Les
Sources de
La
Noble Sunna
Edité
et traduit de l’arabe
par
Publication
de la Cité du Savoir
Editeur:
Abbas Ahmad
al-Bostani
(La
Cité du Savoir)
C.P.
712 Succ. (B)
Montréal,
Québec, H3B 3K3
Canada
E-mail:
abbas@bostani.com
Site Web:
www.bostani.com
Première
Édition: Décembre 2002
Titre
original (en arabe) :
Maçâdir al-Sunnah
al-Charîfah
ISBN:
2-922223-30-2
Copyright: Tous droits de traductions, de
reproduction et d’adaptation interdits sans l’autorisation de
:
Abbas Ahmad
al-Bostani
***************** ****************
Leçon
1:
Discussion
:
Bibliographie
sommaire
Leçon 2:
Qu’est-ce que le Hadîth qudsî (saint)
La
division des recherches des Sciences du Hadîth
Discussions
Bibliographie
sommaire
Leçon 3 :
Comment naquit la Science du
Hadîth
L’Interdiction
de la Transcription du Hadîth après le décès du Prophète (P)
Les
principales raisons de l’interdiction de la transcription
Les
Conséquences et les résultats de l’interdiction de la Transcription du
Hadith
Discussions
Bibliographie
sommaire
Leçon 4
:
Le Hadith à l’Epoque des Imams (p)
-1
Discussions
Bibliographie
sommaire
Leçon 5
:
Le Hadith à l’époque des Imams
(al-Hassan, al-Hussain et al-Sajjâd-p) -2
Comment
était la situation des uléma de Hadith (muhaddithîn,
“traditionnistes”) à cette époque?
Discussions
Bibliographie
sommaire
Leçon 6 :
Le Hadith à l’époque des Imams
(al-Bâqir, et al-Sâdiq -p) -3
Comment
le Hadith a-t-il connu son essor après son ère d’asphyxie ?
Discussions
Biographie
sommaire
Leçon 7 :
Le Hadîth de l’époque de l’Imam
al-Kâdhim (p) à l’époque de l’Imam al-‘Askarî (p)
Les
Rapporteurs des Hadith relatés par l’Imam Mûsâ Ibn Ja‘far al-Kâdhim (p)
Les
Rapporteurs des Hadith relatés par l’Imam al-Redhâ (p)
Les
rapporteurs des Hadith tenus de l’Imam al-Jawâd (p)
Les
rapporteurs des Hadith tenus de l’Imam al-Hâdî (p)
Les
rapporteurs des Hadith tenus de l’Imam al-‘Askarî (p)
Discussions
Bibliographie
sommaire
Leçon 8 :
Les Quatre-cents Origines (al-Uçûl al-Arba‘mâ’ah)
Qu’est-ce
que les Quatre-cents Origines ?
Que
reste-t-il de ces “Origines” à notre époque ?
Discussions
Bibliographie
sommaire
Leçon 9 :
Les Recueils (Corpus) de Hadith (al-Jawâmi‘ al-Hadîthiyyah)
Quels
sont les corpus de Hadith chiites ?
Comment
se sont constitués les corpus primaires?
Comment
ont été organisés (classifiés) les corpus primaires ?
Les
corpus primaires portaient-ils des titres particuliers ?
Discussions
Bibliographie
sommaire
Leçon 10 :
Comment
se sont constitués les corpus secondaire?
Quels
sont les Recueils secondaires ?
Quelles
sont les méthodologies de ces quatre livres?
Quels
sont les projets de recherches sur les Quatre-Livres?
Discussions
Bibliographie
sommaire
Leçon 11:
Quelles
sont les caractéristiques de “Kitâb al-Kâfî”?
Qu’est-ce
qui a motivé la compilation d’al-Kâfî?
Quelle
est le mode de classification d’al-Kâfî ?
Les
Hadith figurant dans la-Kâfî sont-ils tous authentiques (çahîh) ?
Quel
est le nombre des Hadith d’al-Kâfî ?
Discussions
Bibliographie
sommaire
Leçon 12 :
Quelle
est la raison de la composition de ce livre ?
Les
marâsîl (les hadith mursal) de ce livre peuvent-ils
être considérés comme hujjah
(argument juridique) ?
Quel
est le nombre des Hadith de ce livre?
Discussions
Bibliographie
sommaire
Leçon 13:
Qu’est-ce
que “Kitâb al-Tah-thîb” ?
Quelles
sont les traits distinctifs de ce livre?
Quel
est le nombre de Hadith d’al-Tah-thîb ?
Discussions
Bibliographie
sommaire
Leçon 14 :
Qu’est-ce
que “al-Itibçâr” ?
Pourquoi
l’opposition s’est-elle produite entre les Hadith ?
Comment
al-Cheikh al-Tûcî a-t-il divisé “al-Istibçâr” et quel est le nombre de
Hadith rapportés dans ce livre ?
Discussions
Bibliographie
sommaire
Leçon 15 :
“Al-Jawâmi‘
al-Muta’akh-khirah” (Les Recueils
ultérieurs)
Pourquoi
ce nouveau regain d’intérêt pour le Hadith ?
Les
caractéristiques des Recueils ultérieurs
Discussions
Bibliographie
sommaires
Leçon 16 :
Qu’est-ce
que le livre d’“al-Wâfî” ?
Pourquoi
al-Faydh al-Kâchânî a-t-il entrepris la compilation d’“al-Wâfî” ?
Quels
sont les traits distictifs d’“al-Wâfî”?
La
méthodologie du livre
Le
nombre des Hadith et des chapitres d’“al-Wâfî”
Discussions
Bibliographie
sommaire
Leçon 17 :
Qu’est-ce
que Wasâ’il al-Chî‘ah ?
Dans
quel but l’auteur d’“al-Wasâ’il” a-t-il compilé ce livre ?
L’ordonnance
du livre d’“al-Wasâ’il”
Quelles
sont les plus importantes des caractéristiques d’al-Wasâ’il ?
La
méthodologie de l’auteur dans la composition de son ouvrage
Les
éditions du livre et le nombre de ses Hadith
Bibliographie
sommaire
Leçon 18 :
“Bihâr al-Anwâr” (Les Mers des Lumières)
Qu’est-ce
que “Bihâr al-Anwâr” et qui l’a compilé?
Pour
quelles raisons “al-Bihâr” a-t-il été composé?
Quelles
sont les plus importantes caractéristiques de “Bihâr al-Anwâr”?
Quelles
sont les plus importantes recherches relatives aux “Bihâr”?
Discussions
Bibliographie
sommaire
Leçon 19 :
Qu’est-ce
que Mustadrak al-Wasâ’il ?
Quelle
est la principale raison de la compilation d’“al-Mustadrak” ?
L’ordre
dans al-Mustadrak
Quelles
sont les titres des Utilités (Fawâ’id) figurant à la fin d’al-Mustadrak?
Le
nombre des Hadith d’al-Mustadrak et le nombre total des Hadith des deux
livres
Discussions
Bibliographie
sommaire
Leçon 20 :
“Jâmi‘ Ahâdith al-Chî‘ah” (Le Recueil des
Hadith des Chiites)
()
Qu’est-ce
que “Le Recueil des Hadith des Chiites”?
La
méthodologie de Sayyed Burûjerdî dans “Jâmi‘
Ahâdîth al-Chî‘ah”
Comment
a-t-on sélectionné les chercheurs chargés de compiler le livre ?
Le
nombre des Hadith figurant dans “Jâmi‘ Ahâdith al-Chî‘ah”
Discussions
Bibliographie
sommaire
Leçon 21 :
“Al-Arba‘ûnât” (Les Quarantes)
Le
Développement du Récit des Quarante Hadith
Discussions
Bibliographie
sommaire
Leçon 22 :
De Nouveaux Projets de recherche
sur le Hadith-1
Y
a-t-il de nouveaux projets de recherche sur le Hadith?
1-Les
Hadith de Tafsîr
2-La
Compilation des Hadith à contenu jurisprudentiel
3-La
Compilation des Hadith contenant des Du‘â’
4-
Les livres de Manâqib
5-Les
Recueil de Hadith sur l’Ethique et le savoir-vivre
6-Les
Explications des Hadith
Discussions
Bibliographie
sommaire
Leçon 23
:
De Nouveaux Projets de Hadih -
2
Quels
autres projets de recherche sur le Hadith?
Explications
et Commentaires relatifs à des ouvrages de Hadith autres que les Quatre
Livres
Discussions
Biographie
sommaire
Leçon 24 :
Des Projets de Recherche
contemporains
Quels
sont les projets de recherche contemporains sur le Hadith ?
Discussions
Bibliographie
sommaire
Leçon 25 :
Les Sources du Hadith chez les
Sunnites
Quand
la transcription du Hadith a-t-il commencé
chez les Sunnites?
Les
Recueils de Hadith secondaires
Les
Recueil de Hadith ultérieurs (Al-Jawâmi‘ al-Muta’akh-khirah)
Discussions
Bibliographie
sommaire
*************************
**************************
Leçon
1
Le
Hadîth est la seconde source de la noble Sunna après le saint Coran. Allah
-qu’Il soit glorifié- nous demande de suivre Son Messager et de retracer ce
qu’il a apporté. En effet, Allah dit :“Ce que le Messager vous a apporté,
prenez-le (suivez-le) et ce qu’il vous a interdit abstenez-vous-en”[1] et
:”Obéissez à Allah, au Prophète et à ceux parmi vous, qui détiennent
l’autorité”[2]
D’autre
part, le Hadîth consiste en la relation d’un acte, d’une parole ou d’une
approbation tacite (d’un acte ou d’une parole) du Prophète (P) et de ses
Successeurs infaillibles. De ce fait, il tient lieu d’un argument juridique (il
a force de loi) dans les statuts (jugements) légaux. Très souvent le Hadîth ne
fait qu’expliquer le Coran, détailler ses statuts cultuels, préciser
(restreindre) ses énoncés absolus, et interpréter ses équivoques, comme il le
fait lorsqu’il fixe par exemple la portion à couper de la main du voleur, peine
décrété dans le Coran (couper la main du voleur), mais dont les modalités
et la manière ne sont pas
précisées, ou comme il le fait lorsqu’il spécifie une généralité énoncée dans le
Coran qui dit :“Quant à vos enfants, Allah ordonne d’attribuer au garçon une
part égale à celle de deux filles”[3], en
précisant que (toutefois) “l’assassin n’a pas droit à
l’héritage”.
De
plus, le Hadîth comprend beaucoup de statuts indépendants, tel celui-ci : “Ce
qui est mahram (interdit) par lien généalogique, devient mahram par allaitement
aussi”[4]
De
même, le mot Hadîth désigne la Sunna, laquelle “consiste en la parole, l’acte ou
l’approbation non ordinaire du Prophète (P)- ou des Infaillibles en général- ”.
Il y a également cette autre définition du Hadîth : “C’est le dire de celui qui
n’a pas le droit de mentir et de se tromper dans ses actes, ses paroles et ses
approbations, dire qui ne soit ni une parole du Coran ni une parole
ordinaire”[5]
A
l’origine, la définition du terme Hadîth ou sunna s’applique au Prophète (P). Si
nous en avons toutefois généralisé la portée pour comprendre également ses
Successeurs infaillibles, c’est parce que ces derniers sont ses gardiens sur la
Religion après lui, et parce qu’ils n’émettent que des jugements qu’ils tiennent
de lui, et ne rapportent que son Hadîth. C’est ce qu’ affirma l’Imam al-Sâdiq
(p) : “Je tiens mon Hadîth de mon père[6], et
mon père le tient de mon grand-père[7], mon
grand-père le tient d’al-Hussayn[8], et
al-Hussayn le tient d’al-Hassan[9],
al-Hassan le tient à son tour d’Amîr al-Mu’minên[10], et
Amîr al-Mu’minîn le tient du Messager d’Allah (P)”[11]
Selon
“al-Irchâd” du Cheikh al-Mufîd, lorsqu’on interrogea l’Imam al-Sâdiq (p) sur
l’absence de sources dans ses Hadîth : “Tu rapportes des Hadîth sans en citer
les chaînes de transmission !”, il répondit : “Lorsque je relate un Hadîth sans
en mentionner la chaîne de transmission, sachez ma source (chaîne de
transmission) en est la suivante : mon père, de mon grand-père, de son père, de son
grand-père, le Messager d’Allah (P), de Jibrâ’îl (l’Archange Gabriel), d’Allah -
Le Puissant et Sublime”[12].
Ainsi,
les Hadîth des Imams (p) sont les Hadîth du Prophète (P) et leur sunna est la
sienne, car ils sont ses successeurs et ses gardiens sur l’intégrité de la
Religion, et tout ce qui relate la sunna du Messager d’Allah (P) et la sunna de
ses Successeurs est Hadîth et khabar (Information).
De
même qu’on se réfère à l’autorité du Noble Coran pour connaître les statuts de
la Religion, de même on se réfère à celle de la sunna pour déterminer la
position de la Charia (la Loi islamique) vis-à-vis des statuts divins et de la
connaissance de la Religion.
Donc,
la sunna est la seconde source, après le Noble Coran, de la connaissance des
statuts religieux. Et le seul moyen de connaître la sunna est le Hadith qui la
relate.
En un
mot, le Hadîth est le moyen de connaître la sunna et il est considéré comme la
seconde source de la Législation islamique, après le Noble Coran.
Notons
enfin que le Hadîth comporte généralement, comme on le verra, un matn (le texte ou le contenu du hadîth)
et un isnâd (la chaîne des transmetteurs du texte du
hadîth).
Discussion :
1-
Quelle est la place du Hadîth dans la Législation islamique
?
2-Quelle
est la preuve de l’obligation de suivre la sunna ?
3-
Quel est le rapport du Hadîth avec le Noble Coran, en particulier et avec la
Charia en général?
4-
Quelle est la définition de la noble sunna ?
5-
Pourquoi le Hadîth et la Sunna se sont-il étendus aux paroles et aux traditions
des Successeurs infaillibles (p) ?
6-Pourquoi
les paroles des Imams (p) sont-elles considérées comme un argument qui fait
autorité?
Bibliographie
sommaire
:
1-“Maçâdir
al-Fiqh al-Islâmî wa manâbi‘uhu” (Les Références de la Jurisprudence islamique
et ses Sources), (ouvrage en arabe) de Ja‘far Subhânî, éd. Dâr al-Adhwâ’,
Beyrouth, pp 79-93
2-“Târîkhé
‘umûmiyé Hadîth” de Majîd Ma‘ârif, éd. Téhéran, pp.31-39.
