x21
46-«Le Jeûne de Ramadhân: sa signification et ses statuts», Compilation: Abbas Ahmad al-Bostani, La Cité du Savoir, Montréal, 1998, 112 p, 17x12. (Nouvelle édition)
*********************************** Notes ************************************
1. Écrit par Sayyed Mohammad al-Sadr, disciple et proche parent de l'auteur du présent livre.
2. Qui croient à la légitimité exclusive des douze Imams d'Ahl-ul-Bayt à la succession du Prophète.
3. Selon la doctrine islamique Jésus est monté au ciel et il en redescendra vers la fin des temps.
4. La Nation islamique.
5. Scripturaire, qui relève des textes sacrés.
6. Ville Irakienne.
7. Il s'agit plutôt de l'an 260 H. NDT
8. Ahl-al-Thaqalayn.
9. "Les Gens de la Maison" = la Famille du Prophète.
10. Ou en 255 H. selon la version la plus admise.
11. Rappelons que ce livre était à l'origine, la Préface d'une étude exhaustive sur "Al-Mahdî".
12. La Mosquée Interdite (Al-Haram) est à la Mecque en Arabie Saoudite.
13. Alors que la Mosquée Al-Aqçâ se trouve à Jérusalem, en Palestine. Avec les moyens de transport (les chameaux) dont on disposait à l'époque, ce trajet nécessitait un voyage de plusieurs jours.
14. L'Imam al-Mahdî.
15. Par conséquent, Al-Mahdî, douzième Imam de cet ensemble soudé et indissociable, est irremplaçable et doit jouer le rôle que la Volonté Divine lui a fixé, le Jour Promis (N.D.T.).
16. N. D. T.
17. Chapitre du Coran.
18. La fait d'être placé dans le Droit Chemin, d'être bien guidé.
19. Rappelons que le mot Imam signifie étymologiquement: Celui qui marche devant, et par extension le guide que l'on imite (N.D.T)..
20. Le Califat était le pouvoir officiel.
21. Le fait qu'on n'a pas de nouvelles de l'Imam Al-Mahdî depuis sa disparition volontaire, bien qu'il soit toujours vivant et qu'il assiste au déroulement des événements de l'humanité, selon la doctrine des Chî'ites Imamites duodécimains (N.D.T).
22. Chaîne de transmetteurs des hadîths du Prophète.
23. Voir à ce propos le très sérieux ouvrage de Sayyed Sadr al-Dine al-Sadr: "Al-Mahdî".
24. Voir: "Muntakhab al-Athar fil-Imam al-Thânî 'Achar", de Cheikh Lutfallâh al-Sâfî.
25. Désigné par le texte (naçç).
26. Les loyalistes des Douze Imams d'Ahl-ul-Bayt.
27. "Al-ghaybah al-Sughrâ" = la première occultation d'al-Mahdî.
28. Mujtahid: docteur de la loi islamique, parvenu à un niveau où il peut déduire des statuts à partir des sources de la législation.
29. Mujtahid juste: expression employée pour distinguer le Mujtahid juste (équitable, intègre) de celui qui ne l'est pas forcément.
30. A ne pas confondre avec l'auteur, Ayatollâh Sayyed Muhammad Bâqer al-Sadr dont il est parent.
31. Sourate al-Nahl, 16: 89
32. Voir la Hadîth al-Thaqalayn
33. Sourate al-Tawbah, 9: 33
34. Sourate Âle 'Imrân, 3: 85
35. "Al-Dorr al-Manthour", 4/176
36. "Majma' al-Bayân fî Tafsîr al-Qor'ân", al-Tabasî, 5/35
37.
38.
Sourate
39.
- "Tafsîr
al-Tabarî", 22/72
- "`Aqd al-Dorar", p. 74, section 4 du Chapitre 2
- "Al-Hâwî li-l-Fatwâ", 2/81
- "Al-Kach-châf", 3/467 -
468
40.
"Majma' al-Bayân",
4/398
41.
Voir: "Mosnad
Ahmad", 3/37; "Sunan al-Tirmithî, 4/506/2232; "Mustadrak al-Hâkim", 4/520;
"Talkhîç al-Mustadrak" d'al-Thahabî; "'Awn al-Ma'bûd Charh Sunan Abî Dâwûd",
11/380; "Charh al-Hadîth" 4268
42.
