Dans la suite de notre discussion pour le “ Khaufé Khoudà ” (la peur d’avoir à rendre compte à Allah), un compagnon demande à Imam Houssein (as) pourquoi lui, qui est Màssoume (infaillible : qui ne commet pas de pêchés) a peur d’Allah. L’Imam répond en disant que le Jour du Jugement, seuls ceux qui ont le Khaufé Khoudà seront sauvés du feu de l’enfer.
Dans le respect du Khaufé Khoudà, Imam Ali dit qu’il vaut mieux se préserver des pêchés que de collecter seulement des biens (nékis), car il ne sert à rien de faire beaucoup de nékis, puis de les fondre en faisant des pêchés par la suite.
Un homme demande à Imam Ali pourquoi il n’a jamais l’occasion d’accomplir le namàzé Shab, sa volonté ne l’y encourage pas. L’Imam répond : “ parce que tu fais beaucoup de pêchés… ”
Un bédouin vient voir le Saint Prophète pour lui demander de l’apprendre le Saint Coran. Le Prophète confie cette tâche à un compagnon. L’apprenti commence avec le sourat “ Al Zilzàl ” (99 : 7-8) et quand il arrive au verset 7 et 8 : “ quiconque fait un bien fût ce du poids d’un atome, le verra et quiconque fait un mal fût ce du poids d’un atome, le verra. ” Il déclare qu’il a compris la philosophie du Saint Coran et il est parti.
Le compagnon, tout étonné, vient voir le Prophète et lui rend compte. Celui-ci répond : “ Ne t’étonne pas, son “ ma’réfat ” (capacité de compréhension) est tellement grand et développé qu’il lui a suffit de ces 2 versets pour devenir un “ faqih ” (faqih = expert en jurisprudence islamique).
Quant à nous, comparés a cet homme, nous devons avoir un grand pincement au cœur (afsos) car nous apprenons et écoutons les madjàliss depuis 20–25–30 ans sans progresser…
Notre situation est grave s’il en est ainsi, et l’avenir de nos enfants et de notre future génération est inquiétant !
La présence dans le namàzé jamàt est tellement insuffisante pour un si grand Jamàt ! Que font les gens ? Sont-ils si absorbés pour les choses du monde ?
Le Saint Coran nous dit : “ le namàze vous éloigne des pêchés ”. Donc pour tendre vers les biens et les nékis, le namàze est primordial et nécessaire !
Il ne faut pas considérer les namàzes, les rojàs, les madjàliss comme des rites (Rassam). Si tel était le cas, cela ne nous rapporterait rien !
Les ibàdats doivent être accomplis avec le Khouloussé nyat (sincérité). Dans les madjàliss, il y a des leçons à apprendre et puis de les mettre en pratique. Tous les ibàdats laisseront des effets durables sur plusieurs générations (Coran 36 :12).
Allah dit dans le Saint Coran (sourat Yassine) que les bonnes actions seront récompensés 2 fois: pour l’action elle-même et pour l’effet durable qu’elle laissera sur Terre. De même pour les mauvaises actions : nous serons punis deux fois, une pour la mauvaise action elle-même, et l’autre pour l’effet de cette mauvaise action.
Le sixième Imam a dit que Yazid et les bani-Oumayyàh seront punis pour l’assassinat d’Imam Houssein (as) et pour les changements apportés dans l’islam à cause de cet assassinat (déviations qu’Imàm Houssein voulaient empêcher).
De la même manière, Kàbil (Caïn) sera puni pour l’assassinat de Abil (Abel) et pour avoir appris à l’humanité l’action d’assassiner…
En élargissant cette pensée, on peut aussi affirmer que si l’on voit une mauvaise action se produire, nous avons le devoir de l’empêcher, pour limiter l’égarement dans l’humanité : c’est le “ Amr bil Mà’rouf ”.
Nous disons dans le Zyàrate Wàréçà : “ Wa la’anallàhou oummatane sami’at bizàlika faraziatbih ” (que la malédiction d’Allah soit sur ceux qui ont approuver l’action…). Et c’est pourquoi Imàm Houssein s’est sacrifié à Karbalà. Il pouvait rester neutre et calme dans son coin et laisser Yazid faire les changements néfastes dans l’islam. Mais son devoir en tant que Imàm du temps, était de se soulever pour arrêter les déviations.
A notre époque, notre Mardjà-é-taqlid est le mieux placé pour juger si une action est correcte ou pas, du point de vue islamique. Nous avons le devoir d’accepter la décision qu’il fait connaître.