Leçon
2
Qu’est-ce
que le Hadîth qudsî
(saint)
De
prime abord, on pourrait penser qu’il n’y a qu’une seule sorte de Hadîth, mais
lorsqu’on examine les ouvrages et les références de Hadîth, on constate qu’il y
a en fait deux catégories de Hadîth.
En
effet, à côté du Hadîth qui rapporte l’acte, la parole et les approbations du
Prophète (P) ou des Infaillibles (p) en général, il y a une autre catégorie de
Hadîth dans lequel le Prophète (P) rapporte des Paroles d’Allah et d’autres
Livres divins antérieurs à l’Islam. Les Paroles d’Allah, ainsi transmises par le
Prophète (P) sont désignées par “Hadîth
qudsî” (Hadîth saint).
Le
Hadîth qudsi diffère du Hadîth courant en ceci qu’il consiste en une Révélation
dépouillée de tout caractère miraculeux, transmise d’Allah par le Prophète (P).
Et dans ce genre de Hadîth c’est Allah qui parle.
D’autre
part, le Hadîth qudsi diffère du Noble Coran en ceci que ce dernier est une
Révélation qui dénote un défi et un caractère miraculeux, lesquels sont absents
du premier.
Al-‘Allâmah
al-Majlicî a présenté dans sa grande et célèbre encyclopédie “Bihâr
al-Anwâr”, des échantillons du Hadîth saint (qudsi), tome XIII, 13/323 et
77/18.
De
même al-Hur al-‘Âmilî écrit un livre intitulé “Al-Jawâhir al-Saniyyah fî-l-Ahâdîth
al-Qudsiyyah” (Les Joyaux brillants des Hadith saints), qui fut publié à
Baghdad en 1384 de l’Hégire.
Nous
nous contentons de présenter ci-après un échantillon du Hadîth qudsî
:
Al-Cheikh
al-‘Âmilî cite le Hadith qudsi suivant tiré du livre d’Ahmad Ibn Fahad, “‘Uddat
al-Dâ‘î” et relaté par le Prophète (P) : «Allah - le Très-Haut - dit : “Il n’y a
pas une créature qui demande la protection d’une autre créature à l’exclusion de
Moi sans que Je lui coupe les moyens des ciels et de la terre : si elle Me
demande, Je n’accéderai pas à sa demande, et si elle Me prie, Je n’exaucerai pas
sa prière. Et il n’y a pas une créature qui sollicite Ma protection à
l’exclusion de tout autre de Ma créature sans que les ciels et la terre lui
garantissent sa subsistance; et sans que
J’exauce sa prière, lorsqu’il Me prie ” »[13]
La
division des recherches des Sciences du Hadîth
Nous
avons appris que le Hadith se compose d’un matn et d’un isnâd, et qu’il relate la Sunna.
Celle-ci se présente sous forme d’une parole, d’un acte ou d’une
approbation.
Il
s’agit maintenant de traiter succinctement des détails des divisions du Hadith.
Concernant
la sunna sous sa forme de parole, la recherche porte soit sur le matn soit sur l’isnâd. L’étude du matn - par lequel nous entendons la
signification exacte des vocabulaires du Hadîth (les signifiants- se divise
selon la clarté ou l’ambiguïté de la signification en : naçç (texte, sans équivoque), mujmal (équivoque), dhâhir (apparent) et mu’awwal (interprété). Ainsi si le
signifiant (les mots en tant que signes graphiques) renvoie à un seul signifié
(signification, sens) et exclue l’existence probable de toute autre
signification, il est considéré comme “naçç”. Mais s’il admet la possibilité d’avoir
une autre signification, deux cas de figure se présentent :1- si la probabilité
que le signifiant renvoie à l’un des deux signifiés est égale à la probabilité
qu’il renvoie à l’autre (50% - 50%), le Hadîth est mujmal. 2- mais si on estime que l’une
des deux probabilités est plus grande que l’autre, deux cas de figure se
présentent là aussi : a-si le chercheur
choisit de suivre la grande probabilité en s’appuyant sur un indice, le
Hadîth est “dhâhir”[14], b-
et s’il choisit de suivre la petite probabilité pour un indice (qui dicte son
choix), le hadîth est “mu’wwal”[15]
Il se
divise, selon d’autres considérations en “haqîqah” (vérité), “majâz” (figuré), “much-tarak” (commun), “manqûl” (transmis), “mutlaq” (absolu), “muqayyad” (restreint), “‘âm” (général), “khâç” (particulier), “mubayyan” (clarifié), “mubayyin” (clarifiant), “nâsikh” (abrogeant), “mansûkh” (abrogé).
La
fonction du muhaddith
(chercheur en science de Hadîth, traditionniste) est de connaître tous ces détails afin de pouvoir octroyer à
chaque hadîth sa valeur, s’il veut qu’on suive les enseignements qui y sont
contenus.
Concernant
l’étude du sanad, c’est-à-dire les
chaînes des transmetteurs par laquelle le matn du hadîth nous est parvenu -
puisqu’il doit y avoir forcément une voie qui mène vers l’auteur de ce matn, le
Hadîth se divise, selon la qualité de la chaîne en : “hasan”, “muwath-thaq”, “muttaçil”, “maqtû‘ ” etc. L’étude de ces
divisions comporte de nombreuses utilités précisées dans ‘ilm al-dirâyah ( science de
dirâyah)[16].
Concernant
la Sunna sous sa forme d’acte, si l’acte de l’Infaillible (le Prophète ou ses
Successeurs légitimes) est accompli dans l’ intention d’indiquer un acte
législatif, le caractère obligatoire, recommandé ou neutre ressort de
l’indication de l’Infaillible lui-même.
Mais son acte a priori (ibtidâ’î) ne constitue pas un argument
qui ait force de loi, sauf si on a des indices qu’il a été accompli dans un
dessein précis. En l’absence de tels indices, son acte abstrait (mujarrad, dépouillé d’indices) dénote,
tout au plus, la permission (jawâz)
lorsqu’il s’agit d’actes de la norme (les traditions et les coutumes des
sages) et la préférence (rajhân), lorsqu’il est question d’actes
cultuels.
Concernant
la sunna d’approbation, vu que l’Infaillible ne saurait approuver un acte
répréhensible, à moins qu’il y ait une force majeure (l’observation de la
taqiyyah), tout acte auquel on se livre en sa présence, à son vu et à son su,
est considéré comme permis, s’il ne le désapprouve pas (à condition qu’il n’ y
ait pas de circonstances qui requièrent son silence -l’observation de la taqiyyah).
Par
exemple si l’Infaillible venait à voir quelqu’un frapper son fils pour le
corriger, sans le désapprouver et sans qu’il y ait une circonstance qui requiert
la taqiyyah, son silence et le fait
qu’il ne l’ait pas dissuadé de commettre cet acte équivaut à une approbation
tacite et indique qu’il est permis de corriger physiquement l’enfant; car si cet
acte n’était pas permis, l’Infaillible aurait l’obligation de l’en dissuader,
obligation qui découle de l’obligation islamique de l’interdiction du mal (al-nahyy ‘an-il-munkar). Par conséquent
toute approbation tacite de l’Imam en l’absence de situation qui requiert la
taqiyyah vaut une autorisation, et ce sur la base du caractère légal de
l’approbation tacite de l’Infaillible.
Discussions
1-
Combien de sortes de Hadîth y a-t-il ?
2-
Quelle est la différence entre le Hadith et le Hadith qudsî ?
3-Quelle
est la différence entre le Hadîth
qudsî et le Noble Coran
4-Quelles
sont les divisions de la recherche sur la sunna et le Hadîth
?
5-
Quelles sont les différences entre la sunna de parole (sunna qawliyyah), la sunna d’acte (sunna fi‘liyyah) et la Sunna
d’approbation tacite (sunna
taqrîriyyah) ?
6-Quelles sont les conditions qui octroient à la Sunna d’acte force de loi ?
7-Quelles
sont les conditions qui octroient à la Sunna d’approbation tacite force de loi
?
Bibliographie
sommaire
1-“Al-Jawâhir
al-Saniyyah fî-l-Ahâdîth al-Qudsiyyah” d’al-Cheikh al-‘Âmilî, éd.
de Baghdad.
2-“Bihâr
al-Anwâr” d’al-‘Allâmah al-Majlicî, éditions de Beyrouth et de
Téhéran.
3-“Dirâyat
al-Hadîth” de Kâdhim Mudîr Chanichî, éd. De
Qum, pp.13-14.
4-“Târîkhé
‘Umûmiyé Hadîth” de Majîd Ma‘ârif, éd. De Téhéran,
pp.29-31.
Leçon
3
Comment
naquit la Science du Hadîth
Le
premier à avoir prescrit la transcription et la mémorisation du Hadîth était le
noble Prophète lui-même (P). Selon Abdullâh Ibn Omar :“Nous avons demandé au
Prophète : “O Messager d’Allah ! Nous entendons de toi beaucoup de choses que
nous ne nous rappelons pas. Pourrions-nous les transcrire ?” Il a répondu :“Oui
! Écrivez-les donc”[17]
Selon
Ibn Omar encore : “J’ai demandé au Prophète : “Pourrais-je enregistrer la
Science (le Hadîth)? “Oui”, répondit-il”[18]
On
rapporte également que le Prophète (P) fit un jour le discours suivant :
“Qu’Allah embellit tout homme qui, ayant entendu ma parole, la mémorise, la
comprend et la transmet à ceux qui ne l’ont pas entendue, car un porteur de
savoir pourrait n’avoir pas de savoir lui-même, et un porteur de savoir pourrait
transmettre le savoir à quelqu’un qui sereait plus instruit que lui.”[19]
Il a
même donné l’instruction à certains Compagnons de transcrire le Hadîth. Il
demanda ainsi à Ali (p) : « “O Ali ! Transcris ce que je te dicte”. Ali (p) lui
dit : “O Messager d’Allah ! Est-ce parce que tu as peur que j’oublie!?” Le
Prophète (P) répondit : “Non, je n’ai pas peur que tu oublies, car j’ai prié
Allah - Le Puissant et Sublime - de t’accorder une bonne mémoire et de ne pas te
faire oublier. Mais si je te demande de transcrire, c’est pour tes associés”.
Ali (p) lui demanda : “Et qui sont mes associés, o Prophète d’Allah !?” Le
Prophète (P) répondit : “Les Imams issus de ta progéniture”»[20]
En
outre, le Prophète (P) donna l’ordre de rédiger ses lettres aux Rois et
personnalités notoires de son époque et il
apposa son sceau sur tous les accords et traités conclus avec eux. Cette
initiative indique clairement la permission de la transcription et équivaut à
une autorisation de l’écriture donnée aux Musulmans.
Ceci,
il le traduisit en pratique, lorsqu’il proposa, à la fin de la Bataille de Badr,
à chaque prisonnier de guerre polythéiste, qui savait lire et écrire, la
libération, s’il consentait à apprendre à dix enfants musulmans à lire et à
écrire. Donc le Prophète (P) était le premier à avoir incité à l’écriture en
Islam, ce qui contredit les tenants de l’opinion qui attribue au Prophète (P)
lui-même l’interdiction de la transcription du Hadîth.
D’autre
part, plusieurs livres (çuhuf) furent rédigés à son époque. Nous en
citons ci-dessous quelques-uns :
1-
Çahîfat ‘Alî (p) : il traite du ‘aql (la raison, l’intellect), des
diyyât, des statuts de libération de captifs[21].
2-Çahîfat
al-Madanî, le serviteur du Prophète (P).
Il contient des Traditions, des statuts légaux et des affaires.[22]
3-Çahîfat
‘Abdullâh Ibn ‘Omar qui l’intitula :“al-Çâdiqah”. Il comprenait 1000 Hadîth.
L’auteur y dit : “J’écrivais tout ce que j’entendais du Messager d’Allah en vue
de le mémoriser. Les Quraych m’ont interdit de continuer en prétextant: “Tu
écris tout ce que tu entends du Messager d’Allah (P)! Or, le Messager d’Allah
(P) est un être humain qui parle aussi bien lorsqu’il est en colère que
lorsqu’il est content!”. Dès lors je me suis abstenu d’écrire, en informant le
Messager d’Allah (P) des allégations des Quraych. Le Messager d’Allah (P),
pointant alors son doigt vers sa bouche, dit : “Écris ! Car par Celui Qui
détient mon âme, il n’en (de ma bouche) sort que la Vérité”[23]
4-Çahîfat
Sa‘d Ibn ‘Ubâdah al-Ançârî, laquelle mentionne une série de Hadîth du Prophète
(P).
5-
Çahîfat Jâbir Ibn ‘Abdullâh al-Ançârî, à laquelle ont fait référence :
Ibn S‘ad dans ses “Tabaqât”, ‘Abdul-Razâq dans son “Muçannaf”, et
al-Thahabî dans “Tath-kirat al-Huffâdh”[24].
Ceci
dit, on peut citer à titre d’illustration quelques échantillons de Hadith du
Prophète (P) incitant à la transcription du Hadith ou l’autorisan:
“Écrivez
sans embarras”[25] ;
“Enregistrez le Savoir par l’écriture”[26] ;
“Écrivez à Abî[27]
Châh” ; “Fais appel à ta droite”[28].
Selon
le Docteur ‘Atr, les Hadith qui établissent la transcription du Hadîth du
Prophète de son vivant sont tellement nombreux qu’ils atteignent le stade de la
concordance (tawâtur)[29]
L’Interdiction
de la Transcription du Hadîth après le décès du Prophète (P)
Après
le décès du Prophète (P), la Nation islamique traversa une période pénible
pendant laquelle on interdit aux Musulmans de transcrire et de propager le
Hadith. Le premier à avoir pris l’initiative de cette interdiction fut Abû Bakr
Ibn Quhâfah lorsqu’il accéda au Pouvoir califal. Selon al-Thahabî : “Abû
Bakr compila les Hadîth du Prophète (P) dans un recueil. Ils étaient environ 500
Hadîth. Puis, il ordonna qu’on allume un feu et il les y brûla”[30].
‘Umar Ibn al-Khattâb fit de même : il ordonna aux Musulmans de lui
apporter leurs livres de hadith. Lorsqu’ils s’exécutèrent en croyant qu’il
voulait les conserver et les protéger, il les mit au feu[31]
Ils
furent suivis dans leur politique d’interdiction de la transcription du Hadîth
par seulement six Compagnons[32] :
Abû Sa‘îd, Ibn Mas‘ûd, Zayd Ibn Thâbit et Abû Mûsâ al-Ach‘arî, alors que
les milliers d’autres Compagnons du Prophète (P) ne leur emboîtèrent point le
pas.