"Ghâyat al-Ma'mûl
Charh al-Tâj al-Jâmi' il-l-Uçûl", 5/341
43.
Sourate al-Zukhruf,
43: 61
44.
"Ma'âlim al-Tanzîl"
d'al-Boghwî, 4/444; "Al-Kach-châf", 4/26; "Al-Tafsîr al-Kabîr", 27/222; "Tafsîr
al-Qortobî", 16/105; "Tafsîr al-Nisfî" (paru dans la marge de "Tafsîr
al-Khâzin", 4/108-109); "Tafsîr al-Khâzin" 4/109; "Al-Dorar al-Laqît",
8/24; "Al-Bahr al-Mohît", 8/25; "Tafsîr Ibn Kathîr", 4/142;
"Tafsîr Ibn al-Su'ûd", 8/52; "Mawârid al-Dham'ân", hadîth No. 1759.
45.
"Al-Bayân fî
Akh-bâr Çâhib al-Zamân", 528.
46.
Voir: "Al-Çawâ'iq
al-Mohariqah", 162; "Nour al-Abçâr", 186; "Machâriq al-Anwâr", 2/58; "Is'âf
al-Râghibîn", 153; "Yanâbî' al-Mawaddah", 2/126, section 59.
47. Zabûr: mot commun pour tous les livres révélés. Le Livre-mère qui se trouve auprès d'Allah.
48. Sourate al-Anbiyâ', 21: 105.
49. Voir: Al-Tabrasî, "Majma' al-Bayân Fî Tafsîr
al-Qor'ân", éd. Dâr
Ihyâ' al-Turâth al-'Arabî, Beyrouth, tom. VII, p. 66.
50.
Sourate al-Qaçaç,
28: 5
51.
Abu-l-Faraj
al-Içfahânî, "Maqâtil al-Tâlibîn", p. 539
52. On recense plus de 150 Hadîths sur al-Mahdî (p) dans les livres sunnites crédibles et plus de mille dans l'ensemble des ouvrages de référence des différentes écoles juridiques musulmanes. Voir: "Haqq-ul-Yaqîn" de 'Abdullâh Chubbar, Tom. I, p. 222.
53. Al-'Allâmah Thabîh-ullâh al-Mahallâtî a mentionné dans son livre "Mahdî Ahl-ul-Bayt" (pp. 18-21) les titres de 40 livres avec les noms de leurs auteurs écrits sur l'Imam al-Mahdî par des Uléma sunnites.
54. Voir: "Majallat al-Jâmi'ah al-Islâmiyyah"(La Revue de l'Université Islamique), No. 3, pp. 161-162.
55. (R): Abréviation de la formule: "Radhiya-llâho 'anho" (Que Dieu soit satisfait de lui).
56. Thawbân, le serviteur du Prophète (P). NDT.
57. 'Abdul-Mohsin al-'Abbâd, "Conférence sur l'Imam al-Mahdî et commentaire sur cette Conférence", p. 26
58. Tels que Fâtimah al-Zahrâ' (p), Abû Tharr al-Ghifârî, 'Omar Ibn al-Khattâb, Abû Ayyûb al-Ançârî, Salmân al-Fârecî, l'Imam al-Hasan Ibn 'Alî (p), Zayd Ibn Arqam, Abû Salmâ, le berger du saint Prophète, Zarârah Ibn 'Abdulâh, 'Abduulâh Ibn Ja'far al-Tayyâr, 'Othmân Ibn 'Othmân etc.
59. Tels que Al-Qortobî al-Mâlekî (Décédé en l'an 671 de l'Hégire), Al-Thahabî (D. en 748 H.), Al-Tabarânî (D. en 360 H.), Ibn Qutaybah al-Daynûrî (D. en 276 H.), Al-Barbahârî (le chef de file des Hanbalites à son époque) (D. en 329 H.) dans son "Charh al-Sunnah", Al-Maqdicî (D. en 355 H.), Ibn 'Abdul-Berr al-Mâlekî (D. en 463 H.), Al-Khawârizmî al-Hanafî (D. en 586 H.) etc... et ce sans parler des modernes tels que Abû-l-Faydh al-Ghimârî al-Châfi'î (D. en 1380 H.), Cheikh Mohammad Fo'âd 'Abdul-Bâqî (D. en 1388), Abû-l-A'lâ al-Mawdûdî, Nâçer al-Dîn al-Albânî etc... Voir également Note No 1. de ce chapitre.
