Dixième nuit de Moharram


Le message qu’Imàm Houssein (as) a voulu transmettre en vivant le calvaire et le martyre de Karbalà est celui de la révolution devant l’injustice et l’oppression instaurés par un pouvoir déviationniste de Yazid, fils de Moàwyiàh ibn Abou Soufyàne.

C’est un message de haqq (justice) et de l’islam pur du Saint Prophète.

Mais il ne suffira pas de pleurer et de se lamenter sur le sort d’Imàm Houssein (as), et de faire quelques marassiàs et màtams. Il s’agit de s’améliorer, d’améliorer notre communauté en y éliminant les racines du mal, les racines des actions telles que : ghybate (médisance), mounàfikine (hypocrisie), mensonge, commérage (tsougli), dékhà dékhi (vanité, vantardise), l’indifférence ou le mépris devant les wàdjibàtes (namàzes, rojas, hajj…), la pensée perverse, etc.

Sachons qu’Imàm Houssein (as) et tous nos Imàms condamnent ces actions ! Alors pensez vous qu’on puisse encore continuer à les appliquer quand on est un mohibbé Houssein ?

Rappelons nous, nous disons dans nos prières “ fa yà laytani kountoum ma’akoum, fa’afouzou faouzane azimà… ” (si nous aurions été présent à Karbalà, nous vous aurions rejoins pour le grand sacrifice). Mais, méditons un peu, est ce que vraiment si nous étions à Karbalà, nous aurions combattu pour Imàm Houssein ? (Point d’interrogation !)

Si oui, Alors adoptons sans plus attendre les valeurs qui sont chères à notre mawlà.

A l’exemple de Houré-Dilàwar, demandons pardon de nos fautes et erreurs du passé, regrettons du fond de notre cœur et de notre âme, Allah (swt) est le Meilleur Pardonneur.

Nous allons terminer cette série de feuilles de tabligh en vous offrant une histoire sur le khyànate (détournement de biens) qui a eu lieu à Nàjaf.

Un voyageur commerçant indien de passage à Najaf cherchait à déposer momentanément un peu d’argent car il devait s’absenter quelquefois jours. On lui a conseillé un Alim-é-Dine de notoriété publique. Il lui a confié son amànat (argent) et est parti pour quelques jours. A son retour, le Alimé ne le connaît plus ! Il lui répond n’avoir reçu aucun dépôt (amànat) de sa part. Malgré une forte insistance, le Alim n’a pas bougé d’un doigt, car aucun témoignage écrit ou visuel n’avait été fait.

Le voyageur triste et déçu est allé se plaindre au Mausolé d’Imàm Ali (as). Le soir, il a rêvé qu’Imàm Ali (as) lui a recommandé d’aller vers la sortie de la ville à l’aube et de raconter son histoire à l’homme qu’il y verra.

Ce qu’il a fait, après deux ou trois jours d’hésitation. L’homme lui donne rendez-vous le lendemain au namàze Zohrein à la mosquée de Najaf.

Après le namàze, toute l’assistance avait l’habitude d’écouter un petit takrir de l’Alim (celui qui est concerné par l’amànat). Ce jour l’homme (recommandé par Imàm Ali) se leva et demanda à l’Alim de lui laisser le Mimbar pour faire un takrir. Il a accepté !

L’homme a raconté qu’il y a quelques années, il devait de l’argent à un juif. Quand il est allé régler sa dette, le juif avait déménagé de Najaf. Il a fait tout ce qui était possible pour le retrouver afin de payer sa dette, mais en vain.

Une nuit il a fait un cauchemar. C’était le jour de Qyamat, l’homme avait fini de rendre compte de son bilan et devait traverser le “ poul-é-sirat ” pour se diriger vers Jannat. Au bon milieu, il a vu le fameux juif sortir du fin fond de Jahannam, tout de feu, et se dresser devant lui pour lui réclamer le règlement de sa dette. Il lui a expliqué en détail toute sa volonté pour payer sur Terre. Le juif ne voulait rien savoir et en échange il lui a demandé de pouvoir le toucher sur sa poitrine avec son index. L’homme n’avait pas d’alternatif et a du consentir. Le juif a porté son index sur la poitrine de l’homme. Celui-ci s’est réveillé en poussant un grand cri. « C’était comme si chacune de mes cellules du corps avait pris feu. C’était une douleur qui n’a pas de comparaison ici sur Terre ! »

Puis l’homme a montré l’endroit où le juif l’avait touché et on y a vu une plaie réelle qui lui faisait terriblement mal.

Le lendemain, le Alim a discrètement appelé le voyageur pour lui remettre son amànat. Le voyageur indien, après avoir récupéré son bien a chaleureusement remercié l’homme et Imàm Ali (as) à son mausolée, avant de quitter Najaf.

Histoire à méditer pour ceux qui seront tentés par le khyànat !