Les
principales raisons de l’interdiction de la transcription
Les
ulémas du Hadith ont tenté de rechercher les motivations des tenants de
l’interdiction de la transcription du Hadith. Ils ont avancé plusieurs raisons
possibles : les uns expliquent cette interdiction par :
- Un
intérêt quelconque qu’auraient trouvé Abû Bakr et de ‘Omar pour cette
interdiction;
- La
crainte de voir le Coran abandonné au profit du Hadith;
- La
peur de confusions entre le Coran et le Hadith ;
-
L’ignorance des Compagnons de l’écriture ;
- La
conservation de la faculté de mémorisation;
- La
peur de se concentrer sur les apparences du Hadith et la négligence des actes
;
- L’empêchement de la propagation des
mérites des Ahl-ul-Bayt, mérites dont la propagation aurait conduit à s’interroger sur la légitimité
du Califat de Omar et d’Abu Bakr etc..
Toutes
ces raisons ont été étudiées exhaustivement dans un livre intitulé “Man‘ Tadwîn
al-Hadîth” (L’Interdiction de la Transcription du Hadith), publié à Qom
en 1418 H.
Les
Conséquences et les résultats de l’interdiction de la Transcription du
Hadith
L’interdiction
de la transcription du Hadith eut des conséquences fâcheuses durant des siècles.
En voici quelques-unes :
1-La
disparition d’un grand nombre de Hadith (perdus ou brûlés)
2-La
propagation de Hadith inventés, après que les Musulmans eurent constaté le grand
vide laissé dans leur vie à cause de l’interdiction de la transcription du
Hadith, vide que les gouvernants exploitèrent pour laisser libre cours à
l’invention de hadith complaisants, sous prétexte de vouloir combler ce
vide
3-La
proscription des Ahl-ul-Bayt de la direction de la Umma, ou même de la vie
musulmane en général, conséquemment à la dissimulation de leurs mérites et leur
préséance qui prévalent dans le Hadith.
À
cause de cette courte période noire de l’Histoire de la Umma, celle-ci a subi
des dégâts considérables et a enregistré un retard de plusieurs siècles par
rapport aux objectifs qui lui avaient été fixés.
Discussions
:
1-
Comment naquit la science du Hadith et qui fut le premier à avoir ordonné la
transcription du Hadith ?
2- Quelle était l’initiative pratique du Prophète (P) pour inciter à la transcription du Hadith ?
3-
Mentionnez les titres de quelques livres écrits à l’époque du Prophète
?
4-
Citez quelques Hadith du Prophète (P), qui incitent à la transcription du
Hadith.
5-Quelle
était la période pénible qui marqua négativement l’histoire du Hadith après le
décès du Prophète ?
6-
Mentionnez quelques raisons avancées par les ulémas du Hadith pour expliquer les
motifs de l’interdiction du Hadith.
7-
Quelles sont les conséquences de l’interdiction de la transcription du Hadith
?
Bibliographie
sommaire
:
1-
L’Introduction des “Wasâ’il al-Chî‘ah” (en persan), Tom. I, pp. 9-20 (édition
moderne de Qom)
2-“Sayré
Hadîthé Dar Islâm” (en persan) de Sayyid Ahmad Mîrkhâ’î,
édition de Qom, pp. 27-34.
3-“Man‘
Tadwîn al-Hadîth : Asbâb wa Nata’ij” (L’Interdiction de la
Transcription du Hadith : les causes et les conséquences), du Sayyid ‘Alî
al-Chahristânî, éd. Qom, pp. 17-83.
4-“Tadwîn
al-Sunnah al-Charîfah” de Sayyid Muhammad Ridhâ al-Jalâlî, éd. Qom, pp.
599-563.
Leçon
4
des
Imams (p) -1
Qui
sont les auteurs d’ouvrage de Hadith (muçannifûn) à l’époque des
Suivants[33]
Nous
avons déjà abordé l’époque du Prophète (P) et mentionné les Hadith du Prophète
relatifs à la transcription du Hadith. Nous avons cité également les noms de
quelques Compagnons du Prophète (P), qui avaient transcrit le Hadith de son
vivant.
Il
s’agit maintenant d’aborder l’époque de l’après-Prophète (P) et de présenter
certains Suivants (Compagnons de la deuxième génération) qui ont suivi la voie
du Prophète (P) et de ses Compagnons concernant la transcription du savoir et de
la Sunna :
1-
Salîm Ibn Qaïs al-Hilâlî (décédé autour de l’an 90 H.)
Il
composa un livre contenant ce qu’il avait entendu du Messager d’Allah (P), de
l’Imam Ali (P), d’al-Miqdâd, de Salmân al-Fâricî, d’Abû Tharr et d’autres
illustres Compagnons du Prophète (P). Aussi son livre est-il considéré comme une
source première des livres, ou bien mieux, certains historiens le classent parmi
les tout premiers livres des Chiites[34].
2-Al-Açbagh
Ibn Nubâtah (décédé après l’an 101 H.)
Il
est un compagnon d’Amîr al-Mu’minîn, l’Imam Ali Ibn Abî Tâlib (p). Il écrivit un
livre qui comprenait la Lettre de l’Imam Ali (p) à Mâlik al-Achtar, lorsqu’il le
nomma Gouverneur d’Egypte, et Le Testament de l’Imam Ali (p) à Muhammad Ibn
al-Hanafiyyah[35],
ainsi que d’autres sujets tirés de la Porte de la Cité du Savoir du Prophète (P)
qu’est l’Imam Ali (p)
3-‘Ubaydullâh
Ibn Abî Râfi‘ (décédé avant l’an 100 H.)
Il
était l’écrivain ou le biographe de l’Imam Ali (p). Dans son livre, il compila
les affaires de l’Imam (p), et les noms de ses Compagnons qui avaient participé
aux Batailles d’al-Jamal, de Siffîn et de Nahrawân. Al-Cheikh al-Tûcî le
cite dans son “Fihrist”[36]
4-‘Alî
Ibn Abî Râfi‘ (décédé avant l’an 100 H.)
Il
est le frère de ‘Ubaydullâh Ibn Abî Râfi‘, cité ci-dessus. Il était un scribe de
l’Imam Ali (p) et il compila un livre sur le wudhû’ et sur toutes les autres parties
de la jurisprudence (fiqh). Il participa aux guerres de l’Imam (p)[37].
5-Zayd
Ibn Wahab (décédé après l’an 83 H.)
C’est
un Compagnon kûfite de l’Imam Ali (p). Il compila les prônes du Commandeur des
Croyants (l’Imam Ali) prononcés les vendredis et les jours des fêtes. Il est
cité par al-Cheikh al-Tûcî[38].
6-Maytham
al-Tammâr (décédé en l’an 60 H.)
Il
est l’un des compagnons intimes de l’Imam Ali (p), lequel l’a entouré d’un soin
particulier. Aussi a-t-il pu puiser tellement dans le savoir de l’Imam qu’il
compilera un ouvrage de Hadîth qui servira de source à al-Cheick al-Tûcî
dans “al-Amâlî”, et à al-Kich-chî dans ses “Rijâl”. Il écrivit aussi un livre de
tafsîr (interprétation) que lui dicta l’Imam Ali (p).
7-Abû-l-Aswad
al-Du’alî (décédé en l’an 69 H.)
Son
vrai nom est Dhâlim Ibn ‘Amr, surnommé Abî-l-Aswad. Il était un compagnon
de l’Imam Ali (p), de qui il apprit la Grammaire pour la diffuser parmi les
milieux spécialisés.Et lorsqu’il montra son oeuvre à l’Imam (p), celui-ci l’en
félicita dans ces termes : “Quelle bonne grammaire tu as présentée!”[39]
Discussions
1-Qui
sont les plus célèbres auteurs de livres à l’époque de l’Imam Ali (p)
?
2-Quel
est le sujet du livre de Salâm Ibn Qaïs?
3-Quel
est le sujet du livre de Zayd Ibn Wahab ?
4-Quel
est le sujet du livre de Maytham al-Tammâr ?
5-Quel
est le sujet de l’écrit d’Abû-l-Aswad al-Du’alî?
Bibliographie
sommaire
1-
L’Introduction de “Mawsû‘at Tabaqât al-Fuqahâ’ ” (Encyclopédie des
Classes des Juristes), pp.118-121 et 135-136.
2- “Sayré
Hadîth dar Islam” (persan), d’Ahmad Mîrkhânî,
p35-56
3-“ ‘Ilm
al-Hadîth ” (La Science du Hadith) de Kadhim Mudîrchânechî,
pp66-72.
4-“Tâtîkhé
‘Umûmyé Hadîth” (persan),
de Majîd Ma‘ârif, p. 207-209.
Le
Hadith à l’époque des Imams (al-Hassan, al-Hussain et al-Sajjâd-p)
-2
Comment
était la situation des uléma de Hadith (muhaddithîn,
“traditionnistes”) à cette
époque?
Le
Hadith traversa une période noire à l’époque des Imams al-Hassan, al-Hussain, et
la-Sajjâd (p), et on considère cette époque comme étant l’époque de l’absence du
Hadith dans la société musulmane et de l’éloignement de cette société du Hadith.
Cette situation culmina pendant la période
allant du martyre de l’Imam Ali (p) en l’an 40 H. à l’après-martyre de
l’Imam al-Hussain (p) à Karbalâ’ en l’an 61 où le Califat se transforma en une
monarchie omayyade qui interdit strictement la diffusion des Hadith du Prophète
(P) et notamment ceux qui mettaient en évidence les mérites et la préséance de
l’Imam Ali (p) sur tous les autres
Compagnons. Mu‘âwiyah Ibn Abî Sufiyân, le fondateur de la dynastie omayyade, non
content de cette interdiction aberrante, poussa sa haine encore plus loin, en
envoyant al-Dhahhâk Ibn Qais al-Fihrî en Irak avec l’ordre de marcher par
vengeance avec ses soldats sur tout village partisan de l’Imam Ali (p). Dans ces
razzias beaucoup de Chiites, dont de nombreux porteurs et transmetteurs de
Hadith furent assassinés[40].
Ainsi,
pendant cette période, une fumée noire couvrait le Hadith et les
muhaddithine (les traditionnistes, les ulémas de Hadith), et
personne n’osait rapporter tout ce qu’il avait entendu de la bouche du Prophète
(p), ni publier un livre mentionnant les mérites de l’Imam Ali (p) soulignés par
le Messager d’Allah (P). Les couloirs du Hadith furent ainsi vides de
professeurs et d’élèves.
Mais
au cours de cette période un phénomène plus grave que l’interdiction de la
transcription du Hadith et plus dangereux pour le présent et l’avenir de
celui-ci vit le jour. Il s’agit de “l’invention de faux Hadiths” vantant les
mérites des Omayyades et attribués à de grands Compagnons et même au Prophète
lui-même (P). Le marché de Hadith inventés s’épanouit grâce à la générosité des Gouvernants et
la complicité de tous ceux qui avaient intérêt à comploter contre le présent et
l’avenir de l’Islam. Ainsi les Gouvernants s’ingénièrent à décerner des prix
faramineux ou à offrir des postes dans les hautes fonctions aux inventeurs de
Hadith. Il s’ensuivit que les flagorneurs rivalisaient dans l’invention de
Hadith, pour s’emparer de ces prix et de ces postes, préférant l’obtention de la
satisfaction du créé à celle de l’agrément du Créateur. Le résultat fut des plus
catastrophiques. Les vrais Hadith furent noyés perdus sous un amas énorme de
faux Hadith, ce qui obligera les ulémas de Hadith à passer toute leur vie et
leur temps précieux à examiner minutieusement des dizaines de milliers de Hadith
pour en trier ceux qui sont sains ou authentiques, ou séparer le bon grain de
l’ivraie. L’exemple en est al-Bukhârî qui écrit dans son célèbre
Sahîh qu’il a réuni dans ce livre seulement 7275 hadiths qu’il
considéra comme authentiques parmi les 600 000 Hadith qu’il avait examinés.
Quant à Mâlik, il choisit parmi les 100 00 hadiths qu’il étudia, seulement 800
qu’il considéra comme étant dignes de crédit.
Dans
de telles conditions, il était naturel que les références de Hadith relatives à
cette époque, et surtout aux Ahl-ul-Bayt et leur école se fassent
rares.
Notons
enfin que pendant cette période, les auteurs de Référence et de Hadith qui se
sont distingués étaient : l’Imam Zayn al-‘Abidine dans son “al-Sahîfah
al-Sajjâdiyyah”, “Risâlat al-Huqûq”, et sa “Sahîfah” sur le
Zuhd (ascétisme) etc. et parmi les compagnons des Imams (p) : Lût Ibn
Yahyâ Ibn Sa‘îd al-Uzdî, connu sous le nom d’Abî Makhnaf dans certains de
ses livres, Zayd Ibn ‘Alî Ibn al-Husayn (le fils de l’Imam Zayn
al-‘Abidine), ‘Amir Ibn Kathîr al-Sarrâj, Sa‘îd Ibn Jubayr (lequel écrit
un livre sur le tafsîr -interprétation- et d’autres thèmes), ainsi que Abû
Hamzah al-Thamâlî dans “al-Nawâdir”, “al-Zuhd” et
“al-Tafsîr”.
Discussions
1-Décrivez
la situation du Hadith pendant l’époque des Imams al-Hassan, al-Hussain et
al-Sajjâd (Zayn al-Abidine, Ali Ibn al-Hussain) (P)
2-Quelles
sont les raisons de la faiblesse du Hadith à cette époque
?
3-Quels
étaient les dangers auxquels étaient exposés le Hadith à cette époque
?
4-
Citez les noms des ulémas de Hadith qui ont émergé à cette époque
?
5-Citez
quelques-uns des Compagnons des Imams, qui se sont distingués comme ulémas de
Hadith à cette époque
Bibliographie
sommaire
1-“
Muqaddamat Mawsû‘at Tabaqât al-Fuqahâ’ ” (L’Introduction de
l’Encyclopédie des Classes des Juristes) (2e partie), pp. 121-123 et
137-140.
2-“Tâtîkhé
‘Umûmyé Chî‘ah” (persan), de Majîd Ma‘ârif, pp.209-211.