60. "Minhâj al-Sunnah", d'Ibn Taymiyyah, 4/211.
61.
"Sunnan
al-Tirmithî", 4/505/2230, 2232, et 4/506/2233.
62.
"Mustadrak
al-Hâkem", 4/429, 465, 553, 558.
63.
"Mustadrak
al-Hâkem", 4/450,557,558.
64.
"Mustadrak-al-Hâkem", 4/429, 442, 457,
464, 502, 520, 554, 557.
65.
"Al-I'tiqâd
wal-Hidâyah ilâ Sabîl al-Rachâd" d'al-Bayhaqî, p.127.
66.
"Maçâbîh
al-Sunnah"d'al-Baghwî, 488/4199.
67.
68.
"Al-Nihâyah
fil-Fitan wal-Malâhim" d'Ibn Kathîr, 1/55
69.
70.
"Al-Manâr al-Monîf"
d'Ibn al-Qayyim, 130-135/326, 327, 329, 331.
71.
"Al-Jâmi'
al-Çaghîr" d'al-Suyûtî, 2/672/9241, 9244, 9245.
72. Id. ibid, 2/672/9243 et 2/438/7489.
73. "'Aqd al-Dorar", 42-44 d'al-Bâb al-Awwal. Voir aussi:"Mustadrak al-Hâkem", 4/553; "Majma' al-Zawâ'id", 7/115.
74. "Sunan Ibn Mâjah", 2/1368, Bâb Khurûj al-Mahdî (Section de "La Sortie d'al-Mahdî"); Mustadrak al-Hâkem", 3/211; "Kitâb al-Ghaybah" d'Al-Cheikh al-Tûcî, 113; "Jam' al-Jawâmi`" d'al-Suyûti, 1/851.
75.
"'Aqd al-Dorar",
195, al-Bâb al-Sâbi'.
76.
"Mustadrak
al-Hâkem", 4/557.
77.
Respectivement dans
"Al-Bayân" d'al-Kanjî, p. 500; "Al-Jâmi' al-Çaghîr", 2/672/9244; "Al-Tâj
al-Jâmi' Il-l-Uçûl", 3/343; Ibrâz al-Wahm...", p.508.
78.
"Kamâl-al-Dîn":
1/287/5 Section 25; "Farâ'id al-Samtayn": 2/335/587; "Yanâbî'
al-Mawaddah": 3, Section 94.
79.
"Musnad AHMAD",
1/376, 377, 430, 488; "Sunan Abî Dâwûd", 4/107/4283; "Al-Mo'jam al-Kabîr"
d'al-Tabarânî, 10/164-165/10218; "Sunan al-Tirmithî", 4/505/2230;
"Al-Bayân fî Akhbâr Çâhib al-Zamân", 481, Bâb 1.
80.
"Musnad AHMAD",
11/99; "Al-Muçannaf", d'Ibn Abî Chaybah, 15/198/19494; "Sunan Abî Dâwûd",
4/107/4283; "Al-I'tiqâd", d'al-Bayhaqî, 173.
81.
"Ibrâz al-Wahm
al-Maknûn min Kalâm Ibn Khaldûn", p.495.
82.
"Musnad AHMAD,
1/376; "Sunan al-Tirmithî", 4/505/3231; "Al-Mo'jam al-Kabîr"
d'al-Tabârânî, 10/165/10220, 101221, et 10/167/10227; "Al-Bayân",
d'al-Kanjî, p.148; "Kitâb al-Ghaybah", d'al-Cheikh al-Tûcî, p. 113;
"Musnad Abî Ya'lâ al-Mûçilî",
83.
"Al-Dur
al-Manthûr", 6/58.
84.
"Al-Muçannaf", de
'Abdul-Razzâq, 11/372/20773; "Mustadrak al-Hâkem", 4/557; "Kachf
al-Ghummah", 3/259.