3- “Sayré
Hadîth dar Islam” (persan), d’Ahmad Mîrkhânî, pp
84-96
Leçon
6
Le
Hadith à l’époque des Imams (al-Bâqir, et al-Sâdiq -p) -3
Comment
le Hadith a-t-il connu son essor après son ère d’asphyxie ?
La
période de marasme dans laquelle avait sombré le Hadith finit par trouver le
bout du tunnel et la science du Hadith connaîtra bientôt un essor. Les porteurs
(mémorisateurs), les rapporteurs et les transmetteurs de Hadith se mirent à
travailler d’arrache-pied. Le facteur principal de cet épanouissement étaient
les guerres intestines auxquelles se livraient les Gouvernants, ce qui a
distrait leurs partisans et cliques du problème du Hadith, relégué au second plan. La censure dont
faisaient l’objet les Imams d’Ahl-ul-Bayt (p) se trouva ainsi allégée.
Saisissant cette période d’accalmie, l’Imam al-Bâqir (p) et l’Imam al-Sâdiq (p)
déployèrent tous leurs efforts pour nourrir la société musulmane de ce dont elle
avait besoin de science, de savoir et de tous les volets de la culture. Ainsi,
réussirent-ils à former des disciples qui seront les précurseurs de la Science
et du Savoir pendant cette période. Ils s’appliquèrent à diffuser leurs
connaissances aux quatre coins du territoire de la nation musulmane et devinrent
des notoriétés dans l’histoire de l’Islam. En voici quelques-uns
:
1-Zurârah
Ibn A‘yan (décédé en 150 H.)
C’est
l’un des grands faqîh (jurisconsulte) dont on apprend le halâl (licite) et le harâm (illicite). Il était l’un
des plus grands savants chiites en matière de fiqh (jurisprudence), de Hadith et
de Kalâm[41]
(théologie de l’Islam). Il émit des fatwâ spécifiques (décret, avis ou jugement
religieux) dans le domaine des obligations (frâ’idh), et notamment en ce qui
concerne la kalâlah (des proches
parents à l’exclusion du père et du fils), rapporté par al-Hur al-‘Âmilî dans “Kitâb al-Farâ’idh” (le livre des
Obligations), la 7e partie des “Wasâ’il al-Chî‘ah”.
2-Muhammad
Ibn Muslim (décédé en 150 H.)
Il
est l’un des grands faqîh chiites. Il
mémorisa des milliers de Hadith qu’il entendait des deux Imams, al-Bâqir et
al-Sâdiq (p). Il avait une pensée perçante et une langue interrogatrice.
Al-Kich-chî rapporte qu’il déclara, à ce propos : “Il n’est pas une idée qui
passait par ma tête sans que j’interroge à son sujet Abû Ja‘far (l’Imam
al-Bâqir), à tel point que je lui ai posé des questions sur 30 mille Hadith. En
outre j’avais questionné Abû Abdillâh (l’Imam al-Sâdiq) sur 16 mille
Hadith.”[42]
Al-Najâchî
a signalé de lui un livre intitulé “Al-Arba‘mâ’ta Mas’alah Fî
Abwâb-il-Halâl wa-l-Harâm” (Les quatre cents Questions
concernant le licite et l’illicite).
3-Abân
Ibn Taghlib
Il
apprit le fiqh (la jurisprudence) chez les Imams al-Sajjâd, al-Bâqir et al-Sâdiq
(p). L’Imam al-Bâqir (p) lui dit un jour :“Assieds-toi dans la Mosquée de Médine
pour émettre des jugements juridiques à l’intention des Musulmans, car
j’aimerais qu’on rencontre parmi mes chiites une personne comme toi”[43]
Il
fut le premier à rédiger un livre sur les vocables inusités ou inhabituels dans
le Coran (gharîb al-Qur’ân)[44]
4-Jâbir
Ibn Yazîd al-Ju‘fî
Il
est l’une des figure de proue des “suivants” (tâbi‘în)[45] et
le dépositaire des confidences et des sciences des Ahl-ul-Bayt. Al-Kich-chî dit
de lui qu’il mémorisa 70 000 Hadith de l’Imam al-Bâqir (p) et qu’il enrichit la
bibliothèque de plusieurs ouvrages qu’il rédigea, don: “Kitâb
al-Tafsîr”[46],
“Kitâb al-Nawâdir”[47],
“Kitâb al-Fadhâ’il”[48], “Kitâb al-Jamal”[49],
“Kitâb Çiffîn”, “Kitâb al-Nahrawân”, “Kitâb Maqtal Amîr al-Mu’minîn”[50] ,
“Kitâb Maqtal al-Husayn”. “Risâlat Abî Ja‘far li-Ahl-il-Baçrah”[51]
5-Mas‘adah
Ibn Çadaqah
Al-Cheikh
al-Tûcî le classa parmi les Compagnons des Imams al-Bâqir et al-Sâdiq (p)
et mentionna un livre de lui[52],
alors qu’al-Najâchî lui attribua plusieurs ouvrages dont “Kitâb Khutab
Amîr al-Mu’minîn (p)”[53]
6-Naçr Ibn
Muzâhim al-Minqarî
C’est
un compagnon de l’Imam al-Bâqir (p). Al-Najâchî mentionne quelques-uns de ses
ouvrages, tel “Kitâb Maqtal al-Husayn” (l’Assassinat d’al-Hussain),
“Kitâb Çiffîn”, “Kitâb al-Manâqib” et d’autres[54].
7-‘Amr
Ibn Khâlid al-Wâsitî (encore vivant en 150 H.)
C’était
lui aussi un compagnon de l’Imam al-Bâqir (p). Il est le seul transmetteur des
Hadith de Zayd Ibn Ali à Kûfa, et il jouit d’une position distinguée auprès des
Zaidites. Al-Najâchî mentionna un grand ouvrage de lui.[55]
Il y
a des dizaines d’autres compagnons de l’Imam al-Bâqir (p) qui jouèrent un rôle
direct dans la diffusion et la transcription du Hadith. On peut retracer leurs
biographies respectives en consultant les livres spécialisés en Rijâl al-Hadith
(les Hommes du Hadith).
Quant
aux compagnons de l’Imam al-Sâdiq (p), leur nombre atteignit 4000. Al-Cheikh
al-Mufîd écrit dans “al-Irchâd” à ce propos :“Les gens ont transmis de lui
tellement de sciences que les voyageurs ont transportées, et que l’on parlait de
lui dans les différents territoires. On n’a transmis d’aucun autre ‘âlim parmi
les membres de sa famille autant qu’on a transmis de lui de sciences. Aucun
d’entre eux n’a rencontré autant que lui de transmetteurs de Hadith. Les gens de
Hadith ont rassemblé les noms des
rapporteurs de Hadith crédibles, de différentes opinions qui le citaient comme source. Ils
étaient 4000 rapporteurs.”[56]
Al-Chahîd
(Zein al-Dîn al-‘Amilî) écrit dans al-Thikrâ à ce propos : “ Les réponses qu’il
avait données aux questions qui lui avaient été posées ont rempli 400 livres de
400 auteurs, et le nombre des rapporteurs connus de ses Hadith a atteint 4000
hommes d’Irak, du Hijâz, de Khorâsân et de Syrie....”
Discussions
:
1-Quel
est le facteur de l’essor du Hadith après sa période
sombre.
2-Citez
quelques sommités de Hadith à l’époque des Imams al-Bâqir et al-Sâdiq
(p).
3-Qui
est Naçr Ibn Muzâhim et dans quel domaine écrivit-il
?
4-Qu’a
dit al-Cheikh al-Mufîd dans sa description de l’Imam al-Sâdiq
?
Biographie
sommaire
1-“Muqaddamat
al-Thikrâ”, d’al-Chahîd al-Awwal (édition révisée), Tome 1, pp.
56-60.
2-“
Muqaddamat Mawsû‘at Tabaqât al-Fuqahâ’ ” (2e
Partie)
3-“Târikhé
‘Umûmiyé Hadîth”, de Majîd Ma‘ârif,
pp.241-254.
4-“Sayré
Hadîth dar Islâm”, d’Ahmad Mîrkhânî, pp. 97-109.
Leçon
7
Le Hadîth de l’époque de l’Imam al-Kâdhim (p) à l’époque de
l’Imam
al-‘Askarî
(p)
Cette
période couvre les époques de cinq Imams : al-Kâdhim, al-Redhâ, al-Taqî,
al-Naqî, al-‘Askarî. Elle va de la seconde moitié du 2e siècle de l’Hégire, au
milieu du 3e siècle de l’Hégire.
Pendant
cette période la plus grande richesse en matière de Hadith chiite s’accumula
grâce aux Imams d’Ahl-ul-Bayt (p) qui redoublèrent d’efforts en vue de
transmettre aux Musulmans les sciences du Prophète (P).
Les
frontières de l’Etat islamique pendant les époques de ces Imams (p) s’étendirent
tellement qu’elles faillirent joindre l’Orient et l’Occident, puisqu’elles
atteignirent la Chine méridionale à l’est, le centre de la France au nord, et
une grande partie de l’Afrique à l’ouest.
Les
historiens attribuèrent l’essor “civilisationnel” de la Umma aux Rois abbassides
qui tenaient les rênes du pouvoir pendant cette période, en oubliant ou ignorant
le rôle des Imams et de leur disciples en tant que dirigeants de la pensée
islamique dans la diffusion des sciences et du savoir, loin des considérations
matérialistes qui marquaient les gouvernants de cette
époque.
Au
cours de cette période les uléma qui se formèrent sous la direction des Imams
sont trop nombreux pour être énumérés tous dans ce bref exposé. Nous nous
bornons donc à signaler les plus connus des sommités de la Umma parmi les
adeptes des Ahl-ul-Bayt (P) de cette période :
Les
Rapporteurs des Hadith relatés par l’Imam Mûsâ Ibn Ja‘far al-Kâdhim
(p)
1-
Ibrâhîm Ibn Abî Bakr, et Muhammad Ibn Tabî‘, lequel relatait des Hadith qu’il
tenait de l’Imam al-Kâdhim (p), et il écrivit “Kitâb al-Nawâdir”[57]
2-Ismâ‘îl
Ibn Mûsâ al-Kâdhim : il était connu pour ses nombreux ouvrages
“taçanîfât”[58]
3-Al-Hasan
Ibn ‘Alî Ibn Yaqtîn : il rédigea “Kitâb al-Masâ’il” dans lequel il
relatait les Hadith tenus de l’Imam Mûsâ Ibn Ja‘far al-Kadhim (p)[59].
4-Dâwûd
Ibn Kathîr al-Raffî : il rédigea un livre intitulé “Al-Mazâr
wa-l-Ihlijah”[60].
5-Alî
Ibn Ja‘far : il relata un grand nombre de Hadith tenus de son frère, l’Imam Mûsâ
Ibn Ja‘far. Il écrivit un livre sur les ahkâm (les statuts
légaux)[61]
6-Alî
Ibn Yaqtîn : il écrit “Kitâb al-Masâ’il”[62]
7-Muhammad
Ibn Abî ‘Umayr : Il fait partie des faqîh. Il subit une dure épreuve qui fera de
lui par la suite un exemple de résistance et d’endurance contre le faux[63]. Il
composa plus de 92 livres.
8-Yûnis
Ibn ‘Abdul-Rahmân (décédé en 208 H.). Il écrivit des livres, notamment
son livre intitulé “Yawmun wa Laylah” dont l’Imam al-‘Askarî dit qu’“Allah l’en
récompensera pour chaque lettre (de ce livre) d’une Lumière, le Jour de la
Résurrection”[64].
De
cette époque, on a recensé 246 livres écrits par 42 des compagnons de l’Imam
Mûsâ Ibn J‘afar (p).
Les
Rapporteurs des Hadith relatés par l’Imam al-Redhâ (p)
1-Ibrâhîm
bin Hâchim al-Qummî : il est le premier à avoir diffusé les Hadith des Kufites à
Qom. Il composa plusieurs livres dont “Al-Nawâdir” et “Qadhâ’ Amîr al-Mu’minîn
(p)” (Le Jugement du Commandeur des Croyants).
2-Ahmad
Ibn Muhammad Ibn Abî Naçr al-Bazantî : il écrivit le livre
“Al-Jâmi‘” et d’autres.
3-l-Fadhl
Ibn Châthân : il composa :“Kitâb al-Çalât”, “Kitâb al-Diyyât[65]”,
“Kitâb al-Tafsîr”, “Kitâb al-Anbiyâ’ ”(le Livre des Prophètes), “Kitâb
al-Tib” (Le Livre de la Médecine), et d’autres.
4-Alî
Ibn al-Nu‘mân al-A‘lam : al-Najâchi et al-Cheikh al-Tûcî ont cité de lui
un seul livre.
Notons
enfin qu’on a recensé 207 livres écrits par les compagnons de l’Imam
al-Redhâ.
Les
rapporteurs des Hadith tenus de l’Imam al-Jawâd (p)
On a
dénobré 78 livres écrits par les compagnons de l’Imam al-Jawâd
(p).
Les
rapporteurs des Hadith tenus de l’Imam al-Hâdî (p)
414
livres écrits par les compagnons de l’Imam al-Hâdî (p) ont été
recensés.
Les
rapporteurs des Hadith tenus de l’Imam al-‘Askarî (p)
Les
compagnons de l’Imam al-‘Askarî (p) écrivirent au total 118
livres.
Il
ressort de ce qui précède que le total des livres écrits par les compagnons des
Imams (p) pendant cette période est de l’ordre de 1063.
Quant
au nombre des livres de Hadith écrits depuis l’époque de l’Imam Ali (p) jusqu’à
l’époque de l’Imam al-‘Askarî (P), il atteint 6000 (livres)[66]
Discussions
1-Déterminez
la période des époques des cinq Imams?
2-Comment
les Imams ont-ils contribué au développement culturel de la Umma
?
3-Mentionnez
les noms de quelques rapporteurs de Hadith qui citent comme source l’Imam Mûsâ
Ibn Ja‘far (p)
4-Combien
de livres ont été écrits par 42 des compagnons de l’Imam Musâ Ibn Ja‘far
?
5-Combien
de livres les compagnons de l’Imam al-Hâdî ont-ils écrits
?
6-Quel
est le nombre des livres écrits pendant la période des cinq Imams (p)
?
Bibliographie
sommaire
1-“Muqaddamat
Mawsû‘at Tabaqât al-Fuqahâ’ “ (2e Partie) : pp.143-149, et
185.
2-“Sayré
Hadîth Dar Islam”, pp.209-235.
Leçon
8
(al-Uçûl al-Arba‘mâ’ah)
Qu’est-ce
que les Quatre-cents Origines ?
Depuis le 2e siècle de l’Hégire et pendant le passage du pouvoir des Omayyades aux Abbassides, un groupe de compagnons des Imams d’Ahl-ul-Bayt (p) ont compilé les Hadith relatés par ces derniers dans de nombreux livres et traités dont 400 rédigés par 400 rapporteurs de Hadith se sont détachés pour s’imposer par leur notoriété et célébrité. On les appellera ultérieurement les Quatre-cents Origines et ils constitueront le noyau du Hadith dans la culture islamique et les sources auxquelles se référeront les futurs spécialistes des sciences du Hadith.
Ainsi
“Origine” (açl) est le titre donné à certains livres de Hadith et ils sont
dénommés ainsi, parce que leurs auteurs s’appliquèrent à y relater des Hadith
qu’ils avaient entendus directement de l’Imam ou de quelqu’un d’autre qui les
avait, lui, entendus de l’Imam, et non pas des Hadith tenus d’un précédent livre
ou auteur. En d’autres termes, ces livres sont les sources premières et leur
existence ne dérive pas de l’existence d’un autre livre ou d’une autre source
livresque.
On
pourrait définir une “Origine ” comme étant l’ouvrage dans lequel son rédacteur
a compilé des Hadith qu’il a entendus directement de l’Imam (p) ou d’un
transmetteur direct de l’Imam.
Il
est évident que la probabilité d’erreur dans le “açl” est moindre que dans un
livre qui en cite un autre, vu la possibilité de rajout, de suppression ou
d’erreur lors du transfert (transcription) d’un livre à
l’autre.
Nos
premiers uléma ont mentionné et désigné nommément les auteurs des “Origines”
dans les ouvrages de Fihres (Tables des Matières) rassemblant les noms des auteurs chiites. Le plus connus des
uléma qui entreprirent cette tâche sont al-Najâchî dans ses “Rijâl” et al-Cheikh
al-Tûsî dans ses “al-Rijâl” et dans “al-Fihres”.
Al-‘Allâmah
Sayyid Muhammad Hussain al-Jalâlî, a retracé les sources chiites et retrouvé
plus de soixante-dix “Origines” mentionnés par al-Tûsî et al-Najâchî. Ses
recherches l’ont conduit à conclure que le nombre des “Origines” que les
premiers uléma avaient déterminé s’explique par la définition qu’ils donnaient à
une “Origine”, à savoir : le livre accrédité ou la source de Hadith n’ayant pas
emprunté (ses Hadith) à un autre livre. Et étant donné que les sources du Hadith
chiites comptent plus de 6000 livres, on peut limiter le nombre de celles
accréditées à quatre cent livres qu’on a dénommés les Quatre-cents
Origines.
Que
reste-t-il de ces “Origines” à notre époque ?
Dans
ses recherches précitées, al-‘Allâmah al-Jalâlî a retracé des manuscrits des
Origines dans la Bibliothèque Générale de Sayyid Muhsîn al-Hakîm
(à Najaf-Irak), et d’autres copies manuscrites par le transcripteur Cheikh Chîr
Muhammad al-Jûrqânî. Elles ont été confrontées à des copies apportées de Tustar.
Al-‘Allâmah al-Jalâlî les a confrontées avec la copie de Sayyid Abî-l-Qâcim
al-Içfahânî. Elle ont été éditées sous le titre d’ “Al-Uçul al-Sittata ‘Achar”
(Les Seize Origines) à Téhéran, en 1371 H., sous l’égide du Chiekh Hasan
al-Muçtafawî.
Les
Origines qui figurent dans cette série sont :
1-Açl Zayd
al-Zarrâd
2-Açl Abî Sa‘îd
‘Ibâd al-Uçfurî
3-Açl ‘Âçim Ibn
Hamîd al-Hannât
4-Açl Zayd
al-Narsî
5-Açl Ja‘far Ibn
Hamîd al-Hadhramî
6-Açl Muhammad
Ibn Muthannâ al-Hannât
7-Açl Ja‘far Ibn
Muhammad al-Qarachî
8-Açl
‘Abdul-Malik Ibn Hakîm al-Khath‘amî
9-Açl
al-Muthannâ Ibn al-Walîd al-Hannât
10-Açl Khallâd
al-Sindî
11-Açl al-Husayn
Ibn ‘Uthmân Ibn Charîk
12-Açl Sallâm Ibn
Abî ‘Urwah al-Kûfî
13-Açl ‘Abdullâh
Ibn Yahyâ al-Kâhilî
14-Açl Nawâdir
‘Alî Ibn Asbât al-Kûfî
15-Açl ‘Abdullâh
Ibn al-Husayn, alias Diyyât Dharîf
16-Açl
(de ce qu’on a trouvé du livre de) Durust Ibn Abî Mançûr
al-Wasitî
Al-Hur
al-‘Âmilî (décédé en 1104 H) écrit : “Sache que j’ai examiné méthodiquement ces
quatorze livres et constaté que la plupart de leurs Hadith se retrouvent dans
“Al-Kâfî” ou d’autres ouvrages accrédités, et le reste y est confirmé. Je n’y ai
trouvé rien de douteux, à l’exception de deux Hadith dont le contenu
contestable serait dû probablement
à l’observance de la taqiyyah ou à
d’autres motifs”
Commentant
ce commentaire d’al-Hur al-‘Âmilî, al-‘Allâmah al-Jalâlî écrit : “Je n’ai
pas compris quels sont les deux hadith dont il parle. Peut-être entendait-il les
Hadith No 30 et 42 de l’ “Origine de Zayd la-Narsî”. Je n’ai pas compris non
plus ce qu’il entendait par les quatorze de la série des seize Origines[67].
Discussions
1-Qu’est-ce
que les quatre-cents Açl et à quelle époque ont-t-ils été écrits
?
2-Qui
était le premier à citer ces Açl ?
3-Où
se trouvent les manuscrits de ces Açl ?
4-Énumérez
quelques Açl qui subsistent de nos jours
5-Qu’a
dit al-Hur al-‘Âmilî sur ces Açl ?
Bibliographie
sommaire
1-“Dirâsah
Hawl al-Uçûl al-Arba‘mâ’ah” de Sayyid MuHammad Hussain al-Jalâlî, éd. de
Téhéran.
2-“Dâ’irat
al-Ma‘ârif al-Islamiyyah al-Chî‘iyyah”,
Article “Açl” (Encyclopédie islamique chiite)
3-“Fihris
Turâth al-Chî‘ah”, de Sayyid MuHammad Hussain al-Jalâlî, éd. De
Qom.
4-“Târikhé
‘Umûmiyé Hadîth”, de Majîd Ma‘ârif,
pp.259-265.
5-“
‘Ilm al-Hadîth”, de Kâdhîm Mudîrchânéchî, pp.
72-74
6-
“Muqaddamat Wasâ’il al-Chî‘ah”, édition récente, p.64.
Leçon
9
Les
Recueils (Corpus) de Hadith
(al-Jawâmi‘
al-Hadîthiyyah)
Quels
sont les corpus de Hadith chiites ?
On
peut diviser les corpus de Hadith chiites en trois catégories
:
1-Les
corpus primaires (al-Jawâmi
‘al-Awwaliyyah)
2-Les
corpus secondaires (al-Jawâmi‘
al-Thânawiyyah)
3-Les
corpus modernes
Comment
se sont constitués les corpus primaires ?
La
transcription du Hadith se faisait à l’époque des Imams (p) sur des planches,
des plaques ou des feuilles en forme de cahiers qui contenaient ce que le
conteur (râwî) a entendu de l’Imam infaillible (p). On les appelait açl (origine) ou nuskhah (copie). Parfois le conteur
s’applique à classer les Hadith selon les titres, les catégories (abwâb) ou les thèmes, et on appelait
alors sa compilation “Livre” ou “Corpus” (Jâmi‘). Certains des compagnons de
l’Imam al-Kâdhim (p) compilaient et classaient les Hadith qu’ils
entendaient de cette manière. Avec la montée de la pression et la répression
politique contre les transmetteurs de Hadith, ces livres commencèrent à se
multiplier et à croître grâce au copiage, aux demandes de transcription,
à
l’ouïe, à
la lecture et à l’autorisation “ijâzah”[68]
70 les récits que le chaykh a
entendus.[69]71
"Al-Dirâyah", p. 20.[70] etc.
Al-Cheikh al-Tûcî a cité la biographie de Na‘îm al-Samarqandî comme un
exemple de ces procédés en notant : “Il relata mille des livres chiites par les
procédés de lecture et d’autorisation”[71]
Comment
ont été organisés (classifiés) les corpus primaires ?
Il
ressort d’un examen méthodique des ouvrages composés pendant les 3e et 4e
siècles que la classification des corpus primaires s’articulait souvent sur la
compilation des Hadith relatifs à un même et seul sujet, comme c’est l’exemple
de ce qui a été dit dans la biographie de ‘Alî Ibn ‘Abdullâh Ibn Husayn :
“Il composa un livre sur le Hajj (pèlerinage) dont tout le contenu est tenu de
Mûsâ Ibn Ja‘far (p)”[72], ou
dans celle de Çafwân Ibn Yahyâ (décédé en 210 H.) : “Il composa trente
livres sur des sujets divers”. Les Hadith transcrits dans ces corpus se
limitaient à ceux qui étaient considérés comme authentiques
(çahîh) par leur compilateur. Ces précédés continuèrent à avoir
cours jusqu’à l’époque de la préparation des corpus
secondaires.
Les
corpus primaires portaient-ils des titres particuliers ?
Les
corpus primaires portaient généralement le nom commun de “Jâmi‘”. Toutefois
certains d’entre eux ont été connus sous des titres particuliers. En voici
quelques exemples[73]
:
1-“Nawâdir (Les Raretés)” Ahmad Ibn
Muhammad Ibn ‘Ïsâ, décédé vers la fin du 3e siècle
H.
2-“Machîkhat” al-Hasan Ibn
Mahbûb
3-“Al-Mahâsin”
d’Ahmad Ibn Muhammad Ibn Khâlid al-Barqî
4-“Kitâb
al-Thalâthûn” (le Livre des Trente), par les deux fils de Sa‘îd, al-Hasan et
al-Husayn al-Ahwâziyyân. Ils étaient des compagnons des Imams al-Redhâ et
al-Jawâd (p). Leur ouvrage comprend plusieurs livres (thèmes) dont le premier
est le “Kitâb al-Wudhû’ ” (Le Livre de l’Ablution) et le dernier “ Kitâb
al-Hudûd wa-l-Diyyât” (Le Livre des Peines prescrites et des Indemnités
du sang)[74] 5-“Al-Jâmi‘ fî-l-Fiqh” (Le
corpus de Jurisprudence), de Yûnis Ibn
‘Abdul-Rahmân.
6-“Al-Jâmi‘
Fî-l-Hadith”, d’Abî Muhammad al-Hasan Ibn
Ahmad Ibn Haytham al-‘Ijlî.
7-“Al-Jâmi‘
Fî-l-Halâl wa-l-Harâm” d’Abî ‘Alî al-Kûfî al-Thiqah ‘Amr Ibn
‘Uthmân al-Thaqafî al-Khazzâz.
8-“Al-Jâmi‘
Fî Anwâ‘ al-Charâ’i‘” (Le corpus des différentes sortes des Lois), de
Hamîd Ibn Ziyâd al-Dihqân al-Kûfî (décédé en 310
H.).
9-“Al-Jâmi‘”,
d’Ahmad Ibn Muhammad Ibn ‘Amr Ibn Abî Naçr al-Bizantî
(décédé en 221 H.)
10-“Al-Jâmi‘
Fî-l-Hadith” de Hasan Ibn Hamzah Ibn ‘Abdullâh Ibn
‘Alî al-Mar‘achî Ibn Muhammad Ibn al-Hasan Ibn al-Husayn
al-Açghar Ibn al-Sajjâd (décédé en 358 H.).
11-“Al-Jâmi‘
Fî-l-Hadith” d’Abî Tâhir al-Warrâq al-Hadhramî,
secrétaire de l’Imam al-‘Askarî (p)
12-“Al-Jâmi‘
Fî-l-Hadith” d’Abî Ja‘far Ibn Muhammad al-Hasan IbnAhmad Ibn
al-Walîd (décédé en 243 H.).
13-“Al-Jâmi‘
Fî-l-Hadith” d’al-Cheikh Muhammad Ibn Ahmad Ibn Yahyâ, duquel
al-Cheikh al-Çadûq a tenu des Hadith dans son “Al-Mustarchid”.
14
“Al-Jâmi‘ Fî-l-Hadith” de Mûsâ Ibn al-Qâsim Ibn Mu‘âwiyah Ibn
Wahab al-Bajlî.
15-“Al-Jâmi‘
Fî-l-Fiqh” de Muhammad Ibn ‘Alî Ibn Mahbûb al-Ach‘arî.
16-“Al-Jâmi‘
Fî-l-Fiqh”, d’al-Dâ‘î Ilâ-l-Haq al-Hasan Ibn Zayd Ibn
Muhammad Ismâ‘îl Ibn al-Hasan Ibn Zayd Ibn al-Hasan al-Sibt
(p), l’auteur de “Tabaristân”, (décédé en 270 H.).
Discussions
1-En
combien de catégories se divisent les corpus de Hadith ?
2-Comment
se sont constitués les corpus de Hadith primaires ?
3-Comment
les corpus primaires ont-il été classés et transcrits ?
4-Citez
les noms de quelques corpus primaires.
Bibliographie
sommaire
1-Al-Tharî‘ah
ilâ Taçânîf al-Chî‘ah” (Le Moyen de parvenir aux Ouvrages chiites), Toms. 2/159
et 5/27 et suivant.
2-“Maçâdir
al-Fiqh al-Islâmî wa Manâbi‘uhu” (Les Références de la Jurisprudence islamique
et ses Sources), de Ja‘far Subhânî, pp. 357-359.
3-“Târikhé
‘Umûmiyé Hadîth”, de Majîd Ma‘ârif,
pp.228-351.
Leçon
10
Comment se sont constitués les corpus
secondaire?
Après la large diffusion des Recueils primaires parmi les Chiites, sa diffusion par ouïe-dire était en voie de disparition, les gens comptant désormais sur lesdits Recueils. De même les rapporteurs de Hadith étaient confrontés à d’autres problèmes :
1-La
difficulté de trouver les Hadith authentiques parmi les milliers de Hadith
contenus dans les Recueils primaires.