85. L'hésitation entre les deux versions vient du rapporteur de ce Hadîth.
86. "Musnad AHMAD", 3/36; "Çahîh Ibn Çabçan", 8/290/6284; "Mustadrak al-Hâkem", 4/557; Muntakhab al-Athar, 148/19.
87. Ce sont :
1- Ibn Hajar al-Haythamî dans "Al-Çawâ'iq al-Muhriqah", p. 163, Section 11, Chapitre I;
2- Al-Muttaqî al-Hindî dans "Kanz al- 'Ummâl", 14/264/38662;
3- Cheikh Mohammad Ibn 'Alî al-Çabbân dans "Is'âf al-Râghibîn", p. 145;
4- Cheikh Hassan al-'Adwî al-Hamzâwî al-Mâlekî, dans "Machâriq al-Anwâr", p. 112.
88. Tawâtor (concordance) et motawâter, concordant: On dit qu'un hadîth est motawâter (concordant), lorsqu'il est transmis par de très nombreuses chaînes, et comme universellement admis. Voir: Louis Gardet, "L'Islam, Religion et Communauté", Ed. Desclée de Brouwer, Paris, 1992, p. 176.
89. Al-Kanjî l'a jugé authentique dans "Al-Bayân" (486, Section 2) , et Al-Suyûtî a fait de même dans "Al-Jâmi' al-Çaghîr" (2/672/92410) et dans "Hâmich al-Tâj al-Jâmi' Li-l-Uçûl"(5/343), alors que Al-Baghwî l'a considéré comme "bon" dans "Maçâbîh al-Sunnah" (3/492/4211). Quant à Abû-l-Faydh qui s'était attaché a en vérifier minutieusement la chaîne des transmetteurs, il l'a déclaré "authentique" et tous ses transmetteurs intègres, dans "Ibrâz al-Wahm...", p. 500.
90. "Al-Fitan" de Na'îm Ibn Hamâd, 1/375/1117, cité également dans "Kanz al-'Ummâl", 14/591/39675.
91. Id. ibid, 1/375/1114.
92. 'Aqd al-Dorar", p. 44 de la Section 1; "Al-Fitan", de Na'îm Ibn Hammâd, 1/368-369/1082.
93. Cité dans "Al-Fuçûl al-Muhimmah" d'Ibn al-Çabbâgh al-Mâlekî : 295-296, Chapitre 120; "Fadhâ'il al-Çahâbah" d'al-Sam'ânî, citant "Yanâbi' al-Mawaddah", 49 Chapitre 94 etc....
94. Voir: "Al-Manâr al-Munîf" d'Ibn al-Qayyim, 148/329, Chap. 50, citant al-Tabarânî dans "Al-Awsat"; "Thakhâ'ir al-'Oqbâ" de Mohib al-Dîn al-Tabarî, 136; "Farâ'id al-Samtayn", 2/325/575, Section 61; "Al-Qawl al-Mukhtaçar" d'Ibn Hajar, 7/37, Section 1; "Al-Sîrah al-Halabiyyah", 1/193; "Yanâbî' al-Mawaddah", 3/63, Section 94 etc...
95. "Yanâbi' al-Mawaddah", 3/168, Section 94.
96. "Yanâbî' al-Mawaddah", 3/167, Section 94.
97. "Yanâbî' al-Mawaddah", 3/166, Section 94.
98. "Yanâbî' al-Mawaddah", 3/115-116, Section 80.
99. "Jâhilite" : obscurantiste, non Musulman, de l'époque du préislam.
100. Voir surtout: "Musnad AHMAD", 2/83, 3/446, 4/96; "Musnad Abî Dâwûd al-Tayâlîcî", 259; "Al-Mu'jam al-Kabîr" d'al-Tabarânî, 10/350/10687; "Mustadrak al-Hâkem", 1/77; "Hulyat al-Awliyâ'", 3/224; "Al-Kunâ wa-l-Asmâ' ", 2/3; "Sunan al-Bayhaqî", 8/156,157; "Jâmi' al-Uçûl", 4/70; "Charh Çahîh Muslim" d'al-Nawawî, 12/440; "Talkhîç al-Mustadrak" d'al-Thahabî, 1/77 et 177; "Majma' al-Zawâ'id" d'al-Haythamî, 5/218, 219, 223, 225, 312; "Tafsîr Ibn Kathîr", 1/517, etc...