2-L’absence
d’un ordre précis dans la relation de Hadith dans les Recueils
primaires.
3-La
dispersion des Hadith relatifs à un même thème dans les différents
chapitres.
4-Les
interférences des Hadith relatifs à des domaines divers : éthique, bons usages,
histoire et jurisprudence dans les Recueils primaires, étant donné que la
plupart de ces Hadith résultaient des réunions des Cheikhs et des réponses à des
questions posées aux conteurs et aux uléma dans ces réunions.
Aussi,
tous ces facteurs et bien d’autres semblables ont-ils conduits trois grands
ulémas à essayer de résoudre les différentes difficultés auxquelles étaient
confrontées les sciences du Hadith, en les regroupant dans de nouveaux recueils
de Hadith spécialisés dans les statuts légaux (al-Ahkâm al-Char‘iyyah),
d’une part, et classés et disposés selon un ordre qui permet de les localiser
facilement au besoin. Leurs tentatives aboutirent à la naissance de plusieurs
ouvrages qui se distinguaient par la précision dans la classification et
l’insertion de toutes les branches de la jurisprudence. Ces nouveaux recueils
furent appelés les Recueils de Hadith secondaires.
Les
auteurs de ces Recueils essayèrent d’y rassembler les Hadith les plus
importants, les plus authentiques du point de vue de leurs chaînes de
transmetteurs et les plus clairs quant à leur signification, évitant ceux dont
la chaîne de transmetteurs est faible ou sujet à caution, ou dont la
signification prête à équivoque. De ce fait, les Recueils secondaires
s’apprêtèrent à répondre à tout ce qui avait trait aux statuts légaux, et les
ulémas des générations futures en feront les sources et les références de leurs
recherches.
Quels
sont les Recueils secondaires ?
Ce
sont cinq ouvrages écrits par trois Uléma, dits ou surnommés “Les Trois
Muhammad” (al-Muhammadûn al-Thalâthah), à savoir :
Muhammad Ibn Ya‘qûb al-Kulaynî, Muhammad Ibn ‘Alî Ibn al-Husayn
al-Çadûq, et Muhammad Ibn al-Hasan al-Tûsî. Leurs ouvrages
sont :
1-“Al-Kâfî”,
2-“Man Lâ Yah-dhuruhu-l-Faqîh”, 3-”Al-Tah-thîb”, 4-
“Al-Istibçâr”.
Ces
quatre ouvrages sont appelés “Les Quatre Livres” (al-Kutub al-Arba‘ah). Quant au
cinquième ouvrage, il s’intitulait “Madînat al-‘Ilm” (La Cité du Savoir). Il
avait été compilé par al-Cheikh
al-Çadûq, l’auteur de “Man Lâ Yah-dharahu-l-Faqîh”, et il était le double
de ce dernier en volume, en nombre de Hadith et en contenu. Il était disponible
chez les uléma jusqu’au 10e siècle de l’Hégire. Mais depuis lors il a
disparu.
Quelles
sont les méthodologies de ces quatre livres?
Les
Quatre Livres s’accordent sur le tri et la classification des Hadith, mais
divergent quant à la transmission (la mention) des chaînes des transmetteurs.
Ainsi alors qu’al-Kulaynî s’est appliqué le plus souvent, à faire figurer avec
chaque Hadith toutes ses chaînes de transmetteurs, al-Çadûq a choisi de
supprimer celles-ci pour les rassembler dans un ouvrage à part, et
al-Tûcî a conjugué les deux méthodes dans ses deux ouvrages, comme on le
verra plus loin.
Quels
sont les projets de recherches sur les Quatre-Livres?
Quelques
uléma ont entrepris de travaux de recherche scientifique axés sur les
Quatre-Livres. Nous en présentons quelques-uns :
1-
Al-Faydh al-Kâchânî (1007-1091H.) a entrepris l’étude des Quatre-Livres, les a
réunis dans un même et seul ouvrage qu’il a intitulé “Al-Wâfî” (Le
Complet)[75], et
s’est appliqué à y expliquer et commenter les hadith “rares” (gharîb), et la réconciliation des Hadith
opposés.
2-Al-Cheikh
Hasan Ibn Zayn al-Dîn al-Chahîd : il a repris les Quatre-Livres en classifiant
leurs hadith de telle sorte que dans chaque chapitre les hadith
çahîh figurent les premiers, suivis des Hadith hasan (beau-bien). De même il
s’est appliqué à expliquer et clarifier chaque Hadith qui requérait explication
et clarification. Il a intitulé son ouvrage “Muntaqâ al-Jumân” (Les plus pures des
bijoux)[76].
Mais n’a pas pu achever son travail, s’arrêtant à “Kitâb
al-Hajj”.
Discussions
1-Quelle était la nécessité de la composition
des Recueils secondaires ?
2-Qu’est-ce
qui distingue les Recueils secondaires des Recueil primaires
?
3-Quels
sont les Recueils secondaires et quel est leur nombre ?
4-Quelle
est la différence dans la méthodologie des Quatre-Livres ?
5-Mentionnez
quelques projets de recherches axés sur les Quatre-Livres.
Bibliographie
sommaire
1-“Maçâdir
al-Fiqh al-Islâmî wa Manâbi‘uhu” (Les Références de la Jurisprudence islamique
et ses Sources), de Ja‘far Subhânî, p. 360.
2-“
‘Ilm al-Hadîth”, de Kâdhîm Mudîrchânéchî, pp.
74-75
3-Târikhé
‘Umûmiyé Hadîth”, de Majîd Ma‘ârif, pp.348-357.
Leçon
11
Quelles
sont les caractéristiques de “Kitâb al-Kâfî”?
Kitâb
al-Kâfî est l’oeuvre d’al-Cheikh Abî Ja‘far Muhammad Ibn Ya‘qûb
al-Kulaynî, alias Thiqat al-Islam, décédé à Baghdad en 329 H., du vivant
du quatrième Représentant de l’Imam al-Mahdî ( ).
Al-Kâfî
est le plus précis et le plus complet des Quatre-Livres. Sa compilation dura
vingt ans pendant lesquels son auteur passa sa vie à trier les Hadith, à les
classifier et à vérifier leurs chaînes de transmetteurs.
Et
étant donné qu’il était le contemporain des compagnons des Imams et des conteurs
(rapporteurs ou transmetteurs de Hadith) qui tenaient les Hadith directement de
ces derniers (p), il transmet ces récits avec un nombre réduit de transmetteurs
intermédiaires, ce qui croît la probabilité d’exactitude des hadith relatés et
inspire plus de confiance quant à leur authenticité.
Qu’est-ce
qui a motivé la compilation d’al-Kâfî?
Al-Cheikh
al-Kulaynî écrivit qu’il avait rédigé ce livre parce qu’un frère croyant lui eut
demandé deux choses :
1-Est-il
possible que les gens restent ignorants et qu’ils pratiquent leur religion sans
savoir (ses règlements) ?
2-De
lui donner le moyen d’expliquer les questions religieuses qu’il comprenait mal,
en rédigeant un livre suffisamment intégral et réunissant tous les arts de la
Science religieuse.
A la
première question, le Cheikh lui a répondu qu’étant donné que but de la création
de l’homme est de lui permettre de rechercher la perfection, et que le fait
qu’il soit supérieur à toutes les autres créatures tient à la science et le
savoir-vivre, il n’a pas le droit de rester ignorant.
Et il
accéda à sa seconde demande en composant “Kitâb al-Kâfî” (Le suffisant,
l’intégral).
Quelle
est le mode de classification d’al-Kâfî ?
Al-Cheikh
al-Kulanî a suivi un ordre naturel et logique dans la classification thématiques
des hadith. Il commença par “Kitâb al-‘aql” (le livre ou le chapitre de
l’Intellect), suivi du chapitre des Mérites de la Science, puis le livre de
l’Unicité, suivi de Kitâb al-Hajj (le livre du Pèlerinage) et ainsi de suite
jusqu’à 34 livres (chapitres) subdivisés en 326 sections (bâb) qui englobaient
toutes les matières des Fondements (uçûl) et des Branches (furû‘) de la
Religion.
Mais
n’ayant pas consacré une section au khoms (impôt d’un cinquième), Mirza
Fadhl-allâh al-Ilâhî, un homme de savoir, s’appliquera à extraire des
différentes sections du livre tout
ce qui avait trait à ce sujet, et à en faire une annexe
spéciale.
Les
Hadith figurant dans la-Kâfî sont-ils tous authentiques (çahîh)
?
Dans
l’optique des Chiites, il n’y a pas un livre, mis à part le Noble Coran, qui
soit absolument ou à cent pour cent authentique pour l’exclure de tout examen et
d’études critiques, et a fortiori, les livres de Hadith. Les différentes
présomptions d’authenticité dont jouit ce livre, notamment le fait que son
auteur était contemporain des 4 Représentants de l’Imam al-Mahdi ( ), et bien d’autres, ne suffit pas à
jurer de l’authenticité de tout le contenu du livre. En outre Cheikh al-Kulaynî
ne s’était pas engagé à ne présenter que les Hadith authentiques, à l’exclusion
des autres, dans son livre, comme cela ressort de l’introduction qu’il y
écrivit.
Quel
est le nombre des Hadith d’al-Kâfî ?
Il y
eut un léger desaccords sur le nombre total des Hadith compilés dans al-Kâfî, le
chiffre minimum étant de (16121), ce qui dépasse pourtant le total des Six Çahîh
(al-Çîhâh al-Sittah)[77]. La
raison de ce désaccord tient à la différence de méthode de comptage des Hadith,
lorsqu’il ne tient pas compte de Hadith répétés, morcelés ou accompagnés de deux
chaînes de transmetteurs ou plus. Donc si on compte ces Hadith, le chiffre
avancé sera largement supérieur, et si on ne les compte pas, on ne dépasse pas
ledit chiffre.
Les
hadith d’al-Kâfî ont été répartis, dans “Lu’lu’at al-Bahrayn” (La Perle
des Deux Mers), selon la répartition conventionnelle de Hadith, comme suit
:
çahîh (sain,
authentique) : 5072 Hadith
hasan (bon-beau) : 144
Hadith
qawî (solide) : 302
Hadith
dha‘îf
(faible) : 9485 Hadith[78].
Il
est à noter que le livre “al-Kâfî” a fait l’objet de nombreuses études
explicatives, de commentaires et d’annotation (éditions critiques). Ainsi, on a
recensé 24 études explicatives, 15 annotations, et un grand nombre de
commentaires et d’autres recherches scientifiques sur ce
livre.
Discussions
1-
Qui est l’auteur du livre “al-Kâfî” et quel est le trait caractéristique de ce
livre ?
2-Quelle
est la raison directe de la compilation de ce livre ?
3-Comment
l’auteur d’al-Kâfî a-t-il ordonné ses Hadith ? Mentionnez la méthodologie
générale de l’auteur.
4-Est-ce
que tous les Hadith d’al-Kâfî sont authentiques ?
5-Comment
expliquer le désaccord sur le nombre de Hadith d’al-Kâfî ?
Bibliographie
sommaire
1-“Al-Kulaynî
wa Kitâbuhu al-Kâfî”, de Thâmir Hachim Habîb, Éd. de
Qom.
2-“Al-Mu‘jam
al-Mufahras li-Alfâdh Bihâr al-Anwâr” (Introduction), pp. 63-64, Éd. de
Qom.
3-Târikhé
‘Umûmiyé Hadîth”, de Majîd Ma‘ârif,
pp.356-367.
4-“Maçâdir
al-Fiqh al-Islâmî”, pp. 360-361.
5-“ ‘Ilm
al-Hadîth”, op.cit. Pp. 75-77.
Leçon
12
Ce livre fut
écrit par Muhammad Ibn ‘Alî Ibn al-Husayn Ibn Bâbawayh, alias al-Cheikh
al-Çadûq (306- 381 H.
al-Cheikh
al-Çadûq composa plus de deux cents ouvrages dont les plus célèbres sont “Man Lâ
Yah-dhuruhu-l-Faqîh” et “Madînat al-‘Ilm” Le premier se distingue, comme
le dit l’auteur lui-même dans l’Introduction, par le fait qu’il contient tous
les jugements qu’il émet, qu’il estime authentiques et qu’il croit, au fond de
lui-même et devant son Seigneur constituer un argument
légal.
Quelle
est la raison de la composition de ce livre ?
Il
ressort de l’Introduction de l’auteur que ce qui l’a conduit à rédiger ce livre
ce fut un entretien qu’il eut eu avec Muhammad Ibn al-Hasan Ibn Is-hâq,
alias Ni‘mah, -une des sommités du Chiisme du 4e siècle de l’Hégire,- portant
sur un livre intitulé “Man Lâ Yah-dhuruhu-l-Tabîb” (Celui auprès
de qui le médecin n’est pas présent) de Muhammad Zakariyyâ al-Râzî. Au cours de
cet entretien, Ni‘mah lui demanda d’écrire, à la manière de ce livre, un ouvrage
traitant de la jurisprudence musulmane (fiqh), du licite et de l’illicite en
Islam. Accédant à cette demande, il compila son oeuvre “Man Lâ
Yah-dhuruhu-l-Faqîh”, en un an.
Ce
livre, bien qu’il soit excellent, dans la mesure où il s’applique à présenter ce
qui est authentique aux yeux de l’auteur, il est quand même sujet à examen
approfondi, sur un certain nombre de plans :
1-L’auteur
y a fusionné ses fatwâ (avis
juridiques) dans certains Hadith, ce qui ne manquera pas de semer une certaine
forme de confusion chez les chercheurs des générations futures, ne sachant pas
si ce qu’ils lisent est un Hadith ou un simple avis juridique
d’al-Çadûq.
2-Il
y a des coupures dans certains Hadith et l’abrégement de leurs
contenus.
3-Le
livre comprend certains fatwâ étranges, tels :
a-L’illégalité
de prier sans faire le tahannuk[79].
b- Le
voilement du disque du soleil serait l’indice du coucher du soleil.
c-Le
qunût dans la prière serait une sunnah obligatoire; le négliger
délibérément invaliderait la prière.
d-Prier
sur le Prophète (P) dans le tachahhud
ne serait pas un acte obligatoire de la Prière.
e- La
possibilité que le Prophète (P) oublie, dans des situation autres que celle de
la communication, tablîgh (du Message
d’Allah).
Les
marâsîl (les hadith mursal) de ce livre peuvent-ils
être considérés comme hujjah
(argument juridique) ?
L’un
des aspects qui sautent aux yeux dans “Man Lâ Yah-dhuruhu-l-Faqîh” est la
présence de Hadith attribués aux Imams (p) directement sans mentionner leurs
chaînes de transmetteurs. Ainsi, il y a dans ce livre plus de deux mille cas
pareils. Dès lors, il faut être très attentif à l’expression que l’auteur
emploie au début de la présentation de chaque Hadith :chaque fois qu’il commence
par la formule “L’Imam dit : ....”, il le fait en tant que certain que le Hadith
émane effectivement de l’Imam (p), et de ce fait, ce Hadith devient hujjah aux yeux de l’auteur,
conformément à son engagement pris au début de son livre. Et chaque fois qu’il
commence par la formule “On a relaté..”, il le fait en tant que n’ayant pas la
certitude de l’authenticité du Hadith.
Quel
est le nombre des Hadith de ce livre?
Plusieurs
uléma entreprirent le recensement du nombre des Hadith que contient “Man Lâ
Yah-dhuruhu-l-Faqîh”. Peut-être le recensement le plus précis de ces
Hadith est-il celui effectué par al-Cheikh al-Bahâ’î qui les présente comme suit
:
Tom. Nombre
section Nombre
Hadith
Chaines
marâsîl
1
78
1618
777
841
2
228
1668
1094
573
3
173
1810
1395
515
4
178
903
787
126
Total 666
5998
4053 2055
Quant
au ‘Allâmah al-Ghafârî, il a recensé le total des Hadith de chaque tome, ce qui
a donné le résultat suivant:
Tome 1 1573
Hadith
Tome 2 1642
Hadith
Tome 3 1752
Hadith
Tome 4 953 Hadith
Le
total des Hadith des 4 tomes est 5920[80]
La
différence dans le nombre total chez les deux chercheurs est 78 Hadith,
différence qui s’explique par le fait que le dernier recenseur n’a pas compté
les Hadith répétés ou qu’il a compté les multiples réponses à une seule question
comme un seul Hadith.
Il
est à noter qu’il y a eu 10 Études explicatives, Charh (ou édition critique) de
“Man Lâ Yah-dhuruhu-l-Faqîh”, dont la plus importante et la plus vaste
est la première explication d’al-Majlicî” (décédé en 1071 H.), intitulée “Rawdhat al-Mutayyaqin Fî Charh Akhbâr
al-A’immah al-Ma‘çûmîn (p)” et publiée en 14 volumes à
Qom.
Discussions
1-
Qu’est-ce qui caractérise “Man Lâ Yah-dhuruhu-l-Faqîh”
?
2-Quelles
sont les raisons qui commandent un examen minutieux des Hadith de “Man Lâ
Yah-dhuruhu-l-Faqîh”?
3-Mentionnez
quelques fatwâ étranges qui figurent
dans “Man Lâ Yah-dhuruhu-l-Faqîh”.
4-Peut-on
se fier aux marâsîl de “Man Lâ
Yah-dhuruhu-l-Faqîh” ?
5-
Comment peut-on être sûr que tel ou tel autre Hadith figurant dans “Man Lâ
Yah-dhuruhu-l-Faqîh” sont authentiques ?
6-
Quelle est la raison de l’existence d’une différence dans le nombre des Hadith
de “Man Lâ Yah-dhuruhu-l-Faqîh” ?
Bibliographie
sommaire
1-“Maçâdir
al-Fiqh al-Islâmî”, pp. 361-362.
2-Târikhé
‘Umûmiyé Hadîth”, de Majîd Ma‘ârif,
pp.370-382.
3-“Al-Mu‘jam
al-Mufahras li-Alfâdh Bihâr al-Anwâr” (Introduction), pp. 66-68, éd. de
Qom.
4-“ ‘Ilm
al-Hadîth”, op.cit. pp. 77-78.
Leçon
13
Qu’est-ce
que “Kitâb al-Tah-thîb” ?
Kitâb
Tah-thîb al-Ahkâm - qu’on appelle par abréviation “al-Tah-thîb” - est l’un des écrits du Cheikh de la
Communauté chiite (cheikh al-Tâ’ifah), Abî Ja‘far Muhammad Ibn
al-Hassan al-Tûcî, né au mois de Ramadhân de l’an 385 H. et décédé
le 22 Muharram de l’an 460 H.
Il
est fait partie des figures de proue et des sommités du Chiisme. Le nombre de
ses machâyekh (professeurs de Hadith)
a dépassé 50 savants notoires, chiites et sunnites confondus. Sa notoriété
atteignit un tel degré que le Calife abbasside, al-Qâ’im Bi’amr-Illâh lui
réserva la chaire de Kalâm (théologie
musulmane) et de l’Ifâdah, poste que
n’obtenait qu’un savant considéré comme l’unique de son époque, quant au degré
de son érudition.
Son
livre “al-Tah-thîb” a contenu tous les Hadith relatifs aux branches de la
Religion, de telle sorte qu’il est devenu une source suffisamment fournie et
complète pour que le jurisconsulte se passe de toute autre source dans le même
genre, sans qu’il puisse se passer de lui.
Dans
cet ouvrage Al-Tûcî s’est attaché à expliquer le livre de son professeur
al-Cheikh al-Mufîd, “al-Muqni‘ah”. Il
a entrepris sa composition à l’âge de 25 ans. Il en a accompli du vivant de son
professeur la partie d’al-Tahârah (la purification) et
le début de la partie d’al-Çalât, et
il terminera l’explication du reste après sa mort.
Quant
à sa méthodologie dans ce livre, elle consistait, comme il l’a indiqué lui-même
au début de l’ouvrage, à expliquer le contenu d’“al-Risâlah al-Muqni‘ah” (Le Traité
convaincante) en étudiant les articles un par un et en présentant les arguments
qui en démontrent le bien-fondé et l’authenticité. Il a suivi cette méthode dans
la plupart du contenu d’Al-Tahârah. Mais par la suite, il
a réalisé que ce mode de présentation ne satisferait pas le but recherché dans
son livre, et que celui-ci sortirait amputé et incomplet. Aussi a-t-il changé de
méthode pour rapporter de ses prédécesseurs, aussi bien les Hadith considérés
unanimement authentiques que ceux qui font objet de désaccord. Ayant fini par se
convaincre que généraliser cette méthode à l’ensemble de son ouvrage est plus
pertinent que le recours à toute autre méthode, il a apporté les ajouts
nécessaires pour palier ce qu’il avait manqué de faire au début.
Quelles
sont les traits distinctifs de ce livre?
On
peut résumer ces traits caractéristiques comme suit :
1-La
citation du plus grand nombre possible de Hadith dont l’authenticité fait
l’objet d’unanimité ou non, tout en expliquant les arguments des uns et des
autres, et tout en réconciliant les Hadith opposés, ce qui le différencie
d’“al-Kâfi” et d’“al-Faqîh”, lesquels ne citaient pas les Hadith opposés. Par
conséquent “al-Tah-thîb” comble ce qui a manqué aux deux ouvrages précités, et
ouvre devant les chercheurs de larges horizons de vérifications et de
recherches.
2-Al-Cheikh
al-Tûcî a observé une sorte de progression dans la citation de Hadith en
commençant par les Hadith accrédités par nos spécialistes, suivi de ceux
considérés comme faibles.
3- Il
a suivi cette méthode dans son explication du livre “al-Muqni‘ah”, lequel devenu
de ce fait un ouvrage divisé selon les parties (les divisions) de la
jurisprudence.
4-Il
a abrégé le livre en renvoyant les chaînes de transmetteurs au machyekhah[81]
qu’il a placé à l’annexe (à la fin du livre).
Quel
est le nombre de Hadith d’al-Tah-thîb ?
Ce livre a connu plusieurs éditions dont
la plus répandue est celle en dix tomes comprenant 23 kitâb (parties), 393 chapitres (bâb), et 13988 Hadith, répartis comme
suit :
Tome 1 :
1541
Tome 2 :
1598
Tome 3 :
1046
Tome 4 :
1051
Tome 5 :
1771
Tome 6 :
1203
Tome 7 :
1972
Tome 8 :
1207
Tome 9 :
1422
Tome
10 : 1177.
Il
est à noter enfin que ce livre a fait l’objet de 19 Études explicatives
(éditions critiques) et 20 Commentaires, ainsi que d’autres recherches
scientifiques diverses, dont la dernière est intitulé : “Tartîb
al-Tah-thîb”.
Discussions
1-
Qui est l’auteur de “Tah-thîb al-Ahkâm” ?
2-
Pour quelle raison “al-Tah-thîb” a-t-il été divisé (ordonné) selon les branches
jurisprudentielles (al-furû‘
al-fiqhiyyah) ?
3-Expliquez
la méthode d’al-Tûcî dans la composition d’“al-Tah-thîb”
?
4-Quels
sont les traits caractéristiques d’al-Tah-thîb, qui le font distinguer d’al-Kâfî
et d’al-Faqîh ?
Bibliographie
sommaire
1-
“Maçâdir al-Hadith ‘Ind-al-Imâmiyyah” (Les sources de Hadith chez les Chiites imamites), de
Muhammad Husayn al-Jalâlî, édition du Caire.
2-“Muqaddamat
Wasâ’il al-Chî’‘ah”, édition récente (j).
3-“Maçâdir
al-Fiqh al-Islâmî wa Manâbi‘uhu” (Les Références de la Jurisprudence islamique
et ses Sources), de Ja‘far Subhânî, pp. 362-363.
4-Târikhé
‘Umûmiyé Hadîth”, de Majîd Ma‘ârif, pp.383-395.
5-“
‘Ilm al-Hadîth”, de Kâdhîm Mudîrchânéchî, pp.
78-80
Leçon
14
Qu’est-ce
que “al-Itibçâr” ?
C’est
le titre abrégé de l’autre grand ouvrage d’al-Tûcî, intitulé : “Al-Istibçâr Fîmâ Ukh-tulifa Fîhi
Min-al-Akhbâr” (Regard scrutateur sur les Hadith (akhbâr)[82] qui
font l’objet de désaccord). Il est le 4e des Quatre Livres (al-Kutub al-Arba‘ah) précités (voir
Leçon 10).
La
raison de la rédaction de ce livre, après celui d’al-Tah-thîb est expliquée par
l’auteur dans l’Introduction: “J’ai rédigé ce livre à la suite du désir exprimé
par un groupe de nos compagnons qui avaient lu notre grand ouvrage intitulé
“Tah-thîb al-Ahkâm”, d’avoir par souci de raccourci, un livre à part
réunissant les Hadith qui font l’objet de désaccords”.
Il
ressort de cette déclaration que ce livre se borne à réunir (et réconcilier) les
Hadith opposés.
Pourquoi
l’opposition s’est-elle produite entre les Hadith ?
Peut-être
conviendrait-il d’énumérer ici brièvement les facteurs qui ont conduit à
l’opposition entre les Hadith et à leur différence :
1-Le
fait de ne pas enregistrer avec précision les hadith au moments où ils avaient
été exprimés par les Infaillibles (p), et de les transmettre en les
paraphrasant, ce qui aurait pu en déformer le sens;
2-Le
fait d’appliquer les Hadith spécifiques à portée particulière à des situations
générales;
3-Le
fait que les Hadith soient passés (transmis) par plusieurs intermédiaires aurait
causé la disparition de certains indices et présomptions qui leur étaient
inhérents et qui en précisaient le sens, l’objet et la portée. La disparition de
ces détails ou accessoires aurait conduit à ne pas traduire correctement ou
exactement l’intention de l’Imam dans le Hadith.
4-L’existence
de tyrans et d’autorités oppressives, farouchement opposés à l’émergence de la
Vérité, a failli conduire à la disparition des gens pieux et même de la
Religion. Aussi, les Imams et les rapporteurs de Hadith furent-ils contraints de
recourir à la taqiyyah (dissimulation
légale de la vérité) dans les Hadith. Ils s’ensuivit que parfois ils étaient
obligés de rapporter ou d’émettre des Hadith non conformes, selon leur avis, au
statut légal (hukm char‘î),
pour sauver leur vie, leur honneur familial et leurs biens, et les mettre à
l’abri de l’oppression des califes tyrans et de leurs
gouverneurs.
5-Il
y a des Hadith qui n’étaient nullement émis par les Imams (p), mais par des
charlatans et des menteurs qui les ont attribués injustement aux à eux (p), en
les glissant dans les livres des compagnons des Imams ou par bien d’autres
moyens diaboliques, en prenant soin, bien entendu, de rattacher à ces Hadith,
des chaînes de transmissions authentiques, pour les rendre
vraisemblable.
Comment
al-Cheikh al-Tûcî a-t-il divisé “al-Istibçâr” et quel est le nombre de
Hadith rapportés dans ce livre ?
Al-Cheikh
al-Tûcî a divisé son livre selon un ordre spécifique et il a disposé les
différentes parties jurisprudentielles selon cet ordre, en faisant en sorte que
l’axe du livre soit sa limitation aux Hadith qui font l’objet de désaccord et
aux moyens de les réconcilier, alors que son précédent ouvrage
“al-Tah-thîb” réunissait aussi bien les Hadith qui faisaient l’unanimité
que ceux qui faisaient l’objet de désaccord.
A la
fin de ce livre al-Tûcî écrit à ce propos:
“Sachez
- que Dieu vous accorde Son appui- que j’ai divisé ce livre en trois parties :
la première et la deuxième parties comprennent ce qui a trait à la
jurisprudence, la troisième aux relations sociales (contrats, mu‘âmalât) et aux autres chapitres de la
jurisprudence”.
Toutefois,
dans l’édition d’al-Istibçâr¸ il a divisé la troisième partie en deux volumes,
le livre est sortie donc en quatre volumes.
L’auteur
a disposé les Hadith d’al-Istibçâr comme suit:
-Tome
1 : comprend 300 chapitres (bâb) et
1899 Hadith
-
Tome 2 : comprend 217 chapitres et 1177 hadith
-
Tome 3 : comprend 398 chapitres et 2455 hadith
Et il
note à la fin du machyackah : “Il
contient cinq mille cinq cent onze”, avant d’ajouter “je les ai récemment
précisés pour éviter qu’il y ait rajouts ou suppressions”.
Ce
chiffre s’approche du chiffre de la copie éditée; la différence dans le nombre
provient du fait de compter comme Hadith indépendants les Hadith auxquels
l’auteur ajoute la mention “cf.”[83] (mithlahu), et qu’il n’a pas
compté apparemment.