101. "Çahîh al-Bukhârî", 5/13, Section "Al-Fitan"; "Çahîh Muslim", 6/21-22/1849.
102. "Uçûl al-Kâfî" d'al-Kulaynî, 1/303/5, 1/308/1, 2, 3, et 1/378/2; "Rawdhat al-Kâfî", 8/129/123 ; "Kamâl al-Dîn", 2/412-413/10, 11, 12, 15, Section 39; "Al-Imâmah wa-l-Tabçirah", 219/69, 70, 71; "Qorb al-Isnâd", 351/1260 ; "Baçâ'ir al-Darajât", 259, 509, 519.
103. Ce hadîth est rapporté, en effet, par le Mu'tazilite al-Iskâfî dans "Al-Mi'yâr wa-l-Mawâzanah'", p. 81; Ibn Qutaybah dans "'Uyûn al-Akhbâr": p. 7; Al-Ya'qûbî dans son "Ta'rîkh", 2/400; Ibn 'Abd Rabbih dans "Al-'Aqd al-Farîd", 1/265; Abû Tâlib al-Makkî dans "Qût al-Qulûb fî Mu'âmalat al-Mahbûb", 1/227; Al-Bayhaqî dans "Al-Mahâsin wa-l-Masâwi'", p. 400; Al-Khatîb dans son "Ta'rîkh": 6/479 (Tarjamat Ishâq al-Nakh'î); Al-Khawârizmî al-Hanafî dans "Al-Manâqib": p. 13; Al-Râzî dans "Mafâtîh al-Ghayb", 2/192; Ibn 'Abd al-Birr dans "Al-Mukhtaçar", p. 12; Al-Taftazânî dans "Charh al-Maqâçid", 5/241; Ibn Hajar dans "Fat-h al-Bârî Charh Çahîh al-Bukhârî", 6/385; Al-Kulaynî dans "Uçûl al-Kâfî", 1/136/7, 1/274/3; Al-Çadûq dans "Kamâl al-Dîn", 1/2874, Section 25 et 1/289-294/2 Section 26 etc...
104. "Nahj al-Balâghah", Hadîth de l'Imam 'Alî adressé à Kumayl Ibn Ziyâd al-Nakh'î, No. 147, édition commentée par Dr. Subhi al-Sâlih, Beyrouth, 1967.
105.
"Fat-h
al-Bârî Charh Çahîh al-Bukhârî", 6/385.
106.
Charh
Nahj-al-Balâghah" d'Ibn Abî Hdîd, 18/351.
107. "Çahîh al-Bukhârî", 4/164, "Kitâb al-Ahkâm", Bâb al-Istikhlâf. Le même témoignage est cité également par al-Çadûq dans "Kamâl al-Dîn", 1/272/19 et dans "Al-Khiçâl", 2/469 et 475.
108. "Çahîh Muslim", 2/19; "Kitâb al-Imârah", Bâb al-Nâs Tabi' Quraych (rapporté selon 9 chaînes de transmetteurs).
109. "Musnad AHMAD", 5/90, 93, 97, 100, 106, 107. Il est cité également par Al-Çadûq dans "Kamâl al-Dîn", 1/270/16.
110. "Al-Khilâfah Wa-l-Mulk" (Le Califat et le Royaume), Abû-l-A'lâ al-Mawdûdî, Dâr al-Qalam, Kuwait, 1978-1398 H.
111. Sourate al-Tawbah: 5/12
112. Voir à ce sujet: "Kitâb al-Sulûk li-Ma'rifat al-Dewal wa-l-Mulûk" d'al-Maqrîzî, 1/13-15, Première Partie; Ibn Kathîr, dans le tafsîr (interprétation) du 12e verset de la Sourate al-Mâ'idah; "Al-Hâwî li-l-Fatâwâ", 2/85; "Charh al-Hâfidh Ibn al-Qayyim 'Alâ Sunan Abî Dâwûd, 11/263, Charh Hadîth 4259 etc ...
113. Ils s'agit d'Abû Bakr, 'Omar, 'Othman et 'Alî. (NDT)
114. "Yanâbî' al-Mawaddah", 3/105, Bâb (Section) 77.
115. Verset coranique parlant du Prophète (P), Sourate al-Najm, 53:3
116. Cité par al-Majlicî dans "Bihâr al-Anwâr" (Tom.51, p. 71) qui cite "Kmâl al-Dîn...".
117. "Yanâbî' al-Mawaddah", 3/170 Section 94.
118. "Kamâl al-Dîn" d'al-Çadûq, Bâb (Section) 24, Hadîth 3, page 258, éd.Mo'assat al-Nachr al-Islâmî, Qom, 3e édition, 1416 de l'hégire.
119. "Yanâbî' al-Mawaddah", 3/161 Section 93.
120. Voir: "Yanâbî' al-Mawaddah", 3/99, 3/12/99.
121. "Yanâbî' al-Mawaddah", 3/170/94
122. "Kifâyat al-Athar" d'Ibn al-Khazzâz, Introduction, pp. 8-9
123. "Al-Khilâfah wa-l-Mulk" (Le Califat et le Royaume), A. A'lâ al-Mawdûdî, Dâr al-Qalam, Kuwait, 1e édition, 1398 H (1978), p. 113.
124.
. id. ibid., p.
105.
125.
. id. ibid.
126. Cité par Lutfallah al-Çâfî dans"Muntakhab al-Athar", 3e édition, p. 42.
127. Cité par Lutfallâh al-Çâfî dans "Muntakhab al-Athar", id. ibid.
128. Cité par Lutfallâh al-Çâfî dans "Muntakhab al-Athar", Op.cit., p. 427.
129. Lutfallâh al-Çâfî, "Muntakhab al-Athar", p. 435, citant "Al-Malâhim wa-l-Fitan"
130. Lutfallah al-Çâfî dans"Muntakhab al-Athar", op. cit., p. 436, citant "Al-Ja'fariyyât wa-l-Ach'athiyyât".
131. L'Antéchrist.
132. Cité par Lutfallah al-Çâfî dans"Muntakhab al-Athar", op. cit., p. 436.
133. Rapporté Al-Kulaynî dans "Al-Kâfî", Tom. II, pp. 240-241.
134.
'Abdullâh Chubbar
dans "Haqqul-Yaqîn", Tom. I, p.229.
135. Cité par Lutfallâh al-Çâfî dans "Muntakhab al-Athar", op.cit., p. 452.
136. Cité par Lutfallah al-Çâfî dans "Muntakhab al-Athar", op. cit., p. 435.
137. "Kamâl al-Dîn", d'al-Çadûq", op. cit., p. 455, Section 57.
138. Voir, pour plus de détails sur ce chapitre: "Al-Mahdî al-Muntakhab", Série "Ahl-ul-Bayt", No 15, Éd., Mo'assat al-Balâgh, 1990.
139. "En Islam Iranien: Aspects spirituels et philosophiques", Henri CORBIN, Édition nrf, Gallimard, Tome I, Tome II, Tome III, Tome IV, 1971-1972, à Paris.
140.
Op. cit., Tome IV,
pp. 307 - 309
141. Op. cit. p. 330
142. 'Alî Asghar Borûjardî, Nûr al-Anwâr (en persan), Téhéran, 1347/1928, p. 177, ainsi que Majlisî, Bihâr, vol, XIII, p. 143.
143. "En Islam iranien ... ", op. cit., Tome 4, p. 333
144. Ils s'agit de:
1- "Le Sanctuaire de Jam-Karan", pp. 338 - 346
2- "Le Voyage à l'Ile Verte en la Mer Blanche", pp. 346 - 367
3- "Les îles aux cinq cités", pp. 367 - 374
4- "Rencontre dans le désert ou ubiquité de Nâ-kjâ-âbâd", pp. 374 - 376, op. cit., Tome 4, éd, nrf, Gallimard, 1978
145. Op. cit., p. 336
146. "En Islam iranien", Henri Corbin, op. cit., pp. 455 - 456
147. dans le Sanctuaire de la Ka'ba.