Discussions
1-
Qu’est-ce que l’“Istibçâr” et quelle est la raison de sa composition
?
2-Quels
sont les facteurs de l’apparition d’opposition entre les Hadith
?
3-Comment
al-Cheikh al-Tûcî a-t-il divisé le livre “al-Istibçâr”
?
4-Pourquoi
le Cheikh a-t-il tenu à préciser à la fin de son livre le nombre de Hadith qu’il
renferme ?
5-Comment
expliquez-vous la différence dans le nombre des Hadith d’“al-Istibçâr”
?
Bibliographie
sommaire
1-
“Maçâdir al-Hadith ‘Ind-al-Imâmiyyah” (Les sources de Hadith chez les Chiites imamites), de
Muhammad Husayn al-Jalâlî, édition du Caire.
2-“Muqaddamat
Wasâ’il al-Chî‘ah”, édition récente (j).
3-“Maçâdir
al-Fiqh al-Islâmî wa Manâbi‘uhu” (Les Références de la Jurisprudence islamique
et ses Sources), de Ja‘far Subhânî, pp. 362-363.
4-“Târikhé
‘Umûmiyé Hadîth”, de Majîd Ma‘ârif, pp.383-395.
5-“
‘Ilm al-Hadîth”, de Kâdhîm Mudîrchânéchî, pp.
78-80.
Leçon
15
“Al-Jawâmi‘
al-Muta’akh-khirah”
(Les
Recueils ultérieurs)
Al-Cheikh
al-Tûcî rendit l’âme en l’an 460 H. alors qu’il était l’un des plus
importants piliers de la Science de l’époque et constituait le trait d’union
entre les précurseurs et les
savants ultérieurs de cette Science. Ses deux legs dans ce domaine :
“al-Tah-thîb” et “al-Istibçâr” refermèrent la série de Recueils secondaires des
Hadith chiites. Les Chiites se bornaient alors à se référer à ces ouvrages pour
déduire les statuts légaux et expliquer les jugements divins. Des copies des
Quatre Livres furent disponibles dans tous les pays habités par les uléma
chiites. La science du Hadith connut un état de stagnation autour de ces livres
pendant des siècles. Cet état continua jusqu’à l’époque des Trois Muhammads, au
XIe siècle H. où trois notables de la Communauté chiite émergèrent. Ils
portaient tous le prénom de Muhammad. Ce sont : al-Cheikh Muhammad Hassan
al-Faydh al-Kachânî (décédé en 1091 H.), al-Cheikh Muhammad Ibn al-Hassan
al-Hur al-‘Âmilî (décédé en 1141 H.) et al-Cheikh Muhammad Bâqir
al-‘Allâmah al-Majlicî (décédé en 1111 H.). Ils ont écrit de très volumineux
recueils et encyclopédies de Hadith, en l’occurrence et respectivement :
“al-Wâfî”, “al-Wasâ’il” et “al-Bihâr”.
Pourquoi
ce nouveau regain d’intérêt pour le Hadith ?
Les
activités intellectuelles du chiisme ne s’étaient pas arrêtées entre le
Ve et le XIe siècles H., malgré la stagnation qu’a connue
la science du Hadith. En effet, pendant cette période, les ulémas ont écrit des
ouvrages importants qui ont montré la profondeur, l’originalité et la solidité des bases
sur lesquelles sont fondées les règles du Chiisme. Ainsi, al-Muhaqqiq
al-Hillî (602-676 H.) composa “Charâ’i‘ al-Islâm”, al-‘Allâmah
al-Hillî (648-726 H.) a écrit de nombreux ouvrages expliquant la
jurisprudence chiite, al-Chahîd
al-Awwal (734-786 H.) a sorti “al-Lam‘ah al-Dimachqiyyah” et al-Chahîd al-Thânî
(911-965 H.), “al-Rawdhah al-Bahiyyah”.
Au
cours de cette période des livres de Hadith apparurent qui n’avaient pas été
mentionnés dans les Recueils secondaires. Certains de ces livres avaient figuré
dans les “Uçûl”, certains autres se
sont avérés authentiques soit à la suite du témoignage de leurs auteurs, soit
parce que des présomptions d’authenticité ont apparu qui n’ont laissé persister
aucun doute quant à la véracité de leur source, soit parce qu’ils avaient été
manuscrits par de grands savants qui l’avaient mentionnés à divers endroits de
leurs ouvrages et qui ont attesté de l’authenticité de leur source, en plus du
fait que leurs contenus correspondaient aux contenus des Hadith des corpus
accrédités, soit parce qu’ils ont été transmis par une information unique
accompagnée de présomptions d’authenticité, comme l’a signalé al-Hur
al-‘Âmilî dans la conclusion de la Quatrième Utilité (al-Fâ’idah al-Rabi‘ah) de la Conclusions
des Masâ’il.
De
plus il faut signaler la parution pendant cette période, de l’ouvrage de
Muhammad Amîn al-Istarabâdî, “al-Fawâ’id al-Madaniyyah” et sa diffusion en Irak
et en Iran, conférant l’épithète ikhbârite aux uléma chiites. D’autre
part, l’émergence de l’État safvide en Iran qui a ouvert la voie devant la
pensée chiite pour développer les règles de sa doctrine, ainsi que d’autres
facteurs divers ont conduit un certains nombre d’uléma à composer de nouveaux
recueils de Hadith fondés sur les recueils de Hadith antérieurs en plus des
Hadith obtenus d’autres livres et sources. Tout ceci déboucha sur la parution de
grandes encyclopédies dites “Les Recueils ultérieurs” (al-Jawâmi‘
al-Muta’akh-khirah), dont les plus importants sont : “al-Wâfî” d’al-Faydh
al-Kâchânî, “al-Wasâ’il” d’al-Hur al-‘Âmilî, “al-Bihâr”,
d’al-‘Allâmah al-Majlicî, “al-‘Awâlim”, d’al-Bahrânî, “Jâmi‘ al-Akhbâr”
de ‘Abdul-Latîf Ibn Abî Jâmi‘, “Jami‘ al-Ahkâm” de Sayyid
‘Abdullâh Chubbar (décédé en 1342 H.) Et “al-Mustadrak” d’al-Nûrî (décédé en
1320 H.).
Les
caractéristiques des Recueils ultérieurs
On
peut résumer les traits distinctifs comme suit :
1-Ils
englobent et intègrent les Hadith du Chiisme et comprennent une explication
complète.
2-Ils
comprennent des Hadith et des références qui n’avaient pas été à la disposition
des uléma antérieurs -les auteurs des Recueils secondaires - comme cela ressort
de l’examen de l’index des références d’“al-Wasâ’il”.
3-La
diversité des informations qu’ils mettent à notre disposition et le fait de
réunir les Hadith relatifs à un même thème nous dispensent de consulter
plusieurs ouvrages et font gagner au chercheur beaucoup de
temps.
4-
Ils pallient et comblent les lacunes constatées dans les recueils antérieurs, ce
qui permet une déduction plus rapide des statuts légaux.
Discussions
1-Qu’est-ce
que les Recueils ultérieurs ?
2-Quelles
sont les causes du regain d’intérêt pour la science du Hadith pendant les
époques ultérieures ?
3-Le
Chiisme était-il actif pendant cette période de stagnation de la Science du
Hadith?
4-Mentionnez
les titres de quelques Recueils ultérieurs.
5-Quels
sont les plus importants des traits caractéristiques des Recueils ultérieurs
?
Bibliographie
sommaires
1-“Maçâdir
al-Fiqh al-Islâmî wa Manâbi‘uhu” (Les Références de la Jurisprudence islamique
et ses Sources), de Ja‘far Subhânî, pp. 364-365.
2-
L’Introduction (Muqaddamat) d’“al-Mu‘jam al-Mufahras li-Alfâdh
al-Qur’ân”
3-“Al-Khâtimah
li-Wasâ’il al-Chî‘ah”, al-Fâ’idah al-Râbi‘ah (La Quatrième Utilité).
4-Târikhé
‘Umûmiyé Hadîth”, de Majîd Ma‘ârif, 399-404.
Leçon
16
Qu’est-ce
que le livre d’“al-Wâfî” ?
C’est une grande encyclopédie renfermant tous les Hadith relatifs à la jurisprudence musulmane, et dont le jurisconsulte a besoin pour la déduction des statuts légaux. L’auteur l’a composée en quatre parties, mais il a été édité en trois grands tomes, puis rééditée en 25 tomes.
Son
auteur, al-Mawlâ Muhammad Hassan al-Faydh al-Kâchânî (1007-1091
H.) l’a appelé “al-Wâfî” (le Complet, l’Accompli), parce qu’il satisfait
largement à l’accomplissement des tâches pour lesquelles il avait été compilé et
à éclaircir ce qui est équivoque, comme il le mentionne lui-même dans
l’introduction de cet ouvrage.
Pourquoi
al-Faydh al-Kâchânî a-t-il entrepris la compilation d’“al-Wâfî” ?
Al-Faydh
al-Kâchânî expose comme suit les raisons qui l’ont amenées à composer “al-Wâfî”:
“ Voici, o mes frères, un livre complet (intégral) dans le domaine des arts
(méthodes, procédés) des sciences de la Religion. Il comprend l’essentiel de ce
qui figure de ces sciences dans le Coran et tout ce que nos “Quatre Uçul” qui
comptent pendant ces époques, à savoir “al-Kâfî” , “al-Faqîh”, “al-Tah-thîb” et
“al-Istibçâr”, contiennent de Hadith chiites. Ce qui m’a conduit à le composer
c’est les lacunes et les insuffisances que j’ai constatées dans chacun de ces
quatre livres et le fait que chacun de ces livres ne met pas complètement en
évidence les portées des Hadith rapportés sur la guidance. De plus il est
difficile d’avoir accès à l’ensemble ( de ces livres) parce qu’ils diffèrent
quant aux titres des chapitres et divergent sur les thèmes des Hadith et à cause
de leur longueur due aux répétitions (de mêmes Hadith) (...). En effet les trois
Cheikhs, qu’Allah remercie leur efforts, bien qu’ils aient fait tout leur
possible pour mener à bien leur tâche et qu’ils se soient bien efforcés de
transmettre les Hadith et de les rassembler, ne les ont pas disposés selon un
ordre parfait, et aucun d’eux n’a rassemblé suffisamment tous les fondements (uçûl) et statuts, et ont omis d’y
éclaircir ce qui est équivoque”.
On
peut résumer cet exposé d’al-Faydh al-Kâchî dans les trois points suivants
:
1-L’insuffisance
de chacun de ces quatre livres, considéré à part, à déduire les statuts légaux
parce qu’ils n’ont pas introduit tous les Hadith rapportés des Imams et ayant
trait aux statuts légaux.
2-La
difficulté de se référer aux quatre livres à cause de la différence des titres
de leurs chapitres.
3-L’existence
de répétitions pesantes dans les quatre livres.
Quels
sont les traits distictifs d’“al-Wâfî”?
Outre
les caractéristiques qui viennent d’être citées, le livre d’“al-Wâfî” se
distingue par d’autres traits dont les plus importants sont
:
1-Le
fait qu’il englobe les Quatre Livres accrédités chez les
Chiites.
2-Sa
suppression des Hadith répétés dans les Quatre Livres, et la conservation d’un
seul modèle de chaque Hadith répété.
3-L’apport
des explications et des éclaircissements nécessaires à la fin de chaque
Hadith.
4-Rassembler
les Hadith opposés et les versions différentes de Hadith.
5-Rapporter
à la fin de l’ouvrage ce qui avaient été supprimé des premières parties des
chaînes de transmetteurs d’“al-Faqîh” et d’“al-Tah-thîb”.
La
méthodologie du livre
Al-Faydh
al-Kâchânî a organisé la structure d’“al-Wâfî” autour de trois introductions, 14
parties (kitâb) et une conclusion. La première introduction est consacrée à la
connaissance des sciences religieuses, la deuxième à la présentation des
professeurs, la troisième à l’explication des termes techniques, des règles et
de la méthodologie de l’auteur. Quant aux parties dont est composé “al-Wâfî”,
elles sont réparties comme suit : 1- Le ‘Aql, la Science et l’Unicité. 2-
Al-Hujjah (l’Argument). 3- La Foi (al-Imân) et al-Kufr (l’Incroyance). 4-
Al-Tahârah et al-Tazayyun (la purification et la parure). 5- Al-Çalât (la
Prière), al-du‘â’(la Supplication) et al-Qur’ân (le Coran). 6- Al-Zakât (impôt
de dixième), al-Khums (impôt de cinquième) et al-Mabarrât (les oeuvres, les
oeuvres pie). 7- Le Jeûne, la retraite spirituelle et les traités (mu‘âhadât).
8- Le Pèlerinage majeur, le Pèlerinage mineur (‘Umrah) et les visites pieuses
(ziyârât). 9 -Al-Husbah (la
rétribution), al-Ahkâm et al-Chahâdât. 10- Al-Ma‘âyich (les salaires), a-Makâsib (les gains) et les Mu‘âmalât (les relations sociales). 11-
Al-Matâ‘im (les choses dont on
se nourrit), al-Machârib (les choses
qu’on boit) et al-Tajammulât (Les
parures). 12- Al-Nikâh (le
mariage), al-Talâq (la
répudiation), et al-Wilâdah (la
naissance). 13- Al-Mawt (la mort), al-Irth (l’héritage) et al-Waçiyyah (le testament). 14- Al-Rawdhah (divers)
Le
nombre des Hadith et des chapitres d’“al-Wâfî”
Al-Cheikh
Aghâ Buzurg, parlant des chapitres d’al-Wâfî, en tant qu’oeuvre rassemblant les
Quatre Livres en plus de Hadith d’autres livres, dit qu’il y a recensé 273
chapitres renfermant 50 000 Hadith. Ce chiffre tient compte des Hadith
qu’al-Faydh al-Kâchânî a cités à l’appui de ses argumentations, car il a en
effet rapporté beaucoup
de Hadith d’“al-Khiçâl”, de “Ma‘ânî al-Akhbâr”, d’“Amâlî al-Cheikh”, de “Baçâ’ir
al-Darajât” et de bien d’autres livres.
Discussions
1-
Qu’est-ce que le livre d’al-Wâfî et qui en est l’auteur?
2-Quelles
sont les raisons de la composition d’al-Wâfî?
3-
Qu’est-ce qui distingue al-Wâfî des autres Recueils ultérieurs
?
4- Quelle